() est un film écrit et réalisé par John Maybury, sorti en 1998 au Royaume-Uni, et en France la même année.

Argument Adaptation de la biographie en partie fictionnelle Francis Bacon, aspects d'une vie (en anglais : The gilded gutter life of Francis Bacon, publié en 1994) de Daniel Farson. (également consultant sur le film), le film dresse le portrait de Francis Bacon (Derek Jacobi), peintre homosexuel entretenant une relation destructrice avec le jeune George Dyer (Daniel Craig)..

Synopsis Londres, années 1960. George Dyer, jeune cambrioleur, s'introduit dans l'atelier du peintre Francis Bacon, qui le surprend lorsqu'il traverse par mégarde son plafond. Le piètre malfrat se voit proposé de devenir l'amant et la muse de l'artiste reconnu de la bourgeoisie camp de Soho.

Tandis que les deux hommes, qui habitent ensemble, entament une relation sadomasochiste et apprennent peu à peu à se connaître, les rumeurs fusent. Dans le club, entre alcool et cigarettes, Muriel Belcher, Isabel Rawsthorne et John Deakin tergiversent sur l'existence même de cette relation et sur l'identité de ce nouvel amant. Bacon présente finalement George Dyer à ses pairs artistes, qui les charrient avec humour. Les deux hommes les fréquentent régulièrement autour de verres ou de repas.

L'écart de classe est toutefois manifeste quand, avant un match de boxe (dont la violence participe du désir sexuel et de l'acte sexuel à venir), Dyer, accompagné de Bacon, croise deux anciennes connaissances du monde interlope qui le mettent en garde face aux « bourges » et aux freaks qu'il côtoie désormais.

Leur relation devient de plus en plus trouble. À l'atelier, Dyer souffre de ses cauchemars — et Bacon, d'être réveillé par ces mêmes cauchemars —, de la solitude et de la jalousie qu'il ressent à l'égard du peintre : celui-ci s'intéresse davantage à ses tableaux, à ses amis ou à un amant de passage qu'à lui. Bacon affirme l'aimer (Isabel Rawsthorne souligne comme il en témoigne bien dans sa peinture, et bien mal à son amant) et l'aide financièrement, mais il l'éloigne de l'atelier : Dyer est toujours « dans le passage ».

À la violence qui attisait leurs rapports se sont substitués l'attachement pour l'un, l'exaspération pour l'autre. Leur communication s'amenuise et s'enchaînent des situations de crise qui, pourtant, sont loin d'inquiéter Bacon, et qui n'ont par ailleurs aucune sorte de conséquence — Dyer dissimule de la drogue dans l'atelier pour que la police, à l'issue d'une perquisition, embarque Bacon ; lorsque les amants s'en vont à New York, Dyer manque de se jeter d'un toit. Bacon s'interroge : qui des deux détruira l'autre ? Il décroche les photos de George qui ornaient son atelier. Dyer, quant à lui, noie sa souffrance dans l'alcool.

Bacon achève ses peintures destinées à une exposition au Grand Palais à Paris, qui représentent Dyer et que le peintre a réalisé tout au long de leur relation. Dyer accepte de l'accompagner à Paris, malgré son ressentiment et son désespoir. À l'hôtel, il rappelle à son amant combien cette vie lui a coûté pour s'intégrer, et lui déclare qu'il l'aime ; Bacon lui demande s'il tire son texte de la télévision, puis quitte la chambre pour assister au vernissage. Dyer se suicide avec ses médicaments.

Face aux mondains qui le félicitent pour l'exposition, Bacon affirme qu'il « vaut mieux en rire qu'en pleurer ». Dans son atelier, le miroir lui renvoie le reflet de ses pairs camp qui lèvent leur verre en son honneur.

Fiche technique Titre original : (L'amour est le diable : étude pour un portrait de Francis Bacon) Titre français : Réalisation : John Maybury Scénario : John Maybury Photographie : John Mathieson Musique : Ryûichi Sakamoto Production : Takashi Asai, Ben Gibson, Patrice Haddad, Chiara Menage et Frances-Anne Solomon Pays d'origine : - - - Format : couleurs Genre : biographique Date de sortie : 1998

Distribution

Distinctions et sélections Le film remporte trois prix au Festival international du film d'Édimbourg : Meilleur nouveau long métrage britannique (réalisateur John Maybury). Prix de la meilleure performance britannique pour Derek Jacobi. Prix de la meilleure performance britannique pour Daniel Craig.

Le film est projeté dans la section Un certain regard du festival de Cannes 1998.

Analyse Selon Justine Elias dans The Village Voice,

Notes et références

Liens externes

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