La (en occitan : carrièra dels Arts) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description vignette|gauche|De la rue de Metz à la rue de la Pomme. La rue des Arts est une voie publique. Elle traverse les quartiers Saint-Étienne et Saint-Georges.

Longue de , pratiquement rectiligne et d'orientation sud-nord, la rue des Arts naît au carrefour de la rue Croix-Baragnon, dans le prolongement des rues Tolosane et Mage qui, par la grande-rue Nazareth, permettent de rejoindre la place du Salin, au sud du centre-ville. La première partie de la rue, longue de 85 mètres jusqu'à la rue de Metz, a conservé l'étroitesse des rues médiévales et ne fait pas plus de de large dans certaines portions. Après avoir traversé la rue de Metz qui la coupe, son visage change, résultat des aménagements et des élargissements réalisés au . Elle longe le petit square Édouard-Privat et le musée des Augustins. Au chevet de l'église des Augustins, elle reçoit à gauche la rue Antonin-Mercié et donne naissance à droite à la rue Cantegril. La rue des Arts se poursuit ensuite jusqu'au croisement de la rue de la Pomme, qui la prolonge au nord pour rejoindre la place du Capitole, et à l'est vers la place Saint-Georges.

La chaussée compte une voie de circulation automobile en sens unique, de la rue de la Pomme vers la rue Croix-Baragnon. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit en double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue des Arts rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Rue Croix-Baragnon (g) Rue de Metz Rue Cantegril (d) Rue Antonin-Mercié (g) Rue de la Pomme

Transports La rue des Arts n'est pas directement desservie par les transports en commun. Elle se trouve cependant à proximité immédiate du parcours de la navette , qui emprunte la rue Croix-Baragnon et la rue Boulbonne. Elle est également proche de la place Étienne-Esquirol, où se trouvent la station du même nom, sur la ligne de métro , ainsi que les arrêts de la ligne de bus . Plus au sud, sur la place des Carmes, se trouvent la station du même nom, sur la ligne de métro .

Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont la station (15 place Étienne-Esquirol) et la station (1 rue des Tourneurs).

Odonymie Au Moyen Âge, l'actuelle rue des Arts était divisée en deux parties. La première, de la rue Croix-Baragnon à la rue Cantegril, était connue dès le comme la rue des « Banniers » : carrièra dels Banoyes en occitan, carraria Baneriorum en latin médiéval. L'origine de ce mot est discutée et rappellerait soit les artisans vanniers, soit les fabricants de courtepointes et de couvertures (vana en occitan). Au , elle prit le nom de rue des Augustins, tout comme les actuelles rues Peyras, Genty-Magre et Antonin-Mercié, car elle longeait à l'est les bâtiments du couvent des Augustins, installé en ce lieu depuis le . La deuxième partie de la rue, de la rue Cantegril à la rue du Fourbastard, avait le nom, au , de rue du Puits-des-Deux-Carres, c'est-à-dire « des deux rues » (carrièra en occitan), car un puits de ce nom se trouvait au croisement des actuelles rues de la Pomme et du Fourbastard. Au , cette rue prit le nom de rue des Estagnères-Vieilles, car on y trouvait de nombreux artisans étameurs (estanhièro en occitan), fondeurs d'étainChalande 1922, ..

En 1794, pendant la Révolution française, les noms des rues furent modifiés et les deux rues des Augustins et des Estagnères-Vieilles furent réunies et renommées ensemble rue Le Niveau, en référence au « niveau national ». Elles perdirent cette appellation au bout de quelques mois et devinrent en 1796 la rue du Grand-Soleil, car une hôtellerie de ce nom se trouvait dans une des maisons (emplacement de l'actuel ), face à la rue de la Colombe (actuelle rue de Metz). En 1806, la rue prit finalement le nom de rue des Arts, après l'installation de l'École des beaux-arts dans une partie des bâtiments du couvent des Augustins, désormais désaffecté. Elle ne le perdit pas après 1892 et le départ de l'École pour ses nouveaux locaux du quai de la Daurade (ancien prieuré de la Daurade, actuel )Chalande 1922, .Klein et Léoutre 2012, ..

Histoire

Patrimoine et lieux d'intérêt Couvent et musée des Augustins

, et ..

Le couvent des Augustins est construit dans le style gothique méridional entre le et le début du . Le long de la rue des Arts s'élèvent la salle capitulaire et la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, qui bordent le cloître à l'est, et l'église conventuelle. Les bâtiments, devenus biens nationaux à la Révolution française, sont affectés au Muséum du Midi de la République, ouvert en 1795. Il abrite aussi, de 1804 à 1892, l'École des beaux-arts de la ville, qui a donné son nom à la rue. L'actuel musée des Augustins, musée des beaux-arts de la ville de Toulouse, présente une collection de peintures et de sculptures du au début du ..

Hôtels particuliers vignette| : portail de l'hôtel de Nolet. vignette| : galerie et tourelle dans la cour. 7 : hôtel Nolet. Un premier hôtel particulier est construit en 1670 pour Bernard de Nolet, trésorier général au bureau des finances de Toulouse, mais il a été considérablement altéré au milieu du : à partir de 1830, l'édifice accueille l'hôtel de voyageurs Baichère, un des plus importants établissements hôteliers de la ville sous le Second Empire. L'édifice comprend trois bâtiments séparés par deux cours. Au rez-de-chaussée de la façade sur la rue des Arts, la porte cochère en plein cintre, de style classique, dont l'encadrement présente une alternance de briques et de pierres, date de 1670. Les deux étages surmontés d'un étage de combles ont été réédifiés au milieu du dans le style néo-classique. Les fenêtres des et sont rectangulaires et surmontées d'une corniche et ornées d'une frise en terre cuite. Le est doté d'un balcon continu. Une large corniche à modillons sépare l'étage de comble. Dans la première cour, les élévations du logis de Nolet ont été en partie conservées : une galerie à arcades et une tourelle sont visibles..

10 : hôtel Dupuy-Montaut. L'hôtel, de style classique, est construit après 1677 pour André Dupuy, seigneur de Montaut et conseiller au parlement de 1654 à 1681. Il s'élève sur trois étages, mais sa façade étroite en brique ne compte que trois travées. Le vaste portail en brique et pierre alternées, décentré à droite, est surmonté d'une imposante corniche. L'agrafe en pierre est ornée d'un blason portant la date de 1477 et surmonté d'un casque. Les étages sont percés de grandes fenêtres rectangulaires, surmontées d'une corniche et dont l'encadrement est également en brique et pierre alternées. Celles du sont dotées de garde-corps en fer forgé à motifs géométriques et végétaux. Les fenêtres du ont des balustres en pierre. Sur la cour, le rez-de-chaussée est occupé par une arcade de pierre en anse de panier, décorée de feuilles de laurier dans les écoinçons. Les fenêtres des étages sont rectangulaires et surmontées d'une corniche. Au fond de la cour se trouve une fenêtre à meneau, vestige de la maison de la famille Garrigia, au début du Chalande 1922, ...

16 : hôtel Ramel. L'hôtel Ramel est construit à l'emplacement de l'ancienne hôtellerie de l'Ave Maria, occupée à partir du par le couvent des Dames d'Andouin.L'édifice comprend plusieurs corps de bâtiment qui s'organisent autour d'une cour centrale. Le rez-de-chaussée est caractéristique des constructions de la fin du . La façade de briques, traitées en bossage, repose sur un solin en pierre. L'élévation est symétrique : deux arcades en plein cintre encadrent une porte cochère rectangulaire, menant à un passage couvert. Les étages supérieurs, d'un style néo-classique, ont été remaniés dans le deuxième quart du . Les fenêtres sont en plein cintre et des pilastres séparent les travées du . La travée centrale est mise en valeur par des médaillons en terre cuite au et des pilastres jumelés et couverts d'enduit au . L'élévation est surmontée d'une corniche à denticules et oves, et couronnée d'une balustrade en terre cuite. Sur la cour, les élévations postérieure et latérales sont percées de fenêtres segmentaires et rectangulaires. En fond de cour, le corps de bâtiment en demi-cercle se développe sur un étage.

17 : emplacement de l'hôtel Duranti. L'immeuble actuel est construit à la famille du à l'emplacement de l'hôtel de la famille Durand (ou Duranti). Un hôtel particulier est acquis entre 1536 et 1538 par Antoine de Durand, qui le transmet après sa mort, en 1540, à ses fils. En 1561, il échoit à Jean-Étienne de Durand (dont le nom latinisé est Duranti), avocat au parlement, qui l'occupe jusqu'en 1582, date à laquelle il s'installe dans le vaste hôtel particulier qu'il se fait bâtir au pré Montardy (actuel hôtel Caulet-Rességuier, rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier). L'hôtel de la rue des Arts passe par la suite au conseiller au parlement Jacques de Caulet, frère de la veuve de Duranti, Rose de CauletChalande 1922, ..

Immeubles et maisons vignette| : maison en corondage à l'angle de la rue Croix-Baragnon. 1 : maison. La maison se situe à l'angle des rues des Arts et Croix-Baragnon, mais sa façade principale, longue de deux travées, est bien sur la première. La façade en corondage est construite au . Elle est en pan de bois à grille et décharge, hourdé de briques. Le poitrail en bois au-dessus de l'entresol est de longue portée et supporté par un système en T. L'assemblage des sablières de plancher, du poitrail et des sablières de chambrée, à l'angle de la maison, est particulièrement complexe..

3 : immeuble. L'immeuble, d'un style classique sévère, date de la deuxième moitié du . L'élévation à six travées est symétrique. Le rez-de-chaussée est formé de deux arcades en plein cintre qui encadrent deux arcades en anse de panier. Les fenêtres sont rectangulaires avec des appuis en pierre. Un important cordon mouluré sépare le des autres niveaux. Les fenêtres des et ont un chambranle renfoncé et sont séparées par un motif de table. Les fenêtres du sont protégées par de remarquables garde-corps aux motifs végétaux en fer forgé. Une corniche à modillon surmonte l'élévation..

4 : immeuble. L'immeuble classique date de la première moitié du . Les fenêtres du ont un balconnet en pierre orné d'un garde-corps en fer forgé de style Régence..

5 : immeuble. L'immeuble, de style classique, est construit dans la deuxième moitié du , mais le semble être une surélévation du siècle suivant. Les fenêtres des et sont pourvues de garde-corps en fer forgé aux motifs géométriques..

12 : emplacement de l'hôtellerie du Grand-Soleil (). L'hôtellerie du Grand-Soleil, qui était établie dans la rue depuis le , a subsisté jusqu'au percement de la rue de Metz en 1899. Elle vit passer l'empereur Joseph II alors qu'il voyageait en France en 1777, et donna son nom à l'actuelle rue des Arts entre 1796 et 1806Chalande 1922, ..

14 : immeuble Ramel ; librairie Privat. L'immeuble Ramel, construit en 1862, ne comprend à ce moment-là qu'un rez-de-chaussée et un entresol. L'immeuble et l'hôtel voisin () sont légués par A. Ramel aux hospices civils de Toulouse en 1864. Il est surélevé de deux étages en 1900 suivant les plans dressés par l'architecte des hospices civils, Arthur Romestin. La longue façade de onze travées se développe sur un entresol et deux étages. Le rez-de-chaussée et l'entresol sont construits en pierre et des pilastres cannelés colossaux encadrent les baies. L'élévation des et , en brique claire, est recouverte de bossage et surmontée par une corniche moulurée. Un balcon filant court le long du .