Stephen Colbert Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API. est un personnage interprété par le satiriste politique du même nom, dans son émission sur . Décrit comme et un , la personnalité du Colbert fictif comporte des références à celle du Colbert réel. Il s'agit cependant, pour l'essentiel, d'une parodie des commentateurs politiques conservateurs des chaînes d'information continue, en particulier de Bill O'Reilly sur .
Colbert est apparu pour la première fois comme correspondant de la parodie en 1997, qu'il quitte en 2005 pour créer , une série dérivée, satire des programmes de commentaire politique personne-dépendante. Il apparaît également hors du , notamment au gala des correspondants de la Maison-Blanche en 2006, au rassemblement de Washington « pour restaurer la peur » en 2010, et il est l'auteur de différents livres politico-humoristiques, comme (2007) ou (2012).
Développement
Stephen Colbert fait sa première apparition majeure en tant qu'acteur dans la sitcom . Bien qu'elle n'ait duré que sept épisodes début 1996, elle offre à Colbert (également scénariste avec notamment Steve Carell et Louis C.K.) plusieurs rôles qui vont modeler son futur personnage, principalement en raison du format de la série, où les comédiens, la plupart issus de l'improvisation théâtrale (), performent directement face-caméra. Jamais diffusés, certains sketchs montrent Colbert interprétant un présentateur pince-sans-rire (inspiré par ).
Au moment de l'annulation de l'éphémère série, Colbert est engagé pour participer au par la cocréatrice Madeleine Smithberg, particulièrement enthousiasmée par son interprétation d'un serveur nauséeux dans un des sketchs du .
Colbert devient correspondant du à partir de 1997. Jusqu'en 2005, il développe le personnage dont il reprendra les bases pour le . Son interprète le décrit alors comme , et cite souvent – un journaliste bien-connu pour son élocution claire et son sérieux – comme source d'inspiration pour le personnage, ainsi que Geraldo Rivera, .
En tant que correspondant, Colbert démontre d'une connaissance pour le moins erratique dans la plupart des domaines sur lesquels il intervient, notamment dans ses interviews avec le présentateur Jon Stewart.
En 2005, Colbert quitte le et crée (avec l'aide de Stewart) une série dérivée , parodie des programmes de commentaire politique personne-dépendante comme ou sur , principalement centrée sur les vues personnelles de leurs présentateurs. En raison d'un rôle élargi et développé, la personnalité et les opinions du personnage ont été plus clairement définis au cours de la diffusion de l'émission, et complétées par la biographie fictive révélée morceau par morceau, ainsi que par le livre publié en 2007. Le personnage devient très populaire et la frontière entre lui et son interprète est parfois pour le moins floue : en , l'invité du , Al Gore rappelle que , déclaration qui choque profondément Stephen Colbert.
Le personnage représenté dans le Report est une amplification du correspondant arrogant du . Alors qu'ils développent le personnage et l'émission, Colbert et ses scénaristes commencent à lui donner des modèles plus spécifiques, à commencer par Bill O'Reilly, que le personnage surnomme affectueusement , avec qui il partage le plus de points communs. Dans un épisode diffusé en 2006, Colbert remarque que . Il mentionne également Aaron Brown, Anderson Cooper, Sean Hannity, Lou Dobbs et Joe Scarborough comme des animateurs ayant eu une influence sur son jeu.
La conduite des interviews étaient une source d'inquiétude pour l'acteur, qui craignait que la nature agressive de son personnage ne soit rédhibitoire pour ses invités. Mais, depuis le début de l'émission, il dit avoir découvert qu'il était capable de baisser d'un cran l'intensité de ce comportement, selon la capacité de l'interviewé de répondre à son approche agressive. Il cite la partie des interviews comme étant son moment de l'émission préféré, parce que cela l'autorise à improviser. Bien qu'il arrive à atténuer la nature de son personnage, il est réputé pour ses envolées verbales, parfois difficiles à gérer pour les personnes face à lui, et peu d'entre elles peuvent se vanter de le laisser sans voix. Interviewé par des étudiants de l'université Harvard sur son personnage, Colbert donne des conseils à ses invités :
Après la fin de la diffusion du , le comédien Stephen Colbert a arrêté d'interpréter son personnage pour apparaître comme animateur du . Cependant, presque un an après le début de l'émission, à l'occasion de la en , ayant validé la nomination de Donald Trump comme candidat à la Présidence des États-Unis, le personnage de Stephen Colbert a refait une apparition. En effet, sous les traits de son alter ego conservateur, Colbert a repris l'emblématique segment , avec le mot , en référence à son .
Une semaine après cette réapparition, Colbert annonce dans son émission que les avocats de (le propriétaire de ) ont menacé (le diffuseur du ) de poursuites s'ils réutilisaient le personnage. Ironisant sur le fait qu'il était soudainement devenu incapable d'utiliser un personnage qu'il a créé, portant son propre nom et ses propres traits, Colbert introduit le « cousin jumeau identique » du présentateur du , « Stephen Colbert ». Et de conclure sa fronde contre par un nouveau segment intitulé .
Biographie fictive La biographie fictive de Colbert n'est pas toujours rigoureusement linéaire. Le comédien explique que . La biographie du personnage avant qu'il ne devienne le présentateur du Colbert Report est détaillée dans .
Cependant, elle reprend de nombreux éléments de la « vraie » biographie de l'acteur. Stephen T. Colbert (le « T » est alternativement l'initiale de Tyrone, son « vrai » deuxième prénom, et de Tiberius, « comme le capitaine Kirk », mais il lui arrive aussi d'utiliser Lee-Harvey comme deuxième prénom) est le plus jeune de 11 enfants, né dans une famille catholique pratiquante (tellement pieuse que le jeune Stephen est envoyé à l'adolescence dans un lorsque ses parents découvrent son intérêt pour Donjons et Dragons). Il est d'origine irlandaise et a adopté la « prononciation française » de Colbert (« Col-bère », /koʊlˈbɛər/ au lieu de « Col-burt », /ˈkoʊlbərt/) pour .
Il explique avoir régulièrement été maltraité au collège, et il entra à l'université déterminé à ne jamais plus être une victime. Ainsi, dès la rentrée de sa première année d'étude, il entra dans la salle de classe et frappa la première personne qu'il rencontra, malheureusement, cette personne s'avéra être son professeur d'éthique. Il fit ses études au Dartmouth College, sa scolarité dans cette prestigieuse université résultant moins d'une place méritée que de l'amitié qui liait sa famille à un riche donateur de Dartmouth. Il mentionne également l'Université Bob Jones comme alma mater.
Avant d'embrasser la carrière de journaliste, Colbert travaille comme manœuvre dans un carnaval et comme ouvrier du bâtiment. Dans les années 1980, il est le chanteur et guitariste d'un groupe semblable à appelé , dont l'œuvre se résume à un seul single, "", une des nombreuses référence à son ex-petite-amie (et cousine) qu'il continue de harceler malgré un certain nombre d'ordonnances restrictives (la chanson est disponible gratuitement dans le jeu vidéo ). En 2008, Colbert annonce également avoir été le .
Plus tard, Colbert devient reporter et travaille pour les chaînes d'information en Virginie puis en Caroline du Nord. En 1997, il est promu présentateur de Channel 7 News sur le réseau local de Patterson Springs (Caroline du Nord) après avoir révélé l'addiction à la cocaïne du précédent présentateur, Wayne Colt. Son reportage sur la ruine de Colt lui vaut un local, et, par la suite, une place de correspondant au .
Son passé étant très lié au et à son présentateur Jon Stewart, Colbert envoie souvent des piques à l'un comme à l'autre. Il insinue une relation tendue et forcée avec le comédien-animateur – ce qui contraste avec l'admiration de l'interprète pour Stewart – qu'il décrit comme un prédateur sexuel et dont il semble avoir peur puisqu'il éclate parfois en sanglots effrayés à la seule mention de son nom. Il suggère que son départ du s'est fait dans des circonstances suspectes, mais affirme cependant qu'il a réussi à obtenir sa propre émission après avoir fait chanter Stewart grâce à des photographies compromettantes.
D'après , livre auquel Colbert participe en tant que correspondant du Daily Show, il occuperait également les postes de « Professeur de l'histoire américaine » à l'université Harvard à la place d'Arthur M. Schlesinger Sr., et d'« Avocat en chef des crimes de guerre internationaux » à la Cour pénale internationale de La Haye. Il serait aussi le septuple lauréat du prix Werner Heisenberg de l'excellence en mathématiques théoriques. Paradoxalement à ces incroyables aptitudes académiques, il est décrit comme un homme à peine capable de se nourrir lui-même et comme quelqu'un de profondément antipathique.
Titulature La titulature officielle et fictive de Colbert est stylisée ainsi : .
Stephen Colbert est ordonné pasteur le , lui donnant le titre de révérend (« »). Il est également anobli par la reine Noor de Jordanie le (avec une réplique de l'épée d'Elendil du Seigneur des anneaux), et utilise depuis le titre de « Sir. » Il reçoit en 2006 le titre de docteur honoraire en arts (« ») de , titre qui lui accorde les lettres post-nominales « D.F.A. ». Il utilise d'ailleurs son diplôme de docteur en arts dans le domaine de la médecine lorsqu'il présente son segment (tromper la mort avec le docteur Stephen T. Colbert, DFA). C'est également sous ce nom qu'il est crédité au générique de l'émission. Il est à noter que l'utilisation à la fois du préfixe docteur et des lettres post-nominales associées à la discipline est incorrecte, et, persévérant dans le mésusage des titres honoraires, il ajoute à sa titulature le suffixe « » de tous les doctorants du système universitaire anglo-saxon .
Lors de sa venue sur le plateau du le , Yasiin Bey offre à Colbert l'utilisation de son nom de scène « Mos Def ». Mike Tyson devait également apparaître dans l'émission le , mais après l'annulation du boxeur, Colbert se déclare champion du monde poids lourds (« »). Les deux astérisques après le titre sont là pour rappeler qu'il n'a pas vaincu Tyson au cours d'un combat de boxe. Le suffixe « Flo Rida » est ajouté le lorsque Colbert présente le segment (j'ai essayé de m'inscrire à Obamacare) . Enfin, « Her Excellency » (Son Excellence) a été ajouté à son titre lorsque Colbert a été invité à s'assoir à côté de Michelle Obama en lors d'un dîner officiel à la Maison-Blanche, organisé en l'honneur du président français François Hollande et que celui-ci n'était pas accompagné. Comme il est d'usage, la Première Dame d'une nation invitée aurait dû s'installer aux côtés de la Première dame des États-Unis, Colbert s'est proclamé Première dame de France .
Personnalité Stephen Colbert est décrit par son créateur comme un , un et .
Égocentrique, vaniteux, xénophobe, homophobe, anti-intellectuel, il clame être politiquement indépendant, comme son idole Bill « Papa Bear » O'Reilly. Malgré ces affirmations, il flatte régulièrement le parti républicain et l'administration Bush, et demande régulièrement à ses invités . Depuis l'élection de Barack Obama, Colbert a décrété qu'il .
D'après son créateur et interprète, il est bien-intentionné mais n'a pas les outils pour arriver à faire ce qui lui semble juste . Il ramène tout à sa personne, puisqu' et ce trait de caractère l'amène à attaquer directement ou à se disputer avec des personnalités comme The Decemberists, Sean Penn, Conan O'Brien, Rain, Barry Manilow, Tony Bennett ou Don Rickles, rappelant le segment de débat social de l'émission de O'Reilly.