Mods est un moyen métrage français réalisé par Serge Bozon en 2002 sorti en salles le Fiche du film sur Allociné, qui présente des scènes musicales et chorégraphiées en plan fixe.

Synopsis Edouard est malade. Il vit dans la maison d'Anna, dans une résidence universitaire. Anna est très inquiète pour lui. Elle fait venir les frères d'Edouard, qui répètent, à chaque fois qu'ils se présentent : « Nous sommes, c'est notre métier. » La maladie, qui n'est jamais nommée, s'aggrave, la maison est maintenant en quarantaine. Les frères d'Edouard discutent avec la serveuse de la buvette, avec une professeur qui vit là. Pendant ce temps Edouard ne parle pas, il reste dans le silence.

Et parfois, il y a de la musique et tout le monde se met à danser.

Fiche technique

Titre : Mods Réalisateur : Serge Bozon Scénario : Axelle Ropert Directrice de la photographie : Céline Bozon Son : Laurent Gabiot, Mélissa Petitjean Assistant-réalisateur : Benjamin Esdraffo Costumes : Renaud Legrand Chorégraphies : Julie Desprairies Monteur : Cyril Leuthy Pays d’origine : Société de production : Elena films (France) Producteur délégué : David Thion Distributeurs : Shellac Format : couleur — 1.66:1 — Dolby SR — 35 mm Genre : musical Durée : 59 minutes Date de sortie :

Distribution Laurent Lacotte : Edouard Guillaume Verdier : François Serge Bozon : Paul Axelle Ropert : Anna Vladimir Léon : Charles Patricia Barzyk : Catherine Laurent Talon : Le docteur Chloë Esdraffo : La serveuse Benjamin Esdraffo : Un mod Raphaële Godin : La Fille

Chansons du film I Must Run Phil and the Frantics No Reason to Complain The Alarm Clocks It's a Faded Picture The Seeds I'm a Living Sickness The Callico Wall It's Gonna Rain The

Distinctions Sélection au Festival Entrevues de Belfort 2002, prix Léo ScheerPage IMDB du Festival Entrevues de Belfort 2002 Sélection au Festival de Locarno 2003, Compétition Cinéastes du présentFiche du film sur le site du festival de Locarno

Production Projet et scénario Le premier film de Serge Bozon, le long métrage L'Amitié, sorti en salle quatre ans auparavant, était un projet assez compliqué financièrement, nécessitant de nombreuses réunions de production et de nombreuses versions de scénario. En réaction à la lourdeur de cette production, et ne disposant que de ce qu'il qualifie de , Mods a été fait avec un esprit Do it yourself comme il l'explique dans les Inrockuptibles :

La production de ce film est donc rapide : selon les Inrockuptibles, l’idée vient en , Axelle Ropert l’écrit en quinze jours en mars, les répétitions ont lieu en avril, et le tournage en mai. Serge Bozon affirme avoir laissé sa scénariste assez libre, en dehors de certains dialogues. Il reconnait d'ailleurs que le travail sur le scénario ne l'intéresse pas particulièrement et que leur travail en commun est davantage passé par des discussions à propos des films qu'ils avaient vus.

De manière générale, Serge Bozon fait remarquer La plupart des acteurs ne sont pas des professionnels et il est à noter qu'il ne fait pas de découpage avant le tournage. Parlant de la mise en scène, il déclare préférer les plans avec peu de mouvements de caméra en travaillant la composition du plan.

Personnages vignette|gauche|alt=Affiche de film dessinée avec John Wayne en gros plan avec un casque de pilote et une femme sur le bas de l'affiche qui porte un pantalon fendu sur le côté|Affiche de Les espions s'amusent, film qui a donné à Serge Bozon l'envie d'incarner un militaire. C'est Serge Bozon qui a voulu que les deux frères d'Edouard soient militaires. En voyant Les espions s'amusent de Joseph von Sternberg, il s'est dit qu'il aimerait bien jouer un personnage de militaire et, en particulier, en porter l'uniforme. Il se déclare heureux du choix de ces personnages car ils permettent d'éloigner dès le début le film de la vraisemblance ou de la réalité. Une fois ce point de départ très fictionnel donné, le spectateur acceptera plus d'éléments éloignés de la réalité. Ces deux militaires relaient le regard du spectateur : ils entrent comme lui dans

À propos des personnages des « mods » qui reviennent régulièrement dans le film, Serge Bozon déclare que l'idée lui en venue sans doute par les nombreuses pochettes de disques où on voit des

Décor vignette|droite|alt=un bâtiment en angle en briques rouges de 4 étages avec toit en pente aux fenêtres blanches avec des arbres devant|Le Collège Franco-Britannique de la Cité Universitaire, décor de scènes extérieures Le film est tourné en dix-sept jours à la Cité internationale universitaire de Paris. On reconnait en particulier, dans les extérieurs, le collège Franco-Britannique que Serge Bozon trouve « très oxfordien avec ses briques rouges », le jardin de la Fondation Émile et Louise Deutsch de la Meurthe et, dans les intérieurs, le Collège néerlandais. L'action devait au départ se dérouler dans un , mais la production n'a pas reçu l'autorisation de tourner dans l'hôtel choisi, ce qui selon Serge Bozon a finalement servi le film : il n'y aurait en effet pas eu de scènes en extérieur Il considère en effet que l'idée du campus a

Chorégraphies La chorégraphe choisie pour le film, Julie Desprairies a pour habitude de ne pas travailler dans des lieux dévolus à la danse, mais de s'adapter aux contraintes du lieu qu'elle choisit, tout comme elle est habituée à travailler avec des danseurs non professionnels auxquels elle demande de trouver des idées qu'elle va organiser.

Choix de la musique Concernant la musique, Serge Bozon n'a pas voulu utiliser de véritable musique mod la trouvant plus lourde et plus professionnelle que la musique garage finalement utilisée. En outre il a déclaré qu'elle manquait des : qu'il a finalement mises dans Mods. Il était au départ réticent à l'idée d'utiliser de la musique dans ce film, mais il a été convaincu par Axelle Ropert, sa scénariste, qui trouvait que ces chansons un peu tristes, un peu « amateur », s'accorderaient autant à la prostration du héros, Edouard, et à l'aspect amateur général du film.

Accueil critique Les Inrockuptibles débutent le portrait qu'ils consacrent à Serge Bozon lors de la sortie du film en soulignant combien, avant même d'être vu en festival, ce film était « attendu » : Olivier Nicklaus, dans ce même magazine, mais lors de la diffusion télévisée, évoquera cette sortie en salles comme

L'article de Jacques Morice dans Télérama à la sortie du film tient aussi compte de ce « buzz » puisqu'il débute par ces mots Le petit Ulysse qui indique l'avis de ce magazine sur le film n'est ni attristé ni souriant, c'est donc une note moyenne qui lui est donnée. L'article souligne certains points forts du film : les dialogues, en particulier les insultes () et surtout les scènes dansées. Il souligne le caractère atypique du film, parlant même de : Et il termine par

Cette « modernité » n'est pas du goût du magazine Le Point qui trouve le film représentatif d'un jeune cinéma d'auteur trop radical tandis que pour Zurban ce film ambitieux n'est pas assez incarné.

Les Inrockuptibles consacrent un article à la sortie en salles du film et un autre à sa première diffusion sur Arte. Dans ce dernier, Olivier Nicklaus critique le snobisme consistant à encenser ce film : . Il critique la raideur des acteurs et explique que

Olivier Nicklaus fait dans cette dernière phrase référence à l'article d'Amélie Dubois lors de la sortie en salles du film, dans les mêmes Inrockuptibles. Cet article loue au contraire la poésie particulière du film :

Le site Chronic'art est également enthousiaste, mettant au film la note de 5/5 et soulignant son aspect original et intemporel Le Monde écrit

Philippe Azoury consacre à ce film, dans Libération, un portrait de Serge Bozon et une critique très positive. Il y souligne . Les qualités de ce film sont pour lui Il termine en qualifiant le film de

Analyse vignette|gauche|alt=Deux bâtiment ancien de briques de 2 étages avec une tourelle avec un jardin au premier plan, en hiver|La Fondation Deutsch de la Meurthe, avec sur la droite les buissons sur lesquels les danseurs s'affalent dans une des chorégraphies Ce n'est ni une comédie musicale à proprement parler ni film sur le courant musical Mod (il ne montre d'ailleurs aucun « mod » au sens strict même si certains personnages sont appelés ainsi par Serge Bozon). L'époque de l'action est aussi difficile à situer : le réalisateur ne voulait pas qu'on puisse savoir si cela se passait dans les années 1960 ou les années 2000.

Dans cette imprécision, les éléments très codés (de « mods », cité universitaire, musique garage) font fonctionner l'imaginaire du spectateur évoquant aussi bien des souvenirs de sa propre adolescence que d'autres scènes de films ou de pochettes de disques.

Le jeu des acteurs est particulier, distancé, « raide », l'auteur recherchant la stylisation et non le naturalisme, avec une diction un peu appuyée. Comme la plupart des acteurs du film ne sont pas professionnels, il estime que leur timidité renforce la raideur recherchée. Axelle Ropert parle à propos de ces personnages de pudeur, terme qu'elle définit comme Serge Bozon souhaitait que, sans qu'ils s'épanchent, les sentiments des personnages aient une certaine intensité. Par rapport à ce que sont les vrais « mods », il a essayé d'évacuer tout ce qui lui paraissant anecdotique pour ne garder que la pose, au sens de « prendre la pose », souhaitant que les personnages du film soient à la fois drôles, ridicules tout en étant graves non pour que l'on rit d'eux mais pour que touchent le spectateur tout en étant exagérées.

Selon le réalisateur, c'est du fait de surmonter cette rigidité pour se mettre à danser que va naître l'humour du film, comme si les personnages devaient apprendre à utiliser leur corps jusqu'alors soumis à des pressions extérieures, comme le fait de porter l'uniforme pour les militaires.

Les cinq scènes de danses sont qualifiées par Libération de . Elles arrivent par surprise, interrompant le flux du film. « Nous assumons l'idée que, dans le film, les chansons tombent du ciel » déclarent Serge Bozon et Axelle Ropert. Ces danses sont particulières : Télérama les considère comme de la et des .

La danse ici n'a rien de lyrique, elle ne sert pas à exprimer, comme dans d'autres films, ce que les personnages ne peuvent se dire autrement, elle témoigne plutôt d'une intériorisation, d'une , comme si les personnages se repliaient sur la maladie d'amour qui parcourt le film. Les chorégraphies minimalistes où les personnages ont l'air perdus semblent montrer un état dépressif où on reviendrait sans cesse vers les mêmes comme on s'affale sur un buisson, tombant sur le sol puis se relevant pour le faire à nouveau.

Ces scènes de danse sont pour Les Inrocks l'illustration de ce qu'ils nomment , répétant des gestes et des glissements contre les éléments du décor On trouve la même idée dans Télérama qui écrit que les acteurs Pour Les Inrocks les murs deviennent

Le thème du film est, pour Libération et Les Inrocks le mal-être adolescent. En cela la peur y est présente, celle du monde extérieur, celui des adultes. Le mal-être adolescent est transposé dans le scénario et la mise en scène : les répétitions présentes dans le film figurent les blocages de l'adolescence, la pose des acteurs, la distance qu'ils gardent entre eux et leur raideur incarnent leur mal-être. Et cette peur émane aussi de la musique punk garage américaine utilisée dans le film où

Notes et références

Liens externes

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