Wang ocheonchukguk jeon (« carnet de voyage sur les cinq états indiens ») est un récit du pèlerinage entrepris par le moine bouddhiste coréen Hyecho qui a voyagé en Inde de 723 à 727/728 de notre ère, à l'âge de vingt ans. Il est écrit en chinois classique, langue littéraire de l'Asie de l'Est.

Titre vignette|Une page du manuscrit de Hyecho. Son titre test la translittération du chinois 往五天竺國傳 (wǎng wǔ Tiānzhú ɡuó chuán) qui signifie « carnet de voyage sur les cinq états indiens ». L'expression« Cinq pays de l'Inde » ne s'applique pas aux États, mais à des régions de l'Inde. L'auteur nomme ces pays en fonction leur situation géographique: Est, Ouest, Sud, Nord et Moyen-Inde. Ces noms étaient alors utilisés en Chine et en Corée, le sous-continent indien étant trop vaste pour être appréhendé dans son ensemble. Il contient également des informations sur d'autres pays d'Asie jusqu'à l'empire byzantin.

Histoire du texte

Découverte vignette|Wang Yuanlu, l'homme qui a découvert la « grotte bibliothèque ». On a longtemps pensé que ce texte était perdu. Cependant, une copie a été redécouverte dans le lot des Manuscrits de Dunhuang au début du , Paul Pelliot a découvert et acheté ce manuscrit en 1908 dans la grotte numéro 17, dite « bibliothèque », à Dunhuang. Il explique l'excitation provoquée par cette découverte:

Ce manuscrit est aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de France. Cette institution l'a prêté au Musée national de Corée en 2011, 1283 années après que le texte fut écrit.. Malheureusement, cette copie n´est pas complète : des trois volumes d´origine, il manque l´intégralité du premier volume et la fin du dernier.

Traductions En 1915, l´érudit bouddhiste Junjiro Takagusu (en) identifie Hyecho comme étant l´auteur de ces mémoireshttp://french.korea.net/actualites/View.asp?serial_no=20100629002&part=122 . Depuis, l´œuvre a été traduite en allemand par le sinologue Walter Fuchs ainsi qu´en anglais par Yang Han-sung et al. Avec les textes de Faxian (337-422), Song Yun (voyage de 518 à 522), Huisheng, Xuanzang (603-664) et Yi Jing (635-713), c´est l´un des plus importants comptes-rendus de voyages écrits par des moines bouddhistes, alors même qu'il était moins âgé et moins érudit que ces autres pèlerins. vignette|Élévation et vue en coupe de l'ensemble des grottes 16, 17 et 366 de Dunhuang. Le manuscrit est long de 227 lignes pour un total de 5893 caractères. C´est un rouleau composé de neuf feuilles de 28,5 cm de haut sur 42 cm de large, sauf la première et la dernière qui sont endommagées. C´est le premier récit de voyage écrit par un Coréen; il contient de nombreuses informations sur la nourriture locale, les langues, le climat, la culture, la situation politique et l´économie de l´Inde et de l´Asie centrale ainsi que des informations pratiques comme la durée du voyage entre les villes. Hyecho trouva aussi très intéressant de voir le bétail se déplacer librement dans les villages. Il comporte aussi quelques informations sur l´empire byzantin (le grand Fu-lin), les Arabes et la Perse.

Jugement Paul Pelliot juge assez sévèrement l'ouvrage et son auteur: Toutefois, l'analyse qu'il donne révèle l'intérêt du texte :

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Catégorie:Récit de voyage en Inde Catégorie:Œuvre littéraire coréenne Catégorie:Vajrayâna Catégorie:Livre paru au VIIIe siècle