L'histoire du football en Afrique française du Nord est étroitement liée à celui du football français. Lorsque le football fit son apparition en France durant l'année 1872, celui-ci apparut à son tour naturellement vers l'année 1894 en Afrique du Nord, région du monde soumise à l'autorité française. Le football s'y développa donc progressivement durant plus d'un demi-siècle avec la création d'un grand nombre de clubs mais aussi d'organismes qui régirent sa pratique lors de compétitions départementales et inter-régionales. Puis il vit sa fin au cours l'année 1962 date de l'indépendance de l'Algérie, dernier territoire nord-africain qui se défit de l'autorité française et qui vit donc la fin du football d'époque coloniale en Afrique du Nord française

Repères historiques

Apparition des premiers clubs (depuis 1882)

Le est créé le premier club omnisports, L'Oranaise Club, il est le doyen des clubs d'Algérie et d'Afrique du Nord française (Maghreb actuellement) et fait partie des premiers clubs en Afrique. Le voit la fondation du Club des Joyeusetés d'Oran, il crée le sa section football. Quelques mois auparavant, le est fondé le Club athlétique d'Oran avec sa section football. Ces clubs sont considérés comme les tout premiers clubs nord-africains.

Le refus du communautarisme (1928-1939) La France a toujours véhiculé un principe de laïcité, qu'elle acquis lors de la Révolution française et qui s'appliquait dans tous les territoires soumis à son autorité, We Are Football, Le temps des circulaires ou les contradictions du football colonial (1928-1945). Ce principe repose en partie sur la notion de séparation entre l'église et l'état, toutefois son application dans le sport et particulièrement dans le football, se traduisit dans une lutte contre toutes formes de communautarisme. Tous les clubs de sports à cette époque, que ce soit en métropole ou dans les colonies, étaient tous des associations sportives de type omnisports, régies par la loi de 1901. Il n'existait pas dans les clubs européens de clivage entre colons et musulmans car la pratique du sport était ouverte à tous. Lorsque des clubs entièrement musulmans ou israélites sont apparus sans même la présence d'européens au sein de leurs effectifs, l'administration française en place craignait que des clivages communautaires se forment. D'ailleurs les rencontres en football de type « derby » entre club colons et musulmans représentaient alors un énorme risque. Le sport étant universelle en plus d'être un symbole, il était inconcevable pour le gouvernement colonial qui prônait les valeurs de la république française, d'accepter tout marquage identitaire.

Afin d'atténuer cette tendance identitaire plusieurs circulaires furent éditées entre les années 1928 et 1936, obligeant les clubs musulmans à se défaire de tout communautarisme. L'une d'elles concernait le terme musulman dans les noms de clubs. Il était dérangeant pour l'administration coloniale de voir le mot musulman dans des noms de clubs ; la première circulaire de 1928 stipulait qu'à côté de ce mot devait apparaître le terme français, ou du moins la lettre F dans leurs sigles. Ainsi certains changements furent observés avec l'exemple de plusieurs clubs en Algérie, comme l'USM Blida renommé en USFM Blida (Union sportive franco-musulmane de Blida). Cela eut un effet très négatif et fit naître un sentiment de révolte de la part des clubs musulmans qui se sentirent opprimés. Certaines rencontres de football entre équipes de deux ethnies différentes furent particulièrement houleuses, accompagnées de l'intervention de l'armée.

right|thumb|200px|Les membres fondateurs de l'Union sportive musulmane d'Oran en 1926.

En se rendant compte des conséquences que cela pouvait avoir avec une telle circulaire, le gouvernement colonial trouva de nouveau la parade afin d'empêcher tout soulèvement populaire. En effet une deuxième circulaire en 1930 obligea toute associations sportives musulmanes d'intégrer dans leurs effectifs un quota de joueurs colons, avec d'abord trois joueurs puis cinq lors d'une troisième circulaire en 1935. De plus avec la circulaire de 1936, on demanda à ces clubs d'avoir dans leurs structures dirigeantes des français sous peine d'être dissoutes. Par ailleurs certaines rencontres furent annulées pour cause de non-respect de quotas comme ce fut le cas lors de la rencontre à Oran entre le CAL Oran (colon) et l'USM Oran (musulman) en . Ces circulaires d'un point de vue sportif furent terribles entraînant la plupart du temps la cessation de toutes activités de certains clubs à Oran (avec l'exemple de l', un club juif qui fut contraint à l'arrêt), mais également à Tlemcen, Mascara et Mostaganem. Les clubs les plus expérimentés comme le MC Alger ou l'USM Oran sachant qu'ils ne gagneraient rien à se révolter, se soumirent sans rechigner en incluant des joueurs et des dirigeants français.

Ce dernier combattra tout de même pour le droit aux clubs musulmans de réaffirmer leur identité. Grâce au soutien des élus locaux et des autres dirigeants de clubs colons qui craignaient un appauvrissement du championnat de la Ligue d'Oran, l'USM Oran permit non seulement aux autres associations sportives musulmanes de survivre mais d'en créer d'autres comme l'. Celui-ci vit le jour en 1937 présidée par Jacques Cohen; une autre association sportive l' apparut à son tour, avec une structure dirigeante mixte composée de dignitaires tels que Mohamed El Hassar, Benouda Abiayad, Charles Guigui, Ludovic Frezouls, Gilbert Kircks; exemple de bonne cohabitation entre musulmans et colons. Néanmoins, malgré quelques hésitations de l'administration colonial à restaurer la politique des quotas aussi bien en Algérie que dans le reste de l'Afrique du Nord, les clubs musulmans continuèrent à réaffirmer leur identité communautaire.

thumb|200px|left|Équipe du Wydad de Casablanca en 1939.

Au Maroc la situation était encore plus délicate, car les clivages existaient si bien que les colons refusaient de se mélanger avec les musulmans. Le cas de la création du Wydad de Casablanca est édifiant à plus d'un titre car l'origine est un conflit que l'on peut qualifier d'inter-ethnique. Le port de Casablanca grand centre économique à cette époque était entourée de plusieurs piscines favorisant la pratique du sport. Pour y accéder il fallait faire partie d'un club, dont la plupart était tenus par des colons.

right|thumb|180px|Arrêté autorisant la mise en activité du Club africain édité le .

À partir de l'année 1935, les installations furent ouvertes aux marocains musulmans et israélites qui purent en profiter à condition de s'inscrire dans l'un de ces clubs. Lorsque le nombre de musulmans augmenta rapidement, les autorités françaises s'en inquiétèrent et leurs interdirent l'accès. Cet évènement fit germer l'idée de créer un club destiné uniquement aux musulmans et les futurs dirigeants du WA Casablanca , grâce à l'aide de juifs marocains, décidèrent donc d'en faire les démarches aux autorités de l'époque. Celles-ci furent à chaque fois infructueuses et demeurèrent sans réponse. Il aura fallu finalement l'intervention d'une association franco-marocaine et la décision du résident général Charles Noguès, afin d'obtenir l'agrément nécessaire à son existence.

En Tunisie, les problèmes d'inscriptions étaient moins complexe qu'en Algérie ou au Maroc. Le souci principal demeurait dans l'appellation des clubs qui souhaitaient eux aussi affirmer une identité culturelle différente de celle de la république française. L'exemple du Club africain renseigne lui aussi sur les difficultés que pouvaient avoir les associations musulmanes pour exister. Durant l'année 1919, les dirigeants du club voulaient enregistrer sa naissance sous le nom de Club islamique africain. Son appellation fut contestée car le terme islamique ne convenait pas du tout. Finalement un an plus tard, le club sacrifia son nom pour exister sous celui de Club africain. On constate donc une certaine similitude avec les clubs des ligues algériennes concernant les noms de clubs, d'autre part dès sa création en 1920, le club fut contraint de nommer à sa tête un président français ce qui nous rappelle les circulaires répressives des années 1930 en Algérie. Cette réglementation stricte semblait uniforme à tout le territoire tunisien puisque d'autre clubs comme l'Espérance sportive de Tunis (qui portait le nom à sa création de Café de l’Espérance), fut sommer lui aussi de nommer un dirigeant français à sa tête pour pouvoir exister, ce qui fut fait en la personne de Louis Montassier.

L'arrêt des compétitions en Afrique du Nord (1940-1945)

Durant la guerre, les autorités coloniales décidèrent de suspendre leurs directives sur les quotas pour calmer les esprits, mais limitèrent le nombre d'adhésion de nouvelles associations sportives musulmanes. Lorsque la France déclara la guerre à l'Allemagne Nazie le , la mobilisation générale fut décrétée. En métropole aussi bien que dans les territoires d'outre-mers, et donc en Afrique française du Nord, les compétitions footballistiques et sportives de grandes envergures telles que le championnat d'Afrique du Nord ou la coupe d'Afrique du Nord s'arrêtèrent. Les autres compétitions à l'échelle régionale organisées par chacune des ligues nord-africaines de football continuèrent de se dérouler, mais l'heure n'était plus ni au sport ni aux conflits inter-ethniques. Il faudra d'ailleurs attendre la fin de ce conflit qui trouva son terme dans ce que l'histoire aura retenu de drôle de guerre, qui prit fin avec la signature d'un armistice le par le Maréchal Pétain, pour voir de nouveau la vie reprendre son cours ainsi que les grandes compétitions sportives et footballistiques. Durant cette période un certain nombre de clubs, musulmans pour la plupart, apparaissent ici et là, et doivent se soumettre aux directives des circulaires éditées précédemment. C'est ainsi que l'on vit naître la JSM Tiaret qui fut contrainte d'incorporer des joueurs européens tels les Chabal, Bouyoko, Dié et Mico. Il en fut de même avec l' qui comptait dans ses rangs les joueurs Baguer, Spinozza et Banider européens également.

Cette dernière vit le jour durant l'année 1943, année qui également se dérouler le débarquement allié en Afrique du Nord, la fameuse « Opération Torch ».

Entre drame et reprise des compétitions sportives (1945-1955)

Le boycott des associations sportives musulmanes (1956-1958)

La fin d'une époque (1959-1962)

Organismes et compétitions de football L'histoire des organisations communes aux ligues nord-africaines est aussi vieille, plus vieille même que celles des ligues nord-africaines elles-mêmes puisque, avant la naissance de la FFFA, les comités régionaux d'Alger, de Constantine, d'Oran et de Tunis disputaient déjà un championnat d'Afrique du Nord sous l'égide de l'USFSA. Certes le Maroc n'entra en lice qu'en 1926, la Tunisie se retira entre les années 1927 et 1937, mais l'idée était en marche, la nécessité de compétitions inter-régionales de ce côté de la Méditerranée s'imposait avec force à des ligues condamnées par leurs positions géographiques à vivre ensemble. L'Union des ligues nord-africaines de football ou ULNA, à laquelle restera attaché le nom du président Louis Rivet, devait amplifier son action et mettre plusieurs réalisations à son actif : le Championnat d'Afrique du Nord junior, le Championnat d'Afrique du Nord corporatif, le Tournoi des ligues nord-africaines et surtout la Coupe d'Afrique du Nord qui obtint le même succès que son aînée la Coupe de France.