Google Earth est un programme informatique créé par l'entreprise Google, permettant une visualisation de la Terre avec un assemblage de photographies aériennes ou satellitaires. Anciennement produit par Keyhole inc., alors d'accès payant, ce logiciel permet à tout utilisateur de survoler la Terre et de zoomer sur un lieu de son choix. Selon les régions géographiques, les informations disponibles sont plus ou moins précises. Ainsi un habitant d'une métropole peut localiser son restaurant préféré, obtenir une vue en 3D des immeubles de la métropole, alors que la résolution des photos d'une bonne partie de la Terre est très faible. La modélisation en trois dimensions des constructions, initialement réalisée à l'aide du logiciel SketchUp, est maintenant créée automatiquement à l'aide d'algorithmes utilisant pour une part les prises de vues Street View et des données d'altitude.
Histoire
En 1994, la société allemande ART+COM présente TerraVision pour la première fois au public lors de la conférence de l'UIT à Kyoto. ART+COM a déposé un brevet aux États-Unis en , reconduit en .. Dux ans plus tard, vers 2004, Google note que plus de 25 % de ses recherches ont une dimension géospatiale (dont pour les recherches de cartes et d'itinéraires) Kilday, Bill (2018) Never Lost Again: The Google Mapping Revolution That Sparked New Industries and Augmented Our Reality. Harper Business | .. En octobre Google achète Keyhole et le logiciel EarthViewer de Keyhole servira de base à ce qui devient Google Earth en 2005, tandis que d'autres aspects de sa technologie sont intégrés à Google Maps.
En 2014, aux USA, la société ART+COM attaque Google pour violation de brevet, via un procès qui dure de 2014 à 2017, visant à savoir si Google Earth s'est inspiré du code de Terravision. ART+COM perd en première instance, puis en appel.
En 2021, Netflix produit une série romancée relatant l'histoire, The Billion Dollar CodeLe scandale autour de Google Earth au cœur d'une série Netflix. La série Netflix décrit l'invalidation du brevet d'ART+COM lors du procès, mais ne présente pas le témoignage, pourtant décisif, de Stephen Lau, un ancien employé (décédé du COVID-19 en ) du Stanford Research Institute (SRI), organisme à but non lucratif financé par le gouvernement fédéral. Il avait témoigné avoir développé pour le SRI une application de visualisation de la terre appelée TerraVision, dont il avait partagé et discuté le code avec ART+COM. Les systèmes de SRI et d'ART+COM, appelés tous deux Terravision, utilisaient une pyramide d'images multirésolution permettant aux utilisateurs de zoomer de la haute à la basse altitude. ART+COM a ensuite accepté de renommer son produit en raison de l'antériorité de celui de SRI. Comme ART+COM n'a pas fait référence au TerraVision de SRI comme technique antérieure (prior art) dans sa demande de brevet, le brevet d'ART+COM a été invalidé.Cette même année 2021, Google remplace sa fonctionnalité de calques par une nouvelle version dans son logiciel Google Earth, permettant de regrouper certains calques, mais en supprimant certainnes fonctionnalités.
Généralités
Spécifications Versions disponibles Google Earth est disponible en 4 versions : Free Version. Google Earth Plus : version sur Windows (arrêtée d'être distribuée en ). Google Earth Pro : version entreprise. Google Earth Studio : version destinée aux chaînes de télévision.
Le logiciel est présent sur diverses plateformes : Linux, macOS, Windows, Android, Blackberry, Storm et iOS.
Version Mac OS X Le , Google a sorti une version destinée pour le système d'exploitation Mac OS X, téléchargeable à partir du site web de Google Earth. Excepté les quelques remarques faites un peu plus loin dans cet article, la version Mac semble être stable et finie, avec pratiquement toutes les mêmes fonctionnalités que la version originale pour Windows. Le , une version Macintosh fonctionnelle ainsi que quelques captures d'écran ont fuité sur Internet, soit à peu près un mois avant sa sortie. Cependant, cette version paraissait réellement inachevée notamment parce que le menu d'aide et l'affichage de la licence n'étaient pas opérationnels, signe révélateur que cette version était uniquement destinée à un usage interne à Google. Cette dernière n'a pas fait de remarque sur cet événement.
Actuellement, il est nécessaire de posséder la version 10.3.9 ou 10.4 de Mac OS X pour pouvoir utiliser la version Mac de Google Earth. De plus, actuellement, aucune version « Pro » ou « Plus » n'existe en version stable, et il n'y a pas non plus de navigateur embarqué (boussole en haut à droite) et ni d'interface directe vers Gmail. Quelques bugs apparaissent également au niveau de la barre de menu (notamment lors d'un basculement vers d'autres programmes), au niveau des bulles infos et au niveau de l'impression.
La dernière version (la 4.0.2722, sortie le ) est actuellement disponible en tant que version bêta et apporte de nouvelles fonctionnalités avec entre autres une nouvelle interface utilisateur et la possibilité pour les utilisateurs de Mac OS X de passer à la version « Plus » MacUpdate.com..
Version Linux Google Earth est apparu sur Linux avec la version 4 bêta, en tant que produit natif utilisant la bibliothèque logicielle Qt.
Version mobile Le , Google Earth est sorti en version iPhone. Cette version est disponible pour les iPhone et iPod Touch. Cette version a été grandement critiquée par les utilisateurs à cause de sa difficulté d'utilisation. Par contre, une fois que l'utilisateur comprend comment utiliser ce logiciel, il se retrouve alors dans une version très complète de Google Earth. Il suffit de bouger l'appareil afin de voir le relief. On peut aussi dessiner un cercle avec ses doigts afin de faire changer la direction.
Résolution La résolution de l'image fournie par le programme Google Earth dépend avant tout de l'endroit géographique. En effet, la résolution n'est pas homogène sur toute la planète et, d'une manière générale, les grandes agglomérations sont beaucoup plus détaillées que les milieux ruraux. L'endroit précis où l'image a une résolution maximale se trouve aux coordonnées ou voici l'adresse : Siège de Google, Mountain View, Californie, USA. Il s'agit du Campus Google, le siège de l'entreprise, où l'on peut observer le logo du moteur de recherche aux abords d'une piscine avec une résolution d'1 pouce par pixel (environ /pixel).. Certains endroits sont encore plus précis, notamment ici en Afrique du Sud, où l'on peut observer un troupeau d'hippopotames.
Fonctionnalités Bâtiments en 3D Après son acquisition de Keyhole, Google a ajouté au logiciel une fonction permettant d'afficher des bâtiments en 3D modélisés par des blocs de couleur grise. Ainsi, grâce aux informations fournies par les Sanborn maps, il était possible d'observer de nombreuses villes américaines dès . Le , Google rachète @Last Software (entreprise à l'origine du logiciel SketchUp) qui crée un plugin pour permettre d'obtenir un rendu 3D dans Google Earth.
À l'origine, seules quelques villes américaines étaient concernées par cette fonction. En 2015, certaines villes, même de moyenne importance, sont modélisées en 3D. L'intérieur d'un certain nombre de bâtiments célèbres comme le musée du Prado de Madrid, accessible avec ses principales œuvres, est également modélisé..
Modélisation 3D automatisée Il existait une banque d'images 3D créée par la communauté d'utilisateurs, qui permettait de visualiser directement des œuvres dans Google Earth. En , Google a annoncé que les bâtiments en 3D créés par les utilisateurs seraient progressivement remplacés par une modélisation automatique. Les raisons principales sont une homogénéité plus forte, et le renforcement de la compétitivité vis-à-vis de services utilisant cette technologie, tels que Here Maps ou Bing Maps.
La version du logiciel Google Earth 7 au minimum est requise pour visualiser cette modélisation.
La version 7.3 de Google Earth sortie en est entièrement réalisé en 3D, les reliefs terrestres et maritimes ainsi que les bâtiments sont visibles..
Simulateur de vol Dans la version 4.2 de Google Earth, un simulateur de vol est inclus. La combinaison de touche (Ctrl + Alt. + A) active cette fonctionnalité.
Navigateur web interne Dans la version 5.2 de Google Earth, un navigateur web est inclus. Ne pas cocher « Afficher les résultats Web dans un navigateur externe » active cette fonctionnalité.
Mesure des distances Dans une nouvelle version de Google Earth, lancée en , un outil permet de mesurer les distances entre plusieurs lieux sur la carte. Cet outil permet aussi de mesurer des surfaces, des périmètres, et des circonférences. Cette fonctionnalité est disponible pour le web (Google Chrome), ainsi que pour Android et IOS..
Images historiques La fonction Timelapse permet de consulter des images satellites anciennes. Elle est enrichie et unifiée en , permettant alors de consulter partout dans le monde l'évolution d'un espace sur les quarante dernières années..
Google Earth en ligne et l'application Google Earth Pro Pour accéder aux principales fonctionnalités de Google Earth, il n'est plus nécessaire de télécharger une application, mais simplement d'accéder à un lien . Initialement uniquement compatible avec Chrome, Google Earth en ligne est maintenant avec les autres navigateurs (Edge ou Firefox).
Le téléchargement de Google Earth Pro. permet des fonctionnalités plus avancées, comme du travail sur SIG ou de l'archivage.
Google Earth Engine puis Google Planetary Engine En 2020, Google Earth Engine est une plateforme cloud rendant notamment les données Landsat et Sentinel-2 facilement accessibles aux chercheurs. Google Earth Engine offre un catalogue de données et des ressources de calcul et d'analyse permettant aux scientifiques de collaborer autour de données, d'algorithmes et de visualisationsGorelick, Noel (April 2013). "Google Earth Engine". EGU General Assembly Conference Abstracts. 15: EGU2013–11997. Bibcode:2013EGUGA..1511997G. Des API en Python et JavaScript permettent d'interroger les serveurs et inclut une interface utilisateur graphique pour le développement d'applications.
Un premier prototype d'Earth Engine, fondé sur le système CLASlite de la Carnegie Institution for Science et le Sistema de Alerta de Desmatamento (SAD) de l'organisation Imazon, a été présenté en 2009 lors de la COP15 ; Earth Engine a ensuite été officiellement lancé en 2010 lors de la COP16, accompagné de cartes des ressources en eau du bassin du Congo et des forêts du Mexique, réalisées par des chercheurs via cet outil.
En 2013, des chercheurs de l'Université du Maryland ont produit les premières cartes mondiales à haute résolution du couvert forestier et de sa perte en utilisant Earth Engine, confirmant un recul lobal du couvert forestier. D'autres applications initiales d'Earth Engine ont couvert des sujets variés, tels que : la surveillance de l'habitat des tigres, la cartographie des risques de paludisme, le suivi des eaux de surface à l'échelle mondiale, l'augmentation de la végétation autour du mont Everest et l'indice annuel d'intégrité des paysages forestiers. Depuis lors, Earth Engine a été utilisé pour la rédaction de centaines d'articles scientifiques dans de nombreux domaines, notamment : la foresterie et l'agriculture, l'hydrologie, la surveillance et l'évaluation de la qualité de l'eau, la surveillance et l'évaluation des catastrophes naturelles, la cartographie urbaine, les sciences de l'atmosphère et du climat, ainsi que la cartographie des sols. Earth Engine est gratuit à des fins universitaires et de recherche depuis son lancement, mais son utilisation commerciale était interdite jusqu'en 2021, date à laquelle Google a annoncé une version préliminaire d'Earth Engine en tant qu'offre cloud commerciale, avec Unilever, l'USDA et Climate Engine parmi les premiers utilisateurs.