Oradour est une ancienne commune française, située dans le département du Cantal en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle a fusionné le avec les communes de Lavastrie, Neuvéglise et Sériers pour constituer la commune nouvelle de Neuvéglise-sur-Truyère.
Géographie La commune d’Oradour s’étend sur à une altitude moyenne de . Communes limitrophes
Une commune très étendue Le "bas" de la commune d'Oradour se situe à l'est au contact de la Truyère et du lac artificiel de Sarrans. L'altitude varie suivant la hauteur des eaux du barrage (au plus bas ). Les coteaux de la Truyère sont escarpés et recouvert de chênes qui, bien que petits, sont parfois centenaires. Le sol superficiel est très pauvre, acide, sablonneux et granitique. Le paysage, bien que fermé par les flancs de la vallée de la Truyére assez étroite, est sauvage et souvent très calme. Quelques traces d'activité humaine subsistent en particulier les vestiges de la ferme qui occupait autrefois la "plaine" du fond de vallée aujourd'hui noyé sous les eaux du barrage de Sarrans. Quelques cabanes de pêcheurs abritent les barques et le petit nécessaire aux journées tranquilles au bord de l'eau. Autrefois, pour traverser la Truyère, on faisait appel au nautonier et à sa barque, la nau. Le Bac du chemin de Chaudes Aigues à Oradour était installé non loin de l'embouchure de l'Epi sur la Truyère, à Malineu. Pour traverser les gens d'Oradour appelaient la ferme de Malineu située sur l'autre rive, quelqu'un venait alors les faire traverser avec la nau. Plus bas au niveau des vestiges du château de Balbec et de l'embouchure du ruisseau de Benne était le bac du chemin d'Oradour à Espinasse. À partir de , l'achèvement du barrage de Sarrans et la mise en eau de la vallée ont englouti ces passages. Lors du terrible hiver de 1956, le lac était tellement gelé qu'une paire de bœuf pouvait alors le traverser sur la glace épaisse qui le recouvrait.
Les moulins des gorges de l'Épie Ce dernier est un affluent de la Truyère sur le flanc est et nord de la commune d'Oradour et marque la limite avec la commune de Neuvéglise. Les communes ayant fusionné, la passerelle de Malineu a été refaite à neuf ce qui permet aujourd'hui de relier les deux villages à pied ou en VTT. Ce ruisseau a creusé des gorges parfois inaccessibles à pied sec. Malgré tout, et en raison de son débit régulier et suffisamment important, deux moulins (moulin de Mitrou) s'étaient installés à son bord. Les habitants d'Oradour et des villages voisins y descendaient leurs blés et seigles avec un attelage de vaches et remontaient la farine pour la famille et le son pour nourrir les porcs. On peut encore voir les murs et les prises d'eau qui alimentaient les moulins. Les gorges de l'Épi sont très sauvages, difficiles d'accès. Truites et écrevisses y sont nombreuses. Il semble que la genette soit aussi présente.
Faune et flore Au sortir des coteaux de la Truyére, on débouche au lieu-dit la Gazelle. Situé à d'altitude, ce plateau sableux aux terres encore bien pauvres abrite le genêt qui dispute sa place aux fougères et aux bouleaux. C'est le royaume des biches et des chevreuils, sans que l'on sache pour autant si la présence des cervidés est à l'origine de l'appellation de ce lieu-dit.
Le brame du cerf est immanquable à l'automne et un bon affût sera à coup sûr récompensé par l'observation de beaux spécimens et du spectacle unique des combats entre grands mâles. On y accède facilement depuis les villages de Mons ou de Metges.
Géologie En remontant vers Oradour, la nature du sol change soudainement. On passe en terrain volcanique. Là se sont arrêtées les coulées de laves venant du plomb du Cantal. La terre s'assombrit, est beaucoup plus riche en humus et en argile. Le sable et le sol primaire ont été ensevelis par la lave.
C'est à ce niveau que les villages de Lavergne, Oradour, Sanègre se sont installés, attirés sans doute par les nombreuses sources qui jaillissent sous les coulées de laves et par une bonne exposition. Le paysage est constitué de prairies, de cultures de céréales et de bois de pin, chênes ou fayards et de frênes le long des limites des parcelles.
L'altitude s'élève jusqu'à des promontoires (le Cheylas qui surplombe la ferme de Chabane, l'Isounelle au-dessus de la ferme de Bonesstrade…). Ces points hauts () laissent apparaître le basalte et offrent des points de vue uniques sur la vallée de la Truyère et au-delà sur les départements de la Lozère et de l'Aveyron, en particulier l'Aubrac.
Le paysage évolue, et la végétation également, avec une présence marquée du frêne partout présent autour des limites des parcelles. Plusieurs zones humides plus ou moins exploitées sont ici présentes, alimentées par de nombreuses sources d'eau très pure.
Situation géographique Le haut de la commune se situe au-dessus du village de Fressinet à d'altitude au Puy Renel.
Au nord, la Planèze de Saint-Flour ; à l'est, la Margeride ; la vallée de la Truyère, au sud et l'Aveyron et l'Aubrac à l'ouest et le Pays de Pierrefort.
Toponymie Oratorium : 1131 Orador : Oratorium Sancte Marie : 1445 Oradour : 1595 Auradour : 1596 Esglise d’Aurodour : 1618 Ouradou : 1681
L'origine du nom d'Oradour est l'occitan orador « lieu où l'on prie, chapelle » issu de l'occitano-roman ORATOR[IU], lui-même du latin d'église oratorium qui signifie « oratoire »Voir aussi Oradour en Charente, Oradour-Saint-Genest, Oradour-sur-Vayres et Oradour-sur-Glane en Haute-Vienne..
Il a pour correspondant l'ancien français oreor (amuïssement régulier du [t] > [d] intervocalique contrairement à l'occitan) qui explique les toponymes de langue d'oïl du type le Loroux, le Loreur, etc.
Histoire Oradour vient du mot « Oratoire ». Où se situe cet oratoire à l'origine du nom de la commune ? Oradour, du latin oratorium, semble avoir un très lointain passé. Oradour, Oratoire, pouvait être un lieu de prière, un centre où, à un moment donné, les druides pratiquaient leur culte.
Au cours de la guerre de Cent Ans, Oradour fut à plusieurs reprises pillée et incendiée par les bandes anglaises auxquelles les habitants résistèrent avec courage, relevant toujours leurs maisons détruites au cours des combats.
Plus tard, au , ce fut au tour des huguenots d’être menaçants. Ils assiégèrent et mirent à mal le bourg d’Oradour, sans pouvoir s’emparer de son église érigée par ses chanoines en forteresse. Avec ses tours, ses créneaux, ses mâchicoulis, ses meurtrières, son clocher-beffroi, l’église d’Oradour entourée de fossés, de fortifications, de murs d’enceinte, put résister victorieusement aux assauts des Huguenots. Ses chanoines, prudents, avaient même prévu des communications avec l’extérieur par un souterrain dont le départ se trouvait caché sous la chaire actuelle. C’est au cours de ces combats entre religionnaires et catholiques que la peste se répandit.
La présence de pestiférés dans un village était redoutée. C'est ainsi que le hameau de Bennes fut frappé par ce fléau. Terrorisés, les habitants de Sainte Marie, commune à laquelle était rattaché Bennes, refusèrent d'enterrer les pestiférés ce qu'Oradour accepta. Reconnaissants, les habitants de Bennes demandèrent alors leur rattachement à la commune d'Oradour. L'histoire explique cette anomalie géographique que représente la présence de cet appendice dans le territoire sud-ouest de la commune.
Un projet de fusion avec les communes de Neuvéglise, Seriers et Lavastrie pour créer une commune nouvelle appelée Neuvéglise sur Truyère à compter du a été approuvé par les 4 conseils municipaux le .
Les habitants d'Oradour s'appellent les "Amourous", ce petit nom n'est pas officiel.
Politique et administration
Le premier maire d’Oradour, appelé alors « agent municipal », date du temps de la Révolution. Ce premier maire fut un prêtre-curé assermenté du nom de Bertrand Pichot. Il exerça ses fonctions administratives à partir du , en même temps que son ministère sacerdotal.
Population et société Démographie En 1700, Oradour comptait 1300 habitants environ et possédait un chirurgien, un avocat, un lieutenant de justice.
Manifestations et festivités
Fête touristique le de juillet
Repas des estivants le d’août
Fête patronale le de septembre et de nombreuses soirées tout au long de l’année
Vie associative
5 associations actives participent à l’animation de la commune :
le Comité des fêtes (organisation de festivités) les Danseurs du Cheyla (animation autour des danses traditionnelles) le Club du l’Association des parents d’élèves la Société de chasse
Économie Les services École à classe unique (2010-2011 : 15 élèves) · Bibliothèque · Service de portage de repas à domicile, service de soins à domicile attachés à la Maison de retraite de Pierrefort. · Service de transport à la demande organisé par la Communauté de communes du Pays de Pierrefort le mercredi matin · Collecte des ordures ménagères et du tri sélectif organisée par la Communauté de communes du Pays de Pierrefort · Commerçants ambulants (boulanger, boucher, épicier, primeur).
Les artisans Deux artisans sont installés sur la commune d’Oradour, un électricien et une entreprise de travaux publics.
L'agriculture C'était et c'est encore aujourd'hui la principale activité économique de la commune. En à peine un siècle et comme partout en France, nous sommes passés d'une activité de subsistance en autarcie à une activité de production et «d'exportation» des productions de lait et de viande bovine en dehors de la commune. En 2010 la commune compte encore et qui exploitent pour nourrir . Seulement six producteurs livrent leur lait à la coopérative de Pierrefort ou à la laiterie de Cézens alors que dans les années soixante le seul bourg d'Oradour comptait qui livraient leur lait à la coopérative laitière de la commune. Les autres agriculteurs élèvent des vaches allaitantes pour la plupart en race aubrac qui produisent des broutards vendus aux engraisseurs italiens. Une exploitation produit d'excellents fromages de chèvre.
Un paysage patiemment façonné Après l'arrivée des moines sur la commune d'Oradour, le défrichage de la forêt s'amorce, les fermes s'installent, les villages s'organisent. Les chemins de communication entre les villages se créent. Les paysans retournent la terre, extraient patiemment les pierres et cailloux qui poussent avec générosité. Comme l'Auvergnat est radin, il utilise cette ressource abondante et durable :
pour construire sa maison et son étable pour réaliser des murs qui servent de clôture entre les parcelles pour « ferrer », c'est-à-dire paver les chemins d'accès aux parcelles ou aux autres villages Les paysans sont maîtres dans l'art d'assembler les pierres sèches (sans utilisation d'aucun liant ni mortier) pour réaliser des drainages afin d'assainir les zones humides.
Ainsi l'agriculture a patiemment, génération après génération, marqué de son empreinte le paysage de la commune et son architecture en particulier dans les petits villages où elle était la seule activité.
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Église
Des documents nous apprennent que l’église d’Oradour existait déjà en 1053 ; à cette époque, André Jurguet et Amblard de Brezons en avaient fait don au prieuré de Saint-Flour (Felgère dixit). Elle devint ensuite la propriété de l’évêque de Clermont, qui la donna à son tour en 1138 à l’abbaye de Sauxillanges (près d’Issoire). Ce n’est qu’au que l’église d’Oradour passa sous la juridiction de l’évêché de Saint-Flour. Durant la guerre de Cent Ans puis pendant le siège des huguenots, l’église romane a beaucoup souffert bien qu’elle ait été à cette époque érigée par ses chanoines en forteresse avec ses tours, ses créneaux, ses mâchicoulis, ses meurtrières, son clocher-beffroi, entourée de fossés, de fortifications et de murs d’enceinte.