La campagne de Bắc Ninh, qui se déroulae du au , est une offensive terrestre française menée par le Corps expéditionnaire du Tonkin, commandé par le général Millot, contre les troupes chinoises de l'armée du Kouang-SiOu Guangxi en transcription pinyin. au nord du Viêt Nam pendant la campagne du Tonkin (1883–86). Bac Ninh est prise le et la victoire française débouche sur la signature de l'accord de Tientsin en mai et du traité de Hué en juin.
Contexte Après la victoire de Sơn Tây de , le général Charles-Théodore Millot, commandant en chef du Corps expéditionnaire du Tonkin reprend l'offensive avec l'aval de l'amiral Amédée Courbet. Il vient en effet d'accueillir des renforts de France et des colonies et son armée se monte à . Il scinde alors ses troupes en deux corps, un commandé par Louis Brière de l'Isle, venant du Sénégal, le second composé de troupes coloniales et de marine qui formeront la Légion, sous les ordres du général Oscar de Négrier, venu d'Algérie.
Leur objectif est Bắc Ninh, où est stationnée l'armée du Kouang-Si sous le commandement de Xu Yanxu (徐延旭), gouverneur du Kouang-Si. Âgé, celui-ci reste stationné à Lạng Sơn et laisse le commandement effectif à ses seconds Huang Guilan (黃桂蘭) et Zhaowo (趙沃), deux vétérans des armées Anhui et Hunan qui avaient toujours eu du mal à coopérer.
Ordre de bataille chinois vignette|Soldats chinois de l'armée régulière. Il y avait autour de Bắc Ninh. Une moitié au sud défendait la route mandarineA. Thomazi, Histoire militaire de l’Indochine française, Hanoï, 1931, . ; l'autre moitié se plaçait, pour protéger Bắc Ninh, sur les hauteurs de Trung-Sơn (sud-est de Bac-ninh) à Đáp Cầu sur la route de Thái Nguyên et de Đáp Cầu sur la route de Lạng Sơn..
Ordre de bataille français Le Corps expéditionnaire du Tonkin qui rassemblait la plus large force de la campagne du Tonkin devait laisser quelques garnisons. Il était constitué de régiments de marche à trois bataillons d'infanterie. L'usage voulait que ne soient pas mélangés l’armée d’Afrique et les métropolitains de l’armée de terre. brigade, commandement : général de brigade Louis Brière de l'Isle ; régiment de marche (lieutenant-colonel Bertaux-Levillain) ; bataillon d'infanterie de marine (chef de bataillon Reygasse) ; bataillon d'infanterie de marine (chef de bataillon Coronnat) ; régiment de marche (Lieutenant-colonel Belin) ; bataillon, régiment de tirailleurs algériens (chef de bataillon Godon) ; , régiment de tirailleurs algériens (chef de bataillon Hessling) ; , régiment de tirailleurs algériens (chef de bataillon de Mibielle) ; bataillon de fusilier-marin (capitaine de frégate Laguerre) ; brigade d'artillerie (chef d'escadron de Douvres) ; , et de marine bis (capitaines Régis, Vintemberger et Dudraille) ; batterie, régiment d'artillerie (capitaine Jourdy) ; artillerie de marine, demi-batterie, corps de débarquement. vignette|369px|Avancée des troupes françaises lors de la Campagne de Bac-Ninh. vignette|Exemple de cannonières démontables utilisées. , commandement : général de brigade Oscar de Négrier ; Régiment de marche (lieutenant-colonel Defoy) ; d'infanterie de ligne (chef de bataillon Godart) ; d'infanterie de ligne (lieutenant-colonel Chapuis) ; d'infanterie de ligne (chef de bataillon Farret) ; régiment de marche (lieutenant-colonel Duchesne) ; bataillon de la Légion (chef de bataillon Donnier) ; de la Légion (chef de bataillon Hutin) ; africain léger (chef de bataillon Servière) ; bataillon de fusilier-marin (capitaine de frégate de Beaumont) ; brigade artillerie (chef d'escadron Chapotin) ; et de marine bis (capitaine Roussel et Roperh) ; batterie, régiment d'artillerie (capitaine de Saxcé) ; artillerie de marine, demi-batterie, corps de débarquement.
Pour soutenir ces forces combattantes des navires furent utilisés : canonnières : Aspic, Lynx, Éclair, Mousqueton, Trombe ; aviso : Pluvier ; remorqueurs : Phu-Ly, Tra-Ly, Héron, Henri-Rivière, Thai-Binh, Song-Cau.
Déroulement vignette|Chinois défendant la route mandarine au sud-ouest de Bắc Ninh. Millot les contourne et attaque Bắc Ninh du sud-est (gravure de 1887).
Ce fut presque une promenade pour les troupes françaises. L'armée chinoise de Liu Yongfu avait le moral défait et il tenait en retrait ses meilleures troupes, les Pavillons noirs. Pendant la première semaine de mars, le général Millot avait concentré la brigade Brière de l'Isle à Hanoï et celle de Négrier à Hải Dương : elles manœuvrèrent indépendamment et se rejoignirent pour le devant Bắc Ninh pour prendre la ville et détruire l'armée du Kouang-Si. Millot voulait profiter de la partition des troupes ennemies par la rivière Song Cau, les passages ne pouvant s'effectuer entre Bắc Ninh et le nord qu'à Đáp Cầu et Qua Cẩm, en utilisant une flottille de canonnières Éclair et Trombe sous le commandement du capitaine de vaisseau de Beaumont.
Le , la brigade était présente au nord de Hanoï sur la rive du Fleuve Rouge avec ses accompagnés de auxiliaires vietnamiens ; ils franchirent le fleuve le , marchèrent le long du Canal des Rapides où ils ne pouvaient être atteints par les forces chinoises. Celles-ci furent tournées alors qu'elle défendaient la Route Mandarine. Le , atteignant le village de Xam, les Français faisaient leur jonction avec les canonnières Éclair et Trombe, qui transportaient le matériel nécessaire pour franchir le canal. Le , ils franchissaient le canal des Rapides pour être le à au sud de Bắc Ninh, dans le village de Chi.
Alors que la brigade contournait Bắc Ninh, la seconde de Négrier avançait vers Hải Dương jusqu'aux Sept Pagodes, à la jonction des rivières Thái Bình et Sông Cầu pour une attaque frontale. Le , sur la rive droite de la Sông Cầu, elle bousculait les postes avancés à Ne Ou et Do Son. Dans le même temps les canonnières aidaient la seconde brigade à traverser à Phủ Lạng pour couper les lignes de retraite chinoises. Les troupes chinoises comprirent ce risque d'encerclement et abandonnèrent les forts de Ne Ou et Do Son pour Bắc Ninh. C'est alors que les deux forces françaises se rejoignirent sur l'objectif...
La bataille pour Bắc Ninh vignette|redresse=1.5|Attaque sous Bac-Ninh (gravure de 1888) où est visible le point haut de Trung Sơn.
La ville est entre deux collines avec deux enceintes, la seconde est crénelée et les bastions sont en brique, la citadelle que surmonte une tour octogonale arbore le pavillon de Kouang-Si.
Une batterie commandée par Saxcé ouvre la porte de Chine par sa canonnade.
Une unité française attaque l'armée de Kouang-Si sur ses positions sud au sud-ouest de Bắc Ninh à partir du . Sur l'aile gauche, les turcos du capitaine Godon et l'infanterie de marine de Coronnat descendent des hauteurs de Trung Sơn en même temps que sur la droite, les légionnaires et l'infanterie de ligne de Négrier de la capturent les positions chinoises du village chrétien de Keroi. Le colonel Jacques Duchesne ne devait ouvrir le feu qu'à ; ses troupes traversèrent les rizières sous le feu chinois avant d'être à la distance prescrite et tirs stoppèrent celui de leurs opposants. Le bref combat au corps à corps mit en fuite les chinois dans le plus grand désordre.
Au même moment la flottille de Beaumont forçait un barrage à Lạng Bưởi sur la Sông Cầu pour débarquer à Đáp Cầu et Phú Cẩm ; il était lorsque l’infanterie de la et les fusiliers-marins de la flottille arrivèrent à Đáp Cầu ; une course se créait pour prendre le fort sur les hauteurs de Đáp Cầu : ce furent les fusiliers-marins qui réussirent. Cette action laissait l'aile gauche de l'armée de Kouang-Si avec un moral au plus bas. Les positions à Keroi, Lạng Bưởi et Đáp Cầu tombées, un feu d'artillerie mit en déroute l'aile gauche de l'armée du Kouang-Si ; sur ces entre-faits l'aile droite voyant sa ligne de retraite menacée, elle déroutait à partir de , ne laissant plus qu'un drapeau flottant sur une tour.
De Négrier put capturer de nombreuses munitions, des canons Krupp qui n'avaient pas eu le temps de tirer et des réserves de riz. L'objectif était de piéger l'armée du Kouang-Si à Bac-Ninh, mais le général Millot qui arrivait depuis Trung Sơn avec Brière de l'Isle ne réussit pas à l'encercler et les troupes chinoises filèrent par la rivière Sông Cầu. .........
La poursuite Les objectifs de la campagne étaient atteints. Brière de l'Isle avança jusqu'à Thái Nguyên, où il défit un groupe de chinois, de Pavillons noirs et de vietnamiens le . De son côté de Négrier, le écrasa l'arrière-garde de Huang Guilan à Phủ Lạng Thương et pourchassait son aile de l'armée du Kouang-Si jusqu'à Kep. Selon les ordres de Millot, les deux brigades revinrent alors rapidement à Bắc Ninh, où Négrier arriva le et Brière de l'Isle le ..
Conséquences vignette|gauche|Canons Krupp appartenant aux Chinois capturés à Bắc Ninh. L'échec de Kouang-Si fut très embarrassant pour l'Impératrice Cixi et le parti de la guerre en Chine. Trois mois plus tôt à Sơn Tây, les Pavillons noirs de Liu Yongfu avaient bien combattu et infligé de nombreuses pertes aux français. À Bắc Ninh, la plupart des troupes chinoises avaient fui. L'impératrice douairière pris des mesures de rétorsion : Xu Yanxu et Tang Qiong (唐炯), les gouverneurs du Guangxi et du Yunnan, furent démis, Xu pour avoir perdu la bataille et Tang pour n'être pas venu à son aide avec l'armée du Yunnan. Les commandants sur le terrain Huang Guilan et Zhao Wo furent également démis. Huang, anticipant sa disgrâce, s'était suicidé à Lạng Sơn le . Deux commandants moins importants, Chen Degui (陳得貴) et Dang Minxuan (黨敏宣), furent décapités devant leurs troupes à Lạng Sơn le ..
Le discrédit du parti de Zhang Zhidong, qui prônait une guerre à outrance, et les défaites qui suivirent amenèrent la Chine à la table des négociations en mai. Les négociations se déroulèrent à Tientsin. Li Hongzhang, un chef chinois modéré, représentait la Chine et le capitaine François-Ernest Fournier, commandant du Volta, représentait la France. L'accord de Tientsin, signé le , prévoyait un retrait des troupes chinoises du Tonkin en échange d'un traité complet réglant des problèmes commerciaux entre la France et la Chine, et la démarcation de la frontière sino-vietnamienne....
Décoration BAC NINH 1884 est inscrit sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.
Notes et références
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . Dick de Lonlay, Les combats du général de Négrier au Tonkin, Paris, Garnier frères, 1886.
Catégorie:Histoire de l'Indochine française Catégorie:Bataille de la guerre franco-chinoise Catégorie:Bataille de 1884 Catégorie:1884 en France Catégorie:1884 en Asie Catégorie:Mars 1884 Catégorie:Expédition du Tonkin