vignette|Soldats français mobilisés dans une caserne début septembre 1939.
La mobilisation française de 1939 est l'ensemble des opérations au début de la Seconde Guerre mondiale consistant à mettre l'armée de terre, l'armée de l'air et la marine françaises sur le pied de guerre, y compris le rappel sous les drapeaux de tous les Français mobilisables.
Déclenchée en raison de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne à partir du , la mobilisation française est décrétée par le président Albert Lebrun dès le lendemain, la veille de la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne. Elle marque le début de la « drôle de guerre ».
Préparation Législation
Loi du (loi Barthou) : service de trois ans, puis de réserve et de territorialeLoi du 7 août 1913 modifiant les lois des cadres de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie et du génie, en ce qui concerne l'effectif des unités et fixant les conditions du recrutement de l'armée active et la durée du service dans l'armée active et ses réserves, Journal officiel de la République française 213 du 8 août 1913, 7138–7143, sur Gallica.. Loi du : service de , puis deux ans et demi de réserve et 24 de territoriale. Loi du : taille de l'armée de temps de paix fixée à d'infanterie, de cavalerie et des forces mobiles (divisions nord-africaines ou coloniales) Loi du : service de , puis trois ans un quart de réserve et 25 de territoriale. Loi du : service de deux ans, puis trois ans un quart de réserve et 24 de territoriale.
Fortifications
Il existe déjà des places fortes anciennes, telles Lille, Verdun, Metz, Neuf-Brisach, Belfort, Besançon, Briançon pour les plus grosses et des dizaines de forts datant des années 1870 (le système Séré de Rivières). De 1928 à 1940, la France construit une ligne plus ou moins continue de Dunkerque à Menton, avec des zones plus faibles notamment face à la Belgique. La ligne Maginot représente ouvrages de profondément enterrés, à plusieurs étages, avec usine souterraine pour l'eau et l'électricité, casernes souterraines, postes de tir espacés de plusieurs kilomètres, avec tourelles à éclipse pour canons de jumelés, postes d'observation, tourelles de guet, postes de mitrailleuses jumelées, les principaux ouvrages desservis par un petit chemin de fer à wagonnets, mais aussi ouvrages d'intervalle de et des centaines de casemates pour sections de , sans compter des abris légers pour , voire individuels (plus de ).
Chacun des ouvrages devrait être soutenu par des voisins de droite et de gauche (en tir croisé) distants de . Les effectifs totaux sont d'environ en propre, infanterie, artillerie de forteresse et génie pour la maintenance. Les intervalles sont tenus par des régiments d'artillerie mobiles, ainsi que par les divisions d'infanterie avec leur propre artillerie divisionnaire.
Apport colonial vignette|Tirailleurs sénégalais et soldats de l'infanterie coloniale servant des mortiers de 81 au sein d'un régiment mixte sénégalais, fin 1939. Le , l'armée française compte déployés dans les colonies, plus quatre divisions d'infanterie coloniale.
Le recrutement est facilité par les souverains régnant dans l'Empire colonial français, comme le sultan du Maroc , le bey de Tunis , l'empereur d'Annam Bảo Đại, le roi du Cambodge Sisowath Monivong, ainsi que par les autorités coutumières et locales d'Afrique subsaharienne. Indochinois, dont combattants rejoignent la métropole depuis l'Indochine française. venus de Madagascar rejoignent le front pendant la guerre. Le principal problème du ministère des Colonies dans l'effort de guerre, au-delà du recrutement, réside dans le besoin en navires pour transporter en métropole les soldats depuis les colonies. attendent leur embarquement en . De plus, les tirailleurs, recrutés en masse, ont besoin d'une période d'instruction et l'utilisation pleine de leur potentiel n'est prévue que pour l'année 1941.
En Afrique française du Nord, l'Armée d'Afrique mobilise jusqu'en sept divisions d'infanterie nord-africaine, une division d'infanterie marocaine, quatre divisions d'infanterie d'Afrique et trois brigades de spahis (en incluant les troupes d'actives existant avant-guerre). En métropole, quatre divisions d'infanterie coloniale supplémentaires sont créées grâce aux renforts d'Afrique. Les tirailleurs sénégalais en métropole servent dans les régiments de tirailleurs sénégalais ou renforcent les régiments d'infanterie coloniale, qui deviennent des régiments d'infanterie coloniale mixte sénégalais. Les Sénégalais et les Malgaches renforcent également l'artillerie des divisions d'infanterie coloniale.
Déclenchement La première mise en alerte des forces françaises a lieu de mars à , à la suite de la remilitarisation de la Rhénanie par le gouvernement allemand. La deuxième alerte se déroule de mars à , à cause de l'.
Crise des Sudètes La crise des Sudètes entraîne une nouvelle mise en alerte en , suivie d'une mobilisation partielle à partir du jusqu'au de la même année.
Crise de Dantzig À partir de la mi- commence la crise diplomatique du corridor de Dantzig. Le , l'Allemagne décrète la mobilisation générale pour le 26. Le , à la suite de l'attaque allemande contre la Pologne, la mobilisation générale française est décidée, applicable à partir du 2 à minuit ; la frontière avec l'Allemagne est fermée, les habitants de la zone frontalière sont évacués (notamment Strasbourg).
Le à , la France déclare la guerre à l'Allemagne. Le ministre français des Affaires étrangères, Georges Bonnet, charge l'ambassadeur de France à Berlin, Robert Coulondre, de rencontrer le Joachim von Ribbentrop à midi le pour lui notifier l'état de guerre entre les deux pays pour le même jour..
Déroulement Appel sous les drapeaux Des millions d'affiches d'ordre de mobilisation générale sont placardées dans toutes les communes : .
Cinq millions d'hommes sont mobilisés, dont la moitié seulement est combattante : aux armées, à l'intérieur, dont servent de main-d'œuvre à l'industrie (affectés spéciaux), restent à l'instruction, restent chez eux pour les besoins de l'agriculture, sont affectés aux services et à des postes divers.. .
Au cours de la période suivante, la drôle de guerre, les désertions sont restées peu nombreuses, la plus notable étant celle de Maurice Thorez.
Mesures préventives Dès le , les unités de forteresse sont mises en alerte. C'est la « mesure 10 » : les casemates et ouvrages des fortifications du Nord-Est sont occupés et la moitié de l'armement est prête à tirer (leurs servants sont en place).
Le est ordonnée l'alerte renforcée : les réservistes frontaliers affectés aux unités de forteresse sont appelés, ce qui permet d'armer l'intégralité de l'armement. Le même jour est transmis l'ordre de mise en sûreté : c'est le tour des réservistes non frontaliers affectés aux unités de forteresse ; toutes les positions de combat le long des frontières du Nord-Est doivent être occupées sous trois jours..
Concentration aux frontières Le 27 à minuit commence l'application de la mobilisation partielle, appelée « couverture générale » : les jeunes réservistes affectés aux unités d'active sont appelés, ce qui permet de constituer qui doivent se concentrer le long de la frontière en six jours.
Notes et références
Annexes
Articles connexes Armée française en 1940 Bataille de France Drôle de guerre Mobilisation française de 1914
Liens externes
(SHD, GR, 7 N 2482/1). (wikimaginot)
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