Dampierre-sur-le-Doubs est une commune française située dans le département du Doubs, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Ses habitants sont appelés « les Dampierrois et Dampierroises ».
Géographie Toponymie Dommo Petro en 1040 ; Dampierre en 1275 ; Dampna petra à la fin du ; Dompierre au ..
Bâtie sur la rive gauche du Doubs, en aval de Montbéliard, Dampierre-sur-le-Doubs a un territoire communal qui s'étire tout en longueur de part et d'autre de la Combe du Tartre, perpendiculairement à la rivièredictionnaire des communes du Doubs.
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Médière à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Dampierre-sur-le-Doubs est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Montbéliard, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (37,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (38,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (37,9 %), zones urbanisées (18,6 %), zones humides intérieures (16,3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (14,7 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (6 %), prairies (3,9 %), terres arables (2,3 %), zones agricoles hétérogènes (0,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Histoire
Antiquité C'est lors de fouilles archéologiques menées par messieurs Petrequin, Urlacher et Vuillat que des traces d'habitations datées de 900 ont été découvertes au lieu-dit Sur le Terreau, à l'endroit où la rivière forme un coude. Les habitants sont des descendants d'une civilisation d'Allemagne du sud dite « civilisation des champs d'urnes » car ils incinéraient leurs morts et enterraient les urnes dans de grands cimetières.
Le premier village était édifié en bordure du Doubs, il rassemblait une trentaine d'habitations longues de cinq à sept mètres et larges de quatre à cinq mètres. Toutes étaient très semblables les unes aux autres. Au centre de la communauté se dressait une construction circulaire d'environ quatre mètres de diamètre. Le village était séparé des sépultures par une palissade de bois d'une cinquantaine de mètres de long. L'étude des tombes (la F27) montre un empierrage de dalles calcaires en surface, des traces d'incinération sont visibles en dessous, il a été découvert la présence d'une urne pansue à bord déjeté, d'une coupe ainsi que divers galets retouchés (poids de filet de pêcheur ?). Une autre tombe (la F8) montre des traces d'ossements incinérés et de céramiques fragmentées : un vase à impression digitale, deux gobelets, l'un à décor peigné et l'autre à cannelures, une assiette décorée de chevrons incisés, trois anneaux de suspension en terre cuite, trois pesons et un gobelet à col cylindrique.
Le climat de la région étant particulièrement humide, il n'est pas rare que les pluies abondantes du printemps occasionnent une crue de la rivière. Cela expliquerait le fait que les villageois érigèrent un deuxième village en retrait du premier mais empiétant sur le terrain réservé à l'origine aux sépultures. Le second village sera plus étendu. Le principe de construction reste le même. La trentaine de maisons recensées laisse supposer une population de 100 à 200 individus. Trois types d'habitations seront construits. La plus courante est carrée avec des dimensions d'environ de côté, elle possède un toit à deux pans car il est souvent trouvé trois rangées de pieux parallèles, deux des habitations laissent paraître des traces de plancher. La seconde forme de construction est rectangulaire, sept à dix mètres de long sur quatre à cinq mètres de large, il est souvent recensé la trace d'un foyer à l'avant de la demeure. Le troisième type de construction est quadrangulaire : sept mètres sur six. Elle possède deux pièces avec abside (pièce semi-circulaire). On y trouve la trace d'un plancher ainsi qu'un empierrage ovale de deux mètres sur un et demi à l'entrée et un foyer. Ce bâtiment unique dans le village avait sans doute une vocation particulière, peut être était-ce un temple ? Quant au centre du village, il est occupé par une fosse agrémentée d'un placage d'argile cuit, sans doute servait-il de fourP.Petrequin, J.P Urlacher et D. Vuiaillat, Le village protohistorique de Dampierre sur le Doubs.
L'époque romaine Le pays tout entier porte les traces de l'invasion romaine et le village de Dampierre-sur-le-Doubs n'y a pas échappé. Les fondations d'une villa romaine ont été découvertes en bordure du bois du Fays. De plus il semble qu'un camp ou une vigie devait dominer la voie romaine « via Agrippa » qui traversait le territoire de la commune.
Les Mérovingiens L'époque mérovingienne a laissé son empreinte à Dampierre sur le Doubs. En effet c'est au lieu-dit Champ du Murot que seront effectuées les fouilles de plusieurs tombes datées du . Conformément à la tradition en usage à l'époque, le cimetière mérovingien sera établi à proximité du carrefour de la voie romaine Besançon-Mandeure et de celle qui reliait Bavans aux plateaux de la Haute-Saône. Cinq tombes ont été trouvées. Les fosses sont orientées SO-NE et disposées en rangées. Le cimetière semble important mais seules cinq tombes seront fouilléesInventaire des tombes mérovingiennes réalisé par messieurs Pétrequin et Odouze.
Dans la première une femme y a été inhumée. Au niveau de la cheville droite des lambeaux de cuir et des anneaux en fer laissent penser à une aumônière. La tombe recèle une petite boucle rectangulaire et son passe-lacet en bronze argenté, un autre passe-lacet plus étroit toujours en bronze. L'aumônière contenait un fragment de coquillage perforé, un tesson de céramique à pâte orangée, un peigne en os et deux plaques en os décorés qui constituaient son étui. La seconde sépulture avait été violée dans l'Antiquité et dépouillée de ce qu'elle contenait. Il a quand même été exhumé un silex taillé, deux éléments d'une boucle de ceinture et des rivets en fer. Dans la troisième sépulture un homme y repose, les bras croisés sur le bassin. Le long du fémur gauche sont découvertes les traces d'une arme en fer qui a été dérobée avant les fouilles. Aux pieds du corps une cruche à anse et bec tréflé, intacte, avait été déposée. La quatrième sépulture est très réduite, il s'agit probablement de celle d'un enfant. Ceci s'explique par la taille de la tombe et l'absence d'objets. La dernière sépulture fouillée renferme une femme enterrée face contre terre, le bras gauche allongée vers la hanche droite et le bras droit replié dans le dos. Autour du cou et sur la poitrine de cette femme a été découvert un collier de 22 perles en pâte de verre colorée de couleur unie (jaune, rouge, brun, vert clair, orange et gris) ainsi que trois perles plus élaborées. L'une est sphérique, blanche avec des filets de pâte rouge, la seconde en forme de dé est à points jaunes sur fond bleu, la troisième est ovoïde, rouge à points jaunes. Au niveau du bassin était placée une petite boucle de ceinture en fer. Auprès du genou gauche était déposée une aumônière avec 3 anneaux en fer et un en bronze. L'aumônière contenait un peigne en os avec son étui. Une coquille de cyprès (coquillage) était fixée à l'aumônière ou au porte-objet.
Plusieurs armes ont été étudiées : deux épées de 74 et de longueur pour de largeur. Trace de fourreaux de bois. Six scramasaxes de différentes longueurs (35, 40 et ) avec traces de fourreaux. Cinq couteaux. Un angon de de longueur (javelot). Deux pointes de lance. Trois umbos de bouclier (centre de bouclier en métal). Deux boucles de ceinture en fer. Deux gobelets. L'absence de hache permet d'élimer les Francs. Les céramiques découvertes sont d'inspiration burgonde. Le nombre important d'épées est caractéristique des Alamans.
Les premières ingérences vignette|100px|Blason fr famille de Dampierre.
Au début du , les seigneurs de Dampierre et de Neuchâtel-Bourgogne étaient les deux plus puissants nobles de la région. En 1207, Othon II de Bourgogne comte de Bourgogne donnait le commandement de la place de Vesoul à Richard de Dampierre. Ce dernier mourra en Palestine en 1227 lors d'une croisade à laquelle il participa avec son frère Eudes. Sa présence est prouvée par le récit de cette croisade. De l'existence de Richard il ne reste que quelques lignes de son testament daté de 1211 :
C'est en l'hommage de Richard que sa descendante Catherine de Dampierre fera, en 1382, entretenir la chapelle de « la Sainte Vraye Croix » à l'Isle en donnant ses dîmes de Colombier-Fontaine à cette chapelle sous l'agrément du sire de Neuchâtel-Bourgogne à qui elle en laissait la collecte. Dès cette époque Dampierre était très convoitée par les seigneurs des alentours. C'est ainsi que les Rougemont, les Neuchâtel-Bourgogne mais aussi les Montbéliard exerceront divers droits sur le village.