Edgard Tupët-Thomé, né Tupët le à Bourg-la-Reine et mort le dans le arrondissement de Paris, est un militaire français, compagnon de la Libération.

Biographie

Avant guerre Après avoir obtenu son baccalauréat, Edgard Alphonse Tupët entre à l’École supérieure de théologie catholique de Reims. Mais n’ayant que peu la vocation, il décide de s’engager dans l’armée. En , il devance l’appel et il est incorporé au de zouaves à Mourmelon.

Seconde Guerre mondiale Promu sergent, Edgard Tupët-Thomé est des attaques en Lorraine en et en Belgique l’année suivante.

Il participe avec son unité à la protection de l’évacuation de Dunkerque du corps expéditionnaire anglais du au . Il est fait prisonnier le et s’évade pendant son transfert en Allemagne le . Il est démobilisé en septembre de la même année.

Résistance et Libération Voulant continuer le combat, Edgard Tupët-Thomé tente sans succès de quitter la France, trouve un travail à Clermont-Ferrand, et les circonstances lui font faire la connaissance de Roger Warin, responsable du réseau « Ronald », dont il deviendra, avec Stanislas Mangin, l'un des adjoints. C’est à lui qu’incombe la responsabilité de trouver des terrains d’atterrissage clandestins.

Pierre Fourcaud, chargé de missions du général de Gaulle entre en contact en avec Roger Warin. Tupët, avec Stanislas Mangin, Roger Warin, Gaston Tavian, et Maurice Andlauer, est le premier engagé militaire secret dans les Forces françaises libres.

Parachuté le dans la région de Châteauroux sur un terrain qu’il a choisi, il est accompagné du chargé de radio Joseph Piet. Blessé à la tête lors de l’atterrissage, il est chargé de mission, responsable des opérations aériennes et de la branche « Action » du réseau « Ali-Tir » dont Stanislas Mangin dirige la branche « Renseignements ». Adjoint immédiat de Mangin, dont il organise le départ par Lysander en , il prend le pseudonyme d'Edgard Thomé et travaille comme agent de . En il fait partir Gaston Tavian dans les mêmes circonstances que Mangin. En raison des blessures reçues six mois plus tôt, il doit quitter la France pour pouvoir se soigner. Le , à l’occasion du retour de Tavian par une opération Lysander, Tupët-Thomé, accompagné de Philippe Roques, s’envole pour l’Angleterre.

Promu lieutenant, il bénéficie d’une convalescence puis, à son retour à Londres, demande son affectation dans une unité combattante. En , il quitte l’Angleterre pour le détachement d’instructeurs commando de Saint-Pierre-et-Miquelon, sous les ordres de Stanislas Mangin. En , toujours avec Mangin, il est affecté au détachement (puis bataillon) des Antilles dont il crée et commande la qu’il entraîne jusqu’en . En , le lieutenant Tupët-Thomé rejoint à sa demande le (BIA) - futur à Camberley, qui fait partie de la Brigade SAS. Il est breveté parachutiste le mois suivant. En , il est muté comme commandant en second de la du BIA, qui devient en le .

Avec le , il remplit, début , une première mission parachutée dans la région de Daoulas dans le Finistère (opération Derry). Avec sa seule section (12 hommes) il attaque une Kommandantur forte de 60 hommes, tue 12 Allemands, fait , repousse une attaque ennemie et libère Daoulas. Il attaque ensuite la garnison allemande de Landerneau, lui inflige des pertes et libère la ville. Il rejoint alors la blindée américaine pour laquelle il exécute plusieurs missions de reconnaissance.

Edgard Tupët-Thomé est parachuté une deuxième fois le dans le Jura ; il attaque et prend Clerval en Franche-Comté, qu’il défend avec 50 hommes contre 27 chars et voitures blindées ennemis. Il tue une trentaine d’Allemands et détruit un char. Il rejoint ensuite la américaine et, affecté à un groupe de reconnaissance divisionnaire, se distingue notamment à Arches lors du passage de la Moselle. Le , il ramène sous des feux de mortiers un soldat américain blessé dans ses lignes.

Parachuté une troisième fois en Hollande le , il effectue avec sa section forte de 15 hommes de nombreuses attaques sur les voies de communication infligeant à l’ennemi des pertes en hommes et matériel.

Après-guerre En 1945, Edgard Tupët-Thomé démissionne de l’armée. Admis à l’École coloniale d’administration, il est nommé administrateur des Colonies en en Tunisie et deviendra plus tard directeur de la coopérative viticole de Takelsa. Il quitte la Tunisie en 1950 à destination du Canada et gère une propriété agricole dont il a fait l’acquisition.

En 1955, il rentre en France, reprend des études et devient ingénieur en organisation scientifique du travail et entre chez Singer au bureau des études techniques, puis dans un laboratoire pharmaceutique à Neuilly-sur-Seine.

Edgard Tupët-Thomé est attiré par le régime de Moïse Tshombé, président de l'État du Katanga sécessionniste dans le cadre du désengagement des Katangais avec la Belgique. Il y part en pour servir comme conseiller du ministre de la défense Joseph Yav, mais quitte le territoire Maurin Picard, Ils ont tué Monsieur H. Congo, 1961. Le complot des mercenaires français contre l'ONU, Seuil, 2019, 317, 319, et 328..

De 1961 à 1965, il est ingénieur chez Panhard. Enfin, il est chef des agences d’une société de tourisme.

Retraite Retraité, Edgard Tupët-Thomé vit à Binic dans les Côtes-d'Armor, où il participe aux cérémonies de commémoration.. Il est enfin admis à l'Institution nationale des Invalides (INI) à Paris, où il réside en tant que pensionnaire..

Élevé à la dignité de grand-croix de l'ordre national de la Légion d'honneur par décret du ., sa décoration lui est remise par un autre compagnon de la Libération, Hubert Germain, également pensionnaire des Invalides...

Lors des commémorations des 80 ans de l'appel du 18 Juin, le Premier ministre britannique Boris Johnson annonce que les quatre derniers compagnons de la Libération, Daniel Cordier, Pierre Simonet, Hubert Germain et Edgard Tupët-Thomé, sont nommés membres honoraires de l'ordre de l'Empire britannique.. La décoration est remise par Ed Llewellyn, ambassadeur du Royaume-Uni à Paris, aux Invalides, le ...

Mort et hommages Edgard Tupët-Thomé meurt à l'Institution nationale des Invalides le ...

Le président de la République Emmanuel Macron évoque dans un communiqué .. La ministre des Armées, Florence Parly, et la ministre de la Mémoire et des Anciens combattants, Geneviève Darrieussecq, lui rendent hommage en déclarant que et que ..

Les honneurs militaires lui sont rendus le lors d'une cérémonie présidée par le Premier ministre Jean Castex dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides, en présence de nombreuses autorités civiles et militaires.. Le cercueil est porté par les élèves officiers de la promotion Compagnons de la Libération de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr..

Il est inhumé le dans le cimetière de Binic...

Son portrait est exposé avec ceux des cinq autres compagnons de la Libération liés aux Ardennes, sur le mur de l'esplanade Roger Mas, à Charleville-Mézières, en France, du au , à l'occasion de l'exposition de 110 photographies de compagnons de la Libération réalisés par le studio Harcourt..

Distinctions et honneurs

Décorations nationales (2019 (2016). (décret du 17 novembre 1945)Décret du 17 novembre 1945.vignette|236x236px|Liste des Compagnons de la Libération (6 citations)

Décorations étrangères

50px Chevalier de l'ordre d'Orange-Nassau Croix de guerre des Pays-Bas

(2020)

50px King's Medal for Courage in the Cause of Freedom

Ouvrage

Références

Liens externes

Fiche d'Edgar Tupët-Thomé sur le site de l’ordre de la Libération

Catégorie:Naissance en avril 1920 Catégorie:Naissance dans le département de la Seine Catégorie:Naissance à Bourg-la-Reine Catégorie:Ingénieur français du XXe siècle Catégorie:Sécession du Katanga Catégorie:Compagnon de la Libération Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la King's Medal for Courage in the Cause of Freedom Catégorie:Membre honoraire de l'ordre de l'Empire britannique Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Chevalier de l'ordre d'Orange-Nassau Catégorie:Centenaire français Catégorie:Décès dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 100 ans Catégorie:Décès en septembre 2020 Catégorie:Personnalité inhumée dans les Côtes-d'Armor