Temo'b est le nom commercial du réseau de transports en commun du nord-ouest mosellan, desservant Thionville et 34 communes voisines regroupées au sein du syndicat mixte Temo. Le réseau est exploité par Keolis Thionville-Fensch depuis 2021.
Organisation du réseau Le réseau est organisé par le Syndicat mixte Territoires et mobilités Moselle Nord (Temo), anciennement dénommé Syndicat mixte des transports urbains Thionville Fensch (SMITU). L'exploitation était déléguée jusqu'au à la Société anonyme d'économie mixte Trans Fensch, détenue en partie par Transdev. Du au , c'était la Société publique locale Trans Fensch qui exploitait le réseau pour une durée initialement fixée à dix ans.. Depuis le , le réseau est exploité par le groupe Keolis.
Le réseau dessert depuis 2025 55 communes (35 en 2024) membres du syndicat mixte, réparties en 2026 sur cinq intercommunalités. :
Les 23 communes de Thionville Fensch Agglomération :
Algrange Angevillers Basse-Ham Fameck Florange Fontoy Havange Hayange Illange Knutange Kuntzig Lommerange Manom Neufchef Nilvange Ranguevaux Rochonvillers Serémange-Erzange Terville Tressange Thionville Uckange Yutz
Les 22 communes de la communauté de communes de Cattenom et environs :
Basse-Rentgen Berg-sur-Moselle Beyren-lès-Sierck Boust Breistroff-la-Grande Cattenom Contz-les-Bains Entrange Escherange Évrange Fixem Gavisse Hagen Haute-Kontz Hettange-Grande Kanfen Mondorff Puttelange-lès-Thionville Rodemack Roussy-le-Village Volmerange-les-Mines Zoufftgen
six des huit communes de la communauté de communes du Pays Haut Val d'Alzette :
Audun-le-Tiche Aumetz Boulange Ottange Rédange Russange
trois des 26 communes de la communauté de communes de l'Arc mosellan :
Bertrange Guénange Stuckange
La population desservie s'élève à habitants.
Histoire L'ère des tramways
vignette|Un tramway desservant l'actuelle rue de Paris à Thionville, nommée durant l'Annexion.
En 1912, deux lignes de tramway à voie métrique sont mises en service à Thionville, alors ville de l'Empire allemand. En outre une ligne de chemin de fer secondaire du même écartement relia Thionville à la ville thermale luxembourgeoise de Mondorf-les-Bains de 1903 à 1935, elle même raccordée à la ligne de Luxembourg à Remich.
La première, dite « suburbaine », relie Thionville à Fontoy avec un parcours de 28 kilomètres. Elle comptera jusqu'à trois antennes, desservant respectivement Fameck, Algrange et Neufchef.
La seconde ligne, dite « urbaine », relie Thionville à Basse-Yutz. La ligne urbaine est supprimée dès 1935.
Le , le Syndicat intercommunal des transports concédés de la vallée de la Fensch (SITCOVAF) est créé par le regroupement de 12 communes de la vallée de la Fensch (Algrange, Basse-Yutz, Fameck, Florange, Fontoy, Hayange, Knutange, Neufchef, Nilvange, Serémange-Erzange, Terville et Thionville).
Le , l'exploitation du réseau est confiée à la Société d'économie mixte Trans Fensch, qui donnera son nom au réseau jusqu'en 2008. En effet, la Société d'électricité et de gaz de la Basse-Moselle, maison-mère de l'exploitant du réseau, ayant été nationalisée, c'est EDF qui exploite le réseau mais veut céder ses activités annexes.
La ligne suburbaine sera exploitée jusqu'au .
L'ère des autobus et autocars
Le SITCOVAF Le contrat définitif entre le SITCOVAF et la SAEM Trans Fensch n'est signé que le . Les trois quarts du capital sont détenus par les communes membres du SITCOVAF, le reste par des actionnaires publics.
Les années 1950 et 1960 ont vu la sidérurgie se développer dans la vallée de la Fensch et certaines communes se sont progressivement développées. Six d'entre elles (dont Saint-Nicolas-en-Forêt, Marspich, Fameck, Uckange et Guénange) rejoignent progressivement le SITCOVAF, qui compte 18 communes en 1975. Malgré le développement de l'usage de la voiture individuelle, le réseau voit sa fréquentation augmenter : de 7 123 000 voyageurs en 1946, elle passe à 12 507 000 en 1961 puis à 20 346 000 en 1975.
À partir de 1965, la gestion de Trans Fensch évolue vers un poids plus important donné au caractère privé via une évolution des méthodes de gestion et des bénéfices, ainsi que l'impossibilité pour une commune de présider l'entreprise.
En 1969, un dépôt annexe est construit à Thionville. En une vingtaine d'années, le nombre d'autobus exploités sur le réseau est multiplié par trois, pour atteindre 120 véhicules en 1972. Dans le même temps, un réseau spécifique au transport des ouvriers de la sidérurgie est mis en place.
Le Comité Syndical du SITCOVAF du institue le Versement transport à un taux de avec effet au . Lors de la première année, le SITCOVAF collecte ainsi 3,2 millions de francs.
Dans le même temps, la société Trans Fensch développe ses activités interurbaines en dehors du périmètre du SITCOVAF, en obtenant l'exploitation des lignes interurbaines Thionville - Metz, Algrange - Metz, Thionville - Volmerange (qui deviendra par la suite une ligne urbaine) et Metz - Woippy.
Durant la seconde moitié des années 1970, le périmètre du SITCOVAF passe de 18 communes adhérentes à 32.
La crise de la sidérurgie touche de plein fouet la vallée de la Fensch : de 1975 à 1982, le périmètre urbain perd de sa population, soit 16 500 habitants. Les conséquences se font sentir sur la fréquentation, puisque celle des services spéciaux et occasionnels chute de entre 1977 et 1979, tandis que celle des lignes régulières stagne malgré l'extension du réseau.
Dans les années 1990, le SITCOVAF investi pour moderniser le réseau et maintenir un service de qualité l'introduction d'une billetterie par carte à puce, la mise en service des premiers bus articulés, la réalisation de deux pôles d'échanges à Florange et à Thionville (inaugurés en 2001), et l'équipement des autobus en radio-téléphones pour pallier les incidents. Le parking du dépôt a été couvert et les poteaux d'arrêts sont modernisés en 1999.
Création du SMITU En 2001, le SITCOVAF est transformé en un syndicat mixte, le Syndicat mixte des transports urbains Thionville Fensch, abrégé SMITU Thionville Fensch, voire plus simplement SMITU. Il compte alors 34 commues.
Ce dernier débute l'élaboration du Plan de déplacement urbain (PDU).. En 2005, le SMITU proposera dans le cadre de ce PDU la création d'« axes prioritaires en faveur des transports en commun » selon un axe est - ouest de Yutz à Thionville et selon un axe nord - sud-ouest de Manom au val de Fensch..
En 2004, deux lignes transfrontalières à destination du Luxembourg sont lancées : l'une à destination de Volmerange, l'autre à destination de Noertzange. Ces deux lignes sont opérées sous régime français exclusivement.
En 2007, le réseau se dote d'un système d'aide à la conduite et à l'information voyageurs..
En 2008, le SMITU renomme le réseau Citéline., dissociant ainsi le nom de l'opérateur (alors en place depuis plus d'un demi-siècle) et le nom commercial de l'offre de transport. Les bus changent ainsi de livrée.
La même année, la tarification zonale est abandonnée, et la première ligne transfrontalière issue d'une coopération franco-luxembourgeoise est mise en service entre Thionville et le quartier du Kirchberg à Luxembourg : elle porte le numéro 300 (numérotation RGTR) et est exploitée sous la marque Vilavil par la Trans Fensch et par les Autocars Vandivinit, basés à Mondorf-les-Bains.
En 2009, le SMITU et la Trans Fensch obtiennent du Préfet de la Lorraine l'interdiction de la mise en service de 3 lignes transfrontalières conventionnées par le Luxembourg : la n°315 reliant Basse-Ham à Luxembourg via Perl en Allemagne, la n°317 reliant Garche à Luxembourg et la n°319 reliant Basse-Yutz à Luxembourg. Néanmoins, forts du succès rencontré par la ligne 300, le SMITU et le RGTR lancent deux nouvelles lignes Vilavil en 2011 : la n°302 entre Thionville et la Cloche d'Or via Hettange-Grande (reprenant pour partie la ligne 317 avortée deux ans plut tôt) et la n°323 entre Hayange et Esch-sur-Alzette. En 2012, une quatrième ligne Vilavil est lancée, le n°303 reliant Garche au Kirchberg.
Exploitation en SPL Bertrand Mertz, élu maire de Thionville en 2008, souhaite réaliser 300 000 euros annuels d'économie sur la marge réalisée par Transdev, l'actionnaire et l'assistant technique de la SAEM Trans Fensch. La délégation de service public qui lie le SMITU à la SAEM Trans Fensch s'achevant le , le SMITU vote pour la constitution d'une Société publique locale, reprenant l'exploitation du réseau à compter du . Le cas particulier des lignes transfrontalières obligera le SMITU à retarder la mise en place de la SPL d'un an, au , prolongeant ainsi la DSP avec la SAEM Trans Fensch adossée au groupe Transdev.
La marque Vilavil étant déposée par Transdev, les lignes transfrontalières sont rebaptisées Citélux en .
La mise en place de la Société publique locale a provoqué une dégradation du climat social, entraînant le déclenchement de nombreux conflits sociaux et une hausse du taux d'absentéisme au sein de l'entreprise (atteignant 25 % !). Grèves et absentéisme pèsent sur les finances du réseau : en , les lignes Citélux sont supprimées pour économiser 2,5 millions d'euros annuels. Dans le même temps, le budget du TCSP est consacré à éponger les dettes de la SPL.
L'absentéisme provoque une dégradation de la qualité de service, entraînant une fonte de la fréquentation du réseau. En , de nombreuses lignes et services scolaires du réseau Citéline sont supprimés pour diminuer le nombre de services non assurés. Dans le même temps, la ligne transfrontalière n°303 est réactivée, sur initiative strictement luxembourgeoise.
En , face aux déboires de la SPL, la Préfecture de la Moselle préconise le retour à une délégation de service public, moins de quatre ans après le changement de régime.
En , le SMITU publie publie un avis de préinformation dans le cadre d'une nouvelle DSP dont l'entrée en vigueur est alors fixée au ..
À la suite de la baisse d'activité sur le réseau, le SMITU décide le déclassement et la vente pour 800 000 euros du dépôt de la rue Saint-Fiacre de Thionville.. Les derniers bus quittent les lieux le et l'ensemble des activités est regroupé au dépôt central situé rue de Longwy, à Florange.
Restructuration ratée du réseau Début 2019, une enquête origine/destination est menée par le SMITU. Le , les élus se mettent d'accord sur le choix d'un scénario de restructuration du réseau pour .. Le , la restructuration du réseau est actée par le SMITU.. Le réseau est présenté au grand public par la SPL Trans Fensch le , via les réseaux sociaux. (soit 5 jours avant la mise en place). Au , le nouveau réseau restructuré comporte 16 lignes dites « structurantes » désignées S01 à S24, 20 lignes complémentaires numérotées 30 à 71 et deux lignes dominicales désignées D24 et D25..
Des élus ont dénoncé une baisse de l'offre et de la qualité de service... Lors de la séance ordinaire du , le président du SMITU a admis avoir restructuré le réseau alors qu'il « manquait des données » sur les « besoins des communes, horaires et provenance des élèves des établissements scolaires pour proposer un service adapté à la demande »..
Pour pallier les carences du SMITU et les baisses d'offre, certaines communes organisent elles-mêmes les services scolaires sur leurs territoires, bien que faisait partie du ressort territorial d'une Autorité organisatrice de la mobilité.. Certaines communes conservent même l'ancien indice de ligne Citéline..
Face aux nombreuses critiques de toutes parts (usagers, élus municipaux et mêmes conducteurs) depuis sa mise en place, le SMITU a pris en urgence le la décision de revenir purement et simplement à l'ancien réseau à compter du suivant aux horaires vacances scolaires puis aux horaires normaux le ..
La réunion du SMITU du prévoit un retour au « nouveau » réseau « amendé » au ., mais avec maintien des services scolaires de l'ancien réseau jusqu'à la fin de l'année scolaire..
Mise en délégation de service public