StocaMine est le nom d'une filiale défunte de la société des Mines de potasse d'Alsace active de 1991 à 2014.
Elle a été créée pour encadrer la transformation de l'ancienne mine de sel Joseph-ElseLa mémoire en partage : 1904-2004 un siècle de potasse en Alsace, MPDA, 2004. en un centre de stockage de déchets de « » (déchets dangereux) et « » (déchets hautement toxiques), sous forme d'un « stockage souterrain de déchets ultimes en couches géologiques profondes » réservé à des déchets amiantés et à certains types de déchets qu'on ne peut stocker en décharge de car impossibles à inerter par des liants hydrauliques (du mercure, par exemple)., alors que la mine fonctionnait encore (fermeture prévue pour 2004-2005).
La capacité autorisée par arrêté préfectoral était de . Le plan de charge prévoyait des arrivées de . En réalité, le site n'a fonctionné que de 1999 à 2002 en réceptionnant et stockant en un peu plus de trois ans, puis la réception de déchets a cessé, mais du point de vue réglementaire, il reste en exploitation.
C'est le seul site à jamais avoir été légalement autorisé à recevoir des déchets de « classe 0 » en couches géologiques profondes, en France métropolitaine.
Cette installation classée pour la protection de l'environnement a été fermée en 2004 après un incendie de déchets toxiques qui n'a pu être maîtrisé qu'après deux mois. Elle doit continuer à faire l'objet d'un suivi et éventuellement du retrait et retraitement correct des déchets en surface.. En , après enquête publique, le préfet du Haut-Rhin a finalement réautorisé le stockage illimité des déchets enfouis dans le site, mais après l'extraction de 93 % des déchets de mercure encore présents..
Missions initiales, cadre réglementaire Un arrêté liste les catégories de déchets autorisés. Des règles d'exclusion mutuelle de proximité devaient permettre d'éviter les réactions chimiques susceptibles de générer des vapeurs toxiques, incendies
Chaque nouveau déchet devait faire l'objet d'une analyse préalable sur échantillon (sauf déchets amiantés) de même pour les lots ensuite apportés lors de la livraison, avec en outre une vérification par échantillonnage de la conformité à l'échantillon initial.
Les déchets ne pouvaient être conditionnés qu'en fûts métalliques ou en conteneurs souples pour être regroupés sur palettes et descendus dans les galeries de stockage .
Des règles de traçabilité, de cartographie et d'historique du stockage devaient et doivent encore permettre de retrouver n'importe quel lot de déchets ou d'échantillon témoin conservé dans l' du site.
Localisation et contexte environnemental La décharge souterraine a été créée près du puits Amélie et de son chevalement de 1910, plus précisément sous l'ancien puits Joseph-Else de Wittelsheim (Haut-Rhin), l'un des gisements de potasse et d'autres minéraux chimiques (ex : phosphate, soufre, sulfate, baryum selon la base de données BASIASBasias, Bureau de recherches géologiques et minières.) essentiellement pour produire des engrais minéraux (phosphate, potasse) et autrefois exploité par les MDPA. Le site est situé près d'une voie ferrée et dispose de galeries creusées dans le chlorure de potassium, situées à , sous de sel gemme, dans un environnement supposé géomécaniquementG. Vouille,Étude de sûreté d'un projet de stockage de déchets toxiques dans la Mine Amélie. Aspects mécaniques du problème, École des mines de Paris, document non daté (antérieur à février 1997)., sismiquement stableInstitut de physique du globe de Strasbourg, Estimation des mouvements sismiques à la cote 500 m, Document non daté (antérieur à février 1997). et épargné par la circulation de l'eauP. Combes, E. Ledoux, Étude de sûreté d'un projet de stockage de déchets toxiques dans la Mine Amélie. Approche des problèmes liés à l'hydrologie, École des mines de Paris, document non daté (antérieur à février 1997). (tant que les cuvelages et tubes de descente et d'aération restent étanches, notamment en cas de séismeMines de Potasse d'Alsace : tenue au séisme du cuvelage du puits Joseph, Électricité de France, 11 mars 1991.).
Ce site est situé dans le sud-ouest du bassin minier potassique alsacien, sur un terrain appartenant aux MDPA, à du centre-ville et au sud du Canton de Cernay, contre la cité Joseph-Else (au nord-ouest du site), entre deux zones forestières à l'est et au sud-ouest.
Situé à du canal Rhin-Rhône qui coule au sud-est du carreau de mine, ce site est également encore jouxté par son ancienne voie ferrée (non électrifiée, en cul-de-sac), connectée à la ligne Mulhouse-Kruth, contiguë au carreau de la mine Joseph-Else
Durant la création du centre de stockage Stocamine, les deux puits (Joseph et Else) étaient encore utilisés pour l'aération de la mine Amélie (le puits Else servant au retour d'air avec un débit de environ).
La nappe phréatique est épaisse de 20 à avec un niveau piézométrique généralement de selon l'étude d'impact faite sur le site.
Avec celle de Bollwiller, la commune de Wittelsheim est l'une des plus concernées du bassin potassique alsacien par les affaissements miniers : le sol est descendu de plus de cinq mètres au centre de la communeMDPA, L'après mine à la loupe : les affaissements miniers ; et schéma de principe (consultés le 26 février 2013)..
À proximité et dans la même commune, cinq autres sites sensibles au regard de l'environnement (crassiers constitués de résidus miniers issus de l'exploitation de la potasse). Ils sont répertoriés par la base de données BASOL en tant que : terril Amélie 2, créé de 1913 à 1953 ; ce site est surveillé ; terril Amélie Est, créé de 1913 à 1929, encore en cours de traitement en 2013 selon BASOL, pour une réhabilitation et des choix techniques définis ou en cours de mise en œuvre, et avec surveillance des eaux souterraines ; terril Amélie Nord, constitué de déchets miniers accumulés de 1924 à 2002, qui a reçu en 2003 les résidus du terril Amélie Est qui y ont été . Ce site est surveillé, notamment les eaux souterraines, et des travaux y ont été réalisés ; terril Joseph Else - Est, constitué de déchets miniers accumulés de 1959 à 1969, site traité et surveillé pour ses eaux souterraines ; terril Joseph Else - Ouest, réalisé de 1912 à 1969.
Plusieurs « étangs d'affaissements » sont également présents à proximité, abritant une faune migratrice d'oiseaux et d'autres espèces de zones humides qui leur confèrent un intérêt patrimonial de niveau européenPar exemple : DREAL, Fiche n°12 : Rothmoos (,consulté le 26 février 2013)..
Financement Le GIP devait être financé par une somme annuelle correspondant à 7 % du chiffre d'affaires de StocaMine, dont les activités (accueil et stockage de déchets amiantés et de déchets toxiques à très toxiques) devait apporter au moins .
Risques et dangers Dans le cadre de l'étude d'impact de 1996, outre une étude de sécurité chimiqueEtude de sécurité chimique, annexe 8 de l'étude d'impact citée en bibliographie du présent article, une étude des dangersAnnexe 6 de l'étude d'impact citée en bibliographie du présent article avait été faite par la société PEC-SIE en utilisant la méthode des arbres de défaillance, StocaMine (1996), Étude d'impact du projet Stocamine ..
L'air intérieur de la mine est chaud et sec (hygrométrie de 40 à 50 %). Cet air non-saturé en vapeur d'eau est peu favorable à la condensation d'eau liquide susceptible d'accélérer la corrosion des fûts métalliques, mais la concentration élevée en chlorures en cas d'intrusion ou d'écoulement de saumures salines dans la mine peut au contraire provoquer de la corrosion par piqûre au niveau des enveloppes métalliques des fûts de déchets et ainsi menacer leur étanchéité.
Dans le cadre de la prévention des risques majeurs, une information préventive sur ces risques concernait les habitants de la région, au moyen de la presse locale notammentS. Glatron, E. Beck, Information préventive et représentations des risques industriels par les Mulhousiens, sur Mappemonde, 2010 (archive , sur HAL).
De nombreuses études allemandes et suisses attestent du danger que représente Stocamine pour la nappe phréatique. En cas d'infiltration, une campagne de prélèvement des eaux a prouvé que du calcium, de l'arsenic, du baryum, du bore, du chrome, du magnésium, du nickel, du plomb, du sélénium, du vanadium, du zinc et du strontium pourraient contaminer la nappe phréatique..
Modalités de stockage au fond À partir des puits existants, une partie du massif de sel gemme non encore exploité a été creusée d'un réseau de galeries organisées en forme de grille.
Ce principe est inspiré du plus grand site européen de stockage de cette nature, à savoir la décharge souterraine d'Herfa-Neurode, située dans les mines de la HesseVidéo produire par Stocamine en 2011, Stocamine, 2011, rubrique Ressources médias (consulté 25 février 2013)., et dont les galeries sont aménagées à la manière des rues principales et secondaires dans une ville.
Chaque galerie mesure de large et de haut. Entre ces galeries, des « piliers » de roche ont été conservés pour le soutènement. Chacun de ses piliers mesure de de côtés et de haut, mais moins de 10 ans après le creusement des galeries, nombre d'entre eux devaient déjà être cerclés et consolidés de tiges d'acier boulonnées car ils éclatent sous le poids des centaines de mètres de roches qui les surplombent.
Par des galeries d'accès qui servent également à la ventilation, 23 galeries de chacune et 72 galeries d'environ devaient ainsi recevoir les déchets conditionnés en big bags ou en bidons. Ces déchets sont apportés et empilés par des engins (moteur diesel).
Au moment de l'incendie, 9 blocs étaient déjà « stockés », c'est-à-dire emplis de déchets.
Contenu du centre de stockage profond Depuis la fin de l'activité d'entreposage (2004), selon l'administration, de déchets y reposent, dont : pesant au total , qui sont des déchets dangereux (de classe 1, qui sont par exemple des résidus d'incinération et des déchets amiantés) ; de déchets très dangereux (de « classe 0 », qui sont par exemple des sols pollués, des déchets arseniés, des pesticides, des déchets chromiques ou mercuriels, etc.) qui ne peuvent théoriquement qu'être stockés dans un site souterrain (mais il n'en existe pas d'autre en France note l'INERIS). Il en existe 14 autres en Allemagne, dont 3 comparables à la mine de WittelsheimFeuga B. (2010), Comparaison entre les conditions d’isolement des déchets dans le site de stockage de StocaMine et dans quelques sites allemands de stockage en mines de sel ou de potasse – 03/2010 – 94pGombert P. - Stockage souterrain de StocaMine (68). Synthèse critique des études hydrogéologiques sur l'ennoyage du site – INERIS-DRS-10-108130-03801A – Mars 2010, mais en Allemagne, l'un de ces lieux de stockage (la mine d'Asse) où l'on a entreposé des déchets radioactifs connait de graves problèmes d'entrées d'eau et doit être vidé de ses déchets.
Histoire du projet et de l'activité L'origine du projet semble remonter aux années 1980, où l'on cherchait à répondre au besoin de créer plusieurs centres de stockage de déchets ultimes.