Ici sont présentées les nomenclatures utilisées pour les objets situés dans des systèmes planétaires, aussi bien les propositions anciennes que celles actuellement en vigueur en passant également par celles utilisées dans les œuvres de fiction.
Normes pour les objets extrasolaires Étoiles multiples Le nommage normalisé des exoplanètes est une extension de celui utilisé par le (WMC) pour les systèmes d'étoiles multiples. Nous commencerons donc cette section en discutant brièvement cette norme WMC qui a été adoptée par l'Union astronomique internationale (UAI).
Selon cette norme, le membre le plus brillant d'un système reçoit la lettre « A » majuscule. Les composants distincts qui ne sont pas compris dans « A » sont nommés « B », « C », en majuscule dans l'ordre de l'alphabet latin de base (26 lettres de A à Z). Les sous-composants sont désignés par un ou plusieurs suffixes ajoutés à celui du sous-système, en commençant par des lettres minuscules (a à z) pour le deuxième niveau hiérarchique puis des nombres pour le troisième. Par exemple, si un système triple est composé de deux étoiles très proches orbitant chacune autour de l'autre avec une troisième étoile plus éloignée orbitant autour de la première paire, les deux étoiles centrales seront considérées comme formant une seule composante du système avec deux sous-composantes. Elles reçoivent alors les désignations « Aa » et « Ab » tandis que la troisième étoile reçoit la désignation « B ». Cette norme n'est pas toujours strictement suivie, pour des raisons historiques. Par exemple, les trois membres du système triple Alpha Centauri sont conventionnellement nommés Alpha Centauri A, B et C alors qu'ils devraient être désignés comme Alpha Centauri Aa, Ab et B respectivement. C'est notamment le cas lorsque la troisième composante est découverte après les deux premières, comme dans le cas d'Alpha Centauri.
Planètes extrasolaires Suivant une extension de la norme précédente, le nom d'une exoplanète est normalement formé en ajoutant une lettre minuscule au nom de l'étoile hôte de ladite planète. La première planète découverte se voit attribuer la désignation « b » (la lettre « a » étant réservée à l'étoile) puis les planètes suivantes sont nommées avec les lettres suivantes dans l'ordre alphabétique. Si plusieurs planètes du même système sont découvertes en même temps, la plus proche de l'étoile reçoit la première lettre suivante, et ainsi de suite en s'éloignant de l'étoile.
Par exemple, dans le système 55 Cancri, la première planète, 55 Cancri b, fut découverte en 1996. Deux planètes supplémentaires plus éloignées furent ensuite découvertes simultanément en 2002, la plus proche étant nommée 55 Cancri c et la seconde 55 Cancri d. La découverte d'une quatrième planète, dont l'existence fut plus tard remise en cause, fut ensuite revendiquée en 2004 et nommée 55 Cancri e bien qu'étant plus proche de l'étoile que 55 Cancri b. Enfin, la planète découverte le plus récemment, en 2007, reçut le nom 55 Cancri f bien qu'ayant une orbite se trouvant comprise entre celles de 55 Cancri c et de 55 Cancri d. En , la lettre la plus haute utilisée est « j », pour la planète non confirmée HD 10180 j. La lettre la plus haute actuellement utilisée pour une planète confirmée est « h », pour HD 10180 h.
Cette désignation en « b », « c », etc. est de fait validée par l'Union astronomique internationalehttps://www.iau.org/public/themes/naming_exoplanets/.
Si une planète orbite un membre d'un système binaire, la lettre capitale de l'étoile est alors suivie par une minuscule pour la planète. Plusieurs exemples sont aujourd'hui connus, tels 16 Cygni Bb et HD 178911 Bb. Les planètes en orbite autour de l'étoile primaire (étoile « A ») devraient avoir un « Ab » à la suite du nom du système, comme pour HD 41004 Ab. Cependant, le « A » est parfois omis, en particulier lorsque la seconde étoile a été découverte après la (ou les) planète(s). Par exemple, la première planète découverte autour de l'étoile principale du système binaire Tau Bootis est habituellement appelée simplement Tau Bootis b.
Cette désignation en « Ab », « Bb », etc. est de fait validée par l'Union astronomique internationale.
Si l'étoile hôte est une étoile simple, on peut toujours considérer qu'elle possède un « A » dans sa désignation, bien qu'il ne soit habituellement pas écrit. La première exoplanète trouvée autour d'une telle étoile est alors considérée comme étant un sous-composant secondaire dudit système recevant la désignation « Ab ». Par exemple, 51 Peg Aa est l'étoile hôte du système 51 Peg et la première exoplanète est alors 51 Peg Ab. La plupart des exoplanètes se trouvant dans des systèmes unistellaires, la désignation « A » est généralement absente, ne laissant que la minuscule à la suite du nom du système : 51 Peg b. Le « a » pour l'étoile est généralement omis aussi, désignant ainsi l'étoile par le nom du système, ici par exemple 51 Peg. Ce léger abus est pratiqué par l'Union astronomique internationale elle-même, sur sa page dédiée au nommage des exoplanètes.
Quelques exoplanètes se sont vu attribuer des noms qui ne se conforment pas à la norme précédente. Par exemple, les planètes qui orbitent le pulsar PSR 1257+12 ont été nommées à l'origine avec des capitales commençant par A plutôt qu'avec des minuscules commençant par b. C'est cependant la désignation standard (minuscule commençant par b) qui a été de fait reconnu par l'UAI puisque c'est la forme utilisée pour désigner ces objets lors de la campagne NameExoWorlds.
Satellites extrasolaires
Pour le moment, l’Union astronomique internationale n’a pas élaboré de nomenclature spécifique pour les exolunes. Certains avancent l’idée d’utiliser la numération romaine. Après la désignation officielle de l’exoplanète figurerait un numéro inscrit en chiffre romain, à l'image de la désignation systématique des satellites des objets du Système solaire (par ex. Mars I pour Phobos, ou Pluton I pour Charon).
Une solution alternative est la proposition faite par Hessman de continuer à utiliser la nomenclature en vigueur pour les étoiles multiples, que ce soit pour planètes, leurs satellites ou tout éventuel niveau supérieur (voir la section suivante).
Planètes circumbinaires et proposition de 2010 Hessman firent la remarque que le système implicite utilisé pour les noms d'exoplanètes tombait totalement en échec avec la découverte de planètes circumbinaires. Ils notent que les découvreurs des deux planètes autour de HW Virginis ont essayé de contourner le problème de nommage en les appelant « HW Vir 3 » et « HW Vir 4 », c'est-à-dire comme étant les troisième et quatrième objets – stellaires ou planétaires – découverts dans le système. Ils notent également que les découvreurs des deux planètes autour de NN Serpentis ont été confrontés à de multiples suggestions émanant de diverses sources officielles et choisirent finalement d'utiliser les désignations « NN Ser c » and « NN Ser d ».
La proposition de Hessman et al.Les règles qui suivent sont une traduction libre de <<la section correspondante dans l'article anglophone correspondant>> commence avec les deux règles suivantes : Règle 1 : Le nom formel d'une exoplanète est obtenu en ajoutant les suffixes appropriés au nom formel de l'étoile hôte ou du système stellaire. La hiérarchie la plus haute est définie par des lettres haut-de-casse, suivies par des lettres bas-de-casse, suivies par des nombres, etc. L'ordre de nommage au sein d'un niveau hiérarchique est seulement pour l'ordre de découverte. (Cette règle correspond à l'actuelle convention de nommage provisoire WMC.) Règle 2 : Chaque fois que la désignation de la première lettre capitale est manquante, ceci est interprété comme étant une forme informelle avec un « A » implicite sauf indication contraire explicite. (Cette règle correspond à l'actuel usage de la communauté scientifique pour les planètes autour d'étoiles simples.)
Ils notent que, en suivant ces deux règles, 99 % des noms actuels de planètes autour d'étoiles simples sont conservés comme des formes informelles de la forme provisoire sanctionnée par l'UAI. Ils renommeraient simplement Tau Bootis b officiellement en Tau Bootis Ab, en conservant la forme précédente pour un usage informel (à l'aide de la règle 2 ci-dessus).
Pour faire face aux difficultés liées aux planètes circumbinaires, la proposition contient deux règles supplémentaires :
Règle 3 : Comme une alternative à la nomenclature standard à l'article 1, une relation hiérarchique peut être exprimée par la concaténation des noms du système d'ordre supérieur et en les plaçant entre parenthèses, après quoi le suffixe du système d'ordre inférieur est ajouté.
Règle 4 : En cas de doute (par exemple, si un autre nom n'a pas été clairement défini dans la littérature), la hiérarchie exprimée par la nomenclature devrait correspondre à des (sous-)systèmes dynamiquement distincts dans l'ordre de leur pertinence dynamique . Le choix des niveaux hiérarchiques devrait être fait afin de mettre l'accent sur les relations dynamiques, si elles sont connues.
Ils font valoir que la nouvelle forme utilisant des parenthèses est la meilleure pour les planètes circumbinaires connues et a pour effet souhaitable de donner à ces planètes des "étiquettes" de sous-niveaux hiérarchiques identiques et des noms de composants stellaires qui sont conformes à l'usage pour les étoiles binaires. Ils indiquent que cela ne nécessite le changement de nom complet que de deux systèmes exoplanétaires : les planètes autour HW Virginis serait rebaptisé HW Vir (AB) b et (AB) c tandis que ceux autour NN Serpentis serait rebaptisé NN Ser (AB) b et (AB) c. En outre, les seules planètes circumbinaires connues antérieurement autour de PSR B1620-26 et DP Leonis peuvent presque conserver leurs noms (PSR B1620-26 b et DP Leonis b) comme des formes officieuses informelles de la forme « (AB) b » où la désignation « (AB) » est laissée de côté.
Les découvreurs de la planète circumbinaire autour de Kepler-16 suivirent la proposition de nommage de Hessman et al. lorsqu'il baptisèrent l'objet « Kepler-16 (AB)-b » (normalement Kepler-16 (AB) b sans tiret), ou simplement Kepler-16 b lorsqu'il n'y a aucune ambiguïté.
La forme en « (AB) b » est la forme de fait validée par l'Union astronomique internationale.
De nouvelles difficultés