La synagogue est située sur la commune française, et fait partie de la Collectivité européenne d'Alsace (circonscription administrative du Haut-Rhin), en région Grand Est, en Alsace, France.

C'est un lieu de culte juif de style néo-byzantin construit sous le Second Empire au centre de la ville de Thann.

La synagogue, le mikvé, le vestiaire, la maison du rabbin et le cimetière ont fait l'objet d'une inscription sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du .

Éléments historiques Situation et évolution de la propriété thumb|left|150px|Plan cadastral de 1899, montrant l’emplacement de la synagogue et de la maison des bains. thumb|left|150px|Acte notarié du 11 novembre 1843 comportant les signatures des membres de la communauté de Thann.

La parcelle qui porte aujourd'hui le de la rue de l'étang, section 10, portait le au moment de la rénovation du cadastre de Thann en 1899. Elle a été composée à partir des anciennes parcelles 419 et 421 à 424 de la section D.

Les parcelles D 423 et 424 (synagogue et jardin) sont déjà inscrites comme propriété de la communauté israélite de Thann en 1825, date du premier cadastre de la commune.

Les parcelles D 421 et 422 (jardin, ancienne prison) ont été achetées, par adjudication, à la commune de Thann le par Félix Risser et Alexandre Blum. Le , Messieurs Blum et Risser ont revendu les parcelles à la communauté israélite de Thann et sont inscrites au cadastre comme leur propriété.(cote: 6 E 77/94 acte )

L'ancienne prison a été démolie.

Une nouvelle synagogue a été construite sur les parcelles D 421 à 424 dans les années 1860 (cote; 2o 1986).

Une petite maison des bains a également été construite sur ces parcelles, en bordure de la rue de l'Etang.

La parcelle D 419, qui se compose de sol et maison, est acquise par Abraham Spira fils, le , au nom de la communauté israélite de Thann-CernayLa synagogue de Thann participe au Loto du Patrimoine. La maison a été détruite entre 1874 et 1899. Elle ne figure plus sur le plan de bornage de 1899 (cote: AL 91494) mention en est faite dans les matrices cadastrales de Thann de 1899 et sur le plan cadastral levé par les géomètres la même année 1899. C'est un sol nu car la maison n’existe plusRegistre du cadastre de la ville de Thann.

En 1926, le cadastre (cote:AL 97538) mentionne qu'un bâtiment (maison des bains) a été détruit et note qu'une construction nouvelle sur la parcelle 81 de la section 10 a été construite.

Sans doute la maison correspondant au logement du rabbin et au rez-de-chaussée à une petite Shoul (synagogue en Yiddish) et une salle pour l'enseignement de l'hébreu et des textes principalement pour les enfantsVoir le croquis d’arpentage conservé au Centre des Impôts Fonciers / Cadastre de Thann..

Histoire de la communauté juive de Thann et de la synagogue La communauté juive de Thann vignette|droite|Vue d'intérieur de la synagogue, bombardement du 19 janvier 1915. thumb|Plaque commémorative des victimes de la Seconde Guerre mondiale. Une communauté juive a existé à Thann dès le Introduction à la généalogie juive dans la Vallée de la Thur.

En 1309 : antisémitisme virulent. Des bûchers sont organisés à Thann et RoderenNicolas Grassler, Aspects de la présence juive dans la Vallée de la Thur, Index chronologique établi à partir des recherches effectuées aux Archives municipales de la Ville de Thann à partir de 1915, section "Archives modernes", série P III, boîte .

En 1396 : Meister Ysaac von Tanne est un bourgeois de Berne et un des plus grands bailleurs de fonds de cette région. Avant de s'installer dans la ville suisse, ce juif originaire de Thann avait séjourné à Colmar et avait acquis le droit à la bourgeoisieDenis Ingold in Les Amis de Thann .

En 1350 : une « rue juive » est mentionnée. Elle se situait dans la partie nord-est de la ville, près des murs de la cité.

En 1473 : On recense trois familles juives dans l'enceinte de la ville.

En 1648 : fin de la guerre de Trente Ans : la Communauté peut renaître.

En 1653 : le premier Juif à s’établir à demeure à Thann est Lazare Brunschwig, marchand de chevauxLes Juifs en Haute-Alsace au XVIIe siècle : le grand retour. Le patronyme Brunschwig que portent des familles juives de Thann dans la seconde moitié du , rappelle qu’un de leurs ancêtres avait été membre de la communauté juive de Brunswick (Braunschweig), dissoute en 1510. D’abord domicilié à Reiningue, village qui dépendait de la seigneurie de Thann, Lazare Brunschwig se réfugie à Thann à l’arrivée de l’armée de La Ferté devant Belfort (1653). Après la mort de son protecteur franco-suédois en 1657, la ville de Thann essaie de s’en débarrasser. Elle accuse Brunschwig de tromper les bourgeois, de tenir synagogue, de travailler les dimanches et jours fériés. Les Thannois n’obtiennent pas gain de cause, même après la prise de possession de la ville par son nouveau seigneur, le cardinal Mazarin (1659). À ceux qui réclament son départ, l’intendant Colbert répond qu’il fallait faire en sorte qu’il quittât la ville de lui-mêmeDenis Ingold, Les Juifs en Haute-Alsace au : le grand retour, Revue d’Alsace , 2006, ..

N’ayant pas de raison d’être attachés à la Maison d’Autriche, qui les a persécutés et bannis, les Juifs entrent également en contact avec les ennemis des Habsbourg, les Suédois et leurs alliés français. Ceux-ci leur font souvent un meilleur accueil que les anciennes autorités, encore toutes pétries d’antijudaïsme. Des nécessités de la guerre nait une collaboration qui profite aux deux parties. Cette collaboration entre Juifs et anciens officiers de l’armée franco-suédoise se poursuit après 1648. Ces derniers accordent leur protection aux Juifs dans les villes et les seigneuries où ils exercent leur pouvoir, soit comme gouverneurs soit comme nouveaux petits seigneurs (ex. les Rosen à Thann et à Bollwiller). Le pouvoir royal laisse faire, appliquant dans ce domaine la devise de Louis XIV : « Ne touchez pas aux affaires d’Alsace ».

En 1672 : l’intendant La Grange abolit dans les pays d’ancienne domination autrichienne le péage corporel auquel étaient soumis les Juifs. Un an avant, le roi s’était opposé à l’application d’une mesure d’expulsion générale ordonnée par le duc de Mazarin, gouverneur de l’Alsace. Celui-ci finit par tolérer la présence de Juifs même dans les seigneuries qui lui appartiennent personnellement (Thann, Issenheim, etc.).

En 1681 : le roi crée un rabbinat d’Alsace, calquant les institutions du judaïsme alsacien sur celles de la communauté de Metz.

En 1874 : deux écoles israélites accueillent les enfants à Thann (École de Filles et École de Garçons). En 1874, l'institutrice des filles quitte son poste, elle sera remplacée par le Rabbin Wurmser. Garçons et filles bénéficiaient de deux heures d'enseignement religieux par semaine. Fin 1874, le Rabbin Wurmser assure huit heures de cours pour quarante élèves.

En 1784 : le pouvoir royal ordonne un dénombrement général des Juifs en Alsace qui atteste la présence de trente cinq Juifs à Thann. La communauté était présidée par Marx Brunschwig, descendant direct du fondateur de la communauté, Lazare Brunschwig. On note que dès 1700 Marx Brunschwig possédait une maison près de l’étang dans cette rue où s'élève la synagogue.

En 1885 : la Communauté juive compte six cent trente pratiquants.

En 1899 : on note sur le plan cadastral la présence d’un Badehaus – maison des bains, Mikvé ? –

En 1915, la synagogue et la maison des bains sont fortement endommagées par des tirs d’artillerie lors de la première guerre mondialeCote archives départementales du Haut-Rhin ; AL 059119 et 059542..

En 1928 : la Communauté compte quatre-vingt-dix personnes (Benjamin Schick).

En 1932 : la Communauté compte vingt huit hommes, trente deux femmes et quarante deux enfants.

En 1934 : la Communauté compte vingt hommes, vingt quatre femmes et vingt enfants (Lucien Dreyfus, président).

En 1935 : selon son président, la communauté israélite de Thann compte vingt cinq hommes, trente deux femmes et vingt deux enfants.

Avant 1940 : la Communauté juive de Thann compte cent soixante personnes.

Listes des Juifs nés ou ayant habité à Thann qui ont péri en déportationPersonnes mortes en déportation. 967 personnes sont nées dans le département du Haut-Rhin] : Armand Bacharach (1889), Maurice Bloch (1881), André Brunschwig (1926), Caroline Dreyfus née Lévy (1888), Jules Dreyfus (1871), Marie Friedler (1912), Léonie Lévy (1860), Simone Lévy née Lévy (1891), Jules Dreyfus (1871), Léon Fischer (1913), Gaston Meyer (1907), Fernand Spira (1878), Nephy Spira (1874), Anne Vaserman (1900), Hanni Blanc née Dreifuss (1874), Isaac Wurmser (1860)Yad Vashem, Jérusalem.

Le 8 décembre 1944 : libération de Thann ; la Communauté ne compte plus que trente cinq survivantsLes Chemins de la Mémoire pour ne pas oublier ! : Les chemins de la mémoire : La ville de Thann possède douze lieux de mémoire en hommage à tous les combattants qui se sont battus pour notre liberté dont le Monument des déportés juifs.

En 1983 : dernier mariage célébré à la synagogue de Thann.

Les rabbins de Thann thumb|Plaque à la mémoire de Benjamin Schick, président de la communauté de 1924 à 1932 Entre 1686 et 1716, Thann était le siège d’un rabbin itinérant, Rabbi El’ hanan Elsass, alias Daniel Salomon, dont on retrouve le nom dans les procès-verbaux de l’administration du cimetière régional de Hégenheim, Haut-RhinLes Juifs en Haute-Alsace au : le grand retour, par Denis Ingold. À partir de 1818, les offices religieux se déroulent dans un oratoire installé dans une grange.

Le rabbin Salomon Moock, né à Frœschwiller (Bas-Rhin), le 19 mai 1833, décédé en 1898 à Mulhouse. Il fait ses études rabbiniques à Metz. Rabbin de Thann de 1858 à 1873, Salomon Moock avait fait toute la guerre et fut aumônier de l’Armée du Rhin avant d’être attaché à la Garde Impériale. Salomon Moock était un écrivain disert, et les journaux juifs de Paris, L’Univers israélite et les Archives Israélites, publièrent de nombreux articles de sa plume. Salomon Moock sera le premier rabbin permanent de Thann. Il y fonde l’école israélite de garçons et celle de filles. La communauté, jusqu’alors dépendante de Soultz, possède désormais son propre rabbinatLes rabbins de Mulhouse à l’heure industrielle (1798-1940) à l'heure industrielle (1798-1940) Extrait de l’Almanach du KKL 2002.. Diplômé, Salomon Moock devient grand-rabbin de Mulhouse en 1873.

De 1873 à 1893, le rabbin Joseph Moïse Wurmser né en 1830 à Soultz, décédé en 1893 à Thann, fils du rabbin Raphaël David Wurmser, assure huit heures de cours pour quarante élèves. De 1893 à 1915, et à nouveau à partir de 1928, le rabbin Benjamin Meyer, né en 1867 à Schwindratzheim, Bas-Rhin, décédé en 1934 à Strasbourg) est domicilié à Fellering, Haut-RhinHistoire de la synagogue de Thann sur le site Alemania Judaïca., il enseigne à onze élèves. En 1919, il enseigne également le Talmud Torah à Thann. La ville le rémunère et lui attribue un logementAspects de la présence juive dans la Vallée de la Thur. Index chronologique établi à partir des recherches effectuées aux Archives municipales de la Ville de Thann. À partir de 1915, section "Archives modernes", série P III, boîte -1859. 1925 : création d’un poste de ministre-officiant, « rétribué sur les fonds de l’État », en compensation d’un poste supprimé à Réguisheim, Haut-RhinGénéalogie juive. Introduction à la généalogie juive dans la Vallée de la Thur, par Nicolas Grassler. 1926 : le rabbin touche une subvention annuelle de 500 Francslettre écrite par le Pdt de la Communauté Benjamin Schick au Maire de Thann qui demande une augmentation.. 14 août 1934 : vote favorable par le Conseil Municipal du maintien du rabbinat.