vignette|350px|Les armoiries de la ville de Nancy se blasonnent ainsi :D'argent à la tige de chardon arrachée de sinople, fleurie de pourpre, chargée de deux feuilles piquantes au naturel ; au chef coupé d'un et parti de trois : au premier fascé d'argent et de gueules de huit pièces, au deuxième d'azur semé de fleurs de lys d'or brisé en chef d'un lambel de gueules, au troisième d'argent à la croix potencée d'or cantonnée de quatre croisettes du même, au quatrième d'or à quatre pals de gueules, au cinquième d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure cousue de gueules, au sixième d'azur au lion contourné d'or à la queue fourchue, armé, lampassé et couronné de gueules, au septième d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, au huitième d'azur semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or aux deux bars adossés du même brochant sur le tout, sur le tout d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent.Devise: Non Inultus Premor (« qui s'y frotte s'y pique »)Le chardon et la devise furent adoptés par la ville de Nancy après la victoire du 5 janvier 1477 où Charles le Téméraire trouva la mort. En 1575, Charles III de Lorraine octroya au blason de sa capitale le chef aux armes pleines de Lorraine. Au XVIIIe siècle, sous Stanislas Leszczynski, le chef aux armes pleines fut remplacé par les armes simples de Lorraine.. Cimier : couronne ducaleSupport : branche de chêne et branche d'olivier.Ornement extérieurs: Croix de chevalier de la Légion d'honneur ; croix de guerre 1914-1918 et croix de guerre 1939-1945.
Nancy, contrairement à beaucoup de villes françaises, ne s'est pas développée circulairement autour d'un hyper-centre. Ses premières traces d'urbanisation datant de la fin du VIe siècle, malgré quelques vestiges gallo-romains à proximité, elle s'est développée depuis la période médiévale par la construction de nouveaux ensembles urbanistiques successifs, les uns à côté des autres, qui au cours des siècles ont engendré l'une des villes les plus denses de France et d'Europe. upright=3.5|thumb|center|Panorama sur le centre-ville de Nancy :Le cours Léopold • la basilique Saint-Epvre • le parc de la pépinière • la cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation • la ville-neuve et l'église Saint-NicolasAu premier plan : clochers de l'église Saint-Sébastien et le marché couvert de Nancy.
Les principales étapes du développement Nancy, comme la plupart des sièges d'un pouvoir ducal, ne possède pas d'origine romaine, mais une origine médiévale. La particularité de son développement est donc directement liée à l'essor du duché de Lorraine dont elle devint la capitale. Ainsi, un château édifié peu après l'an mille, à proximité d'un village nommé Nanceiacum, donnera naissance à une cité médiévale fortifiée ; l'adjonction, fait quasi unique en Europe, d'une ville-neuve à la Renaissance ; l'urbanisation des Lumières ; l'accroissement effréné du ; la prospérité de la Belle Époque ; l'urbanisme sans limites du en ont fait la vingt et unième agglomération de France.
En mille ans d'histoire, le château donna naissance à une ville, l'une des plus denses du monde, désormais au centre d'une importante métropole de France.
Histoire de la ville Le site de Nancy est une terrasse dominant la vallée de la Meurthe, ouverte au Sud et à l'Est et surtout resserrée autour de reliefs liés aux côtes de Moselle : le plateau de Haye au Nord et à l’ouest et le plateau de Malzéville en tant que butte-témoin. Cette zone géographique semble avoir été habitée depuis des temps ancestraux.thumb|Extrait de la carte de Lorraine des Naudins - environs de Nancy (1728-1739).|centré Préhistoire & Antiquité Le territoire actuel de l'agglomération nancéienne est entouré d'une importante concentration d'habitats préhistoriques puis celtiques : les enceintes préhistoriques de la cité d'Afrique à l'Ouest et de la Fourasse au Nord, ainsi que l'éperon-barré de la butte Sainte-Genevière au Nord-Est, ces derniers étant deux d'origine néolithique.
Si la plaine ne semble pas avoir été habitée à l'antiquité, en revanche un très important parcellaire cultivé existait sur le massif de Haye certainement à proximité d'une agglomération antique qui pourrait être indépendante de Tullum Leucorum (Toul). Plus au Sud, à Rosières-aux-Salines, une vaste nécropole gallo-romaine a été découverte à la fin des années 2000La nécropole gallo-romaine de Rosières-aux-Salines en Meurthe-et-Moselle, INRAP 2009 laissant supposer cette agglomération au Sud de Nancy.
Une voie romaine longeait la Meurthe en rive gauche et donna rapidement naissance au village de Boudonville qui pré-exista sur le village Saint-Dizier au Nord du Nancy médiéval, le tout sur l'actuel territoire communal.
Un château La naissance de Nancy est en fait liée à l'édification d'un château féodal, au cours du , par Gérard d'Alsace à proximité d'un hameau mentionné dès 896 sous la forme latinisée Nanceiacum, sur une voie romaine secondaire reliant Metz aux vallées vosgiennes ; idéalement situé au centre des terres du jeune duché de Lorraine. L'emplacement de ce premier château se situait dans l'îlot actuellement délimité par les rues du Cheval-Blanc, de la Charité et des Dames.
L'édification du château va rapidement donner naissance à une petite cité fortifiée. Les limites des remparts semblaient être les rues Saint-Michel, Jacquard, impasse du Bon-Pays - rue des Maréchaux, et une section de la Grande-Rue qui cache par ailleurs un vestige d'une tour du Une ancienne tour, incluse dans une maison au 89 de la Grande-rue est le plus ancien vestige visible des fortifications du .
Ce château semble avoir été en partie détruit en 1218, au cours de la Guerre de Succession de Champagne, sous le règne du duc Thiébaud , lorsque la ville est totalement incendiée par l'empereur Frédéric de HohenstaufenJean Schneider: Lorraine et Champagne au début du XIIIe siècle. Notes sur des documents inédits, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 122, no 1, 1978 (p. 132-142)..
La ville-vieille médiévale L'incendie de 1218 annonce une vaste rénovation du bourg et la création d'un nouveau château par Ferry III de Lorraine. Ce dernier cède l'ancien château aux Dames prêcheresses pour qu'elles y établissent leur couvent (place des Dames) en 1298. Nancy sera ensuite protégée par un nouveau château initié par Ferry III, il est situé en dehors des remparts, au-delà de la Grand-rue, à l'arrière de l'église Sainte-Catherine (future collégiale Saint-Georges), plus ou moins à l'emplacement des actuels jardins du palais du Gouvernement.
Le château est achevé par Raoul de Lorraine qui sera le premier à vouloir faire de Nancy sa capitale : il inclut les faubourgs au Nord de la ville : les bo(u)rgets à l'intérieur des nouveaux remparts (rue du Haut-Bourgeois et rue du Petit-Bourgeois). Les limites des remparts s'étendent au Nord, incluent le prieuré Notre-Dame et voient l'extension de la grand-rue achevée par la construction de la porte de la Craffe, mais n'incluant pas le village de Saint-Dizier (actuellement faubourg des Trois-Maisons). La surface de la ville double sous l'impulsion du Duc Raoul, qui veut également donner un essor économique à sa capitale en créant une confrérie des Marchands et en pérennisant la foire de Nancy, toujours en activité depuis 1341.
1477 : la naissance d'une capitale Au début de 1445, René d'Anjou célèbre par un fastueux pas d'armes à NancyChristian de Merindol. Les fêtes de chevalerie à la cour du roi René ; emblématique, art et histoire : les joutes de Nancy, le pas de Saumur et le pas de Tarascon (Paris : Editions du C.T.H.S., 1993 ; in-8°, 193 pages, planches, couv. ill. [Mémoires et documents d'histoire médiévale et de philologie, 6]).. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1995, tome 153, livraison 1. pp. 228-229. le double mariage de ses filles Marguerite, par procuration, au roi d'Angleterre Henri VI, et Yolande à Ferry II de Vaudémont ; et le de la même année, René délègue le gouvernement de la Lorraine à son fils Jean II, futur duc de Lorraine.
L’avènement du jeune René II de Lorraine et les volontés expansionnistes de Charles le Téméraire font donner une visibilité européenne à Nancy : Charles, désirant relier son duché de Bourgogne à ses possessions aux Pays-Bas convoite rapidement le duché de Lorraine. Dès 1473, des estoquades éclatent sur le territoire lorrain, aboutissant à des sièges dont celui de Nancy en 1475. Lors de la bataille de Nancy, en 1477, René vainc le Téméraire, qui est tué, et met ainsi une fin définitive à la possibilité d'émergence d'un vaste État bourguignon entre le Saint-Empire romain germanique et le royaume de France. La ville conserve des monuments commémoratifs de la mort du Témérairea) À l'étang Saint-Jean, actuellement place de la Croix de Bourgogne est érigée une croix à l'emplacement où fut découvert le corps du défunt Duc de Bourgogne.b) Le pavage du 30 de la Grand-rue rappelle l'endroit où fut provisoirement déposée la dépouille de Charles le Téméraire.
La ville ayant souffert des sièges successifs, René le victorieux s'impose également en bâtisseur. Il fait reconstruire son palais Ducal au devant du château du Duc Raoul, et fait ériger à proximité l'église des Cordeliers. Ces deux bâtiments bénéficient d'une nouvelle esthétique décorative : la première Renaissance s'introduit en Lorraine. D'autres monuments imposants vont ainsi marquer sa victoire et l'émergence de la nation lorraine et de ses symboles notamment la fameuse Croix de Lorrainea) Un lieu de culte dédié à Notre-Dame de Bonsecours sert de sépulture aux soldats bourguignons.b) Le Duc initie la reconstruction d'une vaste église de pèlerinage à Saint-Nicolas-de-Port.
L'apparition de l'artillerie force son fils, le Duc Antoine de Lorraine à améliorer, vers 1530, les fortifications via la création de barbacanes en avant des portes de la Craffe et Saint-Nicolas qui seront bientôt encadrées de bastions.
Modernisation à la Renaissance La place de la Carrière Sous la double régence de Christine de Danemark et de Nicolas de Vaudémont, une première extension urbaine est décidée à l'Est de la ville : la place de la Carrière est édifiée. Cette première extension permettra le prolongement de la Grande-Rue, qui sera lotie par les nobles lorrains pour y établir leurs hôtels particuliers, de part et d'autre de l'esplanade ainsi créée. C'est sur cette place qu'auront lieu joutes, tournois et autres divertissements de la noblesse lorraine. En parallèle, un fortificateur italien, Antoine de Bergame, est chargé de moderniser les fortifications de la ville et de remplacer les vieilles tours en bastions.
Henri II de France, qui vient de prendre possession des Trois-Évêchés en 1552, en profite pour destituer la régente, nièce de Charles Quint, pour laisser seul le Régent qui n'est autre que l'oncle du jeune Charles III. La modernisation des fortifications se poursuit, ainsi sont édifiés entre 1552 et 1558 les bastions de Vaudémont (toujours visible derrière la fontaine d'Amphitrite de la place Stanislas mais transformé en parking aérien) et de Danemark, du nom des régents, qui protègent les angles Sud de la ville, et le bastion des Dames à l'arrière du palais Ducal.
La ville-neuve de Charles III : une capitale européenne Les règnes précédents ayant considérablement modernisé et renforcé les défenses de la ville médiévale de Nancy en l'adaptant aux fonctions de capitale ducale, le Duc Charles III de Lorraine souhaite toutefois transformer la petite place forte, lieu principal de la résidence princière, en vaste capitale d'un État indépendant.