L'élection présidentielle vénézuélienne a lieu le afin d'élire le président de la république bolivarienne du Venezuela, à la suite de la mort d'Hugo Chávez.

Le président par intérim Nicolás Maduro, considéré comme l'héritier de Chávez, l'emporte face à Henrique Capriles dans un scrutin très serré, 1,5 % séparant les deux candidats.

Contexte thumb|120px|Hugo Chávez, en 2012.|gauche

Le , le socialiste Hugo Chávez, président depuis 1999, est réélu pour un quatrième mandat avec 55,1 % des voix face à Henrique Capriles. Pendant la campagne électorale, son état de santé faisait l'objet de spéculations. Il avait en effet été opéré plusieurs fois à Cuba pour un cancer, dont il affirmait être guéri. En , après sa réélection, il retourne à Cuba pour se faire à nouveau opérer. Alors qu'il est dans l'impossibilité de prêter serment le mois suivant, l'opposition réclame la tenue d'un nouveau scrutin. Chávez meurt finalement à Caracas le . Sa popularité reste globalement à un niveau élevé et a augmenté pendant sa maladie (74 % d'opinions favorables en ). bien que son bilan soit jugé controversé par certains médias..

Nicolás Maduro prête serment comme président par intérim le . L'opposition refuse d'assister à son investiture, considérant qu'elle constitue une violation de la Constitution, celle-ci prévoyant que le président par intérim soit le président de l'Assemblée nationale, en l'occurrence Diosdado Cabello.

Système électoral Le Venezuela est une démocratie multipartite. Le président de la République est élu au suffrage universel avec un mandat de six ans, renouvelable sans restriction ; l'élection s'effectue au scrutin uninominal majoritaire à un tour..

En vertu de l'article 233 de la Constitution, une élection présidentielle doit être organisée dans les suivant le décès du chef de l'État. Le , le Conseil national électoral annonce que l'élection se tiendra le et que la campagne électorale officielle se déroulera du au .

Candidats

Nicolás Maduro

Le vice-président, Nicolás Maduro (), qui assure l'intérim à la tête du pays, est soutenu par le Grand Pôle patriotique (GPP), coalition électorale fondée en 2011 en vue de soutenir la réélection de Chávez et menée par le Parti socialiste unifié du Venezuela, dont Chávez est le fondateur. Bien que la candidature du président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, soit aussi évoquée, la préférence du président défunt allait pour Nicolás Maduro. L'opposition qualifie de « fraude constitutionnelle » la candidature de Maduro, la Constitution prévoyant que le vice-président renonce à ses fonctions s'il veut être candidat à la présidentielle.

Henrique Capriles

Henrique Capriles () est le gouverneur de l'État de Miranda, deuxième État le plus peuplé du pays. Soutenu par la Plateforme unitaire (MUD), coalition électorale de partis d'opposition (centre et droite), il avait affronté Hugo Chávez lors de l'élection présidentielle de 2012, à l'issue de laquelle il avait obtenu 44,31 % des voix, soit le meilleur score réalisé par un candidat de l'opposition face à Chávez. Le , au lendemain de la mort de ce dernier, les partis de l'opposition valident à l'unanimité sa candidature à la présidence du Venezuela. Capriles confirme sa candidature le .

Autres

, syndicaliste et ancien candidat à la présidence du parti Pouvoir du travail (PL). María Bolivar, avocate et propriétaire de la boulangerie « Mayami » dans l'État de Zulia et candidate du Parti démocrate uni pour la paix et la liberté (PDUPL). Eusebio Méndez, pasteur chrétien, à la tête du parti Nouvelle vision pour mon pays (NUVIPA). Julio Mora, soutenu par le parti Unité démocratique (UDEMO).

Campagne vignette|Publicité de campagne présidentielle de Nicolás Maduro en 2013. Lors de l'annonce de sa candidature, Henrique Capriles affirme qu'il ne laissera à Nicolás Maduro et déclare que ce dernier . Pour ce faire, il mobilise l'image de l'ancien président, notamment son regard à travers la représentation de ses yeux. Il accuse en outre le pouvoir d'avoir menti au peuple vénézuélien sur le véritable état de santé du président défunt.. Au cours de sa campagne, trois députés, membres de l'opposition et qui le soutenaient initialement, lui retirent leur appui, affirmant que la MUD a décidé de ne pas reconnaitre le résultat des élections si celles-ci aboutissaient à la victoire de Nicolás Maduro..

La campagne est très courte. Les principaux thèmes abordés sont l'état de l'économie et l'insécurité, en particulier à Caracas, qui est souvent considérée comme la capitale la plus dangereuse au monde.

Les échanges entre les deux principaux candidats sont vifs et injurieux. Maduro qualifie Capriles de et utilise des termes considérés comme homophobes, laissant entendre que Capriles, qui n'est pas marié, est gay. De son côté, Capriles le traite de et de ..

Sondages

Deux sondages testant l'éventualité d'une élection présidentielle anticipée sont rendus publics avant la mort de Chávez. Réalisés en , ils donnent tous deux Nicolás Maduro vainqueur, avec d'avance sur Henrique Capriles...

Tout au long de la campagne, les principaux instituts de sondages donnent Maduro nettement en tête. Dans les derniers jours, Capriles semble refaire une partie de son retard sur le président par intérim.

Résultats

+Résultats. Candidats Partis Voix %Nicolás MaduroGPPSB50,62Henrique CaprilesMUD49,12 Eusebio Mendez 0,13 María Bolívar 0,09 Reina Sequera 0,03 Julio Mora 0,01 Votes valides 99,56 Votes blancs et nuls 0,44 Total 100 Abstention 20,35 Inscrits / participation 79,65

Analyse

Les résultats sont plus serrés que lors de la précédente élection présidentielle, qui s'est tenue six mois plus tôt. Le Conseil électoral national proclame la victoire de Nicolás Maduro avec 1,5 point et d'avance sur son principal rival, Henrique Caprilessite officiel du CNE.. L'année précédente, l'écart entre Chávez et Capriles était de et . Le taux de participation atteint 79,8 %, quasi stable (−0,7 point) par rapport au scrutin de 2012. Les résultats sont une surprise, les commentateurs s'attendant à une plus large victoire de Maduro un mois seulement après la mort d'Hugo Chávez.

Contestations

Henrique Capriles conteste les résultats et déclare recenser ayant entaché le scrutinD’après une dépêche AFP, «  », article initialement publié sous le titre de « Venezuela : Caprilès dénonce la volonté de changer le choix exprimé par le peuple », Le Monde, publié le .. Il refuse de reconnaître la victoire de son adversaire et demande un recomptage des votes. La chaîne Globovision, qui a soutenu ce dernier durant la campagne, fait aussi état d'incidents survenus au moment du dépouillement, tels que des urnes retrouvées hors des bureaux de vote.. L'opposition affirme également que certains de ses représentants ont été rejetés de 286 bureaux, parfois avec des armes à feu, ou que décédées seraient toujours inscrites sur les listes électorales.. Nicolás Maduro, qualifiant sa victoire de , est proclamé président le lendemain..

Henrique Capriles remet également en cause l'impartialité du Conseil national électoral, présidé par Tibisay Lucena et habilité à annoncer les résultats ; sur les cinq membres, quatre seraient chavistes et un seul appartiendrait à l'opposition.. Les États-Unis, l'Espagne et l'Organisation des États américains (OEA) réclament également un recomptage total des votes. Cependant, le scrutin, surveillé par 173 observateurs internationaux, a obtenu le satisfecit de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), du Marché commun du Sud (Mercosur), de la Fondation Carter et de l'Union interaméricaine des organismes électoraux (Uniore), celui-ci reconnaissant « l'efficacité, la transparence et la sécurité » du processus électoral..

Le Conseil national électoral décide d’accéder à la requête de l'opposition et fait procéder au recomptage manuel (le vote s’effectue également électroniquement) de 54 % des bulletins, tel que le prévoit la constitution si contestation du résultat.

L'opposition appelle à manifester, le , pour contester le résultat des élections. Les manifestations tournent aux affrontements avec les policiers, provoquant au moins sept morts et une soixantaine de blessés.. Quatre sièges locaux du Parti socialiste unifié du Venezuela sont incendiés, ainsi que des radios communautaires et des centres médicaux comprenant des médecins cubains.

Le , le Tribunal suprême de justice refuse le comptage manuel, estimant que c'est impossible malgré les urnes contenant les votes papiers, car hors du cadre constitutionnel. Par ailleurs, Henrique Capriles suspend son appel à manifester, pour éviter des violences..

Notes et références

Voir aussi

Présidence d'Hugo Chávez

Venezuela 2013 Catégorie:2013 au Venezuela Catégorie:Politique en avril 2013 Venezuela Catégorie:Nicolás Maduro