L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est une église catholique paroissiale située à Baron, en France. Son clocher avec une flèche en pierre haute de date du . L'église proprement dite a été édifiée entièrement au dans le style gothique flamboyant, et présente une rare homogénéité, encore plus à l'intérieur qu'à l'extérieur. La façade principale est celle du sud, et l'élément le plus soigné est le croisillon sud qui comporte le portail. Il n'y a pas de fenêtres hautes : les murs hauts de la nef et du chœur sont nus au-dessus des grandes arcades. L'intérieur est très sobre : il n'y a pas un seul chapiteau, et les moulures se concentrent sur les piles ondulées et les grandes arcades, mais les lignes claires et l'harmonie des proportions créent une impression d'élégance, soulignée par les boiseries du provenant de l'abbaye de Chaalis. L'église a été classée très tôt au titre des monuments historiques par liste de 1840., et se trouve ainsi parmi les treize tout premiers monuments historiques du département de l'Oise. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Notre-Dame-de-la-Visitation du Haudouin.
Localisation thumb|left|Vue depuis l'est.
L'église est située en France, dans la région Hauts-de-France et le département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, sur la commune de Baron, place Jeanne-d'Arc. Cette place correspond au petit parvis au sud de l'église, qui surplombe légèrement la rue des Fontaines (RD 330a) grâce à un mur de soutènement. C'est l'élévation méridionale de l'église qui donne sur la place, ainsi qu'une partie de la façade occidentale, presque cachée du fait de la proximité de la maison qui lui fait face. Une autre petite place se situe au sud-est de l'église. La rue aux Fouarres commence ici, et à l'est de la place, la RD 330a se nomme rue des Russons. Enfin, à l'est de l'ancienne poste devant le chœur de l'église, la rue du Cimetière part en direction du nord. Depuis cette rue, il est possible d'apercevoir le chevet de l'église, ainsi que, plus loin, l'élévation septentrionale. On ne peut pas faire le tour de l'église, et une partie de la façade occidentale, toute l'élévation septentrionale et tout le chevet sont enclavées dans des propriétés privées.
Historique thumb|Chœur, côté sud. thumb|Boiseries de l'abside. thumb|Vue depuis le nord-est.
Sous l'Ancien Régime, Baron relève du doyenné et du diocèse de Senlis. Le collateur de la cure est l'évêque de Senlis. Baron est un bourg d'une certaine importance, soulignée jadis par une enceinte avec des portes fortifiées, dont toute trace avait déjà disparu pendant le second quart du .. Jeanne d'Arc communie dans l'église de Baron la veille de l'Ascension de 1429, en compagnie du duc de Clermont et du duc Jean II d'Alençon. Il s'agit toutefois de la précédente église, à l'emplacement de laquelle l'église actuelle a été construite. Elle est dédiée aux saints Pierre et Paul.. Très homogène, elle a été édifiée presque entièrement au dans le style gothique flamboyant.
La datation que fournit le ministère de la Culture dans sa base Mérimée, à savoir les , n'est fondée sur aucune source et n'est pas reprise par la littérature ; elle est également démentie par l'architecture de l'édifice. L'importance passée de Baron explique les dimensions considérables de l'édifice et sa qualité architecturale.. Le chanoine Pihan écrit : . Le clocher avec sa flèche octogonale en pierre daterait du et serait donc la partie la plus ancienne de l'église. Il a été restauré en 1615, ce qui parle effectivement en faveur d'une date de construction antérieure au reste de l'église. Les stalles et les boiseries du proviennent de l'abbaye de Chaalis, dont l'abbatiale a été détruite après la Révolution française.. À leur propos, le chanoine Pihan écrit : [...].. — Sous la Révolution française, le diocèse de Senlis est supprimé, et l'ensemble des paroisses sur le territoire du département de l'Oise sont rattachées au diocèse de Beauvais. Au moment du Concordat de 1801, celui-ci est annexé au diocèse d'Amiens, situation qui dure jusqu'en 1822. — Avec seulement dix-sept autres édifices sur l'étendue du département, l'église de Baron est classée très tôt au titre des monuments historiques, par la première liste de 1840..
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'église est considérablement endommagée, et en dépit des réparations notamment sur le plan de la toiture, de la charpente et des voûtes, ces dernières restent dans un état fragile. En dépit de son classement précoce, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Baron n'a jamais fait l'objet d'une monographie ou d'une étude détaillée. Son histoire n'est pas documentée, et une datation plus exacte de ses différents composants reste à faire. D'après le chanoine Pihan, le choix de l'église de Baron serait plus ou moins dû au hasard. Au moins en partie, il aurait été motivé par le souvenir de Jeanne d'Arc., car comme le montre la datation erronée dans la base Mérimée, la personne qui a inscrit l'église sur la liste des monuments historiques de 1840 la prenait pour une église médiévale. Le , Louis Graves rédige un rapport émettant un avis sur la liste, qui est encore considérée comme provisoire. Il propose de rayer cinq églises classées à tort, et demande en même temps le classement de douze autres églises. Graves « blâme le mauvais goût de la construction et sa mauvaise exécution », le manque d'estime pour l'architecture flamboyante étant généralisé parmi les amateurs jusqu'au milieu du . Baron n'est à présent plus une paroisse indépendante. Elle est d'abord affilié au secteur paroissial d'Ermenonville, qui est à son tour rattaché à la paroisse Notre-Dame de la Visitation du Haudouin lors de la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996.. Le service paroissial est en grande partie assuré par le curé à la retraite d'Ermenonville. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul un dimanche sur deux, avec une interruption en hiver, car l'église ne dispose d'aucun moyen de chauffage.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, l'église répond à un plan cruciforme, et se distingue par un chœur aussi long que la nef. Elle se compose d'une nef de trois travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept largement débordant dont chaque croisillon comporte deux travées successives ; et d'un chœur de trois travées, dont deux travées droites accompagnées de collatéraux, et une abside à cinq pans. Les collatéraux se terminent par des chevets plats. Le clocher de de hauteur s'élève au-dessus de la première travée du bas-côté sud, qui ne communique pas avec la nef, et dont l'arcade vers le bas-côté est bouchée. La sacristie se situe dans l'angle entre le chevet du bas-côté sud et l'abside. Il y a des tourelles d'escalier extérieures à l'angle sud-ouest du clocher, et à l'est du croisillon sud. L'ensemble de l'église est voûtée d'ogives. Le portail principal est celui du croisillon sud, qui possède une double porte tournée vers la ville. Le portail occidental donne sur une courte et étroite impasse, et n'est généralement plus utilisée. Il y a également une petite porte dans le mur septentrional du croisillon nord, dont l'usage est réservé aux riverains, car elle n'est pas accessible par la voie publique. L'église possède des pignons aux deux extrémités du transept et en façade. Les collatéraux sont recouverts de toits en appentis.
Extérieur thumb|upright|Clocher. thumb|upright|Croisillon sud. thumb|upright|Chevet du vaisseau central.
En tant que seule façade donnant directement sur la voie publique, la façade méridionale a bénéficié de soins particuliers et a été décorée plus richement que le reste, nettement plus sobre. Les deux éléments déterminants de la façade sont le clocher et l'extrémité du croisillon sud du transept, influencé vaguement par la cathédrale Notre-Dame de Senlis, qui venait d'être équipée d'un transept avec portails à l'époque de la construction de l'église. Le clocher atteint à son sommet une hauteur de . L'angle sud-est du clocher est flanqué d'une tourelle d'escalier entre les deux contreforts d'angle. Ces contreforts sont presque verticaux, et ceux tournés vers le sud sont agrémentés chacun d'une niche à statue sous un dais, aujourd'hui vide. Les quatre niveaux du clocher sont séparés visuellement par des larmiers ; un larmier supplémentaire et un court glacis scandent en plus l'étage de beffroi. Ces larmiers incluent les contreforts et la tourelle d'escalier. Les deux premiers niveaux du clocher correspondent à la hauteur de la nef. Au sud, le larmier entre les deux niveaux est interrompu par une baie en arc brisé. Le troisième niveau est aveugle, alors que le dernier niveau est ajouré sur chaque face par deux grandes ouvertures abat-son gémelées, décorées simplement d'un sourcil. Au-dessus, les murs se terminent par des balustrades, et les contreforts chacun par un pinacle. Deux énormes gargouilles sous la forme de chimères regardent vers le sud. Une flèche octogonale en pierre s'élève au centre de la plate-forme, aux arêtes garnies de crochets et aux faces décorées d'écailles de poisson, décor reproduit par la petite flèche coiffant la tourelle d'escalier.
La façade du croisillon sud présente deux contreforts orthogonaux aux extrémités ouest et est, reliés par un mur galbé. Chacun est précédé d'une colonne engagée supportant un chapiteau, destiné initialement à recevoir une statue, comme l'indiquent également les vestiges de dais un peu plus haut. Un pinacle plaqué à la fin du niveau du rez-de-chaussée complète le décor ; au-delà, les angles des contreforts sont biseautés. Sur la face sud, des contreforts secondaires apparaissent au niveau de l'étage, se terminant également par de petits pinacles. Le portail est particulièrement remarquable. Il est cantonné de multiples supports fasciculés, sans chapiteaux, se continuant sans rupture autour de l'archivolte. Ce dernier est surmonté d'une accolade peuplée par huit petits animaux. Sur les piédroits, l'on note des pinacles, puis les restes de niches à statues, et encore des pinacles curbilignes sur la partie inférieure de l'archivolte. Plus haut, une frise de feuillages prend le relais, dont le début et la fin sont marqués par un petit animal. Le portail proprement dit se compose de deux portes en anse de panier de taille modeste, qui laissent la place à un grand tympan ajouré par une fenêtre à trois meneaux, avec un remplage flamboyant tardif : deux paires de deux lancettes sont chacune surmontée d'une accolade, entrecoupée par un quart-de-cercle et s'inscrivant dans un arc brisé. L'accolade du portail continue vers le haut et sert de meneau central à la fenêtre de l'étage, qui est en plein cintre, mais reproduit sinon le remplage du tympan. De petits animaux garnissent ici aussi l'extrados et les impostes. Enfin, une gargouille règne sur l'extrémité supérieure de chaque contrefort. Les faces latérales du croisillon sont elles aussi éclairées par des fenêtres, hautes et étroites, sans remplage. Une tourelle d'escalier occupe l'angle entre le croisillon et le chœur.