L'église Saint-Denis est une église catholique paroissiale située à Serans (Oise), en France.
La partie la plus ancienne est le clocher en bâtière, qui est de style roman, et date de la première moitié du . Le chœur de cette époque fut remplacé quelques années plus tard par une travée voûtée d'ogives. L'église Saint-Denis compte ainsi parmi les quarante églises de l'Oise qui possèdent des voûtes d'ogives romanes. Mais c'est tout ce qui subsiste de cette époque : la seconde travée du chœur, qui se termine par un chevet plat, a été ajoutée au début du , et le croisillon sud et la chapelle latérale sud ont été construits, ou reconstruits, sous la même campagne de travaux. La plupart des chapiteaux sont malheureusement abîmés, ou ont été resculptés au , et la seconde travée du chœur a perdu toute son authenticité lors d'une restauration radicale à cette époque. Mieux conservés sont le croisillon et la chapelle latérale nord, qui sont issus de la reconstruction après la guerre de Cent Ans au début du . C'est quelques années plus tard que l'on entreprit la construction de la nef et des bas-côtés actuels. À la fois étroite et élevée, éclairée par des fenêtres hautes, la nef affiche le style gothique flamboyant à son apogée. La pureté stylistique des éléments flamboyants surprend en ce second quart du , d'autant plus que la Renaissance est déjà bien présente avec les dais des niches à statues au-dessus des piliers, et les clés de voûte des bas-côtés. La nef de Serans est certes la réalisation la plus impressionnante parmi les nefs flamboyantes en milieu rural dans le Vexin. Ceci vaut également pour sa façade, qui se distingue par son ordonnancement sur trois plans séparés par des balustrades, et son décor exubérant, même si elle n'est pas exempte de petites maladresses. L'église a été classée monument historique par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la communauté Vexin-ouest de la paroisse Saint-François du Vexin, qui a suspendu la célébration des messes dominicales en 2018.
Localisation thumb|left|Vue depuis le sud-ouest.
L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Vexin français, à la limite du département du Val-d'Oise sur la commune de Serans, rue de l'Église. Elle est bâtie un peu à l'écart du village, sur le flanc méridional de la butte qui le domine au nord, et qui culmine à une altitude de . Le dénivelé vers le sud est compensé par un mur de soutènement et une terrasse, que l'église partage avec le bâtiment de l'ancien prieuré, établi perpendiculairement à son axe, et mitoyen du croisillon sud. Venant depuis la rue de la Mairie, la rue de l'Église arrive droit devant la façade occidentale, et dessert le petit parvis qui s'y situe, puis dévie vers le sud par un angle droit, et descend vers la route qui relie Magny-en-Vexin à Chaumont-en-Vexin (RD 153), en longeant le mur de soutènement à l'ouest de la terrasse. Le terrain engazonné au sud de la nef correspond à l'ancien cimetière, et est accessible au public. Le chœur est en revanche englobé dans le jardin de l'ancien prieuré, propriété privée, et l'élévation septentrionale donne presque immédiatement sur un champ. L'église est donc en grande partie dégagée de constructions contigües, et assez bien visible, mais la moitié de ses élévations se dérobe aux regards.
Historique thumb|left|Approche de l'église depuis l'ouest.
La date de fondation de la paroisse de Serans n'est pas connue. Son église est placée sous le vocable de saint Denis de Paris. Sous l'Ancien Régime, elle relève du doyenné de Magny-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbé de Saint-Germer-de-Fly, qui possède à Serans un petit prieuré, attenant au croisillon sud de l'église. La Révolution française apporte le rattachement au diocèse de Beauvais, qui s'étend désormais sur l'ensemble du département de l'Oise. Le prieuré est vendu comme bien national et devient propriété privée.. thumb|upright|L'un des deux derniers chapiteaux romans du du . thumb|upright|Niches à statues de la nef.
Aucun document concernant l'histoire de l'édifice ne subsiste pour la période antérieure au . L'analyse archéologique doit suffire pour identifier les différentes campagnes de construction et retracer son évolution. Pendant la première moitié du , une église romane est construite. N'en subsiste plus que son clocher avec sa base voûtée en berceau. Elle ne permet pas de reconstruire le plan d'origine, car les arcades latérales vers les croisillons du transept ont été retaillées au début du . En tout cas, le type de voûtement ne permet que des chapelles latérales moins élevées que la croisée du transept. Avant le milieu du , à la fin de la période romane, la travée du chœur qui suit à la base du clocher à l'est est remaniée et voûtée d'ogives. Dans son étude des voûtes d'ogives romanes dans le département de l'Oise, Dominique Vermand cite ainsi l'église de Serans parmi les quarante édifices qui conservent une ou plusieurs voûtes d'ogives de cette époque.. Mais hormis la voûte et deux chapiteaux, aucun élément caractéristique ne subsiste de cette époque. Lors du prolongement du chœur par une travée supplémentaire, pendant le premier tiers du , les murs latéraux de la travée anciennes sont remplacées par des arcades grâce à des reprises en sous-œuvre, et des chapelles latérales ajoutées au nord et au sud. De même, des croisillons sont ajoutés de part et d'autre de la base du clocher, ou viennent remplacer d'éventuelles chapelles de la période romane. En ce qui concerne le croisillon et la chapelle du nord, il n'y a pas de certitude sur les travaux au , car ces deux travées sont rebâties en totalité au début du , sans doute en raison de dommages subis pendant la guerre de Cent Ans. C'est dans ce contexte que se situe le remaniement des arcades latérales de la base du clocher. Plus importants sont les travaux au second quart du , quand l'ancienne nef est démolie et remplacée par une nouvelle nef gothique flamboyant accompagnée de deux bas-côtés. Contrairement à la règle à cette époque, qui favorise les nefs aveugles avec des murs nus au-dessus des arcades, la nef de Serans est munie de fenêtres hautes. Les dernières finitions, comme les clés de voûte, sont déjà influencées par la Renaissance. La façade occidentale aurait été achevée en 1540..
D'après Bernard Duhamel, les trois fenêtres de la seconde travée du chœur auraient été refaites, sans doute au , dans le style néogothique anglais.. L'église est classée monument historique par arrêté du . L'année du classement même, l'architecte en chef des monuments historiques, Anthyme de La Rocque, soumet un premier rapport, qui constate l'état général satisfaisant de l'édifice. Il s'avère seulement nécessaire d'effectuer des travaux sur les toitures et de reprendre le parement de la nef et du clocher à certains endroits. Puis, entre 1927 et 1932, les voûtes et les arcs-boutants sont restaurés. Sous la Seconde Guerre mondiale, l'église subit des dommages lors des bombardements de 1940 et de 1944, qui concernent principalement les toitures et le bas-côté sud. Les réparations s'échelonnent jusqu'en 1958. Il n'y a pas de travaux d'envergure pendant les trente années qui suivent.. Serans n'est, depuis longtemps, plus une paroisse indépendante. Le village est affilié à la communauté Vexin-ouest de la paroisse Saint-François du Vexin, qui totalise cinquante églises et ne dispose, pour les desservir, que d'un curé et d'un vicaire. La suppression du poste du vicaire en 2018 entraîne la fin des messes dominicales dans les villages. Ne restent que des célébrations particulières occasionnelles..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée légèrement vers le sud-est du côté du chevet, l'église Saint-Denis répond à un plan cruciforme et est pratiquement symétrique, exception faite des différences entre les deux chapelles et une déviation d'axe du chœur. L'édifice se compose d'une étroite nef de quatre travées carrées flanquée de deux bas-côtés à moitié moins larges que la nef ; d'un transept débordant, avec un clocher central se dressant au-dessus de la croisée du transept ; d'un chœur de deux travées se terminant par un chevet plat ; et de deux chapelles latérales dans la continuité des croisillons du transept avec lesquels elles forment des entités homogènes, jouxtant la première travée du chœur en laissant libre la deuxième. La sacristie occupe cependant l'angle entre la chapelle latérale sud et la deuxième travée du chœur. Une tourelle d'escalier flanque l'angle nord-ouest de la façade occidentale. La base du clocher est voûtée en berceau. Tout le reste de l'église est voûté d'ogives. Le portail occidental constitue l'unique accès à l'église. La nef possède un toit à deux rampants avec pignon à l'ouest, qui prend appui au mur du clocher à l'est. Les bas-côtés sont munis de toits en appentis. Les croisillons et chapelles sont recouverts ensemble par des toits en bâtière parallèles à l'axe de l'édifice, ainsi que le chœur ; l'on trouve ainsi une enfilade de trois petits pignons au chevet. Des pignons sont également visibles à l'ouest des croisillons, car dépassant nettement en hauteur les bas-côtés.
Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.
La nef est étroite et élevée, impression qui est renforcée par son étroitesse. Ce caractéristique apparaît dans quelques nefs du milieu du , dont Chars et Santeuil, et se maintient au dans les nefs de Magny-en-Vexin et Vétheuil, où il est hérité de nefs plus anciennes reprises à cette époque. L'église de Serans devrait être dans le même cas. Les élévations de la nef et des bas-côtés sont entièrement du , mais les fondations remonteraient au . Probablement, les proportions de l'ancienne nef ont été reproduites, car les églises rurales de la période flamboyante ne montrent pas cet élancement, et ont généralement des nefs aveugles. De rares exceptions dans le Vexin sont Chaumont-en-Vexin, La Roche-Guyon et Vétheuil, et de l'autre côté de l'Oise, Bessancourt et L'Isle-Adam. Sinon, ce sont essentiellement les grandes églises qui bénéficient encore de fenêtres hautes pendant la première moitié du , comme Saint-Étienne de Beauvais. Ce qui surprend aussi, est la petite dimension de ces fenêtres, qui sont des lancettes simples, sans remplage. Elles prennent appui sur un bandeau saillant. Quant à l'absence de triforium ou de galeries, elle correspond à la règle après la guerre de Cent Ans. Il y a donc un étage de murs nus au-dessus des grandes arcades. Aucun élément de scansion horizontal ne le délimite de l'étage des grandes arcades..