, de son vrai nom , est un peintre japonais du , né le à Kobe et mort le dans la même ville. Il est aussi graveur, lithographe, sculpteur, calligraphe.

Ses premières peintures sont ludiques, représentant des figures, paysages, animaux. Partant de l'art figuratif, il a ensuite évolué vers l'art informel puis vers l'expressionnisme abstrait pour aboutir à un art abstrait de plus en plus géométrique qualifié de hard edge abstrait à la suite de la géométrisation de Piet Mondrian. Actif en France à partir de 1952, il rejoint les représentants de la nouvelle École de Paris, appelée Seconde École de Paris après 1950. Bien que sa carrière se soit déroulée principalement en France, il reste un des artistes reconnus de l'abstraction japonaise — dont le groupe Gutai, fondé à Osaka par Jirō Yoshihara..

Biographie et parcours artistique Famille, formation, débuts Issu d'une famille de musiciens traditionnels., à l'âge de 9 ans (1928), Kumi Sugaï expérimente déjà la peinture à l'huile. À 14 ans, il entre à l'école des beaux-arts d'Osaka où, élève de Yoshihara Haruyoshi (1905-1972), il apprend à la fois les techniques de l'art occidental et celles de la calligraphie japonaise qui tiendront dans son œuvre une part importante.. Il y reste jusqu'en 1933.

Obligé de quitter ses études pour des raisons financières, il travaille pour le service publicitaire de l'entreprise ferroviaire Hankyu Corporation de 1937 à 1945. Pendant les années 1940, il fait des recherches dans les journaux d'art sur les artistes européens ainsi que les artistes américains.

Première période à Paris vignette|gauche|Académie de la Grande Chaumière, Paris. Lorsqu'il arrive à Paris en 1952, Sugaï Kumi a déjà une solide connaissance de la peinture contemporaine. Il admire en particulier Joan Miró et Alexander Calder. Il suit les cours d'Edouard Goerg à l'académie de la Grande-ChaumièreMichel Laclotte et Jean-Pierre Cuzin, Dictionnaire de la peinture, Larousse, 1999. et il présente ses œuvres à la galerie Craven à ParisNotice BNF de la galerie Craven. pour sa première exposition personnelle en 1954. Il expose quatre ans plus tard à l'Exposition universelle de Bruxelles, en 1958.

Dans ses premières peintures parisiennes, Kumi Sugaï utilise la technique des graffitis sur des fonds à peu près sans couleur, il dessine des évocations de paysages urbains et d'êtres vivants, hommes ou animaux, à la limite de l'abstraction, avec quelque chose de l'amenuisement des personnages de Giacometti. Dans une seconde période, autour de 1953, il évoque, plus colorés et tendant de plus en plus aux signes graphiques abstraits, des personnages-insectes, animaux emblématiques, et de nombreux petits diables cornus Jacques Busse, « Kumi Sugaï », Dictionnaire Bénézit, 1999, vol. 13, ..

Jusqu'en 1955, il suit le mouvement du nouveau réalisme, et de l'abstraction lyrique avec des œuvres comme Oka (Colline)1956, huile sur toile de ., se détachant de ses premières œuvres calligraphiques et monochromatiques pour rajouter à sa palette des violets, verts et jaunes, utilisant des structures formelles purement abstraites, avec encore des contours flous, qui gagnent en netteté à partir de 1962..

En 1957, il réalise les œuvres qui décorent la villa sur la Côte d'Azur où est tourné Bonjour tristesse par Otto Preminger d'après le roman de Françoise SaganVoir sur imdb.com..

En 1959, il obtient le prix du musée d'art moderne de Zagreb pour l'exposition internationale de gravures de Ljubljana, en 1960 celui du musée national d'Art moderne de Tokyo, en 1961 le grand prix de la Triennale internationale de gravure de Grenchen.

Kumi Sugaï se distingue des autres artistes de la seconde École de Paris, dont il fait partie, par selon Hans JafféHans Jaffé dans .. Son œuvre connaît deux périodes distinctes : la première, folklorique, avec des signes très évocateurs qui font son succès, la seconde géométrisée et colorisée..

L'abstraction La période qui commence en 1962 voit apparaître un changement radical dans le style de l'artiste qui abandonne la double signature dont il usait déjà au Japon vers 1950 et dès son arrivée à Paris en 1950 : son prénom était écrit en signes japonais, son nom de famille en lettres de l'alphabet latin. Il ne garde que le nom en alphabet latin.

Il travaille désormais par séries, se livrant à une abstraction intitulée en anglais hard edge painting, à la suite de Piet Mondrian, en réaction à l'expressionnisme abstrait d'Américains tel Robert Rauschenberg, mais aussi au nouveau réalisme.

Sa nouvelle inspiration trouve son épanouissement dans de grandes compositions. Puis, à partir de 1960, il évolue brutalement. Il adopte les différentes possibilités de l'abstraction géométrique, jouant des différences de matières, du grumeleux à la transparence, par des agencements de formes tracées à la règle et colorées en aplats bariolés. Ces signes, rubans sinueux, évoquent sa passion pour l'automobile et la vitesse, révélée dans la série Autoroute.

À partir de 1962, il traduit certaines de ses formes en sculptures en bronze. Il réalise de très nombreuses lithographies, illustrant notamment deux recueils de poèmes de Jean-Clarence Lambert, et une fresque pour le hall d'entrée du musée d'art moderne de Tokyo..

À partir de 1964, année où il peint VioletHuile sur toile, .Aperçu de la toile en 1964. achetée pour la collection Peter Stuyvesant, ses toiles prennent des proportions de plus en plus grandes. Peintes à un rythme simple et subtil, utilisant parfois des couleurs que Jaffé qualifie de « stridentes », l'artiste utilise de grandes surfaces ovales « comme les écus de guerriers du siècle passé »Hans Jaffé dans .. La plupart des œuvres contiennent alors des bandes claires notamment Soleil bleu (1969)Acrylique sur toile, ., et la matière gagne en épaisseur.

Bien qu'il ait toujours exposé avec les artistes de son pays d'accueil, Kumi Sugaï n'a jamais cessé de figurer parmi les artistes japonais dans les expositions internationales. Installé au 91, rue de l'Amiral-Mouchez à Paris, il était surtout lié avec une colonie d'artistes japonais vivant dans la capitale parmi lesquels figurent Key Sato, Toshimitsu Imaï, Hisao DōmotoRessources du Centre Pompidou., Yasse Tabuchi, Akira KitoAkira Kito au Centre Pompidou., Shu Tanaka, Ado Sato..

Selon Michel Ragon, la sculpture abstraite de Sugaï reste assez rare, peu fournie en œuvres.. On dispose de peu d'exemples sur sa sculpture. La maison de vente Doré et Giraud, à Paris, a mis aux enchères une Sculpture en U en 2015Sculpture en U sur ventes-selectionencheres.com..

Plusieurs estampes et lithographies de l'artiste sont conservées au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France (19 estampesPrésentation des estampes sur data.bnf.fr. et huit lithographiesLithographies de Kumi Sugaï sur data.bnf.fr.).

Décès et postérité Kumi Sugaï meurt le James Kirkup, « Nécrologie : Kumi Sugaï », The Independent, 21 mai 1996., treize ans après la très grande rétrospective de ses œuvres au Seibu Museum of ArtCollection du Seibu Museum of Art Tokyo., groupement artistiqueJean-Clarence Lambert sur la rétrospective. de Tokyo (1983), alors qu'il était retourné visiter sa famille à Kobe.

Contributions bibliophiliques vignette|redresse|Jean-Clarence Lambert. Jean-Clarence Lambert, La Quête sans fin, 4 lithographies originales de Kumi Sugaï, 100 exemplaires numérotés, Falaize, Paris, 1957. Jean-Clarence Lambert, Alea, 7 lithographies originales de Kumi Sugaï, 60 exemplaires numérotés et signés au colophon par l'auteur et par l'artiste, éditions Pierre-André Benoit, Alès, 1962 Hommage à Picasso, 5 volumes ; vol.1 : Daniel-Henry Kahnweiler, Conversations avec Picasso ; vol.5 : portfolio réunissant une suite de douze sérigraphies 71,4x54cm par Gerhard Altenbourg, Arman, Öyvind Fahlström, Renato Guttuso, Hans Hartung, Alfred Hrdlicka, Donald Judd, Wifredo Lam, Michelangelo Pistoletto, Bernard Schultze, Kumi Sugaï, Antoni Tàpies, Günther Uecker et Victor Vasarely ; 120 exemplaires numérotés, Propyläen Verlag, Berlin / Panthéon Presse S.A., 1974-1974 Jean Clarence Lambert, Accident, 5 eaux-fortes originales de Kumi Sugaï, 135 exemplaires numérotés et signés au colophon par l'auteur et par l'artiste, éditions Robert et Lydie Dutrou, Paris, 1992 Yorguy Karakatzanis, Les Nostalgies, poèmes enrichis d'une gravure originale de Kumi Sugaï, se poursuivant sur 5 feuillets pliés en accordéon et signés par l'artiste, 135 exemplaires numérotés et signés par l'auteur au colophon, vol. V de la collection « Lisière des mots », éditions Robert et Lydie Dutrou, Paris, 1994 Kumi Sugaï, Variations, portfolio de 5 lithographies originales (65 x 50 cm) numérotées et signées, 125 exemplaires imprimés par Clot Bramsen, éditions Georges Fall, 1995 Kumi Sugaï, Ultimes, portfolio de 5 lithographies originales (56 x 76 cm) numérotées et signées, 99 exemplaires imprimés par Clot Bramsen, éditions Georges Fall, 1996

Expositions Expositions personnelles vignette|Maison de la culture du Japon à Paris. vignette|Musée d'Art contemporain de Tokyo. 1954 : Galerie Craven à ParisJean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001, . Palais des Beaux-Arts de Bruxelles 1955 : Robert Kushner - Gouaches, St. George's Gallery, Londres 1956 : nouvelle exposition de gouaches à la galerie REMAC à Cannes 1957 : Kumi Sugaï - Peintures, Galerie Legendre, rue Guénégaud, Paris Kumi Sugaï - Gouaches, galerie La Roue, Paris Bâle 1958 : Palais des beaux-arts de Bruxelles Exposition de gouaches à Zurich Galerie Creuzevault, Paris, importante exposition qui marque le début de son succès et à partir de laquelle il expose très régulièrement à Paris Gérard Xuriguera, Les Années 50 - Peintures, sculptures, témoignages, Arted, 1984, . ; nouvelle exposition à la galerie Creuzevault en mars- 1959, 1960, 1961, 1962, 1964 : Galerie Kootz, New York 1960 : Museum Morsbroich, Leverkusen Ljubljana 1961 : Hanovre, Düsseldorf, Brême Klagenfurt : Kootz Gallery, New YorkBrian O'Doherty, « Art : wordless eloquence - Kumi Sugaï, a Japanise, and Guillermo Heitler seen in displays here », The New York Time, 15 mai 1961 1962 : Oslo, Francfort-sur-le-Main 1963 : première rétrospective à la Kestnergesellschaft de Hanovre Mars- : Kumi Sugaï - Recent paintings, Lefebvre Gallery; New York 1969 : Musée national d'art de Kyoto, 1969 1983 : grande rétrospective au Seibu Museum of Art de TokyoRétrospective de Tokyo. 1984 : Ohara Musem of Art de Kurashiki Novembre- : Nantenshi Gallery-SOKO, Tokyo Juin- : Kumi Sugaï - Les plus grands tableaux de ses dernières années, Maison de la culture du Japon à ParisMaison de la culture du Japon à Paris, Kumi Sugaï - Les plus grands tableaux de ses dernières années, présentation de l'exposition, 1999 2000 : Galerie Denise René, Paris Kumi Sugaï - A Retrospective, Musée d'Art contemporain de Tokyo Mai- : Kumi Sugaï, the eternal challenger - Celebrating the 100th anniversary of his birth which features our collection of about hundred prints by Sugaï, Umi-Mori Art Museum, Hatsukaichi, mai-Yukari Tanaka, « Kumi Sugaï, l'éternel challenger », The Japan Times, 21 mai 2019 Décembre 2015 - : Kuni Sugaï - Paintings and multiples from the 1950s, Taka Ishii Gallery, New YorkTaka Ishii Gallery, Kumi Sugaï - Paintings and multiples from the 1950s, présentation de l'exposition, 2015.

Expositions collectives vignette|Art Institute of Chicago vignette|Pavillon de la France Montréal, exposition universelle de 1967. vignette|Musée national d'art, Osaka. vignette|Musée Solomon R. Guggenheim, New York. Salon d'Automne, Paris, 1953 Salon des réalités nouvelles, Paris, à partir de 1956 Salon de mai, Paris, à partir de 1957 Biennale internationale de la gravure de Ljubljana, 1959, 1961, 1963Biennale internationale de Ljubljana, Kumi Sugaï Acquisitions récentes, Museum of Modern Art, New York, - Museum of Modern Art, Kumi Sugaï dans les collections.