La (en occitan : carrièra de la Crotz Baranhon) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description La rue Croix-Baragnon est une voie publique. Elle se situe au cœur du quartier Saint-Étienne.
Longue de , pratiquement rectiligne d’orientation ouest-est, la rue Croix-Baragnon naît de la place Rouaix à la hauteur de l'entrée de l'hôtel de Ciron-Fumel et rejoint la place Saint-Étienne. Elle reçoit la rue Tolosane et la rue des Trois-Banquets au sud et la rue des Arts au nord.
La chaussée ne compte qu'une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue du Languedoc vers la place Saint-Étienne. Elle est définie comme une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
Voies rencontrées La rue Croix-Baragnon rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Place Rouaix Rue d'Alsace-Lorraine (g) Rue du Languedoc (d) Rue Tolosane (d) Rue des Arts (g) Rue des Trois-Banquets (d) Rue Boulbonne (g) Place Saint-Étienne
Transports La rue Croix-Baragnon est parcourue et desservie sur toute sa longueur par la navette . Elle débouche, à l'ouest, sur la rue du Languedoc, où se trouvent les arrêts des lignes de Linéo et de bus .
Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont les stations (14 place Saint-Étienne) et (1 rue des Tourneurs).
Odonymie Le nom de la rue Croix-Baragnon est ancien et déjà signalé à la fin du . Elle tient ce nom d'une croix de carrefour qui se trouvait au croisement de cette rue et des rues Tolosane et des Arts. Cette croix très ancienne était déjà en ce lieu à la fin du et elle ne disparut qu'à la fin du , durant la période révolutionnaire. Une légende du affirme que la croix aurait été élevée en mémoire d'un certain Varanhon, exécuté à tort : comme un de ses amis, sortant de chez lui dans la nuit, était attaqué dans la rue et s'était écrié en occitan Varanhon, me tua ! (en français, « Baragnon, on me tue ! »), les voisins auraient cru qu'il disait Varanhon me tua ! (en français, « Baragnon me tue ! »). Les véritables assassins n'auraient été arrêtés que plus tard – trop tard. Il semble que la croix ait simplement été élevée aux frais de membres de la famille Varanhon/Baragnon, importante famille capitulaire des Chalande 1922, ..
On trouve, à partir du milieu du , le nom de rue des Fargues ou d'En-Fargues, qui doit venir de la famille Fargues ou Fargis, qui accéda plusieurs fois au capitoulat au et au . À la Révolution, la rue changea plusieurs fois d'appellation : en 1791, elle fut la rue du Département, car le directoire du département de la Haute-Garonne avait été installé dans l'hôtel du Premier Président (actuel ), puis, en 1794, sous l'impulsion de la municipalité jacobine, elle devint la rue Démocratique. En 1806, alors que plusieurs rues de la ville changeaient à nouveau de nom, il fut proposé d'honorer la mémoire de Guillaume Catel, conseiller au parlement de Toulouse, érudit toulousain, considéré comme l'un des premiers historiens de la ville et du Languedoc, dont l'hôtel particulier était tout proche (actuel place Saint-Étienne). Aucun de ces noms ne subsista et, dès 1814, la rue redevint rue Croix-BaragnonChalande 1922, .. Cependant, à la même date, la deuxième partie de la rue, entre le carrefour de la croix Baragnon et la place Saint-Étienne, prenait le nom de rue Saint-ÉtienneChalande 1926, .. Ce n'est qu'en 1947 que la rue reprit son premier nomSalies 1989, vol. 1, ..
Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue Croix-Baragnon appartient, du côté ouest et jusqu'au carrefour de la Croix-Baragnon, au capitoulat de la Pierre, et, du côté est, au capitoulat de Saint-Étienne. Elle se trouve sur un des principaux axes traversant la ville d'est en ouest, depuis la porte Saint-Étienne jusqu'aux différents ponts qui franchissent la Garonne - le Pont-Vieux jusqu'au , le pont de la Daurade entre le et le , puis le Pont-Neuf après le . De plus, la rue Croix-Baragnon permet de relier la place Saint-Étienne, où se tient un important marché agricole sous l'autorité des chanoines de la cathédrale, et la place Rouaix. La rue tient son nom d'une croix de carrefour, installée au milieu du croisement des rues Tolosane et des Banniers (actuelle rue des Arts). Cette croix, qui aurait élevée grâce à des membres de la famille Baragnon, est ancienne : elle est mentionnée dans une ordonnancé du comte de Toulouse Raimond V, datée de 1180, sur l'écoulement des eaux entre la place Rouaix et les bâtiments du cloître de Saint-Étienne. D'ailleurs, comme sur toutes les places de la ville, on trouve également, près de la croix, un puits qui alimente le quartier.
Cette rue importante est principalement peuplée de marchands, qui y ont leurs boutiques et leurs maisons. Certains d'entre eux s'enrichissent considérablement, faisant construire de belles demeures. C'est à ces marchands que l'on doit la Maison romano-gothique, avec ses arcades et ses fenêtres gothiques aux chapiteaux romans, construite au début du (actuel ), et le premier immeuble de l'hôtel de Bonnefoy, qui conserve des fenêtres gothiques du (actuel ).
Période moderne Le , un incendie se déclare dans une boulangerie voisine, à l'angle des rues des Chapeliers (actuelle rue du Languedoc) et Maletache. Il provoque des destructions importantes dans le quartierBastide 1968, . : il semble que seule la Maison romano-gothique, construite en brique et en pierre, résiste aux flammes. Cependant, les règlements capitulaires, qui interdisent toute nouvelle construction en bois, ne sont pas respectés : des maisons en corondages sont encore élevées au (actuelle maison sans numéro, à l'angle de la rue des Arts, et ). De guerre lasse, les capitouls se contentent de réglementer l'entretien de ces maisons en bois : la maison à l'angle de la rue des Arts porte encore les traces des saillies des étages retranchés selon l'ordonnance de 1550.
La reconstruction des maisons de la rue Croix-Baragnon est cependant impulsée par l'élite toulousaine, riches familles de capitouls ou de parlementaires, toujours aussi nombreuses : du , on compte pas moins de 16 capitouls et 13 parlementaires propriétaires de maisons dans cette rue, ce qui est un record pour la ville. Dans ce contexte, la rue est, dès la fin du , progressivement bordée d'hôtels particuliers. En 1513, le marchand Bérenguier Bonnefoy, capitoul en 1513-1514, fait construire son propre hôtel particulier avec sa tour, privilège réservé aux capitouls (actuel ). En 1545, Le juge-mage Michel Du Faur, seigneur de Saint-Jory, fait élever un bel hôtel dans le goût de la première Renaissance par Nicolas Bachelier (emplacement de l'actuel ). On trouve également Jean Daffis, conseiller au parlement en 1536, président en 1556 et premier président en 1563, qui possède un vaste immeuble (anciens ). On trouve également des salles de jeu de paume, ce sport étant devenu populaire parmi l'élite toulousaine, plusieurs salles avaient été ouvertes dans le quartier. Une salle du jeu de paume qui est établi dans la vieille maison de la famille Goyrans (actuel ) est tenue par François de Goyrans, seigneur de Goyrans et capitoul en 1565-1566. Dans la maison voisine est également établi un « marchand paulmier », Jean Vidal (actuel ).
La rue reste attractive au et les constructions se poursuivent. Les membres de la famille Ciron font construire, au coin de la place Rouaix, un hôtel particulier dans le style classique, entre cour et jardin (actuel ). Vers 1634, l'hôtel des Daffis passe à la famille Prohenques : en 1654, Guillaume de Prohenques, conseiller entre 1634 et 1661, fait réaménager l'hôtel, qui est ensuite transmis à ses descendants (anciens ).
Au , les nouvelles constructions cherchent à s'intégrer au plan d'embellissement de la ville, qui passe d'abord par l'élargissement des voies principales. En 1752, comme elle gêne la circulation, la croix Baragnon est déplacée et plaquée contré une des maisons voisines, tandis que le puits est rasé et recouvert. Au milieu du , l'hôtel des Ciron est réuni à un hôtel voisin ; ils sont réaménagés ensemble pour le comte Joseph de Fumel, avant que l'ensemble racheté en 1770 pour devenir la résidence des premiers président du parlement de la ville (actuel ). À la même date, le vieil hôtel de Saint-Jory est détruit pour faire place à l'hôtel d'Andrieu de Montcalvel, édifié pour un membre de la famille de Castellane, probablement Jean-Antoine de Castellane Saint-Maurice, évêque de Lavaur (actuel ). Dans certains cas, les projets de constructions nouvelles des propriétaires et les projets d'embellissement des autorités de la ville peuvent se rejoindre. Entre 1767 et 1771, le marquis de Bonfontan accepte que la façade de l'hôtel particulier qu'il fait construire soit reculée, en échange d'un terrain en arrière, cédé par les capitoulsHôtel particulier toulousain #8 : l'hôtel Bonfontan, Série "Les hôtels particuliers", sur le site Toulouse Cultures, novembre 2015, consulté le 21 janvier 2017..
Époque contemporaine La Révolution française apporte quelques changements. C'est d'ailleurs probablement à cette époque que disparaît la vieille croix Baragnon du . Les corporations et les métiers sont dissous par la loi Le Chapelier : l'immeuble de la Société des Frères Tailleurs de la Taille de Thoulouse est saisi et vendu comme bien national (actuel ). En 1790, le parlement de Toulouse ayant été supprimé, comme tous les autres parlements du pays, l'hôtel du Premier président est récupéré par l'administration centrale, sans qu'on lui trouve d'affectation. Finalement, en 1791, le Directoire du département de Haute-Garonne s'installent pour quelque temps dans cet hôtel, ce qui explique l'appellation de rue du Département qui s'impose à cette date.
En 1802, à la suite du Concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII, le culte catholique est rétabli en France. Tandis que l'administration départementale, devenue préfectorale, est déménagée dans les anciens bâtiments de l'archevêché, l'archevêque Claude François Marie Primat s'installe dans l'ancien hôtel du Premier président. En 1806, à l'instigation du Journal de Toulouse, la rue du Département prend le nom de l'historien toulousain Guillaume Catel.
Dans la deuxième moitié du , la rue est intégrée aux travaux de réaménagement des voies de circulation de la ville. En 1869 commencent les travaux proposés par Urbain Maguès de rues Longitudinale et Latérales, baptisées ensuite rue d'Alsace-Lorraine et rue de Metz. En 1873, les derniers travaux de la rue d'Alsace-Lorraine permettent de relier le boulevard de Strasbourg et la place Rouaix, emportant les premières maisons du côté nord de la rue (anciens et 4), tandis que l'Archevêché est doté d'un nouveau pavillon d'entrée à l'angle des rues d'Alsace-Lorraine et Croix-Baragnon (actuel ). Dans le même temps, comme la partie de la rue de Metz, entre la nouvelle place Esquirol et le boulevard Carnot n'a pas encore été réalisée, il est décidé de procéder à l'élargissement de la rue Croix-Baragnon : c'est entre 1870 et 1873 que sont édifiés la plupart des immeubles du côté nord de la rue (actuels et surtout 22 à 30).
Les travaux se poursuivent au tournant du . Entre 1900 et 1904, le percement de la rue du Languedoc, entre la place Rouaix et la place du Salin, emportent à leur tour la première maison de la rue, reconstruite à l'alignement (actuel ). Mais si la rue Croix-Baragnon reste relativement épargnée par ces démolitions, ce n'est pas le cas des édifices des rues voisines : en 1904, Thomas de Montval en profite et fait réédifier dans la cour de son hôtel particulier (actuel ) une partie des arcades de l'hôtel de Pins, détruit par la percée de la rue du Languedoc.
Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtels particuliers