La période de la céramique Mumun (en , « céramique sans décor ») est une période de la préhistoire de la Corée s'étendant approximativement de 1500 à 300 avant l'ère commune (AEC). Elle est souvent qualifiée d'Âge du bronze coréen car la production du bronze commence entre le et le avant notre ère. Elle est en partie contemporaine de la « culture du poignard de bronze » (entre le avant notre ère et le de notre ère), qui s'achève à l'âge du fer en Corée et avec la période Gojoseon. Cette période est marquée par un fort développement de l'agriculture, en particulier la culture du riz irrigué qui est pratiquée intensément dès le Mumun classique, et une société hiérarchisée signalée par la construction de nombreux dolmens. Elle tire son nom de l'absence de décor dans ses poteries et fait suite à la période de la céramique Jeulmun, bien plus décorée.
vignette|300px|Sites Mumun en Corée du Sud
Trois temps de la céramique Mumun Origine Phase 5 de la période de la céramique Jeulmun : Kim JangsukKim, Jangsuk 2003. Land-use Conflict and the Rate of Transition to Agricultural Economy: A Comparative Study of Southern Scandinavia and Central-western Korea. Journal of Archaeological Method and Theory 10(3):277-321. avait suggéré que ces groupes de chasseurs-cueilleurs-cultivateurs auraient été repoussés graduellement de leur territoire par une nouvelle population migrant vers le sud, pratiquant une agriculture itinérante plus efficace et porteuse de la culture à poterie Mumun (non décorée) - on entre alors dans la période de la céramique Mumun - ce qui aurait eu pour effet de les couper de leurs terrains de chasse. Mais cette opinion est contestée par une étude récente des poteries Jeulmun tardives : celles-ci témoignent d'une lente évolution interne vers les caractères de la poterie Mumun. Dès lors, il n'y a pas à envisager une quelconque « invasion » : l'évolution se serait produite localement.
Mumun ancien Le Mumun ancien date de -1500 à -850. L'économie repose sur des stratégies de subsistance multiples qui comprennent surtout la pêche, la collecte dont celle de plantes sauvages et une faible production de plantes domestiques, comme le millet et les légumineusesDe Chulmun à Mumun : et : . Les foyers sont composés de plusieurs familles qui organisent le travail, la production d'objets et la répartition des ressources. Les villages continuent d'être formés de maisons rectangulaires semi-enterrées. Partant d'une société égalitaire, la fin de cette période montre une plus grande compétition à l'intérieur du village. La plupart des sites se trouvent dans les vallées du bassin du Kum. Eoeun dans la moyenne vallée du fleuve Han [Nam] et Baekseok-dong près de Cheonan font partie des plus grands sites. Les nouvelles traditions consistent en la construction de dolmens, la production de poterie rouge et de dagues en pierre polie, reproduction des dagues en bronze.
Mumun classique (ou moyen) : agriculture intensive et rizières inondées, migration vers l'archipel Cette période s'étend de -850 à -550. Elle est caractérisée par une agriculture intensive, la formation de gros villages et des signes de la formation d'une élite accompagnés d'un creusement des inégalités sociales ainsi que du développement de l'artisanat. C'est à cette époque que les rizières apparaissent. Les plantes dominantes sont cependant le millet, l'orge, le blé et les légumes alors que la chasse et la pêche tiennent un grand rôle.
Les tombes de la deuxième partie du Mumun moyen (-700 à -550) contiennent des objets en jade ou en bronze. Les principaux sites archéologiques se trouvent à Songguk-ri (Buyeo), Igeum-dong (Sacheon) et Daepyeong (Jinju).
Des migrants de culture Mumun au Nord Kyushu, et des populations Jomon qui hybrident leurs pratiques
L'archéologie de l'archipel japonais a permis de relever des corps d'origine continentale et d'autres de type Jōmon sur les premiers sites identifiés comme datant du Yayoi initial (vers 800 AEC), pratiquant (par définition) la culture du riz en rizières inondées. Ensuite sur les sites du Yayoi Moyen les restes humains sont essentiellement d'origine continentale. Ces immigrants étaient donc des cultivateurs et non des « cavaliers » et on s'accorde, en 2013, en s'appuyant sur de nombreux indices convergents, qu'il s'agit de populations de la culture Mumun : un type d'habitation coréenne sous ses deux formes (Songguk'ni et Teppyong'ni) ; la hache Mumun « yayoinisée » ; les dolmens, propres à la culture Mumun, qui apparaissent au Yayoi I. On en compte environ 500, sur 70 sites au Nord-ouest de Kyushu, presque exclusivement à proximité du littoral. Sites de Nagasaki, Ogawachi-machi, Amakubo [Saikai (Nagasaki pref.)],... : . Voir aussi : Erika Kaneko, Asian Perspectives Vol. 9 (1966), , A review of Yayoi period burial practices ; PDF, lire en ligne « erika kaneko - ScholarSpace », sur https://scholarspace.manoa.hawaii.edu. ; les jarres globulaires rouges d'origine Mumun se sont hybridées aux « bols » (ou jarres) profonds, de tradition Jōmon. Cela dit la dernière période Jomon avait connu l'usage de la couleur rouge sur certaines poteries. ; enfin des représentations ou substituts d'épées en pierre polie, typiques de la culture Mumun, se trouvent sur certains sites du Yayoi Initial - début Yayoi I.
Dans ce contexte l'ensemble des pratiques utilisées, alors, pour la culture en rizière inondée introduite à cette époque et sur ces sites serait donc d'origine Mumun.
Mumun récent Le Mumun récent (-550 à -300) est une période caractérisée par une augmentation des conflits, des établissements fortifiés au sommet des collines et une concentration de la population sur la côte méridionale. Le nombre de villages est plus réduit que dans la période précédente mais ceux-ci sont plus grands indiquant une concentration de la population. Des sites liés à cette culture apparaissent aussi au Japon dans le nord de l'ile de Kyūshū.
Un site représentatif est celui de Namsan (Changwon) situé au sommet d'une colline. Ses maisons semi-enterrées sont entourées d'un fossé circulaire large de dix mètres et profond de quatre mètres. Il possède aussi un amas coquillier.
Traits culturels et sociaux La céramique Mumun
Les premières poteries de la céramique Mumun, de type Kangmok Toldaemun, ne sont décorées que par un cordon sous la lèvre, ponctué régulièrement par la pression d'un outil étroit et droit. Elles apparaissent sur des sites qui présentent des caractères du Néolithique tardif. Leur réalisation reprend les moyens qui étaient ceux de la période précédente.
La poterie Mumun ancien apparait au , dans des habitations semi-enterrés, en général de forme rectangulaire et étroite. Elle est bien plus résistante et possède un moindre coefficient d'absorption que la poterie Jeulmun. Plusieurs types sont répartis sur le territoire de la péninsule et en Mandchourie (Liaodong). En Corée du Nord, le style Misong-ni, à ouverture large et col étroit, est situé vers l'estuaire du fleuve Chongch'on et au Liaodong. Le style Konggwi-ri, à base plate, - urnes à deux anses sur la panse et bols à bord perforé - se rencontre sur le cours moyen du fleuve Yalu. Un style dit « à décor perforé » est commun le long de du fleuve Tumen, à l'extrême Nord-est. Le style P'aengi à base courbe ou en forme de mamelon se trouve dans la région de Hwanghae. En Corée du Sud on rencontre le style Yoksam-dom, similaire au style « à décor perforé », et le style Karak-tong, similaire au style P'aengi. Ces deux types ont fini par constituer un nouveau type de poterie à décor perforé qui s'est répandu sur tout le Sud. Le type Songgung-ni est apparu vers 900 avant notre ère. sur la côte Ouest de la province de Ch'ungch'on (Chungcheong). Ce style se distingue du fait que la jarre (élancée, sur base plate mais étroite) devient, ici, la norme. Ici, l'habitation est de forme ronde ou carré. Ce style est aussi en relation avec une culture du riz généralisée : en particulier le paragraphe : Production and storage of food.
Enfin, au Mumun ancien et classique (ou moyen), une poterie rouge et à parois fines, est réalisée dans une terre très fineNotice du Metropolitan Museum of Art : Petite jarre en poterie rouge polie, H. 14,6 cm. du ., alors que la poterie Mumun habituelle est réalisée avec une terre grossière. Cette poterie rouge est aussi nommée « poterie rouge polie », car la terre a été enduite et polie à l'oxyde de fer, avant ou après cuisson. Elle est répandue surtout dans le Sud de la péninsule. Elle offre l'aspect d'un petit pot à col court, ou d'un bol sur pied. Bien qu'on en ait trouvé dans quelques habitations, elle a été surtout utilisée comme dépôt funéraireChoi Jongtaik dans : .
Régions en contact des deux côtés du détroit de Corée Les régions de Chungcheong du Nord et Jeolla du Nord et le Nord Kyushu. Cet auteur a publié en 2016: 水稲農耕開始前後の日本列島・韓半島間交流, [Échanges entre l'archipel japonais et la péninsule coréenne avant et après le début de la culture du riz] .. Au cours de la période de la Poterie du Mumun moyen dans la région de Chungcheong du Nord (Chungcheong-do), les types de forme dominante étaient ceux sans col distinct. De plus, la forme dominante pour la base est le type à fond plat, bien que le type à fond plat et à fond rond existent. Dans la région de Jeolla du Nord (Jolla-do), il y a peu de vases polis peints en rouge. Il s'agit du petit type et du type à fond rond. Au cours de la période du Yayoi initial dans le nord de Kyushu, parmi les types de forme directement liés à l'assemblage de la culture de la Poterie Mumun, les deux types existent, ceux avec une nette distinction entre le col et le corps ainsi que ceux sans col distinct. De plus, il existe des types de base à fonds plats et à fonds ronds.
Subsistance Cette longue période voit une évolution où certaines pratiques propres aux populations de chasseurs-cueilleurs (voire ici plutôt : pêcheurs- collecteurs de coquillages) se mêlent à la cueillette de plantes et à la culture de plantes de jardin, et ce depuis la période Jeulmun (les glands du chêne étant, alors, la denrée la plus consommée). Parmi les plantes les plus consommées on trouve des graminées, de type panicoïdes La domestication du soja est ainsi attestée dès 3000 AEC tout comme dans le contexte de la période Jōmon, dès 3300-2000 AEC..
À la traditionnelle culture du millet s'ajoute la culture du riz Pour les deux types de culture du riz, sur terrain sec et en rizière inondée., du Nord au Sud sur terrain sec, et la culture du riz irrigué qui est pratiquée dès le Mumun classique dans le Sud. Ce savoir-faire aurait, probablement, été importé de la Chine depuis la basse vallée du Yangzi Jiang (anciennement Culture de Liangzhu) ou plus au Nord, dans une région où s'était aussi développée la culture du riz irrigué: la région du Jiangsu. Le soja et le haricot azuki sont domestiqués depuis la période Chulmun. Le blé apparait, accompagné par l'orge, le chanvre, le shiso et d'autres légumes à partir de la Chine. Cependant, la subsistance est encore largement assurée par la chasse, la pêche et la collecte. Les outils utilisés pour l'agriculture sont en pierre polie.
Une étude détaillée. portant sur le stockage, et l'éventuel accaparement de ces stocks par une élite, a montré qu'à part quelques exceptions, dans certains grands centres, au Mumun Moyen (850–550 AEC) les stocks n'ont rien d'exceptionnel, ils correspondent à ceux nécessaires à la substance et aux récoltes d'un groupe d'agriculteurs. Le stockage est ainsi, généralement, déconnecté d'une présence des élites éventuelles ; on fait des stocks sans elles, ajustés à la mesure de ce dont on dispose sur place et de ce dont on a besoin.
Habitations