Inter pastoralis officii sollicitudines. est un motu proprio de Pie X publié en 1903 sur la musique liturgique de l'Église catholique, surtout connu aussi par son titre en italien Tra le sollecitudini. d'après ses premiers trois termes, ou motu proprio Tra le sollecitudini.. Il s'agit de l'un des documents pontificaux les plus importants au regard des chants liturgiques dont le chant grégorien.

Rédigée à l'origine en italien et prévue comme une lettre pastorale au diocèse de Rome, après la publication de la version latine, elle a également acquis une signification pour toute l'Église..

Publication thumb|upright=1.13|Sainte Cécile († vers 200 ?).

Le motu proprio Inter pastoralis officii sollicitudines fut publié, en italien d'abord, le par le nouveau pape Pie X. Cette date de la promulgation, fête de sainte Cécile, avait soigneusement été choisie, selon le sujet du motu proprio, la musique liturgique de l'Église catholique.

Désormais, le Saint-Siège préfère très fréquemment cette fête pour les événements importants concernant la liturgie, y compris les papes Jean-Paul II ou Benoît XVI.

Origine

Le pape Pie X fut élu le . Quatre mois plus tard, il put proclamer ce motu proprio. À vrai dire, l'origine du document remonte en 1893.

Votum (1893) En cherchant une véritable liturgie pour les fidèles subissant l'époque de décadence liturgique, surtout de la pratique de la musique théâtrale dans l'église, le chanoine Giussepe Melchiorre Sarto, futur Pie X, retrouva la théologie de Thomas d'Aquin ainsi que le chant grégorien.. En effet, même lors du jubilé du Puy-en-Velay tenu en 1864, la fanfare avait été choisi dans la mélodie de l'opéra Norma de Vincenzo Bellini.. Don Angelo de Santi était chargé par le pape Léon XIII de défendre l'édition néo-médicéenne, à cette époque-là faussement attribuée à Giovanni Pierluigi da Palestrina. À la suite de la restauration par l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, le Père de Santi aussi retrouva le chant grégorien authentique et l'étudiait depuis 1890..

En 1893, Léon XIII demanda au cardinal Sarto une consultation sur la musique sacrée dans l'intention d'un nouveau règlement de celle-ci. Devenu patriarche de Venise et donc très occupé par cette charge, il ne fut pas en mesure de satisfaire à cette demande du pape. En envoyant ceux qui concernaient au cardinal, Don de Santi soutint son devoir. Par conséquent, le votum achevé était considérablement inspiré des études de Santi en collaboration avec Solesmes.« Le votum de 1893 : avis donné par le cardinal Sarto en réponse à une consultation du pape Léon XIII sur la musique sacrée et un nouveau règlement de celle-ci. Le cardinal très occupé en raison de son élévation au patriarcat de Venise, s'était largement inspiré d'un mémoire du Père de Santi. Le votum forme plus tard la matière du Motu proprio de 1903. » (L'actualité du chant grégorien par un moine de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault, , Conférence à la cathédrale de Luçon, Journée du chant grégorien, le 30 septembre 2012).

Lettre pastorale sur le chant de l'Église (1895) Les études approfondies indiquent que le premier pas du règlement fut intentionnellement effectué en 1891 par le Père de Santi. L'année précédente, une célébration en grégorien auprès du Séminaire français de Rome avait en effet convaincu ce musicologue. Aussitôt l'exécution terminée, il avait visité la chambre de Dom André Mocquereau de Solesmes : « il est évident que ce chant sera un jour celui de l'Église romaine. » La recherche de Don de Santi s'avança encore : dans l'édition médicéenne, les méprises musicales sont si nombreuses et tellement incompréhensibles qu'il est difficile à attribuer celle-ci à Palestrina. Nonobstant en 1893, il fut formellement interdit d'écrire concernant le chant grégorien, puis en , il lui fallut quitter la ville éternelle en exil.

Donc, la première présentation publique en faveur du chant grégorien fut manifestée par le cardinal Sarto l'année suivante. Le patriarche bénéficia de l'occasion du huitième centenaire de la basilique Saint-Marc de Venise.. Cette lettre pastorale annonçait déjà le motu proprio.

Ces trois vertus, sainteté, vérité de l'art et universalité, se retrouvent en tant que disciplines principales du motu proprio en 1903, en justifiant la centralisation de la liturgie de l'Église.

Introduction

Objectif Le motu proprio précise, à la fin de l'introduction, son objectif. Il s'agit d'une instruction pontificale. :

Dans son œuvre Pie X et Rome, Camille Bellaigue bénéficiant fréquemment de ses audiences avec saint Pie X précisait que le pape appelait lui-même « le code juridique de la musique sacrée » mais également qu'il lui dit : « je veux que mon peuple prie sur de la beauté », citations du livre ..

Participation des fidèles Le texte fait pour la première fois mention de la participation active des fidèles vers la fin de l'introduction. Dans la version italienne (originelle), il est fait mention de "partecipazione attiva"., mais la version latine (à vocation universelle) utilise simplement le mot de "participatio" (sans la mention "actuosa" utilisée plus tard dans les textes de Vatican II, ni la mention "activa").. La traduction du passage par Dom Hervé Courau est la suivante : Articles Texte intégral :

I. Principes généraux. 1. En tant qu'objectif de la musique sacrée, ceux qui concernent sont la gloire de Dieu, la sanctification et l'édification des fidèles. Pour la meilleure compréhension du texte, la musique vêt proprement celui-ci. De sorte que les fidèles peuvent accéder plus facilement à la dignité des cérémonies ecclésiastiques. 2. « La musique sacrée doit posséder au plus haut point les qualités propres à la liturgie : la sainteté ... l'universalité. ... Elle doit être un art véritable. » — En résumé, une véritable musique sainte, universelle ainsi qu'artistique.

II. Genres de musique sacrée. 3. Parmi les musiques sacrées, le chant grégorien est « chant propre de l'Église romaine », exclusivement réservé aux certaines parties de la liturgie ecclésiastique. Pareillement, il s'agit du modèle le plus parfait de la musique sacrée. En conséquence, il faut désormais que l'antique chant grégorien traditionnel soit largement rétabli dans les fonctions du culte, sans aucun accompagnement d'autres musiques liturgiques. 4. En raison d'un degré éminent, la polyphonie classique aussi s'emploie à nouveau dans les fonctions les plus solennelles de l'Église, notamment au sein de la Chapelle pontificale, dans les basiliques et églises cathédrales, auprès de séminaires ainsi que d'instituts pontificaux, lors des cérémonies ecclésiastiques distinguées. 5. Reconnaissant le progrès des arts, l'Église autorise également l'usage de la musique plus moderne lors de la célébration, à condition qu'il ne s'agisse pas de morceaux profanes, par exemple des motifs usités au théâtre. 6. En effet, la musique théâtrale, qui était une vogue au , est considérée comme une opposition complète avec le chant grégorien ainsi la polyphonie classique, selon sa nature. — En résumé, le chant grégorien, la polyphonie et le chant contemporaine hormis la musique théâtrale.

III. Texte liturgique. 7. « La langue propre de l'Église romaine est la langue latine. » Pendant les fonctions solennelles de la liturgie y compris la messe et l'office, la célébration en langue vulgaire est donc interdite. 8. Aucune modification des textes n'est autorisée, lors de l'exécution des chants liturgiques de l'Église, ni ordre des textes. exception (facultative) : un motet à la suite du Benedictus ainsi qu'un court motet après le chant de l'offertoireEn fait, l'exécution du Sanctus était traditionnellement compliquée, par exemple, parfois divisée. Voir l'article Cérémonial de Clément VIII (1600). 9. Il faut que le texte soit chanté tel qu'il est dans les livres, de sorte que les fidèles l'écoutent intelligiblement. — En résumé, toujours en latin, sans modification.

IV. Forme extérieure des compositions sacrées - 42 10. Il faut que chaque élément musical des chants telle la messe se conserve selon le modèle, à savoir chant grégorien. 11. Règles particulières a. Il faut que la messe soit composée sous forme d'unités. Ainsi, il ne faut pas composer seulement le Kyrie. b. Pour l'office des vêpres, les règles du cérémonial des évêques doivent être respectées. L'alternance entre le chant grégorien et le faux-bourdon sera autorisée. c. Les hymnes doivent être composées d'après la forme traditionnelle, et non celle de variations parmi les strophes. d. Les antiennes des vêpres doivent être en grégorien. Dans quelques cas particulier, il faut ne les chanter qu'en faux-bourdon. — En résumé, essentiellement selon la forme grégorienne et non ampleur ni développement.

V. Chantres. 12. Le célébrant à l'autel et les ministres doivent chanter toujours et exclusivement en grégorien, sans aucun accompagnement d'orgue. Tous les autres chants liturgiques sont principalement chantés par le chœur ecclésiastique, si l'exécution tout en solo est possible. 13. Pour la voix aiguë, il faut des enfants de chœur au lieu des femmes, suivant le très antique usage de l'Église. 14. Il faut que les chantres revêtent l'habit ecclésiastique durant leur fonction liturgique. — En résumé, toujours manière ecclésiastique.

VI. Orgues et instruments. 15. « Quoique la musique propre à l'Église soit la musique purement vocale », l'usage de quelques instruments est admis, en tant que cas particuliers. Il faut cependant une autorisation spéciale selon le cérémonial des évêques ainsi qu'assez de précautions convenables. 16. Ni orgue ni instrument ne peuvent dominer la célébration, à la place du chant qui doit être toujours premier. 17. Le long morceau instrumental n'est pas admis. 18. L'orgue doit accompagner proprement le chant, en conservant le cachet propre ainsi qu'en participant à toutes les qualités de la vraie musique sacrée. 19. L'usage du piano est interdit. D'autres instruments bruyants ou légers non plus (le tambour, la grosse caisse, les cymbales, les clochettes). 20. Tous les instruments à vent sont interdits, à moins que l'exécution soit effectuée en imitant la façon de l'orgue. 21. La fanfare est exceptionnellement autorisée lors des processions en dehors de l'église. Pourtant, les cantiques religieux en latin ou en langue vulgaire sont préférés. — En résumé, essentiellement accompagnement du chant, avec de nombreuses limitations.

VII. Durée de la musique liturgique. 22. Quel que soit le chant, quelle que soit la musique, il ne faut pas que le célébrant à l'autel n'attende la fin de l'exécution. Il faut respecter la durée traditionnelle du chant grégorien. 23. La tendance actuelle qui place la liturgie en secondaire en faveur de la musique doit être condamnée. Cette dernière n'est autre que son humble servante. — En résumé, la liturgie est toujours principale ; la musique secondaire.

VIII. Moyens principaux. 24. L'évêque est le responsable de l'exécution parfaite. Une commission spéciale pourra contribuer également à assurer et à conserver la qualité de l'exécution avec sa surveillance. 25. Les religieux tels les membres des séminaires sont chargés d'étudier le chant grégorien. De même, pour la meilleure exécution de la polyphonie, la création de la schola cantorum sera soutenue. 26. Lors de la formation des religieux, il faut que soient toujours respectées les principes et lois de la musique sacrée. 27. Il faut rétablir, au moins dans les églises principales, la tradition des scholæ cantorum. 28. Il est vraiment important que soient favorisées ou créées les écoles supérieures de la musique sacrée. De même, tous ceux qui concernent doivent suivre de vrais principes de l'art sacré. — En résumé, rétablissement de scholæ cantorum ainsi que promotion des enseignements supérieurs de la musique liturgique.

IX. Conclusions.

Postérité