La culture en Savoie désigne tous les aspects d'ordre culturel présent dans le département français de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Il s'agit de toutes les formes d'art (musique, peinture, théâtre...), de culture tenant à différents types de patrimoine (architectural, gastronomique...) ainsi qu'aux festivités culturelles (festivals et évènements culturels).
Arts Architecture thumb|alt=Maisons en pierre et en bois à Bonneval-sur-Arc en Haute-Maurienne|Maisons à Bonneval-sur-Arc. thumb|upright=0.8|left|alt=Église Saint-Bernard des Alpes de Val-d'Isère|L'église Saint-Bernard des Alpes de Val d'Isère (XVIII).
Le premier art qu'est l'architecture est très diversifié sur le territoire du département. L'architecture rurale montre déjà des différences selon les territoires et leurs caractéristiques économiques et culturelles. Pour autant, les caractéristiques communes à l’architecture en Savoie sont l’utilisation de la pierre tirée directement des montagnes quasiment omniprésentes sur l’ensemble du territoire, ainsi que du bois, bien que son utilisation soit conditionnée à l'exposition et à l'altitude des constructions. L'ardoise, la tuile et parfois la taule sont également traditionnellement utilisées pour la toiture. Les maisons étaient souvent d'une certaine taille pour accueillir des bêtes (écuries, étables, granges) et permettre le stockage (greniers, caves…), même si la cohabitation entre bétail et individus n'a jamais été généralisé en Savoie, celle-ci ne se rencontrant que dans quelques zones des hautes vallées, qui plus est limitées à la période hivernale. L'architecture datant d'avant le est moins bien connue du fait des règles imposées progressivement, comme l'obligation des toitures en tôle plutôt qu'en chaume ou l'emplacement des portes et fenêtres.
En ce qui concerne les édifices religieux, la Savoie comprend aussi bien des églises ou cathédrales romanes comme l'église Saint-Pierre de Lémenc à Chambéry ou la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Maurienne, gothiques à partir du début du et dont on retrouve des décors sur la Sainte-Chapelle ou la cathédrale de Chambéry, et baroques, qui durera jusqu'en 1815. Le est pour sa part marqué par des architectures monumentales comme les églises de Tignes ou de Modane ou encore la chapelle Notre-Dame-de-l'Assomption du Mont-Cenis puis plus modernes et se fondant plus dans le paysage urbain comme l'église Notre-Dame-de-l'Assomption à Courchevel. À l'égard de l’architecture religieuse baroque, les « chemins du Baroque » permettent de découvrir près d'une centaine de sites religieux savoyards baroques, notamment présents en Tarentaise, Maurienne, dans le Beaufortain et dans le Val d'Arly.
En matière de promotion et de conseil en architecture, il existe dans le département la Maison de l'Architecture de Savoie (MAS) chargée entre autres de « diffuser la culture architecturale contemporaine au grand public » et le Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement de la Savoie.
Sculpture
Le deuxième art qu'est la sculpture est également très présent en Savoie. Le département s'est notamment beaucoup doté de sculptures et de statues durant le dont les visées étaient à la fois la gloire des grands hommes et les commémorations. La ville de Chambéry en possède à elle seule plusieurs dizaines, la plus connue étant la fontaine des Éléphants érigée en 1838 en l'honneur du comte de Boigne à la suite de son don effectué à la ville, mais en possède également de Jean-Jacques Rousseau, d'Antoine Favre ou des frères Joseph et Xavier de Maistre. Pour les monuments commémoratifs, la ville compte la statue de La Sasson, érigée en 1892 pour marquer le centenaire du premier rattachement de la Savoie à la France de 1792, ainsi que les monuments aux Savoyards morts pour la patrie.
Ailleurs en Savoie trônent les statues de Saint-Bernard de Menthon au col du Petit-Saint-Bernard, du médecin et botaniste François-Emmanuel Fodéré dans sa ville natale de Saint-Jean-de-Maurienne, ou encore le buste de Germain Sommeiller, à qui l’on doit la percée du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis, en gare de Modane. Du côté des commémorations, les grandes villes du département comptent des monuments aux morts des dernières guerres ou des évènements plus particuliers comme la stelle rappelant l'ouverture de la Route Royale des Échelles par Charles-Emmanuel II de Savoie en 1652.
Peinture thumb|left|alt=Peintures en trompe l'œil dans la cathédrale de Chambéry|Trompe-l'œil dans la cathédrale de Chambéry. Pour le troisième art enfin, c'est-à-dire la peinture, la Savoie n'est là aussi pas en reste. Le musée des beaux-arts de Chambéry présente à cet égard une grande partie des tableaux peints entre les XIV et XIX siècles, à l'inspiration variant de l'italien et piémontais et consistant en la description de paysages ou de portraits. En outre, le département a connu une « École savoyarde » au travers de l’École de peinture de Chambéry jusqu'au début du qui a formé de nombreux peintres, attirés notamment par la peinture de paysages.
Mais la peinture se retrouve également directement sur les murs savoyards. Les peintures murales se retrouvent dans de très nombreux endroits dans le département, les plus anciennes étant les peintures murales médiévales de Cruet, datées de la fin du et actuellement exposées au Musée savoisien à Chambéry. Le palais de justice de Chambéry renferme lui aussi une peinture murale dans la salle des pas perdus, ainsi que divers tableaux au niveau des salons. De nombreux autres bâtiments en possèdent au sein du département.
Enfin la Savoie possède une grande quantité de peintures en trompe-l'œil. Les plus connus sont ceux de l'intérieur de la cathédrale de Chambéry, qui de par leurs de superficie constituent le plus vaste ensemble de peintures en trompe-l'œil d'Europe. Chambéry qui par ailleurs possède également de nombreux trompe-l'œil sur plusieurs bâtiments du centre ancien.
Parmi ces arts, l’art contemporain s’expose dans plusieurs galeries et musées d’Aix-les-Bains et Chambéry, à l’Espace Malraux de Chambéry, au Dôme d’Albertville ou à La Conciergerie de La Motte-Servolex.
Musique thumb|left|alt=Cérémonie de couronnement de la Rosière dans la commune d'Albens|Batterie-fanfare lors de la retraite aux flambeaux de juin à Albens.
En poursuivant avec le quatrième art qu'est la musique, le département de la Savoie compte 26 écoles de musique au sein desquelles près de élèves étaient inscrits sur l’année scolaire 2011-2012. La pratique de la musique à Chambéry est effectuée, entre-autres, à la Cité des Arts et le Conseil général de la Savoie favorise la pratique de la musique, notamment dans le milieu scolaire. En parallèle, existe également en Savoie et en Haute-Savoie l'Orchestre des Pays de Savoie, créé en 1984 et composé de 23 musiciens permanents (comprenant 19 instruments à cordes, 2 hautbois et 2 cors), ainsi que différents groupes de musique folkloriques et d'orchestres de batterie-fanfare.
Pour la représentation de spectacles musicaux, le département s'est doté en 2009, à Chambéry, d'une nouvelle salle multifonctionnelle, le Phare, pouvant accueillir de personnes assises à personnes assises et debout, et dans lequel s'organisent des concerts de chanteurs et de groupes nationaux et internationaux. D'autres scènes de taille plus modeste existent parallèlement, à Chambéry et Albertville notamment.
thumb|alt=Ancien carillon de Chambéry dans la cour du château|Le carillon de 1937 et ses 40 cloches au château de Chambéry.
Historiquement, la Savoie est à l'origine de plusieurs mélodies ou chants. Le plus symbolique d'entre eux demeure Les Allobroges de Joseph Dessaix, entonné la première fois en 1856. Le texte a été écrit en l'honneur de la Constitution des États sardes et il est originellement nommé La Liberté. Le chant est considéré comme l'hymne savoyard, « une espèce de Marseillaise pour les Savoyards » qui demande à être exécuté à une allure de pas redoublé et qui connut dès sa popularisation un retentissement énorme dans tous les Pays de SavoieOncle Edmond, La chanson des Humbles : Petit écho savoyard de la Lyrique traditionnelle du Pays de France, octobre 1946, Lyon, . Un siècle plus tard, la chanson Étoile des neiges, basée sur une mélodie écrite par l'autrichien Frank Winkler en 1944, devient emblématique de l'identité savoyarde car c'est en 1948 que Jacques Hélian la découvre et demande à son parolier Jacques Plante d'y poser un texte. Ce dernier choisit pour thème la Savoie, et la chanson connaîtra un succès phénoménal grâce notamment à Line Renaud qui l'interprétera dans les années 1950. Le titre est également connu du grand public durant les années 1980 grâce à sa reprise rock par le groupe savoyard Simon et les Modanais, pour laquelle ils reçoivent un disque d'or en 1987François Genton, „Lieder, die um die Welt gingen: deutsche Schlager und Kulturtransfer im 20. Jahrhundert“, dans Olivier Agard / Christian Helmreich / Hélène Vinckel-Roisin (dir.), Das Populäre. Untersuchungen zu Interaktionen und Differenzierungsstrategien in Literatur, Kultur und Sprache. Göttingen, V&R unipress, 2011, . Zappy Max, Jacques Hélian et son orchestre: Une saga fabuleuse, Éditions Cheminements, 2006 - 299 pages, lire en ligneSimon ne chante plus le même air que les Modanais, Antoine Chandellier, Le Dauphiné libéré, , dimanche 19 février 2012, , lire en ligneSimon et les Modanais, 25 ans après..., L. Sevenier, Terra Modana , février 2011, lire en ligne.
Enfin, sont à mentionner le grand orgue romantique de la cathédrale de Chambéry, datant de 1847 et comportant 50 jeux, 3 claviers et 1 pédalier agissant sur plus de tuyaux, ou le carillon de la tour Yolande de la Sainte-Chapelle du château des ducs de Savoie, le plus récent carillon construit par les Fonderies Paccard et qui avec ses 70 cloches compte parmi les plus importants d'Europe. Installé en 1993, il remplace l'ancien carillon de 1936, d'abord de 37 puis de 40 cloches à partir de 1960. Ce dernier est aujourd'hui installé dans la cour du château. Là encore ce carillon est le plus important d'Europe et le au monde après ceux de Broomefiels Hills (77 cloches), de Riverside (74 cloches) et de Chicago (72 cloches) aux États-Unis.
Littérature
Le cinquième art, c'est-à-dire la littérature (incluant la poésie) a là aussi été souvent présent en Savoie dans l'histoire et le demeure aujourd'hui. Même si la Savoie n'est pas exceptionnellement réputée pour ses écrivains et poètes célèbres, nombreux sont en revanche ceux à avoir mentionné la Savoie dans leurs écrits. L'ouvrage de Rémi Mogenet Écrivains en Pays de Savoie paru en 2012 retrace ces auteurs et leurs références aux Pays de Savoie (Savoie et Haute-Savoie), parmi lesquels figurent notamment Goethe, Chateaubriand, Alexandre Dumas, Honoré de Balzac, André Gide, Stendhal ou Victor Hugo. L'auteur explique que le passage obligé par le col du Mont-Cenis et la position de « carrefour alpin » de Chambéry faisait que la Savoie a longtemps été un territoire très fréquenté des voyageurs, qui en profitaient alors pour le décrire durant leur périple. C'est ainsi que de nombreux récits de voyage permettent aujourd'hui aux historiens de s'imaginer la Savoie au fil des siècles, par exemple quand en 1581 Montaigne décrit le mont du Chat, le lac du Bourget et le château de Bourdeau :
thumb|alt=Maison des Charmettes à Chambéry où Jean-Jacques Rousseau vécut pendant 6 ans|La maison des Charmettes où J.J. Rousseau vécut durant 6 ans.