Le CII 10070 a fait partie de la première série d'ordinateurs de la Compagnie internationale pour l'informatique (CII), fabriqué à la fin des années 1960 dans le cadre du Plan Calcul.

Cet ordinateur a servi de base à la conception de la série Iris 80, totalement réalisée par la CII. Le CII 10070 a fait partie de la première série d'ordinateurs de la Compagnie internationale pour l'informatique (CII), fabriqué à la fin des années 1960 dans le cadre du Plan Calcul.

Cet ordinateur a servi de base à la conception de la série Iris 80, totalement réalisée par la CII. Histoire Contexte: l'émergence de "l'ordinateur universel" Cet ordinateur était une adaptation d'un calculateur Scientific Data Systems (SDS), le Sigma 7, terminé dans les derniers jours de 1966, qui deviendra après le rachat de SDS par Xerox en via une OPA géante de près d'un milliard de dollars, le XDS (Xerox Data Systems) Sigma 7.

Le 10070 est apparu au moment de l'émergence des "ordinateurs universels" sur l'ensemble du marché français"Eléments pour un schéma directeur de l'informatique" chapitre du rapport Schéma général d'aménagement de la France de la Datar, par Maurice Allègre, en janvier 1971 jusque-là partagé entre "ordinateurs de gestion" et "ordinateurs scientifiques", la croissance du nombre des premiers étant beaucoup plus rapide mais elle-même menacée par l'apparition de machines profitant de la chute des prix dans les circuits intégrés pour offrir les deux fonctionnalités, y compris et surtout sous forme de temps partagé. AnnéePetits ordinateursMoyens ordinateursGros ordinateursTotal Etude sur le parc français de matériel électronique, par la Fédération Nationale des Industries électroniques, cité dans le Schéma général d'aménagement de la France de la Datar, publié en janvier 1971 .1963 (1er janvier)1892883701841969 (1er janvier)2595144601474188Progression en six ans13,7 fois5 fois3,9 fois8 fois

Composition du parc d'ordinateurs français, en nombre de machines AnnéeOrdinateurs de gestionOrdinateurs scientifiquesOrdinateurs universelsOrdinateurs industrielsTotal1er janvier 365144ND151er janvier 19691,95147615042574188Progression en six ans5,3 fois3,3 foisND17 fois8 foisPart du parc 196946,6%11,4%36%6,1%100%

Calendrier Un article dans Le Monde du précise que "quelques exemplaires du 10070" sont déjà produits à l'usine des Clayes-sous-Bois, près de Versailles, où "ont été mis au point les premiers Iris-50", le journal précisant qu'il "ne connaît pas l'importance exacte" de cette production mais que celle venant éventuellement de SDS ne présentera "pas un pourcentage très important de la quantité" des 10070 offerts aux utilisateursArticle dans Le Monde du 11 janvier 1969 . En , deux ans ans après la création de la CII, cette usine de Toulouse était encore en constructionContribution de Bernard Dorléac, directeur général de la CII, dans Le Monde diplomatique de décembre 1968 .

L'article ajoute, sans source, que sa production "commencera dans le milieu de l'année à l'usine de Toulouse" et montera en cadence pour atteindre son maximum au milieu de l'année 1970. Par ailleurs, le software de l'Iris 50, machine proche, est "loin d'être achevé" et qil "pourra être livré à la clientèle avec un software complet" d'ici "un an environ", ajoute-t-il. "Contrairement à ce que diverses informations avaient laissé entendre, non seulement la fabrication de série du 10 070 est actuellement entreprise à l’usine des Clayes", mais "le premier de série, terminé de fabrication, est en cours d’essai et sera livré en Allemagne" dans l'année, avait déclaré le mois précédent Bernard Dorléac, directeur général de la CII.

Le système d'exploitation de cette gamme est alors évolutif pour ajouter des fonctions de gestion. Le succès revendiqué pour le 10070 dans ce domaine vient de rapport qualité-prix compétitif. Cependant, "le besoin de plus en plus pressant d’informaticiens" oblige à créer "des systèmes de formation tant interne qu’externe visant à fournir dans des délais courts mais raisonnables les techniciens nécessaires", précise alors Bernard Dorléac, en évoquant des actions "auprès des universités et écoles". Le directeur de l'usine de Toulouse doit même donner une entrevue au quotidien La Dépêche du Midi, également vers la fin de 1968, pour effectuer "le plus large appel aux techniciens toulousains", en reconnaissant que "malheureusement, ceux-ci sont rares" et en rappelant qu'il aura "besoin de 200 agents techniques" dès l'année qui va commencer.

La Délégation à l'Informatique, qui pilote le plan calcul lancé fin 1966, a incité au même moment à fusionner les deux projets axés sur le même thème mi-1968, d'un système de calcul interactif, celui du Centre d'Études et de Recherches en Automatique (Cera), dépendant de l'école Sup'Aéro de Toulouse et celui à l'IRIA, baptisé Esope. Tous deux savaient que la CII travaillait à un système multiprogrammé et proposaient de développer un OS pour la gestionÉSOPE : une étape de la recherche française en systèmes d'exploitation (1968-72).

Matériel vignette|L'unité centrale du CII 10070 était constituée de circuits DTL. Cet ordinateur destiné au calcul dit « scientifique », était en fait un calculateur SDS (Scientific Data Systems) Sigma 7 - qui deviendra après son rachat par Xerox le XDS (Xerox Data Systems) Sigma 7. L'unité arithmétique et logique est réalisée à partir de cartes à circuits intégrés DTL. Elle dispose d'une forme primitive de mémoire vive à cascade de portes NAND, appelée alors « mémoire privée » (scratch pad), moyennant un temps d'accès de . Les 160 instructions de l'UAL sont codées sur des mots de , mais l'adressage utilise un format par octets. L'UAL comporte d'index, qui peuvent travailler comme des accumulateurs..

Le CII 10070 pouvait gérer à la fois du traitement par lots, appelé aussi batch et du temps partagé. Il disposait également en standard d'une mémoire topographique, similaire à une mémoire virtuelle à ceci près qu'elle ne visait que le ré-aiguillage instantané de mémoire à mémoire pour des raisons de performance, sans support à la gestion d'échanges avec le disque. Celle-ci était gérée par logiciel dans le moniteur de temps partagé.

Logiciels En revanche, sur le plan logiciel, il était muni d'un système d'exploitation totalement remanié par les équipes de l'IRIA (qui deviendra l'INRIA) et qui sera acheté par la maison mère... Systèmes d'exploitation Le CII 10070 a bénéficié successivement de plusieurs systèmes d'exploitation : BPM (Batch Processing Monitor), système de mono-programmation pour les files de travaux et qui disposait de programmes parallèles (symbionts) pour traiter les entrées sorties cartes et imprimantes. Ce système a été réalisé par SDS. BTM : système de temps partagé. Siris 7, réalisé par la CII, qui préparait en fait la version Siris 8 de l'Iris 80.

Un système expérimental, Ésope, avait également été développé à l'IRIAC. Bétourné, J. Ferrie, C. Kaiser, S. Krakowiak, J. Mossière, Ésope : une étape de la recherche française en systèmes d’exploitation (1968-72)CHIR 4004, Rennes 2004 .

Langages et utilitaires

Compilateur Fortran IV H ; Assembleur Symbol (langage d'assemblage assez élémentaire) ; Générateur Métasymbol, outil très puissant de génération de code (fonctions, procédures, récursivité, traitement de listes...) ; Compilateur COBOL ; Compilateur PL/I ; Programme de tri.

Progiciels

Système de recherche documentaire : Mistral

Voir aussi Articles connexes Iris 80 Références externes

Sur le site FEB-patrimoine de la Fédération des Équipes Bull, le SDS/CII 10070.

La documentation relative aux machines SDS donne également des informations pertinentes pour le 10070 : Scientific Data Systems The Sigma Family: Introducing Sigma from Scientific Data Systems. 1967 SDS Sigma 7 technical information

Notes

Catégorie:Grands Systèmes Catégorie:Compagnie internationale pour l'informatique