Le fort de Chillon est un ouvrage militaire situé sur la Riviera vaudoise en face du château de Chillon en Suisse. Construit entre 1941 et 1942 comme fort d'artillerie et d'infanterie, il perdit sa mission d'artillerie en 1978 et ne servit plus qu'à interdire l’étroit passage entre le Léman et le versant abrupt des Préalpes vaudoises afin de protéger l'accès au Chablais depuis le plateau (et inversement). Implantée sur un « passage obligé », la position de barrage de Chillon Position de barrage Chillon, Monuments militaires dans les cantons de Vaud et Genève, DDPS, .. Outre le fort, une douzaine d'ouvrages d’infanterie, une dizaine de barricades routières et obstacles antichars ainsi que plusieurs constituent cette position de barrage. Un musée interactif et immersif est ouvert dans le fort depuis .

Histoire vignette|gauche|Extérieurs des embrasures de la casemate C5 dominant la route principale avec les volets de camouflage fermés. Dans une étude datant de 1882 le colonel Aubert proposait de barrer l’axe du Simplon à Chillon. En 1939, les premières fortifications de campagnes sont érigées dans les jardins du château de Chillon.

Construit comme fort d'artillerie et d'infanterie dans la première moitié de l'année 1941, l'ouvrage est remis à l'armée suisse en 1942 et occupé pour la première fois en août. Dès 1942, le fort de Champillon couvre de son artillerie la position de barrage de Chillon. Le fort sera transformé et agrandi en 1960, l'entrée en bordure de route est déplacée plus au Sud (arrêt du bus) et un magasin à munitions est réalisé selon les nouvelles normes. En 1978, il perd sa fonction d'artillerie et conserve uniquement son rôle de fort d'infanterie. Il est utilisé comme fortification militaire jusqu'en 1994 et fut déclassé « secret défense » le . vignette|gauche|L'entrée du musée du Fort de Chillon en 2022 En 2004, l'État de Vaud renonce à racheter le fort, tout comme la commune de Veytaux une année plus tard. C'est finalement un groupe privé qui le rachète en 2010 et le transforme pour accueillir des caves à vin privées. Des évènements culturels sont également organisés sur les lieux, tout comme des visites guidées, éventuellement couplées à celles du Château de Chillon situé de l'autre côté de la route.

En est créée la société Fort de Chillon. En 2018, elle obtient l’obtention du permis de construire d'un musée, permettant le lancement du projet d'un coût global de 9 millions. Le musée du Fort de Chillon ouvre en .

Fort Garnison En 1942 l’ouvrage d’artillerie est d'abord occupé par la compagnie d'artillerie de forteresse 9 (cp art fort 9) devenue en 1943 la compagnie d'artillerie de forteresse II/4 (cp art fort II/4) subordonnée au groupe fort 4 dont l’état-major occupait le fort de Champillon en dessus d’Aigle, lui-même subordonné administrativement au régiment de forteresse 19 (rgt fort 19) qui occupait tous les ouvrages de la compagnie garde-forts 10 (cp GF 10), soit Champillon (A365), Petit-Mont (A130), Toveyres (A140), Savatan (A200), Dailly (A250), /Ermitage (A160), Cindey (A155), (A66), Vernayaz (A68/69), (A46) et (A27). La subordination tactique de la garnison du fort était l’affaire du régiment d'infanterie 88 (rgt inf 88), ce régiment, comme le régiment de forteresse 19, était subordonné à la brigade de forteresse 10 (br fort 10), elle-même subordonnée à la division de montagne 10 (div mont 10) du . La cp art fort II/4 occupait également deux ouvrages et cinq fortins d'infanterie entourant le fort, ainsi que les ouvrages de Fenalet (St-Gingolph), sur la rive opposée du lac, et de la Porte du Scex. La défense extérieure était assurée par une section du régiment d'infanterie 88Régiment fribourgeois de Landwehr composé des bataillons d'infanterie 163, 164 et 165. (rgt inf 88), lui aussi subordonné à la brigade de forteresse 10. Elle occupait un ouvrage d’infanterie situé au-dessus du fort.

En 1978, l’ordre de bataille changea et la compagnie d'ouvrage 55 (cp ouv 55) fut créée, elle était subordonnée au régiment d'infanterie de montagne 5 (rgt inf mont 5), elle-même subordonnée à la brigade de forteresse 10 (br fort 10). Elle occupait alors le fort d'infanterie de Chillon, les ouvrages précédemment cités et neuf fortins d'infanterie du point d'appui Grande Eau. Durant cette période, les ouvrages minés (OMI) étaient préparés par la compagnie de minage 50 (cp mi 50). La compagnie d'ouvrage 55 occupa le fort jusqu'au plan directeur Armée 95 qui condamna partiellement l’ouvrage. Le dernier cour de répétition de la compagnie eut lieu en 1994.

Description vignette|upright=1.8|Le fort (A390) et la position de barrage de Chillon; rose : positions des casemates du fort (C3 à C8), jaune : ouvrages sous roc et fortins d'infanterie (A382 à A389), triangle noir : barrages antichars, rouge : Route principale H9, bleu : le viaduc de l'A9 (inexistant lors de la construction du fort), orange : Château de Chillon.

Blocs de combat et armes de forteresse Casemate C3 : 1 canon antichars de (remplacé ensuite par un can ach 50) sur affût spécial Giovanola (Monthey) (étage supérieur) et 2 Obs/FM (étage inférieur). Pour la défense de la voie ferrée en direction du nord (G3 sur le plan). Casemate C4 : 1 canon antichars de (remplacé ensuite par un can ach 50) sur affût spécial Giovanola (Monthey) (étage supérieur), 1 et 1 Obs/FM (étage inférieur). Pour la défense de la voie ferrée en direction du sud (G4 sur le plan). Casemate C5 : 1 canon antichars de (can ach ) sur affût spécial Giovanola (Monthey) pour le tir direct, remplacé par un canon antichars de (can ach 50) sur affût à pivot en 1962, 1 mitr et 1 Obs/FM (étage inférieur) et 1 mitr et 2 Obs/FM (étage supérieur). Pour la défense de la route principale en direction du nord (G5 sur le plan). Casemate C6 : 2 Obs/FM. Située entre C5 et C7, elle bat en direction du château et sert de contre-ouvrage (avec C5 et C7) à C3 et C4 (G6 sur le plan) Casemate C7 : 1 canon antichars de (can ach ) sur affût spécial Giovanola (Monthey) pour le tir direct, remplacé par un canon antichars de (can ach 50) sur affût à pivot en 1962, 1 mitr et 1 Obs/FM (étage inférieur) et 1 mitr et 2 Obs/FM (étage supérieur). Pour la défense de la route principale en direction du sud (G7 sur le plan). Casemate C8 : 2 canons de (can ach ) sur affût à leviers (ou parallélogramme)Petit mémoire sur le fort de Chillon, assovaud.ch. ( inférieurs), 2 Obs/FM + 1 obs art (étage supérieur). Pour le tir d'artillerie entre Vouvry et St-Gingolph (positions de barrage de St-Gingolph-Fenalet et de la Porte du Scex), les pièces sont retirées en 1978 lorsque l'ouvrage d'artillerie devint un fort d'infanterie (G8 sur le plan). Cette casemate est équipée d'un ascenseur pour chariot à munition. Couloir d'entrée protégé par un bloc de combat Obs/FM Les 5 mitrailleuses 11 () (refroidissement à eau) des casemates C4, C5 (2x) et C7(2x) ont été remplacées en 1972 par des mitrailleuses de forteresse 51 (). Armes mobiles : 19 fusils mitrailleurs () remplacés par 6 Fass 57, les soldats étant équipé de ce même fusil d'assaut.

vignette|upright=1.8|Plan intérieur du fort de Chillon (Musée du Fort de Chillon).

Caractéristiques Garnison : une compagnie de forteresse (cp art fort 9, 1943 : cp art fort II/4, 1978 : cp ouv 55) un cantonnement avec 131 lits (dortoirs, chambre du commandant, chambre des officiers, bureau, réfectoire, messe, sanitaire, cuisine, infirmerie) Centrale téléphonique : 1 UZ 53 pour et 1 Philips art P 66/40 Poste central de tir (PCT) Usine avec deux générateurs Sulzer (Sulzer 3 ZG 9. mod 38 de 60 ch (10 lts/h), et Sulzer 4 T 18 de 120 ch (31 lts /h), ) système de ventilation Réserve de (3 x ) de carburants Réserve de d'eau Station de pompage (entre C3 et C4) de l’eau du lac pour l’alimentation du système de refroidissement des moteurs Diesel Magasin munitions construit en 1960 avec un sas antisouffle côté casernement et une galerie d’échappement Seconde entrée (galerie d'échappement du MM) La casemate C8 est équipé d'un ascenseur pour chariot à munition. Pigeonnier avec sas de sortie pour pigeons (casemate C7) 11 Fak (Feldanschlusskasten), des boîtes de raccordement de campagne du réseau téléphonique enterré répartis dans le terrain autour du fort pour la communication avec la défense extérieur. En général 6 à aboutissent à un Fak.

Défense extérieure Points d'appui de l'ouvrage pour la défense extérieure Rocher de Veytaux, ouvrage d'infanterie A389 : 2 mitrailleuses 11 (mitr 11) remplacées par des mitrailleuses de forteresse 51 (mitr fort 51) en 1972 Montagnette, ouvrage d'infanterie A383? : 2 mitr 11 remplacées par des mitr fort 51 en 1972 (occupé par des éléments de la défense extérieure assuré par une section du rgt inf 88 (1943-1978). Champ-Babau, ouvrage d'infanterie A382 : 3 mitr 11 remplacées par des mitr fort 51 en 1972, 2 lance-mines 8,1 cm 1933 (lm 8,1 cm 33) sur affût spécial 360° et 5 FM/Obs. A 391 Montagnette : 2 lance-mines de 8,1 cm 1933 (lm 8,1 cm 33) Fortins d'infanterie répartis au-dessus du fort A384 : 2 embrasures A385 : 1 mitr et 2 FM/Obs A386 : 2 embrasures A387 : 1 mitr et 1 FM/Obs A388 : 2 embrasures Solitaires (position de tir en béton abritant un soldat) répartis autour du fort Particularité : 2 créneaux de défense rapprochée aménagés dans le mur de soutènement de la route principale au-dessus de la voie de chemin de fer à titre de contre-ouvrage des casemates C3 et C4 Un réseau dense de barbelé fixe, complété au besoin, entourait le fort.

Positions de barrage vignette|upright=1.5|En tant que passage obligé, Chillon . C6 et C7 sont visibles dans la paroi rocheuse en face du château et C4 entre la voie ferrée et le château.

Le fort avait sous sa responsabilité la position de barrage de Chillon sur l'axe Riviera - Chablais vaudois et les positions de barrage du Fenalet et de la Porte du Scex sur l'axe France - Saint-Gingolph - Chablais valaisan auxquelles le fort apportait un soutien d'artillerie.

Les barrages sont constitués ici d'obstacles antichars permanents (tobleronesNom donné aux obstacles antichar de forme pyramidale (Höcker) en SuisseGabi Vogt, Ces blocs de béton qui deviennent une attraction, 16 juillet 2016, swissinfo.ch., réseau de rails plantée dans le sol), de barricades antichars routières (rails enfilés à la verticale dans des puits préparés dans la route) et d'ouvrages minés OMI (ici routes, voies ferrées et viaduc) préparées à la destruction) battus par des positions armées protégées (ouvrage sous roc, fortin).

Position de barrage Chillon Les ouvrages minés (Omi) ( SprO) étaient préparés par la cp mi 50. Du nord au sud :

Barrage nord BAC T82 : ligne de toblerone, mur antichars et emplacements pour barricades routières sur la route principale (BAC T8201) et la rue Le They (BAC T8202). Omi M01256 : viaduc de Chillon Omi : route locale Veytaux - Villeneuve tracée pour la construction du viaduc Omi : au nord du fort (route principale et voies de chemin de fer). Cet OMI a été démantelé en 2007Chillon déchargement omi.. Barricades sur routes secondaires Barrage sud : ligne de toblerones et emplacements pour barricades avec rails sur la route principale et le quai Alfred Chatelanat Omi M00236? : au sud du fort (route principale et voie de chemin de fer) Barricade sud : route principale

Position de barrage de Saint-Gingolph - Fenalet Premier barrage sur la rive sud du Léman pour l'accès au Chablais valaisan, le barrage du Fenalet est situé à la sortie de Saint-Gingolph en direction du Bouveret entre le lac et la base du GrammontLe Fenalet (VS) - Saint-Gingolph, Swisstopo.. Le fort de Chillon, situé sur la rive opposée du lac à environ de distance, assura la couverture d'artillerie de 1942 à 1978, année de la fin de la fonction artillerie du fort. Le fort de Champillon couvrait le barrage de son artillerie de 1943 à sa mise hors service en 1994.