Le manuscrit Koning (vers 1500), qui est le manuscrit II 270 de la Bibliothèque royale de Belgique, est un manuscrit issu du milieu de la Dévotion moderne.
thumb|Détail d'une enluminure, folio 170 v., manuscrit Koning (vers 1500), ou MS. II 270 (Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles).
Origine thumb|Une partie de la partition de la chanson néerlandaise , du manuscrit Koning (MS. II 270, Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles).On ne sait pas exactement à qui ce livre était destiné. Il est magnifiquement conçu, bien plus que la plupart des livres au contenu similaire, et le contenu musical est typique de ce que l'on trouve dans les villes à l'époque. Beaucoup de chansons sont bien connues dans la région du Bas-Rhin. Il y a un lien évident avec les terres germaniques, mais la langue maternelle du copiste semble avoir été le néerlandais, et il y a de nombreuses similitudes avec un manuscrit plus récent retrouvé à Dordrecht. Le recueil de chansons, sans doute écrit en Hollande, est relié ensemble avec un recueil provenant des Pays-Bas méridionaux. Ce dernier, écrit vers 1523OOSTERMAN, -1527 à Anvers, contient des poèmes d'Anna Bijns. L'un de ces poèmes, sur les avantages du célibat, est dédié à Cornelis Damasz, qui a été bourgmestre de Dordrecht ; après la mort prématurée de sa femme, il est resté célibataire, vivant comme un profès et recteur du monastère local du Tiers-Ordre. La question de savoir comment ce livre serait venu d'Anvers pour être relié avec un recueil de chansons provenant de Hollande reste en suspense.
La chanson de ténor (Douce Marie, de nature noble) peut nous révéler quelque chose à propos du collectionneur du manuscrit Koning et de son cercle d'amis : une version identique à quatre voix de cette pièce typiquement allemande semble provenir d'Augsbourg et on retrouve le même dans un livre offert par Ambrosius Kettemacker à Bonifacius Amerbach à Bâle en 1510HIJMANS, . Les cinq premières strophes de ce texte sont les mêmes que celles du (Un livre dévot et profitable, de 1539). Cette composition, la plus ancienne sur ce texte, figure, avec une autre chanson mariale, dans l'. Le texte d'accompagnement indique qu'il aurait été composé en 1500 par Pfabinschswantz de AuchspürgBONDA, .
Contenu À plusieurs égards, le manuscrit Koning, parfois désigné comme le recueil de poèmes brugeoisBONDA, , MS II 270 de la Bibliothèque royale de Belgique, est particulièrement remarquable, voire exceptionnel. Il trouve ses origines en partie au sein du mouvement de la Dévotion moderne et contient, à part des chansons homophones, dix chansons néerlandaises et dix-neuf chansons latines pour deux à quatre voix de différentes tessitures. La plupart des chansons sont anonymes, hormis une seule œuvre d'Alexander Agricola, identifiée grâce à des sources concordantes. La plupart des chansons sont des chants de Noël ou sont consacrés à Marie ou à des saints comme Ursule, Cécile, Catherine, Barbe et NicolasSite web www.alamirefoundation.org, de la fondation et maison d'édition musicale Alamire.
Chansons homophones et polyphoniques – Le répertoire international thumb|Folio 174 du manuscrit Koning (MS II 270, vers 1500, Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles).Le manuscrit est un recueil de poésie spirituelle : des chansons, des refrainsLe refrain est un genre qui s'apparente à la ballade., des prières rimées et des hymnes latines. Les chansons polyphoniques néerlandaises comprennent des chants de Noël et des contrafacta dévots qui sont, pour la plupart, également connus du répertoire homophone. Une des chansons est d'Agricola. Les autres contrafacta sont des mises en musique anonymes, connues nulle part ailleurs, de (À Andernach), (Ô, emprise de Vénus) et (Jour et nuit, j’ai du chagrin)BONDA, .
Un refrain, attribué à Jan van Hulst, a été incorporé dans la première partie de ce recueil entre 1475 et 1500. On trouve des poèmes d'Anthonis de Roovere, d'Anna Bijns et d’autres poètes de différentes époques dans la même partie et dans celle ajoutée vers 1527. La troisième partie du recueil (vers 1500-1510), plus récente que la précédente, comprend des chansons polyphoniques latines et néerlandaises, suivies de quelques textes de chansons néerlandaises. Ce répertoire reflète bien les contacts qui ont dû exister entre les cercles littéraires et musicaux et que l'on peut retracer à Bruges jusqu'au début du . Ceux-ci ont subsisté pendant tout le siècle. La quatrième partie comprend des hymnes latinesBONDA, .
Dans le manuscrit Koning s’entend le désir d'une renonciation aux vanités du monde, qui a gagné en popularité parmi l'élite du Moyen Âge tardif. Il contient des chansons morbides comme « Ô, lorsque je serai un cadavre, lorsque je me trouverai dans la bière et lorsque ma chair tombera en pourriture sous la boue, où mon âme sera-t-elle alors ? », mais aussi la chanson merveilleusement mystique (Ô, emprise de Jésus), dont se dégage un désir intérieur d'amour et de confort : .
Un autre groupe de compositions a une relation évidente avec le répertoire international et instrumental de l'époque : les chansons (La Consolation de mon cœur) est une composition d'Alexander Agricola dont on a substitué aux paroles profanes un texte sacré . (Le monde m’accable tellement) et (Adieu, ma vie commode) peuvent être retrouvées dans le répertoire instrumental des chansonniers internationaux, ce qui conduit à l'hypothèse qu'elles circulaient déjà depuis un certain temps. et ont été trouvées dans des versions exclusivement textuelles d’un recueil plus tardif de chansons, de Dordrecht ; tandis que la musique de la première pièce n'apparaît qu'ici, la seconde est basée sur l'un des airs instrumentaux les plus populaires du : . Il est rare qu'une telle mélodie de ténor soit munie d'un texte. Il semble que l’on ait affaire ici avec la combinaison ultime d'influences provenant de divers milieux. C'est aussi la raison pour laquelle le manuscrit Koning peut être considéré comme l’égal des recueils internationaux de chansons que nous rencontrons dans d'autres centres urbains dans toute l'Europe ; les instrumentistes ont souvent arrangé des œuvres vocales selon une certaine méthodologieHIJMANS, .
Noëls À première vue, le répertoire de Noël du manuscrit Koning semble typique des chants de Noël trouvés dans de nombreux européens du . C'est une musique qui s'est séparée de la liturgie, et qui s’est acquis une place dans la société urbaine. Cela s'est passé de façon très efficace, car un grand nombre de ces chansons profondément enracinées dans la mémoire collective sont encore connues de nos jours.
Un examen approfondi de cette collection nous apprend toutefois que beaucoup de chansons peuvent être retrouvées ailleurs, dans d'autres manuscrits néerlandais provenant de cloîtres, mais jamais dans les versions polyphoniques de ce manuscrit. Tous les chants ont été élargis d'une façon ou d'une autre. Ainsi, a reçu des parties de et , peut-être en guise d'ouverture solennelle des chants latins du manuscrit. et sont devenus de petits joyaux à trois voix et une polyphonie novatrice est utilisée dans et . L'embellissement polyphonique de ces chansons semble avoir été très important : tout ce qui pouvait devenir polyphonique a été mis en polyphonie. Deux voix en sont devenues trois et des chansons d'une seule voix ou sans notation mélodique sont devenues des duos, alors que des formules cadentielles ont été ajustées pour mieux s'adapter aux règles d'une polyphonie plus sophistiquée.
Nous pouvons trouver ces chants également sous diverses formes au niveau international. , par exemple, peut être trouvé non seulement sous l’aspect des laudes populaires italiennes et dans des harmonisations polyphoniques simples, mais aussi comme la base de compositions polyphoniques de la Tchécoslovaquie à la Finlande et de l'Italie aux Pays-Bas. Il semble qu’il s’agisse d’un processus qui a eu lieu d'une manière comparable à plusieurs endroits différents. Dans les , on retrouve les harmonisations simples, au cours du , la classe moyenne supérieure urbaine s’est approprié ce répertoire, ajoutant ces versions mises à jour à leurs propres chansonniers.
Les chants de Noël sont les chansons les plus populaires qui nous sont parvenues de l'époque médiévale. Ce n'est pas un hasard si près de la moitié des chansons du manuscrit Koning concernent Noël. Les chants de Noël étaient bien connus et bien aimés. Cela est vrai pour le chant latin , pour – l'une des chansons vernaculaires (néerlandaises) les plus populaires sur Marie – répandue à travers l'Europe, et pour le chant néerlandais , qui a été un succès, particulièrement aux Pays-Bas, et que l'on trouve dans de nombreux manuscrits et livres imprimés à partir de la fin du OOSTERMAN, .
Voir aussi Bibliographie Présentation de l'édition moderne complète, contenant également un fac-similé du manuscrit, sur le site web www.alamirefoundation.org. BONDA, Jan Willem. De meerstemmige Nederlandse liederen van de vijftiende en zestiende eeuw, Hilversum, Verloren, 1996 , . HIJMANS, Ita. , , dans : notice du livret du CD , , 2007. HIJMANS, Ita. , , dans : notice du livret du CD , , 2007. OOSTERMAN, Johan. , , dans : notice du livret du CD , , 2007. OOSTERMAN, Johan. , , dans : notice du livret du CD , , 2007. SCHREURS, Eugeen. Het Nederlandse polyfone lied, publication réalisée à l'occasion d'une série d'émissions de radio de la BRT, Peer, Alamire, 1986 , .
Liens externes Manuscript Koning, fiche technique du manuscrit Koning sur le site web www.musicadevota.com Manuscript Koning, fiche technique du manuscrit Koning sur le site web www.handschriftencensus.de Liste des incipits des chansons du manuscrit Koning, avec indication du nombre des voix sur le site web www.musicadevota.com Résultats d'une recherche sur la base du numéro d'identification du manuscrit II 270 de la Bibliothèque royale de Belgique sur le site web www.medieval.org
Notes et références
Catégorie:Littérature médiévale néerlandaise Catégorie:Manuscrit enluminé du XVIe siècle Catégorie:Manuscrit musical enluminé Catégorie:Manuscrit musical de la Renaissance Catégorie:Manuscrit enluminé conservé à la Bibliothèque royale de Belgique