Le de zouaves ( RZ) est un régiment d'infanterie français de l'armée d'Afrique, ayant existé entre 1914 et 1962.

Constitué dans la région de Bordeaux, à Caudéran, en , par la réunion de trois bataillons de zouaves venus du Maroc, il se distingue particulièrement lors de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est cité six fois à l'ordre de l'armée et obtient la Légion d'honneur. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il participe à la bataille de France en mai- puis en 1944-45, commandé par le colonel Aumeran, le RZ, , s'illustre au cours de la libération de la France et de la campagne d'Allemagne, obtenant deux nouvelles citations à l'ordre de l'armée.

Création et différentes dénominations

Septembre 1914 : formation du régiment de marche de la du Maroc, par la réunion de trois bataillons de zouaves : le du régiment de zouaves ; le du régiment de zouaves ; le du régiment de zouaves. : renommé de marche de zouaves : dissolution : création du de zouaves : devient régiment de l'Indre : dissolution 1942 : nouvelle création du de zouaves 1962 : dissolution. 1982 : réactivé au centre d'entraînement commando (CEC) de Givet (Ardennes) 1999 : le CEC perd le nom de zouaves, mais conserve son drapeau et les traditions des zouaves jusqu'au . 2000 : le CEC continue à porter le nom de Zouaves (2000-2005). 2006 : le CEC devient régiment de chasseurs parachutistes (jusqu'à sa dissolution trois ans plus tard). Le drapeau des zouaves est retiré du CEC et est remis à l’École d'Application de l'Infanterie (EAI) à Montpellier.

Chefs de corps vignette|Lieutenant-colonel Mingasson, tué à la tête du régiment en septembre 1915. vignette|Lieutenant-colonel Joulia (tué à la tête du régiment en février 1916).

Première Guerre mondiale : lieutenant-colonel Niessel : lieutenant-colonel Mingasson : colonel Couranjou : lieutenant-colonel Joulia : lieutenant-colonel Fouchard : lieutenant-colonel Gross : chef de bataillon de Marsay par intérim : lieutenant-colonel Rozet

Entre-deux-guerres -1924 : colonel Bertrand 1924-1926 : colonel Trestournel 1926-1928 : colonel Godefroy 1928-1932 : colonel Laborde 1932-1935 : lieutenant-colonel Clarion 1935-1937 : colonel Normand 1937-1939 : colonel Roubertie Seconde Guerre mondiale 1939- : lieutenant-colonel Tasse 1940-1941 : lieutenant-colonel de la Grandière 1943 : colonel Michel 1943-1945 : lieutenant-colonel Aumeran, nommé ensuite colonel 1945-1946 : lieutenant-colonel Pernet, nommé ensuite colonel -1947 : chef de bataillon Jean Romillat Après-guerre 1947-1948 : chef de bataillon Rouvier 1948-1950 : chef de bataillon André 1950-1952 : chef de bataillon puis lieutenant-colonel Bargues -1954 : lieutenant-colonel Charles Fredet -1957 : lieutenant-colonel Jean Boissarie -1959 : lieutenant-colonel André Barjaud -1961 : lieutenant-colonel Paul Santini -1962 : lieutenant-colonel Marcel Sobra - : lieutenant-colonel Charles Delmas CEC- Zouaves : lieutenant-colonel Cuny ? : lieutenant-colonel Falda 1985-1987 : lieutenant-colonel Thomsen 1987-1989 lieutenant-colonel puis colonel Lemercier ? …1989 : lieutenant-colonel Vergez : lieutenant-colonel Pons 1993-1995 : Colonel Faucher 1995-1997 : lieutenant-colonel Melin : lieutenant-colonel Martin : lieutenant-colonel Lechaix : lieutenant-colonel Lombard : lieutenant-colonel Jean-Louis Lemmet - : lieutenant-colonel Pascal Vigneron - : lieutenant-colonel Nivelet

Colonels du tués ou blessés au combat Colonel Mingasson, tué le en Champagne Lieutenant-colonel Joulia : blessé le , tué le à Verdun Lieutenant-colonel Fouchard : blessé en

Historique des garnisons, campagnes et batailles du Zouaves Première Guerre mondiale

À la marocaine isolée de à À la marocaine au sein de la DI d’ à À l'infanterie divisionnaire de la de à

1914 Le régiment de marche de la du Maroc est formé à Caudéran, par la réunion de trois bataillons de zouaves, issus des et de zouaves, débarqués à Bordeaux et venus du Maroc.

Le régiment participe aux combats dès le à Carlepont dans l'Oise. Sans préparation particulière au combat et recevant son baptême du feu par un assaut sur des positions fortifiés après avoir dû marcher , il emporte ses premiers objectifs au prix de . Il reste dans le secteur jusqu'en , attaquant et défendant vers Tracy-le-Val, Bailly et Quennevières.

1915 vignette|Photographie du de marche lors de la revue où le président Poincaré lui remet son drapeau. Appelé en Belgique sur l'Yser. Il gagne sa première citation après les combats de l'écluse de Het-Sas sur le canal d'Ypres à l'Yser : après une attaque ratée le , il établit une tête de pont le 27 qu'il tient jusqu'au sans avoir été relevé.

Il reçoit son drapeau le au cours d'une revue passée par le président Poincaré et par le roi Albert près de Saint-Nicolas-de-Port.

Du au , le régiment est engagé lors de seconde bataille de Champagne, subissant de lourdes pertes face aux contre-attaques allemandes.

1916 Il arrive le à Verdun, ses bataillons occupant divers points dont le bois de Caillette. Il est compris dans la citation collective reçue par la pour sa résistance pendant onze jours sans avoir cédé de terrain.

À partir du , le régiment participe aux assauts de l'offensive de la Somme. Il prend le la moitié sud de Maurepas puis le reste du village le 18.Réorganisé et revenu au front à Saillisel le , le régiment subit le 15 une attaque massive sur la tranchée de Reuss et perd plus de , tués, blessés ou disparus.

1917 En , il rejoint Vendresse, où il est engagé dans l'offensive du Chemin des Dames. En soutien le 16, il passe en première ligne le lendemain. Renvoyé au repos le , il revient sur le Chemin des Dames dès le , jusqu'au . Le régiment rejoint ensuite Bois-le-Prêtre.

1918 vignette|L'état-major du régiment en position d'attente lors de l'offensive sur Soissons, le 16 juillet 1918. Début 1918, le régiment est de retour à Verdun, devant Douaumont, Bois-le-Chaume et Les Chambrettes.

En juin 1918, il s'empare du village de Cœuvres pendant la de l'Aisne, il y obtient sa troisième citation. Puis il se dirige en juillet sur Saconin, Breuil et Soissons, le régiment est cité pour la quatrième fois (seconde bataille de la Marne).

Il est ensuite engagé dans la Somme en et est cité une cinquième fois. Il combat à Berry-au-Bac le , sanctionné par une sixième citation. Il termine la guerre près de Landifay.

Entre-deux-guerres vignette|Le défile à Alger à son retour en février 1919. Le régiment est dissous en , après avoir débarqué à Alger et à Tunis.

Pourtant, le à Paris, son drapeau est décoré par le président Poincaré de la Légion d'honneur avec une septième citation. Le président Poincaré décide donc de donner le numéro 9 à un des deux nouveaux régiments créés le et le de zouaves prend garnison à Alger.

Il combat au Maroc lors de la guerre du Rif en 1925 et 1926. Revenu en Algérie, il tient garnison à Fort-National (), à la caserne d'Orléans à Alger () et à Aumale ().

Seconde Guerre mondiale Campagne de France mai-juin 1940 Le , la déclaration de guerre le conduit vers le sud tunisien avec la d'infanterie d'Afrique afin de faire face à une éventuelle menace italienne. Finalement, le régiment part pour la métropole rejoindre la DIA, arrive à Castelnaudary le . En , il prend position dans le secteur de Sarreguemines en Moselle, au sein de sa division.

Mais l'offensive allemande s'est déclenchée le et l'ennemi a percé à Sedan. Aussitôt le régiment s'établit à partir du sur les berges du canal de l'Ailette dans l'Aisne. Le régiment résiste aux attaques allemandes successives qui se déclenchent à partir du . Ayant ordre de tenir coûte que coûte, il bloque toutes les attaques jusqu'au en soirée : devant une menace d'encerclement le régiment reçoit l'ordre de décrocher, mission exécutée dans la nuit au contact de l'ennemi.

Le , il franchit l'Aisne à Vic-sur-Aisne. Puis c'est Crépy-en-Valois, mais le bourg est déjà occupé par les troupes allemandes. Le se sacrifie et permet aux autres unités de s'échapper à la capture avant de se regrouper sur la Gergogne, à Vincy-Manœuvre. Le lendemain, le régiment reçoit pour mission de tenir la zone de Saint-Germain-sur-Morin, et enfin de se porter au sud de la Seine. Lors de l'arrêt des combats le , le zouaves est sur la Vienne, prêt au combat, après un repli en bon ordre de plus de .

Dans les seuls combats de l'Ailette, le régiment déclare avoir fait et allemands, ayant lui-même perdu 28 officiers, 97 sous-officiers et caporaux et zouaves tués, blessés ou disparus.

Une huitième palme et la Croix de guerre 1939-1940 viennent alors s'accrocher à son drapeau, accompagnées de la citation à l'ordre de l'armée suivante :« Sous les ordres du Lieutenant-Colonel Tasse, a, depuis le , constamment tenu tête à l'ennemi ; sur l'Ailette pendant deux jours, à l'est de la forêt de Compiègne pendant deux jours, pour couvrir le flanc droit des Divisions voisines, pendant deux jours enfin, sur le front de la Seine, se laissant encercler dans ses points d'appui formés sans aucune défaillance, se dégageant la nuit, et ne quittant la position que lorsque l'ordre de repli était imposé par le Commandement. A fait au cours de ces combats plus de 200 prisonniers allemands. » Le . Signé : Weygand.

En juillet, le régiment s'installe dans l'Indre, prenant le nom de dans l'Armée d'armistice. Le mois suivant, les rescapés du rejoignent Alger.

Campagne de libération 1943-1945 Après le débarquement allié en Afrique du Nord en et la reformation de l'armée française, les zouaves, en raison de la crise des effectifs, recrutent aussi des combattants « indigènes » et deviennent des unités mixtes, .

Le le régiment est reconstitué et est en garnison à Alger et à Tizi-OuzouGénéral Eric de Fleurian, 9e régiment de zouaves-1914-1962;1982-2006 , site les-tirailleurs.fr.. Le il reçoit de nouveau son drapeau de 1915. Il s'installe en Corse à partir de . Lors de la conquête de l'île d'Elbe, en , une compagnie du régiment rattachée à la 9e division d'infanterie coloniale (9 DIC) débarque sur l’île de Pianosa et l’occupe sans combat puis retourne en Corse. Lors de ce passage en Corse, Simone de Lattre, épouse du général de Lattre de Tassigny, commandant la française, fait part d'une anecdote survenue en à Olmeta-di-tuda, petite commune où est installé le quartier général de de Lattre : Simonne de Lattre, Jean de Lattre, mon mari: 25 septembre 1926-8 mai 1945 , presses de la cité, 1971, p. 427..

Sous les ordres du lieutenant-colonel Aumeran, le RZ met pied en métropole fin . Alors au sein même de la française du général de Lattre de Tassigny, et aux côtés de leurs camarades chasseurs d'Afrique, légionnaires et coloniaux, les zouaves participent dans le Doubs vers la frontière suisse à une suite de combats acharnés en enlevant de haute lutte le village de Roches-lès-Blamont le , puis la ville d'Hérimoncourt le « Le général Adolphe Aumeran, libérateur de Munster en 1945, éminent agronome, grand soldat des deux guerres, diplomate et homme politique » in Annuaire de la Société d'histoire du val et de la ville de Munster, 1975, pp. 100-101. Lire en ligne..

Après une période de stabilisation dans la région de Mulhouse en décembre et une réorganisation en au cours de laquelle il intègre deux bataillons du régiment FFI Corrèze-Limousin, dissous, le régiment revient dans le secteur des Vosges au col de la Schlucht, où ni le froid, ni la neige, ni les attaques allemandes soudaines ne sont parvenus à le déraciner de sa position. Le "9" repart à l'attaque le et libère Munster le .