thumb|Logo de la Bibliothèque de Rennes Métropole

Les bibliothèques de Rennes sont un équipement territorial composé de onze bibliothèques de quartier, gérées par la ville de Rennes et de la Bibliothèque de Rennes métropole, installée au sein des Champs libres. Il existe également d'autres bibliothèques administrées par divers équipements de la ville.

Histoire Au , la ville de Rennes ne possède pas beaucoup d'équipements culturels : ni théâtre, ni vie musicale et artistique particulière. Cependant, l'accès aux livres est relativement facile grâce à la présence de l'université et de plusieurs bibliothèques particulières, des sociétés de pensée et de bibliothèques ouvertes au public, notamment celles des ensembles conventuels des Carmes (), des Bénédictins (), des Jacobins () et des Capucins (). Elles accueillent surtout les élites intellectuelles de la ville.

Création de la bibliothèque La première bibliothèque, intitulé bibliothèque des avocats, est créée par arrêt du Parlement le et située au Parlement de Bretagne à cette même date. Elle avait pour but d'aider les avocats dans l'exercice de leur fonction au vu du prix élevé des livres. À l'origine, elle était réservée aux avocats qui payaient lors de leur prestation de serment un droit d'entrée de dix livres, afin de constituer les fonds. En effet, d'après le règlement approuvé le , les livres ne devaient jamais sortir de la bibliothèque, la bibliothèque était réservé aux avocats et elle était ouverte que trois jours (mardi, jeudi, samedi).. Par la suite, elle devient progressivement publique, en ouvrant d'abord ses portes à ses donateurs et leurs proches, puis aux non-avocats avec la permission du chef de l'ordre. Enfin, en 1787, le règlement prévoit l'ouverture au public trois après-midi par semaine, mais n'autorise pas le prêt..

thumb|upright|Le présidial, la bibliothèque se trouvait dans l'aile nord (à droite). D'abord installée dans l'appartement de l'avocat Joseph Arot., elle déménage en 1759 au présidial, dans l'aile nord de l'Hôtel-de-ville de Rennes. À la suite de la loi du 8 Pluviôse an II (), qui impose la présence d'une bibliothèque dans chaque district et la conservation des livres, la bibliothèque est saisie en 1794 mais reste dans son local. Les confiscations révolutionnaires de différentes bibliothèques de Rennes sont transformées en quarante-cinq dépôts provisoires puis en dépôt littéraire en 1793. Ces confiscations sont déplacées dans la chapelle du couvent de la Visitation avant d'être transférées dans le couvent des Carmélites durant la même année. : l'église du couvent de la Visitation, transformée en hôpital pour les soldats blessés, devenait un lieu de destruction pour les livres. L'administration du district de Rennes nomme deux anciens dominicains du couvent de Bonne-Nouvelle, les pères Maiguy et Lesage, aux postes de commissaires bibliographes en 1794.. Sur la demande des deux commissaires bibliographes, ces confiscations sont déplacées à l'évêché, faute de place dans le local des Carmélites, puis à l'abbaye Saint-Melaine. En 1796, les livres de l'évêchés sont transférées vers l’école centrale de Rennes, mais cette dernière est supprimée en . Les différentes collections confisquées à la suite de la Révolution sont donc finalement regroupées dans l'aile nord de l'hôtel de ville. Les dépôts littéraires fusionnent avec la bibliothèque des avocats, restée à l'hôtel de ville, afin de former la bibliothèque publique de Rennes.. En 1796, les livres de l'évêchés sont transférées vers l’école centrale de Rennes, cette dernière est supprimée en .

L'arrêté préfectoral du 20 ventôse an XI crée la bibliothèque municipale de Rennes en 1803 en confiant la conservation des collections à la ville de Rennessite internet de la bibliothèque.. Pour financer les travaux, une vente est organisée, et sont cédés pour des prix modiques à des acheteurs particuliers ou des libraires..

En , Prosper Mérimée consulte quelques ouvrages dans les greniers de l'hôtel-de-ville, notamment des épîtres de saint Paul, des ouvrage d'astrologie et une histoire de la Ligue en Cornouailles.

De 1810 à 1840, les différents bibliothécaires (Mainguy, Mathurin-Félix Bodin, Félix Vatar, de Kerdanet et Dominique Maillet) s'attellent à ranger et recenser l'ensemble des ouvrages. Maillet publie en 1837 une Description, notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque publique de Rennes.

Installation avec la bibliothèque universitaire thumb|upright|Vue intérieure de la salle de lecture des bibliothèques municipale et universitaire, place Hoche. En raison d'un rythme d'acquisition soutenu au cours du , la bibliothèque municipale doit faire face à un manque de place dans les locaux du présidial. C'est pour cette raison qu'elle s'installe en 1910 avec la bibliothèque universitaire (créée en 1879), qui précède à la bibliothèque académique fondée en 1855, dans le bâtiment de la place HocheSarah Toulouse, « Bibliothèques », dans Jean-Yves Veillard et Alain Croix (dir.), Dictionnaire du patrimoine rennais, Rennes, Apogée, 2004, .. Les deux bibliothèques se partagent la salle de lecture mais gardent leurs propres magasins.

La bibliothèque municipale et la bibliothèque universitaire sont dirigées par le même conservateur jusqu'en 1960. C'est à cette date que la bibliothèque municipale déménage rue de La Borderiedossier documentaire de la bibliothèque..

La Borderie et le début des bibliothèques de quartier De 1960 à 2005, la bibliothèque municipale se situe dans un bâtiment construit dans ce but par Félix Brunau et Henry Couasnon rue de La Borderie, derrière la place Hoche. Elle prolonge la bibliothèque universitaire. D'une surface au sol de , elle comprend deux étages et un sous-sol, ainsi qu'un blog magasin de cinq étages et un sous-sol. En 1960, elle contient documents..

Afin d'augmenter l'impact de la bibliothèque sur le territoire rennais, la municipalité expérimente en 1955 une première annexe de la bibliothèque. Installée boulevard Magenta et disposant d'un fonds de , elle attire quelque avant d'être déplacée dans le quartier Champs-Manceaux en . Cependant, cet emplacement ne rencontre qu'un faible succès et la bibliothèque est déplacée de nouveau en 1980 quelques mètres plus loin, rue des frères Moine, dans l'immeuble Arc-En-Ciel.

La seconde annexe nait dans le quartier de Villejean, alors en pleine expansion. Ce dépôt de la bibliothèque était alors installé dans les locaux du centre social et géré par des bénévoles. En 1970, un bâtiment consacré à la bibliothèque est construit rue du Nivernais, et déplacée en 1972 dans la mairie de quartier de Villejean..

Durant les trente années suivantes, une dizaine de nouvelles annexes seront créées. (voir la section #Les bibliothèques de quartier).

En 1964, la bibliothèque de Rennes s'équipe également d'un bibliobus. Ce service est assuré par une caravane tractée par une voiture et se déplace dans les quartiers. Il s'arrête durant trois heures tous les quinze jours dans un quartier et attire en moyenne une centaine de lecteurs. En 1969, le véhicule est remplacé par un châssis-cabine et augmente son trajet de quatre arrêts supplémentaires..

En 1974, face au succès du bibliobus, la ville de Rennes met en place un second véhicule. Ces deux services prendront fin respectivement en 1986 et .

Déménagement En 2005, la bibliothèque centrale quitte la rue de La Borderie, pour intégrer le nouvel équipement culturel rennais, « Les Champs libres », avec une vocation scientifiqueLa Chronique Républicaine, 15 février 2007.. La bibliothèque centrale, dont la construction et la gestion ont été transférées à la communauté d'agglomération en 2002, a dû organiser ses collections et ses services dans le bâtiment conçu par Christian de Portzamparc et abritant également le musée de Bretagne et l'Espace des sciencesNaissance de la bibliothèque - Site internet de la bibliothèque. Elle devient ainsi la dernière des douze bibliothèques municipales à vocation régionaleLivres Hebdo, Événement - La BMVR de Rennes, 3 mars 2006. (BMVR) à ouvrir ses portes. À l'ouverture, elle était la seule des grandes bibliothèques françaises à être équipée dans tout l'établissement d'un système de prêt et de retours par radio-identification (RFID).

Activités et fréquentation En 1989, la bibliothèque centrale, les dix bibliothèques de quartier et le bibliobus, ont effectué de livres ou documents audiovisuels, non comprises les sans emprunt. Le réseau a acquis cette année environ et près de audiovisuels. ont été mises en place, ainsi que diverses manifestations : conférences, rencontres, organisation d'un séminaire international. Un guide de catalogage des ouvrages en langue bretonne est publiéL'activité municipale, 1989, ville de Rennes, juin 1990, ..

En 1990, la ville édite une plaquette intitulée Lire à Rennes et donnant toutes les informations pratiques sur les abonnements, coûts des emprunts et localisation des bibliothèques à Rennes et dans les communes du district. L'abonnement est de pour les moins de et de pour les adultes : les livres sont prêtés gratuitement, mais l'abonné doit débourser quelques francs pour les cassettes, disques ou logiciels, tous empruntables uniquement dans quelques sites (les logiciels uniquement à Colombia, Espace des sciences et techniques) ; par exemple pour un disque et en se rendant à la bibliothèque Triangle.

En 1993, les bibliothèques de quartier sont au nombre de douze : avec les trois dernières, cette année, elles sont maintenant toutes informatisées (La Borderie, Les Champs Manceaux et Carrefour 18). Le bibliobus fonctionne toujours. Le nombre d'abonnés est , contre en 1989. L'année voit et sur place. La bibliothèque participe comme partenaire à des groupes de travail, ainsi qu'aux grandes actions nationales en faveur de la lecture. Elle crée l'exposition Le Livre au et édite deux catalogues : Impressions révolutionnaires, 1788-1789 et Tout lu tout cru, sélection de livres pour enfant. Elle participe au projet du « Nouvel Équipement Culturel » qui s'appellera en fait « Les Champs Libres »L'activité municipale, 1993, ville de Rennes, juin 1994..

En 2000, la ville présente son budget aux administrés au moyen d'une plaquette intitulée Le budget 2000 au quotidien. Il y est dit .

Caractéristiques technologiques La Bibliothèque de Rennes Métropole ainsi que les bibliothèques de quartier ont adopté un plan global pour l'informatisation des services. L'ensemble de ces bibliothèques se retrouvent dans un catalogue collectif commun. Dès 1984, la Ville de Rennes a choisi de mettre en place la radiofréquence pour la protection antivol des collections libre accès. Afin d'améliorer la fluidité dans les circulations et l'autonomie du public, le choix de la radio-identification (RFID) a été approuvé en 2000. Une puce est placée sur chaque document et envoie des informations aux automates pour faire le prêt-retour tout en activant ou en désactivant l'antivol et pour mettre à jour le catalogue du point de vue de la disponibilitéSciences Ouest, La RFID fait son entrée en bibliothèque, , 2006 .

À son ouverture, la Bibliothèque de Rennes Métropole était la seule bibliothèque française à être équipée dans tout l'établissement d'un système de prêt et de retour utilisant la radio-identification (RFID). L'automatisation complète de la bibliothèque permet aux lecteurs de faire eux-mêmes leur prêt, en quelques secondes, au moyen des automates installés à chaque étage, et de gérer le retour, cette fois dans le hall. Un carrousel de tri y est également installé : le document, placé sur la plateforme, est avalé directement par le robot qui le range dans les magasinsVéronique Heurtematte, Rennes à la sauce tomates, Livre Hebdo, , 2007. . Les portiques antivols placés aux sorties permettent d'avertir le personnel en cas de déplacement d'un document non démagnétisé et fournissent des statistiques de fréquentation du siteMarie-Thérèse Pouillias, « RFID et bibliothèques », BBF, 2005, , .