Lisotrétinoïne Drugs.com Isotretinoin Information est une substance active médicamenteuse utilisée dans le traitement de l'acné. C'est un rétinoïde, c'est-à-dire un dérivé de la vitamine A présent naturellement dans le corps, produit par le foie en petite quantité. Même si cette molécule est considérée comme la plus efficace contre l'acné, elle comporte de nombreux effets secondaires non négligeables et est généralement réservée afin de traiter les acnés sévères résistantes aux traitements antibiotiques associés à des topiques pendant 3 mois. L'isotrétinoïne est la substance active de divers médicaments comme Contracné, Curacné, Procuta ou Roaccutane FDA's Accutane Information Page.
Indiquée pour : Acné récalcitrant nodulaire graveContre-indications : Grossesse et/ou Lactation Hypersensibilité à l'isotrétinoïne Sensibilité aux parabènesInteractions : Vitamine A et CyclinesEffets secondaires : Tératogène (Déficiences congénitales graves)
Cardiovasculaire : Palpitation, Tachycardie, maladie thrombotique vasculaire, AVC
Nez, gorge et oreille : Perte d'audition, acouphène, épistaxis (saignements de nez)
Endocrine : Hypertriglycéridémie
Œil : Opacité de la cornée, baisse de la vision nocturne, cataracte, trouble de la vision des couleurs, conjonctivite, sicca, inflammation de la paupière, kératite, névrite optique, photophobie, troubles de la vue
Gastro-intestinales : Nausées, côlon irritable, hépatite, pancréatite, saignements et inflammation des gencives, colite, œsophagite/ulcère de l'œsophage, iléite, rectite, diarrhée sanglante, appendicite aiguë
Hématologie : Réactions allergiques, anémie, thrombocytopénie, neutropénie, agranulocytose
Muscle ou squelette : Hyperostose, calcification des tendons et des ligaments, soudure prématurée des cartilages épiphysaires, chute de la densité osseuse, arthrite, tendinite, rhabdomyolyse
Neurologie : Pseudotumeur cérébrale, vertige, somnolence, céphalée, insomnie, léthargie, malaise, nervosité, paresthésie, épilepsie, syncope, faiblesse générale
Psychologique : Pensée morbide, dépression Skin deep: Accutane didn't depress me, it helped me live again (Reason Online), psychose, irritabilité, comportement agressif, instabilité émotionnelle
Respiratoire : Bronchospasmes, infection pulmonaire, altération de la voix
Peau : Acné fulminans, alopécie, meurtrissures, cheilitis, bouche sèche, nez sec, peau sèche, épistaxis, éruption xanthomas, rougeur, fragilité de la peau, anomalie des cheveux, hirsutisme, hyperpigmentation, hypopigmentation, infections, dystrophie des ongles, panaris, desquamation de la paume des pieds et des mains, réaction photoallergénique/photosensibilité, prurit, granulome pyogénique, éruptions cutanées, sensibilité aux coups de soleil accrue, sueurs, urticaire, ulcérations, cicatrisation anormale
Urogénital et reproduction : Menstruations anormales
Indications Acné sévère ayant résisté à tout autre traitement antiacnéique (antibiotique & topique). Traitement d'entretien du neuroblastome de haut risque Matthay KK « Treatment of high-risk neuroblastoma with intensive chemotherapy, radiotherapy, autologous bone marrow transplantation, and 13-cis-retinoic acid. Children's Cancer Group » N Engl J Med. 1999 octobre 14;341(16):1165-73..
Pharmacodynamie Le mécanisme d'action de l'isotrétinoïne est mal connu. On évoque un effet anti-inflammatoire au niveau du derme, une modification des glandes sébacées et une suppression de leur activité.
Pharmacocinétique Absorption Orale (Roaccutane, Curacne, Procuta, ContreAcne) ou locale (Roaccutane Gel, Isotrex). Les aliments riches en matières grasses augmentent la biodisponibilité de la vitamine A et les aliments riches en calories facilitent l'absorption de la vitamine A.
Interactions L'isotrétinoïne ne doit pas être administrée conjointement aux tétracyclines (hypertension intracrânienne) et ne doit pas être prescrite aux femmes enceintes. Il est également recommandé de ne pas trop s'exposer au soleil.
Historique Le médicament a été à la base conçu pour les cancéreux traités par chimiothérapie. Dans les années 1970, le laboratoire Hoffmann-La Roche Hoffmann-La Roche (Makers of (Ro)accutane) commença un programme de synthèse de rétinoïdes dans le but de réduire leurs effets secondaires. W. Bollag eut l'idée d'utiliser l'isomère 13-cis de l'acide rétinoïque. Celui-ci présente une efficacité thérapeutique dans des cas d'acnés vulgaires et sévères et des effets secondaires réduits par rapport à l'acide rétinoïque. Cette molécule, l'isotrétinoïne, fut commercialisée en 1982 pour le traitement des acnés sévères par voie orale.
Dates clés dans l'histoire de l'isotrétinoïne
1971 : Roche développe le Roaccutane, appelé Accutane aux États-Unis et au Canada.
1982 : la Food and Drug Administration (FDA) autorise le Roaccutane pour soigner les formes sévères d'acné ayant résisté à d'autres traitements.
1986 : Roche change la notice d'emballage du Roaccutane pour signaler que des utilisateurs ont rapporté des symptômes de dépression.
1988 : Public Citizen pétitionne Accutane Action Group (Group of people who suffered continuing side effects from isotretinoin). la FDA pour une interdiction du Roaccutane.
1997 : les instances françaises de régulation exigent de Roche d'indiquer le suicide comme un effet secondaire possible.
Février 1998 : la FDA informe que la notice d'emballage du Roaccutane devra inclure un avertissement disant que des utilisateurs ont rapporté Acne.org Message board (provides a forum on which many people keep diaries on Accutane use) des réactions adverses incluant la dépression, des syndromes psychotiques et « rarement des idées de suicide, des tentatives de suicide et le suicide ».
: exigent un avertissement sur le risque de troubles psychiatriques produits par Roaccutane .
Décembre 1999 : Roche présente à la FDA un rapport sur les troubles psychiatriques, concluant qu'aucun des 168 constats de comportement suicidaire ne peut être directement lié à Roaccutane.
Mai 2000 : Roche change la notice d'emballage du Roaccutane et inclut les effets indésirables possibles de la dépression, rarement des pensées suicidaires, des tentatives de suicide et du suicide.
Septembre 2000 : durant une audition devant le Comité consultatif dermatologique et ophtalmologique de la FDA, un des médecins intervenants (invité par la FDA et non par le laboratoire Roche) indique qu'entre 1982 et 2000, la FDA a reçu des rapports faisant état de 37 cas de suicide chez des personnes traitées par Roaccutane (24 cas) ou venant d'arrêter le traitement (13 cas). Il fait également état pendant la même période de 110 cas d'hospitalisation pour dépression, idées suicidaires ou tentatives de suicide USA - FOOD AND DRUG ADMINISTRATION - CENTER FOR DRUG EVALUATION AND RESEARCH - MEETING OF THE DERMATOLOGIC AND OPHTHALMIC DRUGS ADVISORY COMMITTEE 19 septembre 2000 (voir page 115).
: les Archives de dermatologie (Archives of Dermatology) publient une recherche financée par Roche. L'étude porte sur patients souffrant d'acné qui prennent soit Roaccutane () soit des antibiotiques () ; elle n'a trouvé aucun lien entre le Roaccutane et le risque accru de dépression, de suicide ou d'autres troubles psychiatriques..
: l'information du Roaccutane est changée pour prévenir de la dépression, de syndromes psychotiques et,
Septembre 2003 : le Journal de l'Académie américaine de dermatologie (Journal of the American Academy of dermatology) publie une étude financée par Roche, qui n'a trouvé aucun accroissement significatif des prescriptions d'antidépresseurs chez les patients déjà sous Roaccutane..
: David Graham, scientifique de la FDA, dit à une commission d'enquête du Sénat des États-Unis que le médicament devrait être étudié pour son retrait possible.
: la FDA exige un test de grossesse et que celui-ci soit négatif avant de prescrire le médicament.
2007 : Création de l’Association des victimes du Roaccutane et génériques (AVRG) en France par Daniel Voidey..
2008 : Le Roaccutane est retiré du marché français., mais la molécule d'isotrétinoïne est toujours vendue sous forme de générique.
2015 : fin , l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) restreint les prescriptions initiales d’isotrétinoïne aux seuls dermatologues, les médecins généralistes pourront en revanche effectuer le suivi des patients..
Effets secondaires De nombreux effets secondaires et indésirables constatés ou attendus chez les patients traités par isotrétinoïne sont similaires à ceux décrits chez les patients prenant de fortes doses de vitamine A (hypervitaminose A).
Effets sur les muqueuses les yeux et les cheveux
Les effets secondaires les plus fréquents touchent les muqueuses, les plus courants sont les suivants : douleurs et gonflement des lèvres (96 %), éruption cutanée sur le visage (55 %), nez sec (51 %), desquamation de la peau (50 %), démangeaisons (30 %), peau sèche (22 %), yeux rouges (19 %), chute de cheveux (13 %), irritation des yeux (11 %), éruption cutanée (< 10 %). Une sécrétion de sueur accrue et parfois persistante. Une sécheresse à l'intérieur du nez peut être associée à une légère hémorragie. Une inflammation des yeux légère à modérée peut être soulagée par une pommade ophtalmique. Dans de rares cas : chute de cheveux persistante après traitement, apparition d'angiomes (taches rouges).
Vertiges et problèmes articulaires
De même on remarquera parfois des vertiges ainsi que diverses douleurs au début du traitement durant 1 à 2 jours. Environ 13 % des patients souffrent de douleurs articulaires pendant le traitement.
Effets sur la peau et sur la vue
On peut aussi remarquer une desquamation de la peau de la paume des mains et de la plante des pieds, des infections de la peau, une sensibilité accrue aux coups de soleil, des symptômes urogénitaux non spécifiques, des symptômes gastriques non spécifiques, des maux de tête, une fatigue chez environ 5 % des patients. Une baisse de la vision nocturne a également été rapportée et a persisté dans de rares cas. Des cas de cataracte et de troubles de la vision ont également été signalés.
Effets sur la libido et lien avec des dysfonctionnements sexuels possibles:
L’isotrétinoïne peut être associée à des dysfonctionnements sexuels (dysfonction érectile, baisse de libido, sécheresse vulvo-vaginale, difficultés d’orgasme, hypoesthésie génitale). Les patients doivent être évalués avant le traitement et surveillés pendant, pour détecter l’apparition de tels troubles. Le conseil doit être adapté à l’âge et à la maturité du patient, avec la possibilité d’un échange sans les parents si nécessaire, en s’appuyant sur les lignes directrices de santé sexuelle. Sur le plan mécanistique, l’isotrétinoïne présente des effets sur la recapture de la sérotonine et la 5 alpha-réductase, sans certitude quant à leur rôle dans ces troublesNHS 'should not prescribe acne drug'Miraculeux contre l'acné, le roaccutane pourrait rendre dépressif et même suicidaireErectile dysfunction during isotretinoin therapy.
Des cas de dysfonction sexuelle persistante après l’arrêt de l'isotrétinoïne ont été signalés, désignés sous le terme de Post-Retinoid Sexual Dysfunction (PRSD). Ce syndrome, apparenté à des conditions similaires telles que le PSSD (post-SSRI sexual dysfunction) ou le PFS (post-Finasteride syndrome), repose sur des critères diagnostiques stricts incluant une dysfonction sexuelle persistante ≥ 3 mois après l’arrêt du traitement, sans antécédents ou autres causes identifiables.
Par exemple, le centre néerlandais de pharmacovigilance Lareb a rapporté plusieurs cas où ces symptômes n’avaient pas disparu après l’arrêt de l’isotrétinoïne.