La famille de Blonay est une ancienne famille seigneuriale qui apparaît à la fin du dans le Pays de Vaud. Elle se sépare au début du en deux branches : une branche vaudoise (subsistante) et une branche chablaisienne (éteinte).

Cette séparation est effective au à la suite de la conquête du Pays de Vaud par Berne et l'apport de la Réforme. La branche du pays de Vaud se convertit au protestantisme et se soumet aux Bernois, tandis que la branche du Chablais reste fidèle aux ducs de Savoie et au catholicisme.

Histoire Origines vignette|Le château de Blonay. L'auteur Gustave Chaix d'Est-Ange, dans sa notice (1904), indique, à l'aune de l'étude d'Amédée de Foras, que .. Selon Foras la charte de la fondation de l'abbaye d'Abondance (Chablais), en 1108. (certains auteurs ont commis l'erreur de donner 1080), où Amédée de Blonay., mentionné comme témoin avec Girard d'Allinges, sont

L'historien suisse Maxime Reymond (1872-1951) indique, dans son article L'origine des maisons de Blonay et d'Oron (1938), que le premier document sur lequel s'appuyer concernant cette famille est une charte du dans laquelle ., située en limite du canton de Vaud. L'historien considère que ce « Vaucher » serait le De Foras nuance d'ailleurs son premier propos lorsqu'il aborde l'obtention du , introduisant le paragraphe ainsi . Les Blonay sont, en effet, à l'origine de la fondation du bourg du Vieux-Mazel, noyau urbain de Vevey. Il récuse de Foras considérant que ce dernier fait reposer ses travaux sur une erreur d'interprétation des documents, notamment à propos de la date de fondation du château dit de Blonay, à Saint-Paul, où l'on donne 1146 alors qu'il s'agit de l'année 1246. (voir section « implantation »).

L'archiviste et historien, Jean-Yves Mariotte, dans Histoire des communes savoyardes (1980), suit cette dernière hypothèse en indiquant que . L'historien Bernard Andenmatten, dans la notice du Dictionnaire historique de la Suisse (2004), confirme que le nom de famille est originaire de Blonay, située au-dessus de Vevey, où elle possède le château, . Les auteurs de l'ouvrage Autour du lac Léman (1902) avancent une édification vers 1175..

Amédée est le premier membre connu de la famille de Blonay, vraisemblablement fils de Vaucher, avoué de l'abbaye de Saint-Maurice. Chaix d'Est-Ange avance l'hypothèse qu'il pourrait être, sans certitudes, le fils de Louis de Faucigny.. Il reprend en cela l'hypothèse d'une communauté d'origine provenant de Foras qui indique (« Aymon de Blonay, son consanguin et ami », nobilis vir Aymo dominus de Blonay consanguineus noster et amicus). Amédée de Blonay est qualifié dans une autre charte de seigneur principal du Chablais avec Brocard d'Allinges. Par son mariage, il serait le beau-frère de Lambert de Grandson, évêque de Lausanne.

Implantation en Chablais La famille semble avoir reçu dès 1146, , d'Aymon de Faucigny (Régeste genevois, 1866. et Demotz (2000).. Aimon de Blonay, qui obtient ces droits, est dit du seigneur de Faucigny. Reymond écarte cependant le lien familial entre les Blonay et les Faucigny ne gardant que l'alliance. D'après ces analyses, c'est à cette date que le château dit de Blonay aurait été édifié. Les Blonay possèdent trois résidences dans la paroisse de Saint-Paul.. Jean-Yves Mariotte (1980) indique quant à lui que c'est à la suite d'un mariage avec Isabelle de Bex († 1246), dont on suppose l'appartenance à la famille de Faucigny, les Blonay augmentent leur possession en Chablais, notamment la seigneurie de Saint-Paul, au . Le fils, Aymon II de Blonay, obtient d'Aymon II de Faucigny, l'autorisation d'édifier un château et la ville neuve, avec un marché, en 1246. Sur le décalage d'un siècle entre les deux affirmations, l'historien Maxime Reymond indique que

En 1267, les Blonay cèdent les revenus du marché de Saint-Paul au comte Pierre II de Savoie en échange de l'avouerie de Vevey.

Au , le comte Amédée V de Savoie entre en guerre contre la Grande Dauphine, Béatrice de Faucigny, pour la possession du Faucigny. En 1289, Pierre de Blonay prend parti pour la Grande Dauphine. La seigneurie de Saint-Paul est assiégée en 1290. Les hommes du château se rendent au bout de quatorze jours . en 1302 en échange de la reconnaissance de la suzeraineté du comte de Savoie. En 1306, le château devient fief savoyard après avoir été acheté par Amédée V lausannoises. La famille de Blonay a acquis au cours des « une importance semblable à celle que les Grandson avaient à l'extrémité opposée du Pays de Vaud ».

L'église prieurale de Saint-Paul-en-Chablais devient une « nécropole dynastique »..

Au service de la maison de Zähringen

La famille de Blonay était vassale des Zähringen. Ils deviennent vassaux de la maison de Savoie lorsque le comte les soumet par la force en 1290.

Au début du s., les Oron et les Fruence sont vassaux des Blonay. La mayorie de Vevey que détenait les Oron était vassale de l'avouerie que détenait la maison de Blonay.

Passage à la Réforme

Héritage des Avise Le baron Jacques de Blonay épouse Marie-Sébastienne d'Avise, issue d'une famille valdotaine, qui voient leurs deux fils être désignés comme héritiers du baron et sénateur Prosper-Nicolas d'Avise, dernier seigneur de Lyverogne et Planaval..

Sceaux, armoiries et devise Le plus ancien sceau associé à la famille est celui d'Aymon Ier, entre 1241 et 1260, sur lequel apparaissent des fleurs de lys dans le champ, plutôt que des croisettes. Ce dernier a également porté . Son fils, auteur de la branche vaudoise, utilise dans un premier temps un écu au rais d'escarboucle (sceaux de 1278 et 1288), avant de reprendre un lion associé à un champ semé de croisettes (1291). La branche savoyarde utilise également cet écu (1303). Par la suite, on observe l'usage du lion seul.

vignette|gauche|Armes de la famille. vignette|droite|Branche chablaisienne. Les armes de la famille des Blonay se blasonnent ainsi : De sable semé de croisettes recroisettées au pied fiché d'argent, au lion brochant d'or ; De sable, semé de croisettes d'argent, au lion d'or brochant sur le tout.

L'écu de la branche chablaisienne se blasonne ainsi De sable, au lion d'or armé et lampassé de gueules.

Couronne : de baron, de marquis, ou de comte. Supports : deux griffons ou deux lions. Cimiers : un griffon issant d'or ou un lion ailé d'or. un croissant sommé de deux touffes de plumes reposant sur un coussin (Jean III, seigneur de Saint-Paul, branche savoyarde) ; (Jean IV, fils du précédent) ; (Jean III, branche vaudoise) ; à partir de 1600, le ;

Brisures : branche vaudoise : deux bâtards qui brisent d'un filet en barre brochant ; branche savoyarde : variations plus nombreuses ; à la suite des mariages, plusieurs écus de Blonay dont écartelés.

Devises : selon Galbreath (1934) : An Dieu tout bon tient (ancien) et Virtute et prudentia ou Pur comme l'or, prompt comme l'aige (armoriaux modernes). selon Foras (1863) : PRO ARIS ET FOCIS ; Crois ou Croix sans fin ; Toutes servir, toutes honorer pour l'amour d'une.

Attribut : Antiquité de Blonay ou Vieillesse de Blonay.

Titres et possessions En Savoie Au cours de leur histoire, les nobles de Blonay ont porté les titres suivants : marquis d'Hermance (1756) ; comte de Rossillon ; baron d'Avise, de Blonay, du Châtelard ; seigneur d'Allamand, d'Avise, de La Bâtie, de Bernex, de Bex, de La Chapelle-Marin (v. )A. Rouget, A. Vachez, Monuments historiques de France publiés par départements : Haute-Savoie, Lyon, 1895, 61 planches, 24,5 × , Archives départementales de la Savoie., de Corsier-sur-Vevey, de Joux, de Livrogne, de Lugrin, de Maxilly, de Mézières, de Montigny-en-Chablais, de Montmeilleur, de Nernier, de Planaval, de Rochefort, de Romanens, de St. Paul, de Sales.

Des membres de la famille ont été châtelains de : Évian et Féternes (1399-1423) ; Maurienne (1332-1333).

En Suisse

Blonay La famille a possédé la seigneurie de Blonay, qu'elle a vendu à Emanuel Franz Rudolf von Graffenried en 1750.

Saint-Légier Saint-Légier faisait partie de la seigneurie de Blonay dès 1079. En 1300, le seigneur de Blonay vend Saint-Légier à la maison de Savoie et recouvre cette terre en fief. Ils l'échangent plus tard et la récupèrent en 1565. En 1686, elle passe aux Joffrey par héritage.

Carrouge et Mézières La seigneurie de Carrouge a appartenu à la famille de Blonay dès la fin du . Elle est ensuite passée aux Lenzbourg. Mézières a également appartenu aux Blonay et est passée aux Lenzbourg en 1536.

Attalens et Bossonnens La famille de Blonay a possédé les seigneuries d'Attalens (acquise avant 1134) et de Bossonnens. Attalens est encore aux mains de la famille en 1166. Ces deux seigneuries sont ensuite possédées par la famille d'Oron, probablement par mariage. Mathée de Blonay, épouse de Claude de la Sarra, seigneur de Bossonnens a été la dernière châtelaine de Bossonnens.

Vevey La famille de Blonay a possédé Vevey. Elle en a inféodé une partie à la famille d'Oron. Elle possédait également l'avouerie de cette ville. La famille a fondé les bourgs de Blonay en 1280 et de Bottonens en 1341.

Corsier-sur-Vevey La maison de Blonay a possédé la seigneurie de Corsier-sur-Vevey. Elle a inféodé plusieurs parts de cette seigneurie aux familles d'Oron, de Compey (vers 1326) et Champion.

Le Châtelard

Château du Châtelard (Vaud) Bex La famille possède un tiers de la seigneurie de Bex entre 1316 et 1431. Les droits sur Bex étaient détenus par la branche savoyarde de la famille.

Fruence La famille possède la seigneurie de Fruence en 1184. Elle l'inféode ensuite à des chevaliers.

Personnalités Seigneuriales Aymon de Blonay (avant 1220-après 1277) ; Pierre II de Blonay (avant 1277-après 1320), fils du précédent, auteur de la branche chablaisienne ; Des membres sont régulièrement nommés baillis du Pays de Vaud (fin ) Tome premier « A — H » et Tome second « I — Z ».. et du Chablais ().

Militaires Godefroy de Blonay (1815 - 1868), militaire et conservateur de musée vaudois.

Politiques Baron Louis de Blonay (1676-1755), général de cavalerie, vice-roi piémontais de 1741 à 1745Jules Philippe, Manuel biographique de la Haute-Savoie et de la Savoie, J. Dépollier, Annecy, 1883, 123 pages, (lire en ligne). ; Baron Philippe-François-Michel (1764-après 1810), maire d'Évian en 1793. ; Baron René de Blonay, (1777-1852), colonel de cavalerie de l'armée sarde. Député de la Savoie au Parlement de Turin en 1849. ; Baron Louis François de Blonay, maire d'Évian en 1814 ; Baron Louis Cecile Ennemond de Blonay (1795-1842), diplomate ; Baron Louis Joseph Ennemond de Blonay (1838-1878), fils du précédent, maire d'Évian (1869-1879). Il est le dernier descendant de la branche chablaisienne, sans postérité. ; Godefroy de Blonay (1869-1937), baron, membre du Comité international olympique, membre fondateur du Comité olympique suisse.

Religieuses Guillaume de Blonay (), évêque élu, mais non consacré de Sion (1177), chancelier de l'évêque de Lausanne Roger de Vico Pisano . Rodolphe de Blonay (1345-1387/1390), abbé de Bonmont (1348-1353), de Hautcrêt (1353-1356), d'Hauterive (1358-1368) et d'Aulps (1367-1368).. Claude de Blonay, abbé d'Abondance (1550-1574). Il a reconnu quatre fils. Mère Marie-Aymée de Blonay, entrée dans l'ordre de la Visitation à l'invitation de François de Sales, deuxième supérieure de la Visitation d'Annecy.. Joseph-Emmanuel de Blonay, abbé d'Aulps (1750-1764).

Filiations

Branche vaudoise

Branche chablaisienne

Notes et références Dictionnaire historique de la Suisse

Autres références

Voir aussi Bibliographie

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Fonds d'archives Les archives de la branche savoyarde, éteinte au début du , furent récupérées par la vaudoise (cf. article DHS « de Blonay ») : Fonds : PP 637 Blonay (famille de), 0954-2000, Inventaires des Archives cantonales vaudoises (présentation en ligne). .

Articles connexes Histoire du canton de Vaud Armorial vaudois Armorial et nobiliaire de Savoie

Liens externes

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