Alix de Fautereau-Vassel, puis Hava des Hautschamps, puis Aymé, née le à Marseille et morte le à Montlignon, est une peintre française, décoratrice, illustratrice. Professeure à l'École des beaux-arts de l'Indochine, elle contribue à y relancer l'art de la laque.

Biographie Origines et formation Alix Hava nait à Marseille en 1894 de Léonie des Hautschamps et de Nasri Jacob HavaArchives d'état civil de la Ville de Paris, mariages, arrondissement, 1931, vue 17/31, acte 1308., commerçant. Elle étudie la musique et le dessin au Conservatoire de Toulouse 19thcenturypaintings avec la reproduction d'une peinture d'Alix Aymé (Étude de fleurs)., très douée dans les deux matières. À l'âge de , elle obtient une médaille d'or au piano, mais elle choisit finalement de faire de la peinture son métier, et part à Paris où elle est élève du peintre nabi Maurice Denis. Elle l'assiste dans la décoration de la coupole du théâtre des Champs-Élysées à Paris.

Peintre en Indochine En 1920, elle épouse le professeur de lettres Paul Fautereau-Vassel et l'accompagne à Shanghai, puis à HanoïCaroline Legrand, « Alix Aymé, une femme artiste au Vietnam », La Gazette Drouot, , reproduction de l'œuvre La Baie d'Along (en ligne).. En 1925-1926, elle enseigne le dessin au lycée français d'Hanoï Alix Aymé. Fletcher/Copenhaver Fine Art. Consulté le .. Le couple revient en France de 1926 à 1928, et a un fils. Elle divorce ensuite et repart avec son enfant en Indochine, chargée d'une mission par le Gouvernement français, pour la préparation du Pavillon du Laos de l'Exposition coloniale internationale de 1931. Elle doit réaliser des toiles représentant les différentes éthnies présentes au Laos. Elle voyage seule à travers le Laos, remontant le Mékong jusqu'à l'extrême nord du pays, notamment à Muang Sing, où elle dessine et peint sur le vif. Elle peint 47 tableaux.

En 1929, elle est sollicitée par le Gouvernement général de l'Indochine et détachée auprès du Résident supérieur du Laos pour réaliser le décor de la salle de réception du palais du roi Sisavang Vong à Luang Prabang, un ensemble de dix-neuf grandes peintures à l'huile sur toile., toujours conservé au palais, aujourd'hui devenu Musée national.. Ce décor représente la vie quotidienne à Luang Prabang, avec des scènes de marchés, des illustrations du paysage comme le et le fleuve , et l'architecture comme le Vat Xieng Thong et le . Il image aussi la vie religieuse de la ville avec des cérémonies comme le Boun Phavet.

En 1930, elle illustre sous le nom d'Alix Hava des Hautschamps L'Histoire du Laos français de Paul le BoulangerLa Quinzaine coloniale du 10 janvier 1931, en ligne sur Gallica.. En 1931, elle épouse le lieutenant-colonel Georges AyméPhilippe Héduy, Histoire de l'Indochine : la perle de l'Empire (1624-1954), Volume 1, A. Michel, 1998, ., frère aîné de l'écrivain Marcel Aymé. En 1933 naît son deuxième fils.

Elle devient professeur à l'École des beaux-arts de l'Indochine, où elle contribue au regain de l'intérêt pour la laque, aux côtés de Joseph Inguimberty, à partir de 1934Alix Aymé, Mon jardin à Hanoï, 1939, laque sur bois, sur le site auction.fr... Outre la laque, dont elle a appris la technique au JaponLe Port de Sarajevo sur lot-art.com. (et qu'elle travaille parfois sur fond or), elle multiplie l'emploi de techniques dans son œuvre, utilisant d'autres techniques artistiques d'Asie, peinture sur soieFiguration féminine, Alix Aymé (1894-1989), avec reproduction de plusieurs œuvres dont Souvenir d'Indochine (1930), L'Annonciation, Portrait d'une femme assise dans une robe rouge et blanche sur figurationfeminine.blogspot.com. (Femmes dans un jardin, ), encre noire, tempera, aquarelle, eau-forte et fusain. Xylographe initialement, elle peint ensuite des figures, à la manière mondaine des années 1930, représentant de jeunes Asiatiques dans des intérieurs surchargés et opulents (Jeune Fille dans intérieur rouge, 1935). On perçoit l'ascendant de Gauguin dans Nu () par exemple, et couleurs et formes se retrouvent parfois dans ses scènes de la vie courante en IndochineEtienne Barillet, Alix Aymé de l'Indochine au Vietnam, ArtPassion, à lire en ligne. (Après-midi Paisible (), Marché en Indochine ()).. Elle réalise également des portraits et des paysagesDictionnaire Bénézit, OxfordArt online.. Elle effectue, dans ses bouquets floraux, une synthèse entre le style des nabis et la peinture traditionnelle vietnamienne.

Alix Aymé, évoluant au sein des institutions coloniales, réalisant des scènes sereines, donne le spectacle d’une Indochine hors du temps, ignorant la souffrance. En 1924 cependant elle exprime son point de vue relativement novateur, concédant certes une forme de supériorité au modèle européen, mais s’opposant à un enseignement qui ne serait que celui de l’imitation des modèles occidentaux, invitant les futurs artistes locaux à se confronter à d'autres influences pour ..

Retour en France et reconnaissance de son art de la laque En 1945, le fils ainé d'Alix, Michel, , est tué dans des circonstances tragiques. Elle rentre alors définitivement en France. Elle réalise de longs articles sur la technique de la laque dans le numéro spécial sur l’Indochine de l’Illustration en 1949, et dans la revue Tropique en 1950. Elle expose en 1950 à la Galerie de l'agence de la France d'outre-mer une série de laques qui souligne la reconnaissance de son expertise dans ce domaine..

Le général Aymé meurt en 1950. Elle s'installe à Paris et partage son temps entre son atelier parisien, une maison dans un petit village de l'Oise et des voyages, sans jamais se séparer de ses carnets de croquis. Elle reçoit commande de grands panneaux de laque pour le paquebot transatlantique Antilles et réalise de nombreuses expositions à Paris, en province, ainsi qu’au Maroc et en Italie. Elle réalise un chemin de croix en bois laqué pour la chapelle du couvent Notre-Dame-de-Fidélité à Douvres-la-Délivrande. L'œuvre ménage des perspectives et des paysages offrant un parallélisme avec l'œuvre de Foujita.. Elle décore l’appartement de Bảo Đại. En 1954, elle réalise de riches illustrations dans En parcourant l’Indochine. Amie de Foujita et de la famille Saint-Exupéry, elle fréquente les milieux intellectuels, littéraires et artistiques parisiens où s’exprime son esprit ouvert, vif, libre et curieux. En 1958, à , Alix Aymé part au Congo pour un séjour de huit mois.

Infatigable créatrice, elle travaille le dessin et la laque jusque dans ses dernières années ; plus de trente ans après avoir quitté l’Asie, l’Indochine persiste dans ses œuvres. Elle meurt à Montlignon (Val-d'Oise) en .État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970..

Redécouverte de l'œuvre Elle est d'abord redécouverte aux États-Unis. Lors de l'exposition de ses œuvres en 2012 à Baltimore, à l'université Johns-Hopkins, elle est décrite comme Cette exposition présente son développement artistique sur presque quatre décennies, depuis ses premières œuvres influencées par Maurice Denis jusqu'à son adoption d'éléments asiatiques et modernistes dans ses paysages de maturité. Le catalogue de l'expositionLacombe et Ferrer sur le site dessinoriginal. souligne l'influence de Paul Gauguin et des nabis sur son œuvre, ainsi que ses talents de Femme aux yeux d'ambre, en robe rouge et bouquet, sur peintures-asiatiques..

En 2022, une de ses laques, Maternité, s'adjuge à plus de chez Drouot.

Expositions Marseille, galerie Moullot. Paris, 1931, Exposition coloniale internationale de 1931. Paris, 1947, galerie des Deux-Iles.. Paris, 1950, galerie de la France d'Outre-mer. Exposition Paris-Hanoi-Saigon, Pavilion des Arts, Paris, 1998. Baltimore, 2012, musée Evergreen de l'université Johns-Hopkins, du au , Alix Aymé, une femme artiste dans l'Indochine des années 1920-1940. Paris, Musée Cernuschi 2012-2013, Du Fleuve Rouge au Mékong : visions du Viêt Nam. Exposition du au .. Évian, Palais Lumière, puis musée de Pont-Aven, 2023 : Alix Aymé fait partie des artistes présentées dans le cadre de l'exposition Artistes voyageuses, l'appel des lointains – 1880-1944.. Antony (Hauts-de-Seine), du au : L'Indochine d'Alix Aymé. Présentation de 80 œuvres d'Alix Aymé à la Maison des Arts du Parc Bourdeau...

Œuvres dans les collections publiques France Douvres-la-Délivrande, chapelle du couvent Notre-Dame-de-Fidélité : Chemin de croix, laques, 1945 (classé à titre d'objet aux monuments historiques en 2010). Saint-Germain-en-Laye, musée Maurice-Denis : correspondance d'Alix Aymé avec son maître Maurice Denis. Laos Luang Prabang, palais royal : peintures murales, 1930.

Publications Alix Hava des Hautschamps illustre en 1930 L'Histoire du Laos français de Paul le Boulanger, chez Plon. Alix Aymé publie plusieurs articles sur l'art de la laque dans les revues L'Illustration, Tropique, En parcourant l'Indochine..

Bibliographie . .. . . .

Notes et références

Notes

Références

Liens externes site de l'association des amis d'Alix Aymé.

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