L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est une église catholique située à Taverny, en France. Construite dans une seule et longue campagne sous Mathieu II de Montmorency et son fils Bouchard entre 1200 et 1240, elle se distingue par l'homogénéité de sa structure, l'élégance de son architecture gothique et l'importance des surfaces vitrées. L'élévation sur trois étages avec grandes arcades, triforium et fenêtres hautes est celle des plus grandes églises de l'époque et affiche les ambitions des seigneurs locaux. Les vaisseaux sont plus larges et aussi plus élevés que d'ordinaire. De même, la décoration est très soignée et la sculpture est généralement d'une grande qualité, et l'on est loin de l'austérité qui prévaut sur de nombreuses églises contemporaines. Contrairement à la majorité des églises de la région, l'église Notre-Dame n'a jamais subi de remaniements affectant sa physionomie ou son plan. Des modifications y ont toutefois été apportées à la période flamboyante, à la fin du , et dans une moindre mesure, sous la Renaissance. Les fenêtres hautes de la nef et du transept ont été en grande partie refaites, et un grand retable de chevet offert par Anne de Montmorency a été installé dans l'abside. Les réparations du et les restaurations de la seconde moitié du ont fait perdre une partie de son authenticité à l'édifice, mais il a tout juste été sauvé de la ruine à la suite de son classement aux monuments historiques en 1846.. La restauration a été commencée par Maurice Ouradou, et continuée par Alphonse Simil. Elle a rendu sa splendeur à l'église, que tous les auteurs considèrent comme un monument majeur du style gothique en Île-de-France. L'église Notre-Dame est aujourd'hui l'une des deux églises paroissiales de Taverny, et une messe y est célébrée tous les dimanches matin, mais le centre de la vie paroissiale s'est déplacé vers l'église Notre-Dame-des-Champs dans la ville basse.

Localisation

L'église est localisée en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, sur la commune de Taverny, rue Jean-XXIII. Elle est ainsi située en dehors du centre-ville, au nord, derrière les dernières maisons. Bâtie sur une terrasse artificielle à une altitude de , elle domine toute la ville, dont les parties basses se situent à une altitude de seulement . Après le cimetière au nord de l'église, commence la forêt de Montmorency. La façade occidentale, l'élévation méridionale et le chevet sont dégagés d'autres constructions, mais le chevet est un peu caché par des arbres. L'élévation septentrionale donne presque immédiatement sur le cimetière, et elle est assez mal visible du fait de la différence de niveau et de la végétation.

Historique thumb|upright|Façade occidentale. thumb|upright|Vue générale intérieure. thumb|upright|Élévation méridionale.

Pendant la première moitié du , Taverny appartient à un certain Guntaud, qui dans son testament en fait don à l'abbaye Saint-Denis. Mais après sa mort, Ébroïn, maire du palais, reprend une partie du territoire. En 754, l'abbaye spoliée demande la restitution de ces terres au roi Pépin le Bref et obtient gain de cause. Le roi édicte une charte confirmant formellement la donation des terres de Taverny aux moines de Saint-Denis. Au toutefois, la puissante famille de Montmorency annexe Taverny à son domaine, au détriment des droits de l'abbaye. En 1122, Richard de Montmorency donne enfin l'église de Taverny à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise. Un acte de l'évêque de Paris aujourd'hui conservé aux archives départementales du Val-d'Oise confirme ce don. L'église est dite de Moncelles, ce qui n'exclut pas qu'elle se situe près de l'église actuelle ou au même emplacement. Eugène Lefèvre-Pontalis la situe par contre dans la Grande-rue. Des fouilles au ont en tout cas mis au jour les caves de l'ancien château seigneurial des Montmorency, au nord-est du chevet de l'église. L'implantation du château est décisif pour le choix de l'emplacement de l'église. L'on sait aussi que les rois de France furent fréquemment des hôtes dans ce château...

Il n'est donc pas étonnant que les Montmorency tiennent à disposer d'une église représentative en ces lieux, et l'édification d'une église entièrement neuve peut donner la preuve de leur munificence et véhiculer une image positive de la famille seigneuriale. Au début du , Mathieu II de Montmorency dit le Grand entreprend ainsi la fondation d'une nouvelle église près du château. D'après la tradition orale, Blanche de Castille aurait assisté à la pose de la première pierre, épisode illustré sur un vitrail du recopiant un vitrail médiéval détérioré. Aucune source écrite n'en témoigne. Rien n'est connu non plus sur le déroulement des travaux, mais l'analyse stylistique montre qu'ils commencent par le chevet et se terminent par la façade occidentale. Après la mort de Mathieu II en 1230, son fils Bouchard fait poursuivre le chantier. En 1237, il rédige son testament et accorde la somme de dix livres pour des vitraux : l'on peut en conclure que l'achèvement de l'église n'est pas loin. Bouchard meurt en 1242. L'église est apparemment terminée à cette date. Elle est consacrée à la Vierge et à saint Barthélemy. Un petit prieuré est rattaché à l'église. L'abbé Lebeuf n'a trouvé que de rares mentions à son sujet, et il paraît tout à fait insignifiant et ne joue aucun rôle dans la vie de Taverny..

L'architecture de la nouvelle église est soignée, et le plan et l'élévation inspirés des cathédrales gothiques de l'époque. Les dimensions sont bien entendu nettement plus modestes, tout en étant généreuses par rapport à l'importance du bourg. Avec l'adhésion aux derniers développements de l'architecture, les Montmorency souhaitent afficher leur esprit novateur. Après son achèvement, l'église ne subira jamais de remaniements affectant sa physionomie globale et son plan ; le plus souvent, il s'agit de travaux de réparation pour remédier à des dégradations ou destructions partielles. Une exception est constituée par le portail méridional dans le croisillon sud. Il est offert pendant en 1335 par le roi Philippe VI de Valois, quand il séjourne au château des Montmorency et quand il veut faire un geste pour obtenir de Dieu la guérison de son fils unique, le futur roi Jean II le Bon. Ce portail est dit la porte du roi Jean...

Ultérieurement, la Grande Jacquerie de 1358, la guerre de Cent Ans et un ouragan documenté dans les archives occasionnent certainement des dommages. Ce n'est toutefois qu'à la fin du que des travaux sont entrepris, financés pour partie par les paroissiens à la faveur d'une lente amélioration du contexte économique. Les fenêtres hautes de la nef et du croisillon nord sont pourvues d'un remplage flamboyant, le pignon du croisillon sud est remonté, certains arcs-boutants et certains chapiteaux sont remplacés, un petit clocher en charpente est édifié à cheval sur la toiture du croisillon sud, et la charpente des toitures est en partie modifiée. Au , l'absidiole sud reçoit une nouvelle voûte Renaissance, et au , les voûtes des bas-côtés sont remplacés et les arcs-boutants au nord remaniés. La Révolution française entraîne un déchaînement du vandalisme et les vitraux sont cassés, mais le toit est toutefois réparé en 1790 après un lourd orage de grêle. À l'instar de la plupart des autres églises, l'église Notre-Dame sert de Temple de la Raison de 1793 à 1794, et le prieuré, qui est susceptible de n'être plus qu'un simple bénéfice, est dissous. — Sous tout l'Ancien Régime, Taverny se situe dans le doyenné de Montmorency de l'archidiocèse de Paris, et la cure reste à la nomination de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise. Après la Révolution française, Taverny est rattaché au nouveau diocèse de Versailles qui correspond au territoire du département de Seine-et-Oise..

Au début du , la moitié de la première et de la troisième voûte de la nef sont remplacées, ainsi que la deuxième voûte en totalité. Les chapiteaux supérieurs contigus sont refaits à la même occasion. En 1837, douze des baies hautes sont aveugles ; les vitraux cassés sous la Révolution sont protégés sous une couche de plâtre, mais leur réparation s'avère problématique. L'église est confortée provisoirement par des étrésillons en bois : elle n'est pas loin de menacer ruine. Il faut attendre le classement de l'église aux monuments historiques par liste de 1846 ou, d'après d'autres sources, en 1842, pour que les travaux de remise en état puissent commencer. Les mesures les plus urgentes sont entreprises en 1843, quand l'architecte Garrey fait remplacer les étrésillons par des tirants en fer. En 1861, le pourtour de l'église est dégagé de bâtiments parasites, et le grand escalier d'accès est refait. C'est à ce moment que le cimetière actuel est créé au nord de l'église. La restauration proprement dite commence sous la direction de l'architecte Maurice Ouradou et est poursuivi par l'architecte en chef des monuments historiques, Alphonse Simil. Entre 1867 et 1878, le calfeutrage des fenêtres est retiré et de nouveaux vitraux installés, copiés sur les anciens. La porte, la claire-voie et le pignon de façade occidentale sont restaurés ; deux colonnes de la nef sont reprises en sous-œuvre ; le réseau flamboyant de huit fenêtres est repris, ainsi que la grande rosace du croisillon sud ; le pignon du croisillon nord est reconstruit (l'homologue du nord l'ayant été au ) et l'absidiole nord est également reconstruite (celle du sud ayant été revoûtée au ). Les travaux s'achèvent en 1886... Émile Lambin atteste à Simil une restauration respectueuse du patrimoine, en ne faisant pas débadigeonner tous les chapiteaux pour éviter leur endommagement, et en ne remplaçant le vieux par le neuf qu'en cas de stricte nécessité. Il a ainsi su rendre sa splendeur ancienne au monument.. — Depuis la suppression du département de Seine-et-Oise et la création du diocèse de Pontoise en 1966, la paroisse dépend de l'évêque de Pontoise. Elle fait aujourd'hui partie d'un groupement paroissial avec Beauchamp et Bessancourt..

Description thumb|upright|Plan de l'église. thumb|upright|Vue vers l'abside. thumb|upright|Vue vers le portail ouest. thumb|upright| arcade du nord.

Aperçu général

Orientée un peu irrégulièrement sud-nord-ouest - nord-sud-est, l'église répond à un plan cruciforme et se compose d'une nef de quatre travées barlongues, accompagnée de deux bas-côtés de longueur identique, dont les travées sont carrées ; d'un transept de même largeur que la nef, dont les croisillons comportent deux travées successives ; d'une abside d'un seule travée, comportant une partie droite et un chevet à cinq pas ; et de deux chapelles orientées à l'angle entre les croisillons et le chœur, se terminant par des chevets à trois pans. Du portail jusqu'au chevet, l'église atteint une longueur de environ. Un clocher en charpente se dresse au-dessus du croisillon sud, et une tourelle d'escalier flanque le croisillon nord à son extrémité occidentale. L'église possède trois portails : le portail occidental, lourdement restauré au ; un portail latéral dans la seconde travée du bas-côté sud, restitué au ; et la porte du roi Jean du second quart du dans le croisillon sud. La toiture principale dispose de pignons à l'ouest, au nord et au sud, alors que les bas-côtés sont recouverts de toits en appentis. La totalité de l'église est voûtée sur croisées d'ogives...

Intérieur Nef