Pierre Gattaz, né le à Boulogne-Billancourt, est un industriel français.
Il est, depuis 1994, le président du directoire et l'un des principaux actionnaires de l'entreprise Radiall, fondée par son père et son oncle et spécialisée dans la conception et la fabrication de composants électroniques d'interconnexion. En 2016, la fortune de sa famille est évaluée à 400 millions d'euros.
Parallèlement à son activité de chef d’entreprise, il exerce diverses fonctions au sein d'organisations professionnelles, d’abord sectorielles puis généralistes, dont celle de président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC) de 2007 à 2013. Il est ensuite président de la principale organisation patronale française, le Mouvement des entreprises de France (Medef) du au , puis président du lobby BusinessEurope jusqu'au .
Biographie Jeunesse et formation Pierre Gattaz est le fils d'Yvon Gattaz., chef d'entreprise français et président du Conseil national du patronat français (CNPF) de 1981 à 1986, et de Geneviève Gattaz, ancienne administratrice de Radiall SA.
Diplômé de l'École nationale supérieure des télécommunications de Bretagne , il est également titulaire d’un « Certificate in Administrative Management » de l'université George Washington, durant cette même période il est attaché industriel au poste de l'expansion économique à l’ambassade de France.
Parcours professionnel De 1984 à 1989, Pierre Gattaz rejoint l’entreprise Dassault Électronique en tant qu’ingénieur d’affairesLes Échos n° 20453 du 26 juin 2009 • page 13 - Pierre Gattaz et devient ensuite chef de projet export. Il a successivement exercé, de 1989 à 1992, la fonction de directeur général des entreprises Fontaine électronique et de Convergie (une filiale du groupe Dynaction dans le secteur de l'énergie).
En 1992, il reprend la direction de l'entreprise familiale Radiall, créée par Lucien et Yvon Gattaz, en 1952. À la tête de Radiall, il connaîtra notamment la crise des télécoms de 2001 (la bulle Internet qui a aussi affecté les équipementiers en télécommunications), qui le conduira à modifier les orientations stratégiques de son entreprise, à explorer de nouveaux marchés, et à . L’entreprise détient toujours ses 3 usines historiques en France (Voreppe, L’Isle-d’Abeau et Château-Renault) et y a ouvert 2 nouveaux sites (Voiron en Isère et Dôle dans le Jura). Sous la direction de Pierre Gattaz, le nombre de salariés est passé de 1.151 personnes (dont 924 en France) à 3.251 personnes (dont 1524 en France).
Il loue la « solidité » du capitalisme familial, dans lequel l'on « travaille dans la durée » et l'on « évite les risques maximums »Nicolas Cori, Pierre Gattaz. Epris d’entreprise, Libération, 13 juin 2013.
Activités syndicales Activités syndicales dans le secteur de l'industrie Activités syndicales dans le secteur de l'industrie électronique Pierre Gattaz est élu président du Syndicat des industries de composants électroniques passifs (Sycep) en 1999Article Les Échos du 30 juin 1999, .. Le Sycep devient par la suite le Groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques (Gixel).
C'est dans ce cadre que Pierre Gattaz mène une réflexion sur l’évolution de la filière électronique et numérique française. Cette réflexion donne lieu à plusieurs rapports« L'électronique française réclame des grands programmes aidés », Les Échos du 6 juillet 2004, .« L'électronique française pour le retour des grands programmes », Les Échos du juin 2005, .« Filière électronique : François Loos veut restaurer l'attractivité de la France », Les Échos du 9 juin 2005, .. Un de ces rapports, « Livre bleu », préconise le développement des technologies liées à « la biométrie, la vidéosurveillance et [aux] contrôles. » Les auteurs du rapport notent que « la sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population [c]es technologies […]. Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes ». Est notamment recommandée l'éducation des enfants dès l'école maternelle afin de favoriser l'acceptation de ces technologies. Le Gixel est récompensé pour ces propos par le prix « Orwell Novlang » lors des Big Brother Awards de 2004.
Pierre Gattaz est président du Groupement des industries de l’interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques de 1999 à 2003. Il est président fondateur de la Filière des industries électroniques et numériques de 2002 à 2007, avant d’être élu président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication, organisation professionnelle qui regroupe les industries des nouvelles technologies de l’énergie et du numérique. (FIEEC) en 2007.
Autres activités syndicales dans le secteur de l'industrie Pierre Gattaz est nommé, le , président du Conseil national qualité et performanceBrève de nomination de Pierre Gattaz en tant que président du CNQP parue dans Le Figaro Économie du 18 juin 2009. (CNQP), organe de réflexion visant à promouvoir l’approche qualité en France.
En , il devient président du Groupe des fédérations industrielles, texte additionnel. (le GFI représente 15 fédérations industrielles, soit 80 % de l’industrie française). Il est également membre du bureau du Conseil national de l'industrie, membre du conseil d'administration du think-tank la Fabrique de l'Industrie et membre du bureau de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM)Brève de nomination de Pierre Gattaz en tant que membre du bureau de l'UIMM parue dans Les Échos du 30 mai 2011..
Activités syndicales au sein du Medef Ascension au sein du Medef En 2007, Pierre Gattaz intègre le comité exécutif. du Mouvement des entreprises de France (Medef).
Le , il remporte la primaire interne à l'UIMM afin de désigner un candidat pour la présidence du MEDEF« L'UIMM choisit Pierre Gattaz pour la présidence du Medef », Le Figaro, 18 avril 2013.. Parmi ses thèmes de campagnes, figure notamment l'idée de réduire de 5 % par an les Codes du travail et des impôts, ou encore d'envoyer les énarques en stage en tant que directeur général d'une PMEAgnès Laurent, « Pierre Gattaz, l'enfant de la base », in L'Express , semaine du 19 juin 2013, pages 72-75.. En , il reçoit le soutien de la Fédération bancaire française« Medef : un nouveau soutien de poids pour Pierre Gattaz », Le Figaro, 27 mai 2013. et le , Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi se rallient, à la surprise générale, à sa candidature. Pierre Gattaz est élu président de l'organisation patronale le avec plus de 95% des voix.
Prises de positions syndicales Parmi ses premières déclarations, le nouveau président du MEDEF demande une baisse de 100 milliards d'euros d'impôts et de cotisations sociales des entreprises, afin qu'elles ne soient plus Cécile Crouzel, « Pierre Gattaz exige 100 milliards de baisse des prélèvements », in Le Figaro, jeudi 4 juillet 2013, ..
En 2013, le Medef, sous l’impulsion de Pierre Gattaz, propose aux entrepreneurs français une ambition commune : créer 1 million d’emplois en 5 ans si les réformes nécessaires sont menées. En 2014, Pierre Gattaz détaille les réformes qui permettraient d'aboutir à la création par l'économie française de . L'essentiel des exigences fut consenti par le gouvernement de François Hollande (notamment la création du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi et du pacte de responsabilité qui doit initialement faire baisser les prélèvements obligatoires sur les entreprises de 40 milliards d’euros), mais la création d'emploi promise ne vit jamais le jour, fragilisant la crédibilité du président du MEDEF aux yeux d'une partie de l'opinion publique.
L'entreprise de Pierre Gattaz, Radiall, ne créa elle-même aucun emploi, malgré plusieurs millions d'euros d'aide publique du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), dont l'essentiel du montant fut reversé aux actionnaires, c'est-à-dire à 87 % la famille Gattaz. La sénatrice d’Indre-et-Loire, Marie-France Beaufils fit une déclaration publique selon laquelle Radiall avait utilisé le CICE en distribution de dividendes sans créer d’emploi, information reprise par plusieurs médias.. Pierre Gattaz se défendit par un démenti officiel dans lequel il indiquait ne pas avoir pu bénéficier de ce crédit d’impôt, ne payant tout simplement pas d’impôt sur les sociétés en 2014. Début 2016, Pierre Gattaz est le dernier membre du MEDEF à arrêter de porter le pin's , déjà abandonné de longue date par le reste de ses associés depuis la découverte par la presse en 2014 du fait qu'une partie des éléments qui le composent était produit en République Tchèque.
En , il propose la création d'un « SMIC intermédiaire » pour les « publics éloignés de l’emploi », c'est-à-dire le maintien d'une rémunération au SMIC pour les jeunes et les chômeurs de longue durée mais coûtant moins cher pour les employeurs qui bénéficieraient d’une aide publique. Jusque là, « l'organisation patronale ne s'était guère montrée favorable à l'idée de contrats aidés. Elle reste au demeurant hostile à ce type de dispositif dans la fonction publique.
En , sur son initiative, l'Assemblée générale du MEDEF adopte une mesure statutaire limitant la fonction de président du MEDEF à un mandat de cinq ans non renouvelable (contre auparavant deux mandats, avec le second de trois ans)Jean-Christophe Chanut, « Le président du Medef ne fera qu'un seul mandat », latribune.fr, 19 mai 2015..
En , alors qu'un mouvement social obtient du gouvernement un assouplissement du projet de loi El Khomri, il tient une conférence de presse au cours de laquelle il redit qu'une taxation des contrats courts n'est pas possible pour le Medef car cela reviendrait selon lui à créer du chômage ; provocateur, il n'hésite pas à déclarer aux journalistes : ..
En 2016, à l'approche de la campagne présidentielle, dans une interview accordée aux Échos, Pierre Gattaz nie s'être jamais engagé sur ce million d'emploi, mais affirme qu'il est possible de créer 2 millions d'emploi si le gouvernement se plie à une nouvelle diminution des cotisations sociales (baisse de 90 milliards de prélèvements obligatoires), et supprime l'impôt sur la fortune et la loi sur la pénibilité du travail..
En fin de mandat, Pierre Gattaz se dit dans les colonnes du Figaro , et estime avoir , se réjouissant notamment de la création du CICE et de l'abandon de l'ISF. Cependant, une tribune du journal Le Monde dresse un bilan beaucoup moins glorieux : il n'aurait pas réussi à changer l'image d'un MEDEF , demandant d'une main toujours moins de dépenses publiques pour les populations mais de l'autre toujours plus d'aides de l’État pour les entreprises, tout en ne contribuant à aucune création d'emploi significative. Par son absence de dialogue social avec les syndicats, il aura poussé . Jean-Claude Mailly (ancien secrétaire général de FO) voit en lui « le président du Medef le plus rétrograde et le plus réactionnaire qui soit », et l'ex-président de la République François Hollande relève dans son livre Les Leçons du pouvoir « des comportements similaires au Medef et à la CGT » : « Cette incapacité à reconnaître un progrès même quand il est réel et cette facilité à ne l’imaginer qu’au détriment de l’autre, comme s’il n’y avait pas de gain sans perte, comme si le jeu était forcément à somme nulle »..
Prises de positions extra-syndicales et politiques