La (en occitan : carrièra Sant Roman) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France. Cette rue piétonne, bordée de nombreux magasins, est une des principales artères commerçantes de la ville. Les riches façades des hôtels particuliers et des immeubles des marchands, construits entre les , témoignent de l'opulence de la bourgeoisie toulousaine. Les tours capitulaires des hôtels de Serta et de Roguier rappellent d'ailleurs que nombre d'entre eux accédèrent au capitoulat.
Le caractère de la rue Saint-Rome lui a été reconnu par une protection comme site inscrit en 1943. Depuis 1986, elle est également incluse dans le site patrimonial remarquable de la ville.
Situation et accès Description La rue Saint-Rome est une voie publique située dans le centre-ville de Toulouse. Elle se situe au cœur du quartier du Capitole.
Elle débute dans le prolongement de la rue des Changes, au carrefour des « quatre coins des Changes », formé par le croisement des rues Peyras () et Temponières (). Elle se termine en débouchant sur la place du Capitole. Elle est très animée du fait des nombreuses boutiques, notamment de mode, que l'on peut y trouverSilvana Grasso, « Mais où va la rue Saint-Rome ? », La Dépêche du Midi, 17 mars 2011..
La chaussée compte une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue des Changes vers la place du Capitole. Elle appartient à une aire piétonne où la circulation est réglementée et la vitesse limitée à 6 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit en double-sens cyclable.
Voies rencontrées La rue Saint-Rome rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Rue Temponières (g) Rue Peyras (d) Rue Tripière (g) Rue du Puits-Vert (d) Rue Bédelières (g) Rue du May (g) Rue Jules-Chalande (d) Rue Baour-Lormian (d) Rue des Gestes (g) Place du Capitole
Transports La rue Saint-Rome n'est pas directement desservie par le réseau de transport en commun Tisséo. Elle reste toutefois accessible grâce à la ligne A du métro, au nord par la station Capitole, et au sud par la station Esquirol. Près de cette dernière, sur la place Étienne-Esquirol, se trouvent également les arrêts de la ligne de bus 44.
De même, si elle n'abrite pas de station de vélos en libre-service VélôToulouse, la rue Saint-Rome se trouve cependant à proximité immédiate des stations ( rue du Poids-de-l'Huile), ( rue de la Pomme), ( rue Sainte-Ursule) et ( place Étienne-Esquirol).
Odonymie La rue tire son nom de l'ancienne église Saint-Romain (Sant Roman en occitan), construite au , qui s'élevait au carrefour des actuelles rues Saint-Rome et Jules-Chalande. L'église, qui avait son entrée au niveau de l'actuel rue Saint-Rome, reste mal connue. Ce n'est cependant qu'au qu'apparut la désignation de rue Saint-Rome, à la suite de la création d'un collège universitaire par les Prêtres de la doctrine chrétienne, le collège Saint-RomeChalande 1925, et 302..
Au Moyen Âge, la première partie de la rue, entre la rue Tripière et la rue du May, était désignée comme la rue des Bancs-Majous ou des Grands-BancsChalande 1925, . (bancs majors en occitan), en référence aux étals sur lesquels les commerçants disposaient leur marchandiseChalande 1925, .. La rue prend ensuite le nom de rue de la Halle-Vieille en référence à une halle aux poissons construite au milieu du , détruite deux siècles plus tardChalande 1925, .. La deuxième partie de la rue, entre la rue du May et la place du Capitole était la rue Cervinières ou Servinières, probablement en référence aux artisans cerviniers (cervinièrs en occitan), tanneurs et fabricants de cuirs de qualité qui utilisaient les techniques du chamoisage. Par déformation, ce nom de Cervinières devint, à partir du , Serminières..
En 1794, pendant la Révolution française, toutes les rues entre la place du Salin et la place du Capitole – l'ancien cardo maximus romain, puis Grand-rue médiévale – furent appelées ensemble rue de la Liberté. Finalement, en 1806, la rue des Bancs-Majous et la rue Saint-Rome furent réunies et appelées ensemble sous ce dernier nomChalande 1925, ...
Histoire Antiquité La rue Saint-Rome correspond au cardo maximus de la ville romaine de Tolosa, et donc à l'axe principal nord-sud« Art et histoire », sur le site de l'office de tourisme de Toulouse, consulté le 25 juin 2015..
Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue Saint-Rome est un segment de la Grand-rue, la principale artère de la ville, qui relie le cœur de l'ancienne ville romaine, l'actuelle place Étienne-Esquirol, au bourg qui se constitue, au-delà de la Porterie (emplacement de l'actuelle place du Capitole), autour de la basilique Saint-Sernin. Une église dédiée à saint Romain est construite, avant le , au carrefour de la rue de Renneville (actuelle rue Jules-Chalande). Elle est entourée de son cimetière, qui longe cette dernière rueChalande 1925, .. Dépendant du chapitre de la cathédrale Saint-Étienne, elle est donnée en 1216 par l'évêque Foulque à Dominique de Guzmán, fondateur de l'ordre des Dominicains afin de combattre l'hérésie cathare dans la ville et dans la région toulousaine. Ils s'y établissent jusqu'à ce qu'ils fassent construire sur un champ légué par Pons Capdenier un nouveau monastèreChalande 1925, .. En 1335, le chapitre de Saint-Étienne, qui a repris possession de l'église Saint-Romain, la donne aux religieuses bénédictines établies à Saint-CyprienChalande 1925, ..
La rue est surtout une grande rue commerçante et marchande, qui concentre particulièrement les commerces de bouche, comme des bouchers. Au milieu du , la partie de la rue entre la rue Tripière et la rue des Pélégantières-Ample (actuelle rue du May) est désignée comme la rue des Bancs-Majours, en référence aux étals des bouchers. En 1351, les capitouls décident de l'installation d’une halle aux poissons. Les habitants du quartier se plaignent du voisinage de cette halle et en obtiennent en 1493 le transfert, qui n'est toutefois réalisé qu'en 1550. Après la disparition de la halle, la rue prend le nom de rue de la Halle-Vieille. Entre la rue des Pélégantières-Ample et la Porterie s'installent des artisans chamoiseurs ou cerviniers (cervinièr en occitan), fabricants de cuirs de grande qualité à partir de peaux de cerfs. Le quartier est d'ailleurs peuplé de nombreux artisans des métiers du cuir et on trouve des marchands de peaux (pelegantièrs en occitan), dans deux rues voisines – rue des Pélégantières-Ample et rue des Pélégantières-Étroite (actuelle rue Baour-Lormian)Chalande 1925, ..
Période moderne Le quartier de la rue Saint-Rome est ravagé plusieurs fois par les incendies, particulièrement le 7 mai 1463, qui laisse la plupart des maisons détruites. Un nouvel incendie, le , parti de la maison d'un apothicaire de la rue de Serminières, détruit plus de Chalande 1925, .. À la suite des règlements capitulaires, les maisons à pans de bois cèdent progressivement la place à la briqueBastide 1968, ., mais elles sont encore nombreuses au , particulièrement dans la rue des Bancs-Majous (actuels à 8 ; 7, 15, 17, 33 et 41).
L'élite marchande réunit également de vastes emprises foncières pour faire bâtir de nouvelles demeures et de vastes hôtels particuliersBastide 1968, .. En 1474, le capitoul Jean de Solaci possède un terrain considérable entre la rue de Serminières (actuel rue Saint-Rome), la rue des Pélégantières-Étroite (emplacement des actuels rue Baour-Lormian) et la rue des Puits-Clos (emplacement de l'actuel )Chalande 1925, .. La rue accueille de nombreuses personnalités importantes, particulièrement de riches marchands qui accèdent au capitoulat. Au début du , le capitoul Pierre de Serta fait bâtir entre ses deux immeubles une tour capitulaire qui domine les « quatre coins des Changes », au début de la rue (actuels ). Au milieu du même siècle, c'est le capitoul et marchand Jean Roguier qui fait ajouter une tour capitulaire à l'hôtel de Solaci qu'il vient d'acquérirChalande 1925, .. Au début du , le capitoul Pierre Comère se fait construire un hôtel particulier (actuel ). À la même époque, le capitoul Pierre de Comynihan occupe un immeuble, transformé au siècle suivant par ses descendants (actuel )Chalande 1925, .. On trouve également des personnalités de l'université, particulièrement deux médecins et professeurs de la faculté de médecine, Auger Ferrier et François Sanchez (actuel )Chalande 1925, ..
La tradition commerçante se poursuit également, le long de l'axe nord-sud de la ville, entre l'enclos de Saint-Sernin et la place du SalinBastide 1925, .. Les imprimeurs-libraires se font plus nombreux à partir du entre la rue du May et la Porterie, au point que la rue reçoit le nom de rue des Libraires. Parmi eux se remarquent les membres de la famille Douladoure, qui occupe le même immeuble du milieu du au siècle suivant (actuel )Chalande 1925, ., ou encore Jean-Floran Baour, père du poète Baour-Lormian, qui possède plusieurs maisons de la rue à la fin du (actuels , 27 et 32).
En 1604, l'église Saint-Romain et le monastère, délaissé par les Bénédictines, est donné par l'archevêque de Toulouse, le cardinal François de Joyeuse, aux Pères de la Doctrine chrétienne. Ils y établissent le collège de Saint-Rome, qui comptait en 1790 13 prêtres, 3 clercs, 15 novices et 17 pensionnaires. C'est à cette époque que la partie de la rue Saint-Rome entre la rue du May et la place du Capitole reçoit son nom actuel. En 1753, l'église bénéficie de travaux de restauration.
Époque contemporaine Révolution française La Révolution française touche les habitants des rues de la Halle-Vieille et Saint-Rome. En 1791, la plupart des religieux qui desservent l'église Saint-Romain approuvent les idées nouvelles et prêtent serment à la Constitution civile du clergé dans la cathédrale Saint-Étienne. Mais la Terreur, à partir de 1793, radicalise les positions révolutionnaire. Cette année, le culte catholique est interdit et l'église désaffectée. En , les deux rues sont rebaptisées rue de la Liberté. Plus grave, un habitant de la rue (actuel ) Isidore de Poulhariès, conseiller au parlement en 1761, et son fils sont arrêtés et emprisonnés à la Visitation (emplacement de l'actuel rue Charles-de-Rémusat), puis jugés à Paris et guillotinés place de la Révolution le Chalande 1925, .. En 1796, les juifs de la ville obtiennent de la municipalité que l'ancienne église Saint-Rome leur soit dévolue pour le culte, mais l'administration centrale du département le leur refuse, avant finalement de démolir l'égliseChalande 1925, ...
Au cours du , la rue Saint-Rome conserve une vocation essentiellement commerciale, profitant de l'aménagement et de l'animation que connaissent, au sud, la place Étienne-Esquirol et, au nord, la place du Capitole. C'est, en effet, entre 1809 et 1812, que les travaux menés par Jacques-Pascal Virebent pour l'édification des façades sud de la place du Capitole provoquent la destruction des maisons qui terminaient la rue Saint-Rome des deux côtés. Parmi les personnages notables se distingue le commerçant Soucaze, qui fait élever en 1854, par l'architecte Urbain Vitry, sa maison de commerce à l'entrée de la rue (actuel ). On peut également signaler l'historien et bibliothécaire Eugène Lapierre, né en 1834, fils du marchand Marc-Antoine Lapierre (actuel )., et le sculpteur Théodore Rivière, né en 1857, fils du marchand vannier Louis-Auguste Rivière (actuel ) qui invente en 1865 un corset en rotin..