L'Ambulance de l'Océan est un hôpital de campagne belge de la Première Guerre mondiale ouvert le par le dans la cité balnéaire de La Panne à du front. Il fut installé dans le Grand Hôtel de l'Océan réquisitionné pour l'occasion. Cet hôtel de quatre étages disposait de 100 chambres et avait l’avantage d’être construit face à la mer, devant de vastes dunes offrant l'espace nécessaire à la construction de nombreux baraquements.
Le docteur Depage avait fait placer sur les toits de l'hôtel et de ses baraquements annexes de très grands drapeaux de la afin que nul, et en particulier aucun pilote de bombardier, ne puisse ignorer que ces bâtiments étaient sous la protection de la convention de Genève portant entre autres « immunité de capture et de destruction de tous les établissements de soin des soldats blessés ou malades ».
Dans la seconde moitié de l'année 1917, le secteur de La Panne devint de plus en plus dangereux et, en dépit des drapeaux de Croix-Rouge susmentionnés, plusieurs bombes touchèrent l'hôpital faisant quelques victimes. Il fut pris alors la décision de déplacer l'hôpital vers Vinkem de à .
Il fut réinstallé à La Panne avant la grande offensive de septembre.
Il ferme le en raison de l'épidémie de grippe espagnole. blessés seraient passés par l'Ambulance..
Le personnel vignette|Antoine Depage et la reine Élisabeth en salle d'opérations à l'hôpital de l'Océan. Malgré le mécontentement de l'inspecteur général du service de santé, le général-médecin Mélis, c'est un civil, le , soutenu par le roi Albert, qui y est nommé colonel-médecin responsable de l'Ambulance. Contrairement aux règlements militaires en vigueur, il choisit ses assistants parmi les médecins militaires en fonction de leurs compétences et non pas de leur ancienneté et exige l'inamovibilité de son personnel. Les premières infirmières étaient des femmes formées dans les écoles de soins d'Angleterre, du Canada, des États-Unis et du Danemark, seulement deux étaient belges. Par la suite, des infirmières belges formées en Angleterre étofferont l'équipe.
Des prêtres et des instituteurs mobilisés assuraient le brancardage.
La reine Élisabeth de Belgique prit l'habitude d'y passer quelques heures plusieurs fois par semaine pour aider aux soins. Elle y portait une blouse d'infirmière et assistait le lors des opérations chirurgicales, voir photo.
Le personnel logeait dans une vingtaine de villas des environs.
L’hôpital fonctionna, à son apogée, avec plus de 160 infirmières et 280 brancardiers.
Organisation L'hôpital dépendait de la Croix-Rouge de Belgique. Il fut initialement équipé de matériel acheté à Londres par le et les fonds qui assuraient son fonctionnement provenaient surtout de dons anglais, néanmoins l'armée belge fournissait le personnel et les véhicules.
Sa capacité à l'ouverture était de 200 lits, mais elle fut progressivement augmentée au cours du conflit pour passer à 500 puis lits à son apogée.
Il était équipé de 2 puis, plus tard, 6 salles d'opérations. Au fur et à mesure du conflit, des pavillons lui furent adjoints. Le pavillon British de 100 lits, appelé ainsi du fait de l'origine des donateurs, le pavillon Everyman de 240 lits dont la fondation Everyman d'Édimbourg offrit pour sa construction, le pavillon Albert-Élisabeth de 300 lits (qui brûlera le .), le pavillon Léopold de 100 lits, le pavillon de réception, le pavillon américain de 60 lits, la salle Émile Verhaeren destinée aux loisirs des blessés, l’institut Marie Depage où se trouvaient les laboratoires de recherche scientifique et une chapelle.
Le rez-de-chaussée de l'hôtel fut aménagé en bureaux et accueillit les salles d'opérations. Le était dévolu aux officiers, le second aux blessés de la tête, les et aux problèmes thoraciques et abdominaux. Un service dentaire, un service de conception et d'entretien des prothèses et un laboratoire biomédical complétaient l'infrastructure médicale.
Innovations thumb|Enveloppe envoyée (du bureau C-R de Bruxelles) au directeur de l'hôpital de l'Océan durant la guerre 14-18, avec cachet de la Croix-Rouge de Belgique.
L'hôpital se trouvait très proche du front dans le but d'administrer le plus rapidement possible les soins chirurgicaux et diminuer ainsi le nombre de décès. Il devint un exemple de gestion et reçut la visite de nombreux médecins étrangers. Les premières transfusions sanguines de sang citraté y furent pratiquées. Un service de radiologie y est mis en place dès 1914 et Marie Curie y passe 5 jours en Anne Morelli, « Marie Curie sur le front belge pendant la première guerre mondiale », in Marie Sklolodowska Curie et la Belgique, 1990, pp. 71-78.. La stérilisation des plaies selon la méthode de Carrel-Dakin y fut largement utilisée.
De nos jours Le bâtiment principal n'existe plus, il a été remplacé par la Résidence Reine Élisabeth située au de la Zeedijk. Une plaque commémorative https://inventaris.onroerenderfgoed.be/woi/relict/1093. y est apposée. La partie arrière du bâtiment subsiste encore. Elle a été transformée en un ensemble d'appartements au début des années 1960 : c'est la résidence « Roi chevalier », 11, docteur A. Depagelaan.
Une annexe de l'hôpital, réservée aux malades contagieux, transformée depuis lors en résidences, subsiste dans la Koninginnelaan 34. Vu sa situation quelque peu éloignée par rapport aux autres bâtiments de l'hôpital de la Croix-Rouge l'Océan, cette villa fut convertie en centre de traitement des maladies infectieuses durant la Première Guerre mondiale.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie (KBR code III 72.160 B) Jane De Launoy. Infirmières de Guerre en service commandé. (Front de 14 à 18), Bruxelles, Éditions Universelles et Paris, Desclée de Brouwer, 1937, 273 pp. Henri Depage, La vie d'Antoine Depage, préface d'Albert Devèze, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1956, 365 pp. in-8o, 106 photos, 3 cartes (Les chapitres consacrés aux années 1914–1918 relatent la vie de l'ambulance de l'Océan et du poste avancé de Vinkem.) — Henri Depage (1900–1960) était le plus jeune fils d'Antoine Depage ; il passa son adolescence à l'Océan où son père exigea qu'il termine ses études secondaires avec l'aide de précepteurs trouvés parmi le personnel de l'hôpital avant de s'engager dans l'armée.
Liens externes Vidéo présentant une exposition consacrée à l'hôpital
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