, ou le chansonnier de Ségovie, aussi connu comme le chansonnier de la cathédrale de Ségovie ou (CMS), est un manuscrit contenant de la musique de la Renaissance de la fin du et du début du XVI. Il contient surtout un large éventail d'œuvres de compositeurs espagnols, français et franco-flamands. Le chansonnier est actuellement conservé aux archives du chapitre de la cathédrale de Ségovie.

Le manuscrit

Après avoir appartenu à la bibliothèque de l'alcazar de Ségovie, incendiée en 1862, ce chansonnier, compilé à la fin du règne d'Isabelle la Catholique, c'est-à-dire entre 1499 et 1503, entra en possession de la cathédrale de Ségovie dans des circonstances demeurées obscures.

Le manuscrit fut redécouvert par Higinio Anglés dans les archives du chapitre de la cathédrale de Ségovie en 1922.

Le manuscrit se compose de 228 folios numérotés et est de format moyen : 291 mm x 215 mm, dont la zone écrite est de 239 mm x 166 mm. Contrairement à d'autres chansonniers de l'époque, celui-ci n'a pas de table des matières et les œuvres n'y sont pas groupées selon le genre musical (romances, motets, etc.).

Il est divisé en deux parties :

1. la première partie, jusqu'au folio 206, contient plus de 150 œuvres du répertoire franco-flamand. 2. la seconde partie, de folio 207 jusqu'au folio 228, commence par le texte : Cette partie contient 40 œuvres, dont 37 en castillan, deux en latin ( et ) et une œuvre sans texte.

Trois copistes anonymes semblent avoir été associés à la compilation de ce chansonnier. Dans le tableau suivant, ils sont désignés par les lettres A, B et C:

{| class="wikitable" ! ! Voix ! Genre musical ! Copiste

1-10 11-35 35-65 66-67 68-79 80-95 96-151 152-163 164-201 202-203 | 3,4 4 4 3 3 3 3 2 3 3 | Messes Chants des offices et motets Chansons profanes Messes Chants des offices et motets ( 76 à 4v) Chansons profanes Chants des offices et chansons profanes, toujours groupés Motets et chansons Œuvres castillanes Œuvres latines de Mondejar et de Wreede | A A A A A A A A B CBonda,

L'orthographe des incipits flamands est étonnamment correcte, contrairement à l'orthographe flamande des incipits des sources italiennes de la même époque. Sans aucun doute, l'écrivain était familier avec le flamand, compte tenu de son orthographe irréprochable. L'orthographe des incipits français trahit non seulement une influence castillane, mais également une flamande. Le copiste du manuscrit aurait moins bien maîtrisé le français, car les incipits de cette langue présentent des castillanismes (ou des hispanismes) et des flamingismes. Son écriture est plus moyen-)flamand qu’espagnole. Le destinateur du chansonnier étant hispanophone, il est donc peu étonnant que le copiste ait omis les textes complets des chansons flamandes et françaises. Un total de 33 (ou 34 ?) compositions flamandes est assez extraordinaire pour un manuscrit de cette période, à la fois en termes relatifs et en termes absolus. Non moins remarquable est le grand nombre de compositions attribuées à Obrecht, dont on a copié 31 compositions en tout, dont pas moins de 16 chansons flamandes. Tout cela fait croire que le copiste A aurait été un musicien flamand qui aurait longtemps vécu en CastilleBonda, .

Les œuvres Ce codex contient 204 œuvres en cinq langues différentes : 74 en latin, 50 en français, 38 en castillan, 34 en flamand et 8 en italien. De celles-ci, 97 ne figurent que dans cette source. Les œuvres latines et castillanes sont pourvues de paroles, alors que les œuvres françaises et flamandes n’ont été munies que d’un incipit. Les pièces appartiennent à un grand nombre de compositeurs célèbres (27) et quelques-unes sont anonymes.

Le chansonnier de Ségovie contient des œuvres à sujets religieux ou profanes. Parmi les genres représentés, on trouve la messe, le motet, le villancico, la chanson et la musique instrumentale. On trouve une gamme de compositions, allant d'un style assez simple, comme c'est le cas de certaines œuvres castillanes, jusqu’à la complexité extrême de certaines autres œuvres.

Les compositeurs Les compositeurs dont des œuvres figurent dans le manuscrit sont les suivants :

Jacob Obrecht (31) Heinrich Isaac (21) Alexander Agricola (19) Loyset Compère (15) Juan de Anchieta (9) Johannes Tinctoris (7) Josquin des Prés (7) Antoine Brumel (6) Juan del Encina (6) Hayne van Ghizeghem (5) Francisco de la Torre (4) Matthaeus Pipelare (4) Petrus Elinc (4) Roelkin (= Rudolph Agricola ?) (3) Johannes Martini (3) Antoine Busnois (2) Johannes Wreede (Juan de Urrede) (2) Adam (2) Philippe Caron (1) Pedro de Lagarto (1) Alonso de Mondéjar (1) Juan Pérez de Gijón (1) Johannes Joye (1) Jacobus Barbireau (1) Marturia Prats (1) Johannes Ffarer (1) Alonso Pérez de Alba (1)

Liste complète des œuvres Ci-dessous, une description détaillée des œuvres du chansonnier. Les codes de la colonne des « concordances » avec d’autres manuscrits et fragments sont expliqués plus bas. Ceux de la colonne des « enregistrements » sont expliqués dans la section « discographie ».