Les lanréotides (commercialisé sous le nom de Somatuline) sont des cyclopeptides surtout connues comme médicament notamment utilisé contre l'acromégalieHeron I, Thomas F, Dero M, et al. (1993) Traitement de l’acromégalie par une forme à libération prolongée du lanréotide. Presse Med. 22:526–531.Ikuyama S, Nawata H, Kato KI, Ibayashi H, Nakagaki H. (1986), Plasma growth hormone responses to somatostatin (SRIH) and SRIH receptors in pituitary adenomas in acromegalic patients. J Clin Endocrinol Metab. 62:729–733. Stewart PM, Kane KF, Stewart SE, Lancranjan I, Sheppard MC. (1995), Depot long-acting somatostatin analog (Sandostatin-LAR) is an effective treatment for acromegaly. J Clin Endocrinol Metab. 80:3267–3272. Vance ML, Harris AG. 1991 Long-term treatment of 189 acromegalic patients with the somatostatin analog octreotide. Arch Internal Med. 151:1573–1578. (pour leur capacité à bloquerReubi JC, Landolt AM. 1989 The growth hormone response to octreotide in acromegaly correlates with adenoma sandostatin receptors. J Clin Endocrinol Metab. 68:844–850. l'hypersécrétion d'hormone de croissance) et contre certains symptômes induits par des tumeurs neuroendocriniennes, et notamment le syndrome carcinoïde.
Il s'agit d'un analogue hormonal de la somatostatine (comme l'octréotide). La somatostatine est efficace Sassolas G, Harris AG, James-Deidier A., and the French SMS. 201–995 acromegaly study group. 1990 Long-term effect of incremental doses of the somatostatin analog SMS 201–995 in 58 acromegalic patients. J Clin Endocrinol Metab. 71:391–397., mais demande une prise continue car se dégradant dans l'organisme, alors que les lanréotides sont dites à action prolongéeMorange I, de Boisvilliers F, Chanson P, et al. 1994 Slow release lanreotide treatment in acromegalic patients previously normalized by octreotide. J Clin Endocrinol Metab. 79:145–151., c'est-à-dire qui persiste plus longtemps dans l'organisme que l'hormone naturelle dont il imite le comportementPhilippe Caron, Isabelle Morange-Ramos, Muriel Cogne et Philippe Jaquet (1997), Three year follow-up of acromegalic patients treated with intramuscular slow-release lanreotide ; The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism January 1, 1997 vol. 82 no. 1 18-22 ; doi: 10.1210/jc.82.1.18 . Ce médicament est considéré comme ayant amélioré le traitement de l'acromégalieMelmed S, Ho K, Klibanski A, Reichlin S, Thorner M. (1995) Recent advances in pathogenesis, diagnosis, and management of acromegaly. J Clin Endocrinol Metab. 80:3395–3402..
On a récemment montré que cette protéine, et des protéines dérivées de cette molécule, pourrait être utilisée pour créer des nanotubes (de silice notamment).
Médicament Numéro CAS : 108736-35-2 ; n° PubChem : 71349 ; masse molaire : 1096.33 g/mol et 1156.380 g/mol sous forme d'acétate.
Cette molécule est notamment vendue sous forme d'acétate de lanréotide.
Elle est synthétisée par le groupe pharmaceutique Ipsen et vendue sous le nom commercial Somatuline dans plusieurs pays (dont Australie, Canada Royaume-Uni et aux États-Unis où elle a été approuvée pour la vente par la Food and Drug Administration (FDA) le FDA, FDA Approves New Drug to Treat Rare Disease, Acromegaly (Communiqué). U.S. ; daté 2007-08-30, consulté 2007-09-06.. La société CIPLA a développé un injecteur de lanréotide, approuvé par la FDA aux Etats-Unis en .
Ce produit pourrait avoir des vertus antiprolifératives dans le traitement de certaines tumeurs.
À titre indicatif (en raison d'un nombre relativement faible de cas), une étude prospective randomisée multicentrique publiée en 2003 a comparé 25 patients traités par lanréotide, 27 autres traités avec l'interféron alfa, et 28 autres traités par l'association de ces deux molécules. Elle a mis en évidence 4 rémissions tumorales partielles (un patient traité au lanréotide seul, un autre ayant reçu l'interféron alfa, et deux patients qui ont reçu la combinaison)Siegbert Faiss, Ulrich-Frank Pape, Michael Böhmig, Yvonne Dörffel, Ulrich Mansmann, Werner Golder Ernst Otto Riecken et Bertram Wiedenmann (2003), Prospective, Randomized, Multicenter Trial on the Antiproliferative Effect of Lanreotide, Interferon Alfa, and Their Combination for Therapy of Metastatic Neuroendocrine Gastroenteropancreatic Tumors — The International Lanreotide and Interferon Alfa Study Group ; Journal of Clinical Oncology ; doi:10.1200/JCO.2003.12.142 JCO July 15, 2003 vol. 21 no. 14 2689-2696. Durant les 12 mois de traitement, une stabilisation de l'état de la maladie a été observée chez 19 patients (sept ayant reçu le lanréotide, 7 ayant reçu l'interféron alfa, et 5 ayant reçu la combinaison de ces deux produits) alors que la tumeur avait progressé chez 14 des 25 patients traités au lanréotide, chez 15 des 27 patients traités à l'interféron alfa, et 14 des 28 patients (traités par combinaison des deux). Les effets secondaires conduisant à l'interruption du traitement étaient plus fréquents au sein du groupe recevant l'association que dans les bras de monothérapie. Des analogues de la somatostatine, tout comme l'interféron alfa ou la combinaison des deux semblent donc avoir des effets antiprolifératifs comparables dans le traitement des tumeurs métastatiques gastro-entéro-pancréatiques neuroendocriniens. Les taux de réponse étaient plus faibles que par rapport à d'autres publiés dans des études antérieures (non randomisées).
Pharmacologie Les lanréotides sont des analogues synthétiques des somatostatines naturellesDictionnaire pharmaceutique ; anréotide. En tant que telles, elles interagissent avec le système hormonal animal ou humain, en bloquant la libération de plusieurs autres hormones, notamment : l'hormone de croissance ; l'hormone stimulant la thyroïde (TSH) ; des hormones sécrétées par le système endocrinien gastro-intestinal lié à la vésicule biliaire, au pancréas : l'insuline , le glucagon.
Les lanréotides se fixent sur les mêmes récepteurs que la somatostatine, avec une activité similaire mais avec une affinité plus nette pour les récepteurs périphériques. Elles présentent cependant une différence importante avec les somatostatines naturelles : ces dernières sont rapidement dégradées dans l'organisme (en quelques minutes) alors que les lanréotides ont une demi-vie beaucoup plus longue, qui explique leur effet prolongé.
Efficacité Elle ne semble pas avoir été totalement étudiée. .
Dans certains cas, un traitement sans efficacité même après une chirurgie hypophysaire et une radiothérapie contre l'acromégalie semble pouvoir être amélioré par une faible dose de pegvisomant (antagoniste du récepteur de la GH), avec amélioration physique (amélioration du champ visuel, fin des céphalées et de l’hypersudation), amélioration biologique (normalisation de la concentration plasmatique d’IGF-I) et morphologique (réduction importante du volume tumoral)Salha Fendri, Pelin Karaca, Evelyne Tiev, Michael Buchfelder, Jean-Daniel Lalau (2013), Control of disease activity and tumor size after introduction of pegvisomant in a lanreotide-resistant acromegalic patient Contrôle hormonal et tumoral après introduction du pegvisomant dans un cas d’acromégalie résistante au lanréotide ; Annales d'Endocrinologie Volume 74, Issue 1, février 2013, Pages 49–52 (résumé).
Indications Cette molécules est utilisée : contre l'acromégalie, maladie qui peut être due à la fois à des tumeurs du système pituitaire et non pituitaire de sécrétion de l'hormone de croissance. C'est un traitement alternatif à la chirurgie pituitaire ou à la radiothérapie chez les patients atteints d'acromégalie, et notamment pour certains cas d'acromégalie qui dans les années 1980 semblaient résister aux traitements médicamenteuxQuabbe HJ, Plockinger U. 1989 Dose-response study and long-term effect of the somatostatin analog octreotide in patients with therapy-resistant acromegaly. J Clin Endocrinol Metab. 68:873–881. ; pour la gestion de certains symptômes (diarrhée, flushs) induits par des tumeurs neuroendocriniennes (en particulier tumeurs carcinoïdes et syndrome de Verner Morrison (ou « VIPomas ») ou par des tumeurs endocriniennes du système digestifInformation hospitalière Dictionnaire pharmaceutique; Lanréotide .
Aux États-Unis et au Canada, les lanréotides ne sont autorisées que pour le traitement de l'acromégalie. Au Royaume-Uni, ils sont aussi autorisés pour le traitement de l'adénome thyrotrophique"Somatuline LA" . electronic Medicines Compendium. 2003-09-17 ; consulté 2007-03-02., une tumeur rare de la glande pituitaire qui sécrète la TSH.
Indications potentielles : certaines études laissent penser que les lanréotides ont aussi une activité contre des tumeurs non endocriniennes, et parmi d'autres analogues des somatostatines, elles sont étudiées comme de possibles antitumoraux généralistesKvols L, Woltering E (2006). "Role of somatostatin analogs in the clinical management of non-neuroendocrine solid tumors". Anticancer Drugs 17 (6): 601–8. doi:10.1097/01.cad.0000210335.95828.ed . Susini C, Buscail L (2006). "Rationale for the use of somatostatin analogs as antitumor agents". Ann Oncol 17 (12): 1733–42. doi:10.1093/annonc/mdl105 . .
Effets secondaires Ce médicament est réputé sûrNewman CB, Melmed S, Snyder PJ, et al. 1995 Safety and efficacy of long-term octreotide therapy of acromegaly: results of a multicenter trial in 103 patients a clinical research center study. J Clin Endocrinol Metab. 80:2768–2775. et relativement bien toléréGiusti M, Gussoni G, Cuttica CM, Giordano G, and the Italian Multicenter Slow Release Lanreotide Study Group. (1996), Effectiveness and tolerability of slow release lanreotide treatment in active acromegaly; six-month report on an Italian multicenter study. J Clin Endocrinol Metab. 81:2089–2097., mais comme de nombreux substituts hormonaux, il a des effets indésirables sur l'organisme : les principaux effets secondaires d'un traitement par lanréotide sont une douleur faible à modérée sur le site d'injection, et des troubles gastro-intestinaux (diarrhée, nausées et vomissements). Ces pseudo-hormones interagissent avec le système digestifSassolas G, Khalfallah Y, Chayvialle JA, et al. (1989), Effects of the somatostatin analog BIM 23014 on the secretion of growth hormone, thyrotropin, and digestive peptides in normal men. J Clin Endocrinol Metab. 68:239–246.
Des cas isolés de formation de calculs biliaires ont été associés à l'utilisation de lanréotides, en particulier sur une longue durée"Somatuline LA" . electronic Medicines Compendium. 2003-09-17. Consulté 2007-03-02.Dowling RH, Hussaini GM, Besser GM, Wass JAH. (1992) Gallstones during octreotide therapy. Metabolism. 141:22–33.Eastman RC, Arakaki RF, Shawker T, et al. (1992) A prospective examination of octreotide-induced gallbladder changes in acromegaly. Clin Endocrinol (Oxf). 36:265–269.Tauber JP, Poncet MF, Harris AG, et al. (1995), The impact of continuous subcutaneous infusion of octreotide on gallstone formation in acromegalic patients. J Clin Endocrinol Metab. 80:3262–3266..
Les effets secondaires sont aggravés en cas de traitement conjoint avec l'interféron.
Formulations Les lanréotides sont disponibles en tant que médicament sous deux formulations : une formulation à libération prolongée (vendu sous le nom commercial Somatuline LA), qui est injecté en voie intramusculaire tous les 10 à 14 jours ; une formulation à libération prolongée (Somatuline Autogel au Royaume-Uni, ou Somatuline Depot aux États-Unis), administré en voie sous-cutanée une fois par mois"Somatuline Autogel" ; electronic Medicines Compendium. 2007-04-12. Consulté 2007-04-19.
Utilisation pour le radiomarquage