Réunion de famille, aussi appelé Portraits de la famille, est un des tableaux les plus célèbres du peintre impressionniste français Frédéric Bazille. Réalisé en 1867, il est conservé aujourd'hui au musée d'Orsay, à Paris.

Historique Frédéric Bazille peint cette huile sur toile de 152 centimètres de haut et 230 centimètres de large entre 1867 et 1868. Le tableau est acquis par le musée du Luxembourg auprès de la collection de la famille de Frédéric Bazille en 1905, puis par le musée du Louvre en 1929. Exposé à partir de 1947 dans la galerie du Jeu de Paume, il est affecté en 1986 au musée d’Orsay où il est toujours exposé.

Description Frédéric Bazille vient d’une riche famille bourgeoise, fils de Gaston Bazille, un sénateur. Profitant d'un séjour estival dans la résidence familiale de Méric, près de Montpellier, il représente, dans une toile d'assez grand format, onze personnages sur une terrasse : ses parents proches (dont l'ancien député Émile Teulon, son oncle), ainsi que lui-même, représenté debout, à l'extrême gauche du tableau. Son père, seul personnage masculin assis, est représenté de profil dans une attitude figée et indifférente, à la gauche de sa mère. Il occupe la place de chef de famille, conservateur, ne voulant qu’augmenter l’influence et la richesse de cette dernière et ce, notamment par le négoce du vin qui est en pleine expansion en raison du développement du chemin de fer dans la région.

Frédéric Bazille n’a pas représenté la position de son père de manière anodine. En effet, cette position témoigne des mauvaises relations qu’ils entretenaient du fait du choix de Bazille d’arrêter ses études de médecine pour se consacrer à l’art, et qui, de surcroît, a refusé quelques mois plus tôt de se marier avec une femme choisie par sa famille en raison de sa dot. A cette époque, il y a une véritable lutte d’influence des familles bourgeoises, recourant aux mariages arrangés pour solidifier les liens de deux familles du même niveau social. Les choix personnels du peintre n’ont pu qu’effaroucher son père, raison qui justifie sa position sur cette composition. On peut noter que le peintre a aussi représenté un marronnier qui se place dans l’exacte continuité de son père, lui donnant ainsi plus de prestance et d’importance au sein de sa propre famille, la figure patriarcale, inamovible, enracinée.

Frédéric Bazille décide de retravailler son tableau dans son atelier à Paris après l’avoir commencé dans le Midi et exposé au Salon de 1868. Certains éléments sont remplacés après ce salon, comme le chien au premier plan qui a été par exemple effacé au profit d’une nature morte comprenant un bouquet de fleurs, un chapeau et une canne.

En effet, Bazille n’étant pas satisfait de sa toile lors de l’exposition décide de la changer. Ce choix témoigne bien de la difficulté de s’imposer à cette époque. Un jeune artiste doué devait en effet accepter des compromis esthétiques. Il devenait possible de s’éloigner de l’académisme, certes, mais en tenant toujours compte des limites fixées par les membres du jury, souvent conservateurs. Ainsi, pour les peintres ne se pliant pas aux exigences du jury, on leur refusait l’exposition de leurs œuvres dans les salons. Tel fut le cas des œuvres de Claude Monet par exemple. Frédéric Bazille s’étonnera même que certaines peintures de son ami, qu’il pense plus talentueux que lui, soient refusées, alors que certaines des siennes étaient acceptées.

Liens externes

Réunion de famille sur Rivage de Bohème

Notes et références

Catégorie:Tableau de Frédéric Bazille Catégorie:Tableau réalisé en 1867 Catégorie:Portrait de famille Catégorie:Arbre dans la peinture Catégorie:Fleur dans la peinture Catégorie:Œuvre exposée au Salon de 1868 Catégorie:Œuvre de Frédéric Bazille en France Catégorie:Œuvre conservée au musée d'Orsay