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Une capitale de la mode est une ville qui exerce sur le monde une influence majeure en matière de mode. Depuis plusieurs décennies, quatre villes, appelées les , se partagent ce titre : Paris, Londres, Milan et New York. Toutefois la capitale française, de par son histoire vieille de plusieurs siècles dans le domaine de la mode, est considérée comme la plus prestigieuse. De plus, avec l'exclusivité de la haute couture depuis son invention au milieu du , Paris conserve la primauté. En effet, le statut « haute couture » n'existe qu'à ParisHuffingtonpost.fr, Paris haute couture (lien consulté le 16 août 2020)..
Présentation Paris est la capitale mondiale du luxefashionunited.fr Quelles sont les marques de luxe les plus valorisées au monde ? (lien consulté le 18 janvier 2020).. La Semaine de la mode de Paris reste la plus prestigieuse des quatre principales semaines de défilés internationalesvogue.fr, fashion week de Paris printemps-été 2020 (lien consulté le 11 février 2020). et Paris reste la capitale de la mode .
Paris exerce sur le monde une influence majeure en matière de mode notamment parce qu'y sont organisées plusieurs semaines de la mode prestigieuses, mais également par la présence de créateurs , de commerces notables, une culture, ou un patrimoine dédié au sujet que l'on trouve principalement dans ses musées. Outre Paris, berceau de la haute couture, qui est souvent désignée comme la seule capitale de la mode depuis plus d'un siècle , le terme désigne généralement Londres pour son rôle mélangeant créativité liée à la mode et son conservatisme , sa mode de rue ainsi que sa mode masculine traditionnelle symbolisée par Savile Row ; mais aussi New York pour sa mode accessible , et Milan pour ses couleurs ainsi que la longue tradition de la maroquinerie , Tokyo aussi, surtout depuis le mouvement anti-fashion autour des années 1980 qui a vu émerger des stylistes tels Yohji Yamamoto ou Rei Kawakubo pour sa mode de rue représentée par les mouvements Kawaii ou Gothic Lolita par exemple. Dans une moindre mesure, Anvers, qui compte une école de mode prestigieuse ayant vu sortir de ses rangs de nombreux stylistes influents tels que les Six d'Anvers ou Martin Margiela, mais qui ont effectué la majeure partie de leurs carrières loin de la Belgique, souvent à Paris. D'autres villes s'emploient à devenir elles aussi des capitales de la mode mais n'atteignent jamais la renommée des quatre principales, à l'image de Dubaï ou Berlin qui dispose de sa propre Fashion Week.
Historique Avant le milieu du Dès la fin du le savoir-faire des artisans de la couture française est reconnu. Marie-Jeanne Bertin, la marchande de modes, ou Louis Hippolyte Leroy marquent la mode française, répondant à des commandes prestigieuses en France ou à l'étranger.
Jusqu'au milieu du , les couturiers ne sont pas des créateurs, ils ne font que pratiquer la couture et appliquer les directives de leurs clients qui achètent le tissu à des merciers, même si certains n'hésitent pas à voyager pour présenter leurs réalisations. Il n'y a pas de lieu de distribution tel qu’une boutique. La mode est représentée par les aristocrates et la cour, que ce soit en France ou dans les autres pays .
À partir du milieu du Un Anglais installé à Paris, Charles Frederick Worth invente le principe de la maison de couture. Dès 1864, il rencontre un succès international. Protectionniste, il fonde également la Chambre syndicale de la couture et de la confection pour dames et fillettes : à partir de cet instant, la haute couture devient intimement liée à Paris, de façon exclusive. L'historien Olivier Saillard souligne qu'encore de nos jours, . Les trois expositions universelles qui ont lieu à Paris jusqu'à 1900 font rayonner internationalement les maisons de couture locales. Les bases posées par Worth, les Sœurs Callot, Doucet, Poiret, Paquin, ou Vionnet vont lui succéder, faisant de Paris le centre du monde en matière de mode, pendant des décennies. L'époque voit aussi à Paris les joailliers, parfumeurs, malletiers, Cartier, Guerlain, Goyard, Hermès ou Vuitton.
Alors qu'en Angleterre la tradition des tailleurs, incarnée par Savile Row, est ancienne, le Nouveau Monde n'a pas encore de lieux représentatifs de la mode : les riches américaines viennent en Europe et à Paris pour trouver leurs toilettes.
Début du Si Paris est la capitale de la mode, son centre se situe alors rue de la Paix où s'était installé Worth. Les arts sont aussi à Paris, avec leurs déclinaisons que sont l'illustration ou les costumes de théâtre qui servent à diffuser la mode à l'international. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le magazine Vogue se voit décliné dans sa version française. La mode est dominée par les couturiers parisiens mais également leurs homologues féminins : Jeanne Lanvin qui détient alors à Paris une entreprise très florissante, Coco Chanel qui s'implantera également dans les stations balnéaires en vogue, Madeleine Vionnet symbole du modernisme de la couture dans les années 1930, ou Elsa Schiaparelli proches des surréalistes, exportent de Paris dans le monde entier. Le jersey et la petite robe noire sont popularisés par Coco Chanel et envahissent le monde. C'est le premier « âge d'or » de la haute couture depuis l'invention de Worth.
La crise de 1929 marque une régression de la haute couture, les premières expériences de ce qui deviendra plus tard du « prêt-à-porter » sont réalisées mais l'influence de Paris sur le reste du monde continue de grandir : L'exception viendra de l'Italie qui a l'habitude d'acheter la mode à Paris et où est imposé qu'une partie de la production soit nationale, mesure favorisant l'isolement de Rome.
La suprématie du cinéma américain, moyen important de diffusion de la mode auprès du public, donne de l'influence aux créateurs et costumiers des États-Unis, sans qu'on puisse situer géographiquement une capitale si ce n'est symboliquement Hollywood. Pourtant les femmes connaissent mieux la garde robe des stars de l'époque, comme Marlene Dietrich, que les réalisations des couturiers.
Les magazines de mode, à l'image de l'affrontement artistique entre Harper's Bazaar et Vogue, sont tout-puissants : ils utilisent systématiquement l'usage d'un correspondant permanent à Paris. La photographie envahit ces magazines : ceux-ci verront dans les années à venir les plus grands photographes de mode réaliser des séries d'images prenant Paris comme décors , renforçant ainsi visuellement l'association de Paris et la mode visible, entre autres, dans le travail d'Henry Clarke après la Guerre.
Seconde Guerre mondiale Si jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, la capitale de la mode est Paris, durant la période d'Occupation les choses changent .
Avec l'arrivée de la Guerre, les maisons de couture vivent au ralenti ou ferment ; Vogue France n'est plus publié. Les restrictions et les obligations de la vie quotidienne obligent à imaginer une mode éloignée du luxe . De son côté, Lucien Lelong, président de la chambre syndicale, se bat pour maintenir Paris à son rang de capitale de la mode alors que les Allemands souhaitent délocaliser ce secteur dans leur pays .
En Grande-Bretagne, qui a vu également l'arrêt de la publication du Vogue local, des règles très strictes sont édictées pour la confection, jusqu'à la longueur de la jupe ou le nombre de poches, afin de s'adapter à la pénurie de textiles et fournitures.
De leur côté, les États-Unis, non occupés, développent une mode innovante ; certains créateurs, tel que Hattie Carnegie ou Claire McCardell, inventent les prémices du prêt-à-porter. Ils sont en ça encouragé et soutenus par Eleanor Lambert. Les magazines devenus uniquement locaux sont toujours dynamiques, mais n'ayant plus de correspondances régulières avec l'Europe, ceux-ci se recentrent sur leur territoire. Les acheteurs américains des entreprises de confection ou des grands magasins, nombreux avant guerre, ne se rendent plus en France. Beaucoup de journalistes, d'illustrateurs, ou de photographes de mode fuient les pays européens pour se réfugier de l'autre côté de l'Atlantique. C'est également le cas de nombreux couturiers tel qu'Elsa Schiaparelli qui quittent Paris pour l'Amérique. C'est dans ce pays que la mode mondiale se concentre alors.
À la Libération de la France, le rationnement est toujours présent, mais les choses vont peu à peu reprendre leur place en France et plus particulièrement à Paris.
Après la Seconde Guerre mondiale Balmain ou Carven ouvrent leurs maisons à Paris dès la fin de la Guerre. Le premier bikini est lancé à Paris. Les acheteurs, médias et clients de toutes nationalités réinvestissent la capitale française où Lucien Lelong continue à promouvoir énergiquement la haute couture grâce au Théâtre de la Mode. Mais il faudra attendre deux ans avant de voir réellement Paris retrouver son influence incontournable.
Après ce conflit, c'est de nouveau « l'âge d'or » de la haute couture, représenté symboliquement par le de Christian Dior, qui débute en avenue Montaigne et va Le couturier impose de nouveau au monde le luxe de la haute couture française. À la suite de Dior, les collections parisiennes de Jacques Fath, Cristóbal Balenciaga, couturier déjà reconnu depuis des années, ou Hubert de Givenchy et Pierre Balmain vont rencontrer un succès mondial. Paris compte alors plus d'une centaine de maisons. Les choses vont changer avec l’avènement du prêt-à-porter qui va se développer de plus en plus . La Fédération Française du Prêt à Porter Féminin est créée ces années là.
Au début des années 1950, l'Italie a réagi rapidement aux dégâts de la guerre. Le glamour des films de Cinecittà rejaillit sur les maisons de couture italiennes installées à Milan, Rome, Florence, ou Turin, comme les sœurs Fontana. Florence où sont organisés les défilés, puis Rome, deviennent influentes ; à la fin de la décennie, Valentino Garavani quittera même Paris où il effectue son apprentissage pour installer sa maison de couture dans la ville italienne.
Londres, avec ses tailleurs et sa famille royale habillée par les couturiers locaux comme Edwin Hardy Amies , lutte notablement pour se faire remarquer. Mais les États-Unis surfent sur le dynamisme des années de guerre avec leurs créateurs de prêt-à-porter qui inventent un style plus simple pour les femmes actives ; c'est la naissance de l', parfois représenté par le style preppy qui en est un de ses représentants, ou plus tard de la . New York devient une capitale majeure, et toute une jeune génération d'Européens est influencée.
Paris malmenée conserve malgré tout sa place. Au milieu des années 1950, Coco Chanel crée rue Cambon ce qui va devenir une icône de la Parisienne, un : le « tailleur Chanel ». En 1962, le tout jeune Yves Saint Laurent quitte Dior et présente sa première collection à son nom ; le retentissement est mondial.
Mais rapidement, la capitale de la mode va traverser la Manche. La minijupe est lancée par Mary Quant, Vidal Sassoon la coiffe, elle habille les Mods et toute la jeunesse , c'est le début du . Londres compte alors près de deux mille magasins de vêtements. Carnaby Street surtout, avec les créations de , Kensington High Street avec la boutique Biba, ou King's Road avec Bazaar ou sont les lieux où la mode anglaise devient incontournable. Jean Shrimpton, visage du , en est l’icône , David Bailey le photographe . De son côté la famille royale d'Angleterre, très présente dans les médias, se montre le plus souvent habillée par les stylistes britanniques. La mode britannique va envahir l'Europe et les États-Unis et Londres définir l'esprit des années 1960 mieux que n'importe ville au monde.