L'équipe d'Haïti de football est constituée par une sélection des meilleurs joueurs haïtiens sous l'égide de la Fédération haïtienne de football et représente le pays lors des compétitions régionales, continentales et internationales depuis sa création en 1925.
Surnommée les Grenadiers ou encore les Rouges et Bleus, les Haïtiens disputent leurs rencontres à domicile au Stade Sylvio-Cator, situé dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince. En , ils se sont hissés au mondial selon le classement FIFA, soit leur meilleure position depuis la création dudit classement.
Pour la seconde fois de leur histoire après 1974, le , les Grenadiers se qualifient pour la Coupe du monde 2026. Ils terminent en première position du groupe C des qualifications de la CONCACAF avec le sélectionneur Sébastien Migné. vignette|Le design du maillot de l'équipe haïtienne du football masculin a été révisé par Saeta sur la demande de la FIFA, en raison d'éviter tous contenus politique, religieux et personnel qui pourrait nuire à l'organisation de la compétition footballistique mondiale. Cette décision est considérée comme une insulte aux yeux des fans haïtiens qui croient que l'histoire de la bataille de Vertière représente encore au XXIe siècle un souvenir perturbant pour les pays occidentaux. Le design du maillot de l'équipe haïtienne du football masculin a été révisé par Saeta sur la demande de la FIFA, en raison d'éviter tous contenus politique, religieux et personnel qui pourrait nuire à l'organisation de la compétition footballistique mondiale. Cette décision est considérée comme une insulte aux yeux des fans haïtiens qui croient que l'histoire de la bataille de Vertière représente encore au XXIe siècle un souvenir perturbant pour les pays occidentaux.
Histoire Les débuts de la sélection (1925-1970) thumb|right|upright|Une du journal haïtien Le Nouvelliste du relatant la rencontre Haïti-Jamaïque|alt=une page de journal Le premier match officiel de la sélection d'Haïti date du et l'oppose à une autre sélection caribéenne, l'équipe de Jamaïque, dont c'est également le premier match de l'histoire. La rencontre est gagnée deux à un par les Jamaïcains, le premier but de l'histoire de la sélection est inscrit par Painson à la . À la suite de l'affiliation de la Fédération haïtienne auprès de la FIFA en 1933, Haïti peut s'inscrire aux éliminatoires pour la Coupe du monde 1934 en Italie. Les Grenadiers, dirigés par Édouard Baker, sont opposés à l'équipe de Cuba, lors d'une confrontation en trois matchs, tous disputés au Parc Leconte de Port-au-Prince en . Battus trois à un au premier match puis accrochés un partout au second, Haïti subit une lourde défaite lors de la troisième et dernière rencontre sur le score de six à zéro.
Les Haïtiens ne vont réapparaître sur la scène internationale que près de vingt ans plus tard, puisque la Fédération n'a pas inscrit l'équipe nationale pour les éliminatoires des éditions de 1938 et 1950. Pour l'édition de 1954 organisée en Suisse, les hommes du Français Paul Baron retrouvent en poule de qualification les États-Unis et le Mexique. Haïti termine à la dernière place, perdant tous ses matchs, avec même une très lourde défaite concédée à Mexico huit à zéro. Ils vont à nouveau se retirer des éliminatoires pour la Coupe du monde jusqu'en 1970. Au niveau régional, l'équipe haïtienne remporte en 1957, pour sa première participation dans la compétition, la Coupe CCCF avec notamment une victoire six à un sur Cuba puis dispute, en 1959, les Jeux panaméricains. La sélection s'incline lourdement face aux États-Unis, sept à deux, et au Brésil, neuf à un, et refuse de reprendre le jeu face à l'Argentine après une décision arbitrale. Victorieuse huit à deux de la sélection cubaine, l'équipe termine quatrième de la compétition. Après une saison 1960 sans rencontres internationales, la sélection haïtienne, dirigée par Antoine Tassy, fait sa deuxième apparition en Coupe CCCF en 1961. Deuxième de sa poule derrière le pays hôte, le Costa Rica, l'équipe termine quatrième et dernière de la phase finale avec trois défaites en trois matchs et douze buts encaissés pour zéro buts inscrits. L'équipe subit pour son dernier match dans la compétition une cuisante défaite, huit à zéro face aux Costaricains.
En 1961, Haïti rejoint la CONCACAF née de la fusion de la NAFC et de la CCCF. En 1965, Haïti prend part à la deuxième édition de la Coupe des nations de la CONCACAF, après avoir été éliminée lors des qualifications de l'édition inaugurale (Coupe des nations de la CONCACAF 1963). Ce rendez-vous continental est un échec puisque les Haïtiens terminent à la dernière place, sans avoir remporté un seul de leurs cinq matchs joués et Antoine Tassy présente alors sa démission. Il revient cependant l'année suivante à la tête de l'équipe et, remporte la Coupe Duvalier. Lors de l'édition 1967, la sélection est également performante. Elle termine d'abord invaincue en tête de son groupe de qualification, devant Trinité-et-Tobago. Le est une date historique puisque c'est celle de la première victoire haïtienne en match officiel, face aux Trinidadiens, battus 4-2. Mais les hommes de Antoine Tassy ne vont pas exister lors du tour final, joué sous forme d'une poule unique de six équipes, en terminant à la , ne battant le Nicaragua que lors de la dernière journée, dans un match sans autre enjeu que celui d'éviter la dernière place.
Dans le cadre des Éliminatoires à la Coupe du monde 1970 organisée par le Mexique, les Haïtiens sont engagés dans le groupe 2, en compagnie du Guatemala et de la sélection de Trinité-et-Tobago. Toujours dirigés par Antoine Tassy, ils s'imposent pour la première fois en éliminatoires de la Coupe du monde le à Port of Spain face à Trinité-et-Tobago. Les Grenadiers vont parvenir à se classer en tête de la poule (deux victoires, un nul et une défaite, concédée à domicile face aux Soca Warriors trinidadiens accédant ainsi au deuxième tour de qualification. Ils éliminent ensuite les Américains (s'imposant même sur la pelouse de San Diego un but à zéro lors du match retour) avant de voir le billet pour le tournoi final s'envoler face au Salvador. Le duel est acharné : les Haïtiens s'inclinent à domicile 1-2, parviennent à gagner 3-0 à San Salvador avant de perdre à nouveau lors du match de barrage organisé sur terrain neutre, à Kingston en Jamaïque, 1-0 dans les prolongations.
À la Coupe des nations de la CONCACAF 1969, Haïti est disqualifié pour le tour final, alors qu'il s'était qualifié sur le terrain en battant les États-Unis (ce tour de qualification est couplé aux qualifications pour la Coupe du monde 1970). En effet, la Fédération n'a pas pu inscrire l'équipe pour le tour final dans les délais impartis par la CONCACAF et ne peut donc participer à la poule finale.
L'âge d'or du football haïtien (1971-1979)
En 1971, toujours avec Antoine Tassy à sa tête, la sélection haïtienne participe à la troisième édition de la Coupe des nations de la CONCACAF, dont la phase finale a lieu à Trinité-et-Tobago. Elle bénéficie du forfait des Antilles néerlandaises au premier tour des préliminaires et lors du second tour, les sélections de Cuba et du Suriname refusent de se rendre à Port-au-Prince pour disputer avec les Grenadiers les matches de poule. La CONCACAF tranche et décide de délivrer les deux billets pour la phase finale aux Haïtiens et aux Cubains, sans que l'on connaisse les raisons de ce choix. La phase finale, disputée sous forme d'une poule unique réunissant les six nations qualifiées se déroule à Port of Spain en fin d'année 1971. Les Haïtiens terminent invaincus la compétition avec une médaille d'argent, derrière les Mexicains. C'est la première performance remarquable de la sélection.
Deux ans plus tard, l'édition 1973 de la Coupe des nations de la CONCACAF revêt un enjeu double. En effet, elle est couplée avec le tour final des éliminatoires de la CONCACAF pour la Coupe du monde 1974, ce qui veut dire que l'équipe sacrée championne de la CONCACAF obtient automatiquement son billet pour la phase finale, prévue en Allemagne de l'Ouest. Haïti part avec un certain avantage puisque cette se dispute au stade Sylvio-Cator de Port-au-Prince. Après avoir facilement disposé de l'équipe de Porto Rico en tour préliminaire (12 à 0 sur l'ensemble des deux rencontres), les Rouge et Bleus vont réaliser un parcours quasiment parfait en poule finale, remportant leurs quatre premiers matchs, face aux Antilles néerlandaises, à Trinité-et-Tobago, au Honduras et au Guatemala. La dernière rencontre, perdue face au Mexique, est sans importance puisque les coéquipiers d'Emmanuel Sanon, le buteur vedette de l'équipe, étaient assurés avant de jouer de terminer en tête et de se qualifier pour la Coupe du monde. Le président haïtien Jean-Claude Duvallier promet alors aux joueurs sélectionnés une prime de dollars pour une victoire et de dollars pour un nul aux joueurs disputant la compétition mondiale.
left|upright|thumb|Henri Françillon lors de la rencontre Haïti-Pologne de la Coupe du monde 1974|alt=photo en noir et blanc d'un match de football, deux joueurs luttent devant les cages pendant que la gardien plonge Le tirage au sort n'est pas tendre avec l'équipe haïtienne : elle est reversée dans le groupe 4 en compagnie de l'Italie, finaliste du dernier Mondial, de l'Argentine et de la Pologne. Haïti va marquer les esprits lors de cette Coupe du monde ouest-allemande. Avec Antoine Tassy sur le banc, les Grenadiers vont créer l'une des premières surprises de la phase finale en ouvrant le score contre les Italiens, grâce à un but de l'inévitable Emmanuel Sanon qui met fin à ainsi à la série d’invincibilité, minutes, du gardien Dino Zoff. Les Azzurri se reprennent et l'emportent finalement 3-1. La préparation du second match est marquée par le contrôle positif d'Ernst Jean-Joseph à un produit anti-asthmatique, il est alors suspendu jusqu'à la fin de la compétition. Marqués par cette exclusion, cette seconde rencontre est catastrophique pour les Haïtiens. Ils s'inclinent contre la Pologne sur le score de 7-0 malgré le bon match du gardien Henri Françillon. Enfin, le troisième et dernier match, sans enjeu puisque Haïti est d'ores et déjà éliminé, les voit s'incliner contre l'Argentine, avec un nouveau but de Sanon et une défaite 1-4.
En 1977, la de la Coupe des nations de la CONCACAF voit à nouveau les Haïtiens réussir un superbe parcours. Qualifiés par le biais de plusieurs tours préliminaires, où ils éliminent successivement la République dominicaine, les Antilles néerlandaises et Cuba, ils terminent comme six ans auparavant à la deuxième place, derrière leur rival du moment, le Mexique, auteur à domicile d'un parcours parfait (cinq victoires en autant de rencontres). Deux ans plus tard, la sélection olympique remporte la Coupe caribéenne des nations en battant lors de la dernière rencontre le tenant du titre, le Suriname sur le score d'un à zéro.
Une longue période sans résultats (1979-1997) En 1981, Haïti participe à la Coupe des nations de la CONCACAF, organisée cette année-là au Honduras. Comme lors des éditions précédentes, le champion se qualifie pour la phase finale de la Coupe du monde de football 1982 en Espagne, mais aussi son dauphin, puisque la zone CONCACAF a droit à deux représentants en phase finale à partir de cette Coupe du monde. Les Grenadiers parviennent à se qualifier pour la poule finale à six, après avoir écarté Trinité-et-Tobago et les Antilles néerlandaises mais vont finir à la dernière place, sans parvenir à remporter un seul match. C'est la dernière apparition des Haïtiens à ce niveau de la compétition avant une longue période de mauvais résultats.