Le château de Fonteneau est un château style Louis XVI édifié en 1756 par Hyacinthe de Prelle de la Nieppe à Nivelles dans la province du Brabant wallon en Belgique.

Localisation

Le château se situe à la sortie de Nivelles du côté gauche de la chaussée de Bruxelles en direction de Lillois« Topo map viewer », www.ngi.be, © 2012 IGN Topomapviewer..

Il est délimité: au sud-ouest par la rue du Paradis ; au sud-est par la chaussée de Bruxelles ; au nord-ouest par la ferme du Petit-Baulers ; au nord-est par le domaine du château de la Potte.

Le domaine s'étend actuellement sur une superficie de 6,5 hectaresMathilde Ridole, Château de Fonteneau, dans L'Écho, 18 octobre 2019. . contre 14 en 1927.

Architecture Le château

Fonteneau est un château de style classique à la française présentant une façade extérieure d'une grande simplicité dans les lignes architecturalesJoseph Delmelle, Le Château de Fonteneau à Nivelles, dans la revue Brabant, , 1962, ..

Le domaine est traversé par un ruisseau, le Ri Herman, qui y forme un étang dans lequel est installée une triple cascade s'ouvrant en éventail.

Vu de l'avantC'est-à-dire la façade faisant front à la chaussée de Bruxelles., un perron de six marches mène à l'entrée principale. Cette entrée est flanquée de chaque côté de trois fenêtres en pierre bleue, le tout formant six travées sur deux niveaux. Une corniche en bois décorée d'une balustrade et de deux vases en pierre bleue surmonte ces deux niveaux.

Vu de l'arrière, deux ailes saillantes sont surmontées chacune d'un fronton décoré d'un œil-de-bœuf et, au sommet, d'un vase en pierre bleue. L'édifice comportait à l'origine deux pavillons situés aux extrémités du corps central. Seul l'un des deux subsiste encore. Le second a laissé place à une terrasse belvédère entourée d'une balustrade en pierre bleue.

À la fin du siècle, le comte Albert du Bois fit rajouter des ailes latérales à côté des deux pavillons. Ces ailes conférèrent au château deux à trois fois plus d'importance qu'à l'originePlan des Jardins de Fonteneau appartenant à Messieurs de Prelle de Lanieppe par le Baron de Haultepenne dressé à l'échelle de 10 verges de Nivelles.<ref name="Eventail_2007">Nathalie du Parc Locmaria, Demeures d'exception : le Château de Fonteneau, dans lÉventail, , , avril 2007, .</ref>. C'est aussi Albert du Bois qui fit aménager le jardin d'hiverJoseph Delmelle, Le Château de Fonteneau à Nivelles, dans la revue Brabant, , 1962, ..

À L'intérieur du château, un vestibule aux moulures et stucs Louis XV d'époque mène, d'un côté, vers trois salles à manger en enfilade. De l'autre côté, un escalier mène au jardin d'hiver. L'étage est composé de sept chambres et autant de salles de bains.

La surface habitable est actuellement de m.

Les tableaux du comte Albert du Bois, de sa femme Jeanne Gonzalès de Linarès et de sa mère Jeanne de Prelle de la Nieppe, qui ornaient les murs intérieurs ont été transférés dans la salle comte Albert du Bois au château d'Écaussinnes-Lalaing à la suite de la vente du château à la famille van Overdijk. Les autres tableaux, principalement des portraits d'ancêtres des familles de Prelle de la Nieppe et du Bois, sont retournés dans leur famille respective.

Le parc et le théâtre

À l'extrémité du château de Fonteneau se trouve un petit théâtre de verdure. Soit un théâtre à trois niveaux en hémicycle construit par Albert du Bois. Ce théâtre vit se produire la Comédie française et fut aussi le lieu où la plupart des pièces d'Albert du Bois furent jouées avant de l'être à Bruxelles ou ParisJoseph Delmelle, Le Château de Fonteneau à Nivelles, dans la revue Brabant, , 1962, ..

Le , la Compagnie des Galeries, dans le cadre de la tournée Théâtre au Château, se produisit à Fonteneau et joua la pièce Poil de carotte de Jules RenardPoil de carotte sur le site Archives et Musées de la Littérature www.aml-cfwb.beJean Vandendries, Les arts baroque et classique succèdent à la renaissance, un véritable hochepot culturel à Nivelles, dans le quotidien Le Soir, 16 avril 1991, .

Le , grâce à l'impulsion de l'échevin et actuel bourgmestre de Nivelles, Pierre Huart, la Compagnie du Comble a ouvert la saison culturelle en jouant Le Bourgeois gentilhomme à FonteneauV. F., Un début de saison au château : La Compagnie du Comble ouvrira-t-elle une voie à Nivelles ?, 17 août 2005.

La conciergerie

Jusqu'en 1959, une conciergerie était présente sur le domaine. Lors de la rectification de la chaussée de Bruxelles en 1959, cette conciergerie devenue vétuste disparutDans l'article Fonteneau paru dans…, il est rapporté que : Jeanne Gonzalez, folle de rage, s'arrange pour que les eaux de l'étant débordent et inondent la nouvelle chaussée.. Ce bâtiment était très probablement le moulin à huile dont parlent Tarlier et WautersTarlier & Wauters, Géographie et Histoire des Communes Belges, Ville de Nivelles, Bruxelles, mai 1862 : moulin Deprelle et tordoir du Fonteneau existe encore, mais inactif et presque ruiné, sur le Ri Herman. Cette petite usine doit être assez ancienne, à en juger par l'une de ses portes, qui est surmontée d'une ogive en accolade et ornée de deux écus si encroutés qu'il ne nous a pas été possible de les blasonner..

Historique Origines du domaine

Le château de Fonteneau fut construit en 1756 sur le fief seigneurial dit de Petit-BaulersFief aussi nommé Petit-Balers..

Le fief seigneurial de Petit-Baulers, sur lequel siégeait une ferme fortifiéeFerme dite du Petit-Baulers qui existe toujours., semblait dépendre ou, tout du moins, était lié à la seigneurie de La PotteFief sur lequel fut érigé bien plus tard le château de la Potte par la famille de Le Hoye..

Les premiers possesseurs connus des terres seigneuriales de La Potte et de Petit-Baulers furent les seigneurs de le Potte<ref>René Goffin, Généalogies Nivelloises, troisième partie (Po. - Z.), dans les annales de la Société Archéologique et Folklorique de Nivelles et du Brabant Wallon A.S.B.L. tome XVIII, 1959, : La Potte, sur le terroir de Nivelles, fief tenu de Rêves. Son nom peut être une corruption de La Porte, car cette forme apparaît aussi au siècle. Le bien était proche de la porte de Bruxelles.</ref>. Ils portaient d'… à la fasce d…, accompagnée en chef de trois merlettes rangées d… et en pointe d'une étoile à six rais d…René Goffin, Généalogies Nivelloises, troisième partie (Po. - Z.), dans les annales de la Société Archéologique et Folklorique de Nivelles et du Brabant Wallon A.S.B.L. tome XVIII, 1959, : Ces armes semblent apparenter la famille à l'une ou l'autre des deux maisons féodales de la contrée, de Marbais, ou de Sombreffe..

N., seigneur de le Potte et son épouse N. Moustarde est le couple le plus ancien de cette famille étant référencé comme possesseur de ces terres.

Ils eurent pour fils Adans surnommé le Staïen, seigneur de le Potte, décédé avant . Adans avait épousé Gertrud N., décédée après 1357René Goffin, Généalogies Nivelloises, troisième partie (Po. - Z.), dans les annales de la Société Archéologique et Folklorique de Nivelles et du Brabant Wallon A.S.B.L. tome XVIII, 1959, ..

Leur fils Frankart, seigneur de le Potte, aliéna une partie de ses biens dont la seigneurie de La Potte vers 1358. Il avait épousé Helluit de le Tour de BaulersFamille qui portait : d… à deux bars en pals d…. dont il eut deux filles.

En 1447, Renaude de Lersy était dame de La Potte.

À la fin du siècle, la seigneurie de La Potte appartenait à Jehan Colinet, époux de Margherite de BertinchampsRené Goffin, Généalogies Nivelloises, troisième partie (Po. - Z.), dans les annales de la Société Archéologique et Folklorique de Nivelles et du Brabant Wallon A.S.B.L. tome XVIII, 1959, ..

Piérart le Prince dit le Blanc racheta la seigneurie de La Potte et en fit le relief le René Goffin, Généalogie de la famille Bacheler dans les Annales de la société archéologique et folklorique de Nivelles et du Brabant Wallon, Tome XV, 1951, .René Goffin, Généalogies Nivelloises, troisième partie (Po. - Z.), dans les annales de la Société Archéologique et Folklorique de Nivelles et du Brabant Wallon A.S.B.L. tome XVIII, 1959, ..

À la même période, Piérart le Prince racheta aussi la seigneurie de la Tour-et-Manaige (dite aussi Lossignoul) à Baulers et dont il fit le relief le .

Le dénombrement de ces deux seigneuries se fit le René Goffin, Généalogies Nivelloises, troisième partie (Po. - Z.), dans les annales de la Société Archéologique et Folklorique de Nivelles et du Brabant Wallon A.S.B.L. tome XVIII, 1959, ..

Piérart le Prince était maître d'une carrière à Feluy, échevin de Feluy (1490-1522), mambour des pauvres (1494), échevin de la seigneurie de Cambron à Ecaussinnes (1515) et de l'Escaille (1521).

À sa mort, son fils Jehan le Prince en hérita. Jehan, seigneur de La Potte, était aussi seigneur du Chesne-al-BarreLe Chesne-al-barre : fief et noble tènement du comté de Namur. du chef de sa femme Gertrude Bacheler († 1571), dame héritière de CoupartyCouparty : plein-fief à Nivelles. Il contenait vers 1540 trente-deux bonniers de terres, prés et pâtures et jouissait - ou avait joui - de droits seigneuriaux. En 1611, il ne contenait plus que vingt-huit bonniers et demi. Il avait jadis appartenu à Jehanne de Huldenberg, épouse de Henry de Longchamps. Source: Tarlier & Wauters. et du Chesne-al-Barre. Gertrude Bacheler était la fille de Guillaume Bacheler († 1506), bourgeois de Nivelles, échevin de cette ville (1504-1505) et seigneur du Chesne-al-Barre de Wandegnies (relief le ) du chef de sa femme Jehanne de Samme. Ils eurent entre autres : Maître Pierre le Prince († ap. 1586), seigneur de Lossignoul par relief du et du Chesne-al-Barre par relief du . Il était prêtre et chanoine de Nivelles mais embrassa la Réforme et se maria à Bruxelles. Il fut alors proscritRené Goffin, Généalogies Nivelloises, troisième partie (Po. - Z.), dans les annales de la Société Archéologique et Folklorique de Nivelles et du Brabant Wallon A.S.B.L. tome XVIII, 1959, .. Charles le Prince († ap. 1576), seigneur de Lossignoul de 1568 à 1573, puis de La Potte de 1573 jusqu'à sa mortRené Goffin, Généalogies Nivelloises, troisième partie (Po. - Z.), dans les annales de la Société Archéologique et Folklorique de Nivelles et du Brabant Wallon A.S.B.L. tome XVIII, 1959, .. Jeanne le Prince, dame du Chesne-al-Barre par relief du . Ce fief lui échut à la suite du décès de son frère Pierre et relief caduc des enfants de ce dernierRené Goffin, Généalogies Nivelloises, troisième partie (Po. - Z.), dans les annales de la Société Archéologique et Folklorique de Nivelles et du Brabant Wallon A.S.B.L. tome XVIII, 1959, .. Elle releva La Potte avec son premier mari Guillaume Servais.

Jeanne le Prince († 1630) hérita des terres seigneuriales de La Potte et en fit le relief le . Elle se maria en 1556 à Guillaume Servais († 1569), bourgeois de Nivelles et échevin de cette ville de 1556 à 1560. Guillaume Servais fut exécuté pour sa participation aux premiers troubles de religion.

La terre de La Potte passa ensuite à François Servais († 1630), fils de ces derniers. François Servais était rentier de Nivelles (1602-03), grand forestier des bois de Nivelles, Hazoy, Hez et Bossut 1603-1615), mambour des pauvres (1634), homme de fief de Lothier, seigneur de La Potte et de la Cambe à Baulers. Il se maria avec Marie Garnier (1590–1643), fille de Flaminio Garnier, écuyer, chevalier de l'Éperon doré, comte palatin, seigneur de Schelle, de Niel et d’Aertselaer, secrétaire des conseils d'État et privé, et de Barbe Reversé, dame de Novion.