à Ardres
de Guînes (avant 1160 † 1220), comte de Guines (1205-1220), fils de Baudouin II de Guînes et de Christine d'Ardres, seigneur d'Ardres, est châtelain de Bourbourg, (châtellenie de Bourbourg) et seigneur de Tourcoing et d'Alost du fait de son mariage.
Il rassemble les biens des familles d'Ardres et de Bourbourg, ainsi que les principaux droits liés à la seigneurie d'Alost.
Biographie Dès son jeune âge, Arnould reçoit de son père Baudouin II la seigneurie d'Ardres, (seigneurs d'Ardres), héritage de sa mère Christine d'Ardres, dite parfois Chrétienne d'Ardres. Fils aîné, il porte le titre de seigneur d 'Ardres après la mort de sa mère en 1177. Il est élevé à la cour de Philippe d'Alsace, comte de Flandre pour devenir chevalier. Jeune, il est témoin avec son frère Guillaume, d'une charte donnée par leur père à l'abbaye Saint-Médard d'Andres. Il est également présent lorsque vers 1170, Clément d'Autingehem, (Autingues), pair des seigneurs d'Ardres, donne à l'abbaye d'Andres un tiers de la dîme de Suaueque (Zouafques), tenue en fief d'Arnould d'Ardres. , comte de Guînes, ratifie ce don avec son épouse Chrétienne d'Ardres et son fils Arnould lors d'une assemblée de tous les barons du comté à Guînes.
En 1181, son père Baudouin lui confère l'ordre de chevalerie en même temps qu'à Eustache de Salperwick, Simon de Niele, Eustache d'Elsech et Walon de Prenois.
Les deux années suivantes, il voyage à l'étranger, et assiste aux tournois et combats d'armes qui s'y déroulent. Pendant ce temps, Philippe de Mongardin, son conseiller, gère ses affaires au pays. Son père lui donne en outre comme « tuteur » un chevalier réputé pour sa vaillance, et ses conseils avisés, Arnould de Cayeu. Arnould a encore pour compagnons de route Eustache de Salperwick, Hugues de Maunes, Henry de Campagne et autres gentihommes
Affrontement avec Renaud de Dammamrtin Il se fait ensuite un nom en combattant dans les tournois des cours princières du nord, et y acquiert gloire et honneurs..Cette réputation attire l'attention d'Ide de Lorraine, comtesse de Boulogne, alors veuve pour la seconde fois (de , duc de Zähringen) . Elle se montre très amoureuse d'Arnould, lequel peut caresser le projet de devenir comte de Boulogne en l'épousant.
Le jeune seigneur d'Ardres se montre ami des lettres et d'une grande générosité, voire prodigue à l'excès. Il se signale également par sa vaillance. C'est à sa demande que Lambert d'Ardres entreprend d'écrire sa célèbrechronique.
En 1190, il reçoit de son père une somme d'argent pour lui permettre de participer à la troisième croisade, en compagnie de Philippe roi de France et de Philippe comte de Flandre, mais il renonce à y participer. Il a dû de ce fait donner des gages en affectant le produit de la dîme de la terre de Guînes à la participation à la lutte contre les infidèles.
Renaud de Dammartin ruine son projet d'épouser Ide. Vers 1190, celui-ci ayant répudié sa femme Marie de Châtillon, envoie une délégation auprès d'Ide afin de lui proposer le mariage. Ide ne s'oppose pas à l'idée mais l'oncle d'Ide, Philippe d'Alsace, comte de Flandre, ayant alors la garde du comté de Boulogne refuse cette possibilité. Il tient pour suspects les seigneurs français, en particulier Renaud de Dammartin, qu'il sait parent et proche du roi de France Philippe Auguste.
De ce fait, Ide contacte Arnould et vient lui rendre visite dans sa ville d'Ardres. Il la reçoit de manière fastueuse et ne la laisse repartir que sur la promesse qu'elle reviendra rapidement. Puis il se rapproche de Philippe d'Alsace pour évoquer la possibilité de cette union et s'y prépare.
Renaud de Dommartin n'a toutefois pas renoncé à Ide. Il l'enlève en 1192 et se retire avec elle en Lorraine. Ide prévient Arnould et lui demande de venir la délivrer en lui promettant le mariage dans ce cas. Il s'y engage. Arrivé à Verdun il est toutefois fait prisonnier sur l'ordre de Renaud, de même que ses compagnons, l'évêque de Verdun étant complice de Renaud. Il aurait été trahi par Ide qui a prévenu Renaud de son arrivée. Il va être critiqué pour son imprudence à la suite de cet évènement. Ide et Renaud se marient, se faisant ainsi les ennemis de la famille de Guînes.Arnould n'est libéré après quelques mois sur l'entremise de l'archévêque de Reims Guillaume aux Blanches Mains, via l'archévêque de Trèves. de même que ses compagnons fidèles également emprisonnés : Eustache de Salperwick, Hugues de Maunes, chevaliers, ou encore Baudouin de Maunes, Enguerrand de Brunenberg, écuyers et autres gens de sa suite.
Après la mort de Philippe d'Alsace, le traité d'Arras (octobre 1191) confirme que le comté de Flandre perd, au profit de Philippe Auguste, tout l'ancien Boulonnais, l'ancien Ternois et le pagus Atrebatensis, sauf Douai et la partie de l'Ostrevent occidental qui en était voisine.
Le roi reçoit le serment de ses nouveaux vassaux immédiats du Boulonnais et du Ternois dont le comte de Guînes.
Après ses déconvenues avec Ide de Lorraine, Arnould se fiance avec Eustachie de Saint-Pol, fille cadette d'. L'aînée Élisabeth Candavène a épousé Gaucher III de Châtillon. Le mariage est différé en raison du jeune âge de la promise
Toutefois en 1194, Henri II de Bourbourg, châtelain de Bourbourg meurt sans héritier, faisant de sa sœur Béatrix, la seule détentrice de tous les biens. De ce fait, la famille de Guines va préférer s'unir à Béatrice de Bourbourg, riche héritière.
Avant l'accès à la dignité de comte de Guînes, Arnould s'allie à , comte de Flandre, lorsque celui-ci tente en 1198 de reprendre l'Artois donné en dot à Isabelle de Hainaut, épouse du roi de France Philippe-AugusteM. Prevost cité dans les sources.. Cela amène au siège de Saint-Omer en 1198, laquelle s'est prononcée en faveur du roi de France. Arnould participe au siège au côté du comte de Flandre, à la tête des peuples de Bourbourg et d'Ardres et s'y fait remarquer par sa vaillance, ayant fait fait construire une tour de haute taille grâce à laquelle il endommage sérieusement les murs et les édifices de la ville.
Tout à sa participation à ce siège, Arnould néglige le fait que Saint-Omer était défendue par un de ses parents Guillaume châtelain de Saint-Omer, et surtout le fait que son ennemi Renaud de Dammartin, comte de Boulogne, ruinait Fauquembergues et autres terres proches dont Arnould était seigneur.
Conscient de ces sacrifices, Baudouin IX veille à récompenser Arnould après la reddition de Saint-Omer en lui laissant de fortes sommes en deniers et en lui laissant des terres conjointes à celles d'Alost appartenant à Béatrix de Bourbourg son épouse.
Son père Baudouin II affronte Renaud de Dammartin. Il fait de nouveau fortifier tous ses châteaux. Arnould participe au mouvement en faisant entourer la ville d'Ardres, alors en plein essor tant en possessions qu'en richesses, d'un large fossé.
L'affaire de Saint-Omer débouche sur la conférence de Péronne en janvier 1199, où les deux parties arrivent à un accord : le roi conserve les terres au-delà du Fossé Neuf, tandis que garde ou recouvre Douai, Ardres, Lillers, La Gorgue, Richebourg, Aire, Saint-Omer, l’avouerie de Béthune et l’hommage du comté de Guînes.
Pendant ce temps Mahaut ou Mathilde de Portugal, veuve de Philippe d'Alsace, revendique la possession de son douaire. Certaines des possessions incluses dans ce patrimoine, comme Furnes refusent de reconnaitre son autorité. Mathilde lève des troupes pour leur faire rendre raison. Arnould, craignant qu'elle ne revendique des terres apportées par sa femme Béatrix de Boubourg comme Bourbourg et/ou Alost, que Mathilde estimait indociles, rassemble également des troupes.
En 1200, Mathilde, comtesse de Flandre, fait effectivement valoir ses droits sur les dites possessions, contre Béatrice de Bourbourg, héritière de la châtellenie. Arnould entre en conflit avec la Flandre. En 1201, à Furnes, Arnould remporte une victoire contre les chevaliers flamands. Mathilde s'allie alors à Renaud de Dammartin, qui attaque et capture le comte de Guînes , en 1205. Bien que relâché un peu plus tard, Baudouin meurt des effets de sa captivité. Arnould devient le nouveau comte de Guînes.
Comte de Guînes Les premiers temps de sa domination sur le comté sont difficiles : le comté de Guînes coupe les domaines de Renaud de Dammartin qui envahit et dévaste celui-ci, avec le soutien de Philippe-Auguste. Ce dernier répondant aux demande de Renaud entre dans le comté, détruit le château de Bonham, prend et contrôle de ceux de Colewide, Sangatte et de Rorichove. Il rentre en France en 1209. Les Français construisent un chemin au travers du marais situé entre Rorichove et la terre ferme de Marcq afin de permettre au comte de Boulogne d'accéder plus facilement à Rorichove.
Pour assurer le salut de son père, il exonère l'abbaye d'Andres des cens normalement dûs par cette dernière aux comtes de Guînes pour leur ferme de Bredenarde.
Il rend hommage en 1206 au roi d'Angleterre Jean Sans Terre, pour les terres que son père Baudouin avait possédées en Angleterre (Jean Sans Terre avait délivré en 1204 un sauf-conduit général au profit du comte de Guînes et de ses vassaux pour circuler dans ses États) et avait ordonné qu'on laisse transporter de ses États aux domaines du comte de Guînes, les denrées, le bois et la laine destinées au comte lui-même)A. Wauters, cité dans les sources, , Années 1204 et 1206..
Réconcilié avec Mathilde, comtesse de Flandre, Arnould négocie vers 1206 pour elle avec les insurgés de Flandre (opposition entre Ingrekins soutenus par Mathilde et Blavoetins) et ramène la paix..
À la même époque, Arnould cause des tourments à l'abbaye de La Capelle (sur la commune actuelle de Les Attaques) : en , le pape charge le doyen d'Arras et l'abbé de l'abbaye du Mont Saint-Éloi de forcer le comte de Guînes à réparer les torts causés au monastère. La menace papale fait son effet : en , Arnould déclare s'̩être réconcilié avec l'abbaye et promet de lui verser une somme de trois cents livres en indemnité des torts qu'il lui a causésAlphonse Wauters, cité dans les sources, , Années 1206 et 1207..
En 1208, accueille les moines de Canterbury, expulsés par le roi d'Angleterre Jean sans Terre, en conflit avec le pape . Il leur donne l'hospitalité dans son château de Tournehem puis les fait conduire à Saint-Omer où l'abbaye de Saint-Bertin les reçoit.
En 1210, à Hesdin, Louis, (), fils du roi Philippe-Auguste, confirme la paix conclue entre ses vassaux Renaud, comte de Boulogne, et Ide sa femme d'une part, et Arnoul, comte de Guînes, et sa femme Béatrix d'autre partA. Wauters, cité dans les sources, , Année 1210..Arnould devient vassal de Philippe-Auguste en 1211 après avoir été contraint de détruire son château de Roricove et de négocier avec Renaud de Dammartin une paix de trois ans.
L'hommage rendu à Philippe-Auguste amena l'invasion du comté par le comte de Flandre Ferrand de Flandre qui se voulait suzerain de Guînes. Arnould se retire en terre française, laissant sa femme à Guînes. Béatrice de Bourbourg doit capituler, et le château de Guînes est rasé.
En raison de conflits qui oppose la famille, Béatrice se sépare d'Arnould et s'installe à la cour du comte de Flandre. En 1211, Arnould rend hommage au prince Louis, le nouveau comte d'Artois, mais conserve ses distances avec la couronne de France. La situation change après que Dammartin, abandonné par le roi s'allie avec Ferrand, comte de Flandre, qui s'est lui-même allié avec Jean Sans Terre, roi d'Angleterre. Philippe Auguste retourne alors l’ost des chevaliers français contre le comte de Flandre et envahit ses états. Cassel, Ypres et tout le pays jusqu'à Bruges sont pris. Gand, capitale du comté est assiégée. Le , à la bataille de Bouvines, les deux ennemis d'Arnould, le comte de Flandre et le comte de Dammartin, sont capturés. Lors de la bataille de Bouvines, Arnould fait partie de l'armée française, à l'aile droite commandée par .