est un film d'aventures japonais réalisé par Akira Kurosawa, sorti en 1958. Il marque une évolution technique dans la carrière du cinéaste, étant son premier film tourné en format large , lui permettant d'explorer de nouvelles possibilités visuelles dans le genre du jidai-geki (film d'époque) qu'il maîtrisait déjà.

L'intrigue suit deux paysans cupides qui se retrouvent malgré eux impliqués dans une mission périlleuse : escorter une princesse et un général à travers le territoire ennemi, tout en protégeant un trésor royal. Le film met en vedette Toshirō Mifune dans le rôle du général Rokurōta Makabe, et Misa Uehara dans celui de la princesse Yukihttps://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=12977.html [Consulté le 19/09/2024].

La Forteresse cachée se distingue par son mélange unique d'action, d'humour et de drame, tout en explorant des thèmes tels que la loyauté, l'honneur et la nature humaine. Salué pour sa photographie spectaculaire, ses séquences d'action innovantes et son récit captivant, il connait un succès critique et commercial au Japon, se classant au box-office annuel.

Il est aujourd'hui considéré comme l'un des films les plus accessibles et divertissants de Kurosawa, tout en conservant la profondeur thématique caractéristique de son œuvre. L'œuvre est également célèbre pour avoir été une source d'inspiration majeure pour George Lucas lors de la création de Star Wars (1977).

Synopsis

Au cours des guerres civiles dans le Japon du , deux paysans avides et lâches, Tahei et Matashichi, rencontrent par hasard des samouraïs poursuivant un soldat et l'exécutant. Les deux compagnons se séparent, l'un préférant retourner chez lui et l'autre espérant encore faire fortune. Mais chacun se fait capturer et finit esclave pour le clan Yamana. Le seigneur Yamana a vaincu le clan Akizuki et recherche activement la Princesse Yuki, héritière du clan Akizuki qui se cache avec le trésor de guerre de son clan, constitué de barres d'or. Une forte récompense est promise pour sa capture.

Les deux paysans profitent d'une révolte des esclaves pour s'échapper. Dans leur fuite, ils trouvent fortuitement une barre en or du clan Akizuki cachée dans un fagot de bois, puis une autre. Mais ils sont interrompus par un mystérieux homme. Celui-ci leur dissimule sa véritable identité, car il s'agit du général Rokurōta Makabe un des derniers survivants des Akizuki. Lui aussi cherche à aller dans le même territoire que les deux paysans, celui du clan Hayakawa, allié des Akizuki. Tahei et Matashichi exposent leur plan pour contourner les lignes ennemies. Le général décide alors de s'adjoindre leur service, profitant de leur naïveté et de leur cupidité. Il les conduit dans une forteresse dissimulée dans la montagne où se cachent la princesse et quelques fidèles. Le général fait passer la princesse pour sa compagne auprès des deux paysans. Ceux-ci soupçonnent un mensonge et décident de dénoncer la jeune fille pour la récompense, alors que Makabe leur indique avoir livré la princesse au clan ennemi. Mais une rumeur en ville révèle que la princesse capturée a été exécutée aussi les deux compagnons finissent par croire Makabe. Celui-ci comprend que sa jeune sœur de l'âge de la princesse qu'il a livrée pour sauver l'héritière du clan Akizuki a été mise à mort. Malgré son chagrin, il pense que cette exécution permet de relâcher l'attention de l'ennemi et que cela leur donne l'occasion de tenter de rejoindre le territoire allié en escortant la princesse Yuki ainsi que son trésor, pour refonder son clan. Il décide de suivre le plan des paysans pour traverser les lignes ennemies. Ceux-ci acceptent d'aider à transporter l'or caché dans les fagots de bois en espérant un partage du butin. Le groupe constitué du général, de la princesse et des deux paysans commence son périple en transportant l'or. Yuki, de tempérament colérique, doit se faire passer pour muette pour ne pas traduire ses origines nobles. En cours de route, profitant d'une absence de Makabe, Tahei et Matashichi tentent de partir avec l'or mais ils ne font que révéler leur présence à l'ennemi. Furieux, le général décide de retourner dans la forteresse mais celle-ci est en feu, les fidèles restés se sont en effet sacrifiés en mettant le feu afin de cacher la fuite de l'héritière. Makabe parvient par une ruse à franchir un poste de garde avec le groupe. Mais l'alerte est donnée, l'ennemi ayant compris que la princesse est vivante et tente de fuir avec l'or.

Ils arrivent dans un village. Makabe est contraint de vendre le cheval. Pour transporter l'or dissimulé dans les fagots, le groupe utilise un chariot que les deux paysans doivent tirer. À la demande de Yuki, le groupe a racheté une esclave qui les suit dans leur périple. Sur le chemin, quatre soldats les interceptent. Makabe en élimine deux et poursuit à cheval les deux autres partis chercher du secours. Ceux-ci sont interceptés et tués, mais Makabe se retrouve encerclé par les hommes du général Hyoe Tadokoro du clan Yamana. Ce dernier est heureux de pouvoir affronter en duel son ennemi. Le combat s'effectue avec des lances et tourne à l'avantage de Makabe qui refuse d'exécuter son rival et repart libre, retrouver les autres fugitifs. Coincés dans un repaire, les deux paysans décident de se joindre à une procession pour la fête du feu afin de passer inaperçu avec les fagots de bois. Mais les forces ennemies surveillent les fidèles venus apporter le bois, se doutant que les fugitifs chercheront à profiter de cette fête pour traverser les lignes ennemies. Tahei et Matashichi se retrouvent coincés avec la princesse qui les a suivis. Makabe, prévenu par la jeune esclave, les rejoint et les contraint à mettre les fagots dans le feu en dansant pour éviter d'être repérés. Le lendemain, au petit matin, profitant du feu éteint, le groupe ramasse le maximum de barres d'or et s'enfuit avant l'arrivée des troupes ennemies. Deux soldats sont capturés et forcés de les aider à transporter l'or. Mais les forces ennemis se rapprochent. Les deux prisonniers tentent de fuir mais ils sont abattus par les leurs. De leur côté, les deux paysans se cachent à l'aide de feuillage. Le général, la princesse et la jeune esclave tentent d'échapper aux tirs ennemis mais ils sont faits prisonniers et l'or est récupéré par leurs adversaires. Les deux paysans veulent dénoncer la princesse pour une récompense, en vain, car elle est déjà arrêtée. Ils repartent sans rien, mais vivants. Les prisonniers reçoivent la visite du général Hyoe Tadokoro qui en veut à son ennemi d'avoir fait preuve de clémence à son égard car pour son échec, son seigneur lui a infligé une cicatrice au visage.

Au matin, les trois prisonniers sont emmenés avec l'or. Mais, Tadokoro intervient et permet aux chevaux transportant l'or de franchir la frontière puis il libère Makabe, la princesse et l'esclave. Ceux-ci peuvent se mettre en sécurité dans le territoire allié. Ils sont rejoints par Tadokoro qui a changé de camp. Les chevaux avec l'or sont retrouvés par Tahei et Matashichi qui se disputent encore sur la propriété de l'or mais des soldats du clan Hayakawa les arrêtent.

Plus tard, les deux paysans se retrouvent devant la princesse et les deux généraux. Elles déclare que l'or servira à refonder la dynastie mais elle consent à gratifier d'une pièce d'or les deux paysans pour leurs « services » passés, à charge pour eux de rester amis pour conserver la pièce.

Fiche technique Titre : La Forteresse cachée Titre original : Réalisation : Akira Kurosawa Scénario : Ryūzō Kikushima, Hideo Oguni, Shinobu Hashimoto et Akira Kurosawa Photographie : Kazuo Yamasaki Premier assistant opérateur : Takao Saitō Décors : Yoshirō Muraki, Kōhei Ezaki Musique : Masaru Satō Montage : Akira Kurosawa Production : Sanezumi Fujimoto et Akira Kurosawa Société de production : Tōhō Société de distribution : Tōhō Pays d'origine : Langue originale : japonais Format : noir et blanc - cinémascope - son mono Genre : aventures Durée : 139 minutes (métrage : 10 bobines - ) Dates de sortie : Japon : . France : .

Distribution Toshirō Mifune : le général Rokurōta Makabe Misa Uehara : la princesse Yuki Minoru Chiaki : Tahei Kamatari Fujiwara : Matashichi Toshiko Iguchi : la fille du fermier achetée par le marchand d'esclaves Takashi Shimura : le général Izumi Nagakura Susumu Fujita : le général Hyoe Tadokoro Kichijirō Ueda : le marchand d'esclaves Eiko Miyoshi : la femme âgée Kokuten Kōdō : l'homme âgé Yū Fujiki : le garde-barrière Yoshio Tsuchiya : le samouraï à cheval Kokuten Kōdō : le vieil homme devant le panneau Takeshi Katō : le samouraï en sang s'enfuyant Kōji Mitsui : un garde Toranosuke Ogawa : le magistrat de la barrière du pont Kichijirō Ueda : le marchand d'esclaves

Makoto Satō : le fantassin Yamada Yoshio Kosugi : le soldat Akisuki

Takuzō Kumagai : un soldat à pied de Yamana (comme Jirō Kumagai)

Haruo Nakajima : un soldat d'Akisuki

Production La Forteresse cachée est le premier film de Kurosawa tourné dans le format large , qu'il continue d'utiliser pendant la décennie suivante. Le film est initialement présenté avec un son directionnel , qui est recréé pour la sortie Blu-ray de Criterion..

Des parties clés du film sont tournées dans la vallée de Hōrai de la préfecture de Hyōgo et sur les pentes du Mont Fuji, où le mauvais temps causé par le catastrophique typhon Kanagawa retarde la production. La frustration de la Tōhō face au rythme lent de tournage de Kurosawa conduit le réalisateur à former sa propre société de production l'année suivante, bien qu'il continue à distribuer via la TōhōConrad, David A. (2022). Akira Kurosawa and Modern Japan, 130-31, Jefferson, North Carolina: McFarland & Co..

Sortie La Forteresse cachée sort en salles au Japon le .. Le film est le plus grand succès de l'année 1958 pour la Tōhō, se classant quatrième au box-office annuel. C'est également le plus grand succès de Kurosawa, jusqu'à la sortie du Garde du corps en 1961.

Le film sort en salles aux États-Unis distribué par Tōhō International Col. avec des sous-titres en anglais. Il est projeté à San Francisco en et reçoit une sortie plus large le , dans un format de 126 minutes. Il est réédité aux États-Unis en 1962 dans un format de 90 minutes. Le film est comparé défavorablement à Rashōmon (1950) et Les Sept Samouraïs (1954), et ne marche pas bien au box-office américain.

Accueil critique Dans une critique de 1957, Variety le qualifie de « film long, intéressant, comique dans le Japon médiéval ». Les performances des acteurs principaux, la direction de Kurosawa et la caméra d'Ichio Yamazaki sont saluées..

Un article publié dans le New York Times le , présente une critique du film par le journaliste Bosley Crowther, qui qualifie La Forteresse cachée de film superficiel. Il dit que Kurosawa, « le réalisateur japonais dont les compétences cinématographiques nous ont impressionnées dans de nombreux films, à commencer par Rashōmon, n'est manifestement pas étranger au fait de berner son public - un peu de stooping hollywoodiens - afin de faire un film vivant ». Crowther ajoute également que « Kurosawa, malgré tout son talent, est aussi enclin à faire bouillir la marmite que n'importe qui d'autre ».

Écrivant pour The Criterion Collection en 1987, le qualifie de « l'un des plus grands films d'action-aventure jamais réalisés » et de film de samouraïs « d'action rapide, spirituel et visuellement époustouflant ». Il écrit :

David Parkinson de Empire dans une critique publiée le , donne au film quatre étoiles sur cinq et écrit « Un peu éclipsé par des films comme Les Sept Samouraïs, c'est une aventure vigoureusement et méticuleusement mise en scène. Ce n'est pas du haut de gamme, mais il se classe toujours parmi les meilleurs des chefs-d'œuvre mineurs de Kurosawa. ».