Solobacterium moorei est une bactérie vivant dans les interstices entre les papilles de la langue. C'est une eubactérie Gram positif anaérobie obligatoire. Elle fut décrite en 2000 par Kageyama et Benno, qui l'isolèrent de fèces humainesAkiko Kageyama et Yoshimi Benno. 2000. Phylogenic and phenotypic characterization of some eubacterium-like isolates from human feces: description of Solobacterium moorei Gen. Nov., Sp. Nov. Microbiology and Immunology 44(4):223-227..
Implication dans l'halitose
En 2007, une équipe de chercheurs a mené une étude épidémiologique sur 13 sujets, dont huit étaient atteint d'halitose. Ils ont montré que S. moorei était présente sur la langue de ces huit derniers, mais pas chez les individus sainsV.I. Haraszthy, J.J. Zambon, P.K. Sreenivasan, M.M. Zambon, D. Gerber, R. Rego et C. Parker. 2007. Identification on oral bacterial species associated with halitosis. Journal of American Dental Association 138:1113-1120.. En 2008, les mêmes chercheurs ont fait une autre étude impliquant 57 sujets, dont 21 avec l'halitose. Encore une fois, la bactérie était présente à la surface de la langue de 100 % des individus ayant mauvaise haleine, contre 14 % chez les autresV.I. Haraszthy, D. Gerber, B. Clark, P. Moses, C. Parker, P.K. Sreenivasan et J.J. Zambon. 2008. Characterization and prevalence of Solobacterium moorei associated with halitosis. Journal of Breath Research 2.. Dans le cadre de ce même projet, les scientifiques avaient mis en évidence la production de sulfure d'hydrogène (H2S) par cette bactérie en culture sur milieu FAA (Fastidious anaerobe agar). Cette dernière observation différait de celles faites par Kageyama et Benno (2000), qui n'avaient pas noté la production de ce composé volatil issu de la dégradation des protéines.
Récemment, en 2012, Tanabe et Grenier sont allés plus loin en caractérisant la production de H2S par S. moorei. Ils ont montré que cette bactérie peut être une importante contributrice à l'halitose, même si elle ne peut elle-même synthétiser le gaz à partir de protéinesShin-ichi Tanabe et Daniel Grenier. 2012. Characterization of volatile sulfur compound production by Solobacterium moorei. Archives of Oral Biology 57(12):1639-43.. La raison est qu'elle ne produit pas toutes les protéases nécessaires, et qu'elle a besoin de la présence d'autres micro-organismes pour couper les protéines. Elle pourra ensuite transformer ces fragments en différents produits métaboliques, dont le sulfure d'hydrogène. Les auteurs de l'étude suggèrent que Porphyromonas gingivalis pourrait être la complice, puisqu'elle est connue pour produire des enzymes protéolytiques (p. ex. Arg-gingipain) et vit aussi, entre autres surfaces de l'intérieur de la bouche, sur la langueDonna L. Mager, Laurie Ann Ximenez-Fyvie, Anne D. Haffajee et Sigmund S. Socransky. 2003. Distribution of selected bacterial species on intraoral surfaces. Journal of Clinical Periodontology 30:644-654..
Voir aussi Articles connexes Halitose Microbiologie orale Porphyromonas gingivalis
Liens externes Classification de Solobacterium moorei, UniProt
Références
Catégorie:Erysipelotrichaceae Catégorie:Espèce de bactéries (nom scientifique) Catégorie:Gram positif