Marie-Louise Henin, née le à Marche-en-Famenne et exécutée par décapitation le à la prison de Plötzensee à Berlin, est une dentiste belge. Elle s'engage dans la résistance au nazisme durant la Seconde Guerre mondiale. Marie-Louise Hénin est l'une des chevilles ouvrières du journal La Libre Belgique clandestine.

Biographie

Jeunesse et formation Marie-Louise Ghislaine Henin est née le à Marche-en-Famenne dans une famille de quatre enfants. Ses parents, Louis Gilles Henin et Marie Adèle Renson, tiennent une boucherie. La famille déménage à La Louvière en 1908. Elle fréquente une école secondaire pour filles, puis s'installe en Allemagne auprès de sa sœur Marie-Thérèse Jantzen. Elle y poursuit ses études et épouse le dentiste allemand Carl Keil.

En 1924, elle quitte son mari et part en Argentine. A Buenos Aires, elle gagne sa vie en travaillant comme gouvernante et commence des études de médecine. Elle retourne en Belgique en 1926. Elle est reconnue chirurgienne-dentiste en 1929 et ouvre son propre cabinet à Marche-en-Famenne. Elle s'installe ensuite à Schaerbeek, rue des Ailes.

Résistance Après l'occupation de la Belgique par les troupes allemandes, elle rejoint une organisation de résistance. Sous le nom de code Colas, elle transmet des informations aux Britanniques, via le groupe de résistance Service Zéro. Au début de 1941, elle abandonne sa pratique de dentiste pour se consacrer uniquement à ses activités de résistante. Elle tente d'unifier les groupes de résistance belges qui ont peu de contacts entre eux.

Elle s'implique dans la réalisation et la publication du journal La Libre Belgique clandestine publié à partir de 1940. Elle participe à toutes les tâches, de la collecte d'informations à la mise sous presse et la diffusion. Elle parvient à se procurer un camion de la Gestapo pour transporter les journaux avant l'arrivée des ouvriers. Elle aide aussi au financement et à la diffusion d'autres journaux résistants notamment Le Belge et Vrij, l'édition en néerlandais de La Libre Belgique.

Elle héberge dans sa propre maison des aviateurs alliés et organise leur évasion. Elle accepte notamment de prendre en charge cinq aviateurs polonais ne parlant pas un mot de français, allant jusqu'à les emmener à la messe à l'église St-Servais. À partir de 1941, alors que plusieurs membres de l'organisation du journal sont arrêtés, elle demande à Fernand Kerkhofs de prendre le journal en charge.

Elle est arrêtée le à son domicile au 58 de la rue des Ailes à Schaerbeek. Les soldats allemands trouvent chez elle de nombreux exemplaires du journal et d'autres équipements compromettants. Elle est emprisonnée à la prison de Saint-Gilles, interrogée par la Gestapo et soumise à la torture. Le , Marie-Louise Henin est transférée à Essen puis, en , à la prison de Zweibrücken, puis à Francfort, à Cassel, à Halle et enfin à Berlin où elle arrive le .

Le , elle comparaît devant le Volksgerichtshof avec ses co-accusés Noël Abel, Roger Degueldre, Georges Maréchal, l'avocat Robert Logelain, le boulanger Latour et le docteur Michel Goffart. Elle y est condamnée à mort pour . Le 8, elle répondra à l'officier allemand qui lui demandait pourquoi elle était là : . Marie-Louise Hénin est exécutée le dans la prison de Plötzensee à Berlin, quelques minutes après Emmy ZehdenLe livre d'or de la Résistance belge, publié par le Ministère de la Défense nationale, Les éditions Leclercq, Bruxelles, 1949, .

Louise de Landsheere dira d'elle dans ses mémoires : Louise de Landsheere, Les mémoires de Louise de Landsheere - De la résistance à la marche de la mort, Éditions J. M. Collet, juin 1989, ..

Hommages Une rue porte son nom à Marche-en-Famenne, rue Marie-Louise Hénin. Le , une plaque commémorative est apposée sur la maison natale de Marie-Louise Henin à Marche-en-Famenne, en présence du Prince Baudouin de Belgique En 2003, le nom de Marie-Louise Henin est donné à la Promotion Polytechnique de l’École royale militaire de Belgique, dont elle devient la marraine.

Bibliographie Georgette Lielens, Marie-Louise Henin: héroïne de la résistance, 31 p. Mahoney, M. H., Women in espionage : a biographical dictionary, ABC-CLIO, Santa Barbara, Californie, 1993 Jeanne GEHOT, « Un témoignage inédit sur Marie-Louise Henin » in Marche, souviens-toi, Annales du Cercle historique de Marche-en-Famenne, 1994 Étienne Verhoeyen, La Belgique occupée: de l'an 40 à la Libération, De Boeck Université, 1994, 611p. Henri Bernard, La Résistance 1940-1945, La Renaissance du Livre, 1969, 145p. Jean Fosty, La guerre secrète des services de renseignement et d'action, 1940-1944, J.M. Collet, 1987, 203p. Hubert Barnich, Marie-Louise Henin, une résistante marchoise genealogie.marche.be/kg/mlh1.htm

Liens externes

Acte d'accusation du Volksgerichtshof contre Marie-Louise Hénin et d'autres, (Bundesarchiv R 3017/10594)

Notes et références

Catégorie:Dentiste belge Catégorie:Résistante belge Catégorie:Personnalité exécutée par le Troisième Reich Catégorie:Naissance en décembre 1898 Catégorie:Naissance à Marche-en-Famenne Catégorie:Décès en juin 1944 Catégorie:Décès à Berlin-Plötzensee Catégorie:Condamné à mort exécuté en Allemagne au XXe siècle Catégorie:Condamné à mort exécuté par décapitation Catégorie:Décès à 45 ans Catégorie:Condamnée à mort exécutée