L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Lierville, dans l'Oise, en France. Sa nef unique non voûtée remonte à la fin du , et reçut un nouveau portail richement décoré au second quart du . C'est à cette époque aussi que l'on ajouta un clocher au sud du chœur. C'est l'un des cinq clochers romans octogonaux du Vexin français. Pendant la seconde moitié du , un chœur gothique de deux travées au chevet plat vint remplacer le sanctuaire roman primitif. Muni d'une fenêtre au remplage rayonnant tardif à l'occasion de l'adjonction d'une chapelle au sud, dans l'angle avec le clocher, au cours du , sa véritable époque n'est plus gère visible depuis l'extérieur, d'autant plus qu'un collatéral le flanque également au nord. Ajouté plus tardivement que son pendant du sud, sans doute au cours de la guerre de Cent Ans, il ne fut pas voûté avant le , et ses voûtes affichent clairement le style gothique flamboyant. C'est également à l'époque flamboyante, au second quart du , que la nef fut équipée d'un bas-côté de cinq travées au nord, et que l'on projeta le voûtement de la nef, finalement resté lettre morte. Pour la forme rare de ses piliers et ses intéressants culs-de-lampe recevant les voûtes, ce bas-côté représente sans doute l'élément le plus remarquable à l'intérieur de l'église, mais la base du clocher est également intéressante pour sa voûte d'ogives romane, et la chapelle latérale sud, pour représenter l'un des rares témoignages de l'architecture du dans le Vexin. Le chœur paraît moins réussi, car ses grandes arcades sont frustes, pratiquement sans mouluration et dépourvues de colonnettes à chapiteaux. Il est néanmoins bien préservé. L'église Saint-Martin a été inscrite monument historique par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-François-d'Assise de Chaumont-en-Vexin, qui a suspendu la célébrationdes messes dominicales en 2018.
Localisation vignette|gauche|Façade occidentale.
L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Vexin français, sur la commune de Lierville, rue Saint-Martin / rue du Grand Orme. Elle est entourée d'ancien cimetière, clos par des murets, et délimité à l'ouest et au nord par les deux rues citées, et à l'est et au nord, par des propriétés privées. L'ancien cimetière est aujourd'hui une place publique engazonnée et plantée de quelques arbres, et permet à l'église d'être dégagée de bâtiments mitoyens, et d'être bien mise en valeur au milieu du village. L'on y trouve toujours l'ancienne croix de cimetière, dont le socle date du .
Historique vignette|gauche|Vue intérieure générale.
La date de fondation de la paroisse n'est pas connue. Elle remonte tout au moins à la fin du , date des petites baies romanes de la nef de l'église, qui sont à ébrasement simple et claveaux simulés. Le saint patron de l'église est Martin de Tours. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Magny-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbé de Saint-Germer-de-Fly.. L'église Saint-Martin n'est pas l'unique lieu de culte catholique de la commune. Il y a aussi la chapelle Saint-Jean-Baptiste au hameau du Boulleaume, qui date en partie du , et a été vendue à un particulier à la Révolution française, mais reste affectée au culte.. vignette|redresse|Nef, vue sur le chœur.
L'église primitive se compose d'une nef-grange assez spacieuse, mais peu élevée, sans bas-côtés, et d'un sanctuaire dont il n'est plus possible de reconstituer le plan. Dès la fin du ou le tout début du , la nef est exhaussée, comme le donne à penser une baie romane bouchée du côté sud, analogue à l'autre, mais située nettement plus haut. Peu avant le milieu du , un nouveau portail est plaqué devant la façade, l'on y aménage un oculus entouré d'un cordon sculpté, et l'on élève un clocher de deux étages au sud du chœur. Sa base est voûtée d'ogives dès l'origine. Son second étage est octogonal, comme c'est le cas d'un certain nombre de clochers romans du Vexin et du Beauvaisis, et coiffé d'une pyramide de pierre. Jusqu'alors, les travaux visent à embellir l'église et à lui donner une belle allure. À partir de la seconde moitié du , l'on commence à l'agrandir, tout d'abord en remplaçant le petit sanctuaire roman par un chœur gothique de deux travées au chevet plat. Au , l'on ajoute une chapelle d'une travée dans l'angle entre clocher et chœur, puis un collatéral de deux travées au nord du chœur. À la même occasion, l'on remplace la baie du chevet gothique par une fenêtre au remplage rayonnant tardif, annonçant le style flamboyant, qui s'exprime déjà bien par le profil prismatique aigüe des ogives. Enfin, au second quart du , la nef est pourvue d'un unique bas-côté du côté nord, dont l'on remarque la construction soignée. Elle est voûtée d'ogives, alors que la nef conserve son caractère rustique.. Le millésime de 1544 gravé sur les fonts baptismaux placés au début du bas-côté, peut être considéré comme la date ultime de fin des travaux. Les fenêtres sont effectivement déjà en plein cintre, comme à la Renaissance.
Sous la Révolution française, l'organisation des diocèses est mise à plat, et l'ensemble des paroisses d'un département est désormais regroupé dans un seul diocèse, en l'occurrence le diocèse de Beauvais pour le département de l'Oise. L'archidiocèse de Rouen ne recouvre plus que le département de Seine-Maritime. Ainsi, le Vexin français se trouve réparti entre le diocèse de Versailles nouvellement érigé à la Révolution, et le diocèse de Beauvais. En son sein, la paroisse de Lierville dépend du doyenné de Chaumont-en-Vexin, qui existait déjà sous l'Ancien Régime, mais avec un territoire différent. En 1859, Jean-Baptiste Frion indique que la commune de Lierville ne possède pas de presbytère, mais ne précise pas comment est logé le curé. En 1967, la flèche du clocher s'effondre et est reconstruite à l'identique. Peu de temps après, l'édifice est inscrit monument historique par arrêté du . Les publications actuelles ne permettent pas de connaître l'année de l'affiliation de Lierville à la paroisse de Boubiers, qui est la dernière des villages environnants à conserver un prêtre résident, le père Seïté, jusqu'en 1992.. Dans le cadre de la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, motivée par le manque de prêtres, Lierville est rattachée à la paroisse Vexin-Sud. Au début de l'année 2015, les trois paroisses de Vexin-Nord, Chaumont-en-Vexin et Vexin-Sud fusionnent pour former la nouvelle paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin, qui s'étend sur quarante-huit communes... La célébration des messes dominicales a été suspendu en 2018, mais l'église reçoit néanmoins quelques célébrations particulièresPour le calendrier des célébrations, cf. ..
Description Aperçu général vignette|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, l'église Saint-Martin se compose d'une nef-grange non voûtée de cinq travées barlongues, accompagnée d'un unique bas-côté au nord ; d'un chœur de deux travées se terminant par un chevet plat ; d'une base de clocher au sud de la première travée du chœur, et d'une chapelle d'une seule travée au sud de la deuxième travée, communiquant également avec la base du clocher ; ainsi que d'une chapelle de deux travées au nord du chœur, dans l'axe du bas-côté. Un étroit passage berrichon relie directement la nef à la base du clocher. La nef est recouvert d'un plafond lambrissé ; le reste de l'église est voûté d'ogives. Le clocher est flanqué au sud par une tourelle d'escalier biscornue. Il n'y a pas de sacristie. L'on accède à l'église par le portail occidental, par une petite porte au sud de la nef, ou par une petite porte au sud de la chapelle latérale sud. Le clocher est coiffé d'une pyramide de pierre sur plan octogonal. La nef est recouverte d'une toiture à deux rampants avec un pignon en façade, et le bas-côté, d'un toit en appentis prenant appui contre la toiture de la nef. Les trois vaisseaux des parties orientales disposent chacun d'un toit en bâtière indépendant, ce qui donne une enfilade de trois pignons au chevet.
Intérieur Nef et bas-côté vignette|redresse|Nef, vue vers le chœur. vignette|redresse|Grandes arcades du nord. vignette|redresse|Nef, vue vers l'ouest.
L'intérieur de l'église est entièrement badigeonné de blanc. Au sud de la nef, l'appareil de petits moellons a toutefois été mis à nu en bas du mur, et l'enduit a également été enlevé au revers de la façade. Le mur gouttereau sud du présente un aspect des plus hétérogènes. Au milieu, le petit portail latéral en anse de panier s'ouvre dans le soubassement d'une fenêtre au remplage gothique flamboyant, qui a dû être aménagée à l'occasion de la construction des grandes arcades vers le bas-côté, ou un peu avant. Son pourtour est mouluré d'une fine moulure concave et d'une large gorge, et son réseau est formé par deux lancettes à têtes trilobées surmontées de deux soufflets dissymétriques accouplés entre deux étroites mouchettes. Trois baies en plein cintre irrégulièrement réparties ont été percées dans le mur bien après la construction de la nef, deux à gauche et une à droite du portail. Les deux baies voisines du portail sont de dimensions identiques ; celle située le plus à gauche (soit à l'est) est un peu plus petite. Immédiatement à gauche de la baie à droite du portail (ou de la baie la plus proche de la façade), l'ébrasement de la baie romane ajoutée à l'occasion de l'exhaussement de la nef subsiste toujours. Quant au mur occidental, il est dénué d'intérêt : le portail roman s'ouvre, contre toute attente, sous un linteau horizontal moderne ; le pourtour de l'oculus n'est pas décoré ; et il n'y a pas de traces visibles des modifications subies au fil du temps. L'on note seulement que le mur se retraite à la naissance du pignon. Le plafond n'évoque pas davantage le style roman. Il s'agit d'une charpente ordinaire, dont le revers est lambrissé et plâtré, sans dissimuler les fermes. Les différents éléments ne sont ni sculptés ni moulurés, et les entraits sont même assez sommairement équarris. Comme particularité, la panne du côté sud est soutenue par plusieurs poutres moyennant des contrefiches, et ceci pour remédier à la solidité insuffisante du mur. L'on trouve le même procédé dans la nef de Saint-Félix.