Pierre-Jean Abattucci, né à Molenbeek-Saint-Jean le et mort à Ixelles le , est un artiste peintre néo-impressionniste, aquafortiste et lithographe belge de paysages proche du symbolisme.
thumb|Paysage (1921)
Biographie Pierre Abattucci est né le à Molenbeek-Saint-JeanMolenbeek-Saint-Jean, acte de naissance du 22 mai 1871, de Pierre Jean Abattucci (avec un seul "b" et deux "t"), né au domicile de ses parents au de la rue (sic) de Gand avant-hier 20 mai, à une heure du matin, de Jacques Abattucci, confiseur, né à Assche, âgé de trente-cinq ans, et de son épouse Pétronille Senders, ménagère, née à Luyks-Gistel (Pays-Bas) âgée de 28 ans, mariés à Bruxelles. En présence de Pierre Jean Senders, teinturier, âgé de 22 ans, et de Henri Meeus, cabaretier, âgé de 48 ans, domiciliés en cette commune.. Il est le fils de Jacques AbattucciMalgré son nom, cette famille ne semble cependant pas être d'origine corse ou italienne. En effet, l’artiste-peintre Pierre Abattucci est né le 20 mai 1871 à Molenbeek-Saint-Jean et y épousa en 1902 Catherine Louise De Mesmaeker. Il est le fils de Jacques Abattucci, né en 1835 à Asse, d'abord plombier puis confiseur à Molenbeek-Saint-Jean, qui avait épousé à Bruxelles en 1863 Pétronille Senders, née en 1843 à Luyksgestel, aux Pays-Bas. Jacques Abattucci est le fils de Constant ou Constantin Abatucci (avec un seul « T »), domestique à Asse, qui y épousa en 1826 Joanna Petronella Boom, cultivatrice, née en 1800 à Asse, de parents d'Asse également. Constant Abatucci, alors cultivateur et demeurant à Ganshoren, est mort à Koekelberg au de la Montagne-aux-Anges le 24 septembre 1849 et son épouse, journalière, est morte à Ganshoren le 13 décembre 1858. Ce Constant Abatucci est un enfant abandonné qui avait été trouvé le 16 décembre 1796 à Bruxelles. Son acte de naissance à Bruxelles, du 27 frimaire de l’an V de la République française, , précise que : Aujourd’hui, vingt-sept frimaire de l’an cinq de la République française à neuf heures du matin, moi, Jean François Foubert, commissaire de police de la huitième section de la commune et canton de Bruxelles, Département de la Dyle, me suis rendu à l’hospice des enfans trouvés en cette commune, où j’ai vu un enfant mâle âgé d’un jour trouvé hier à six heures et demie du soir à la porte du dit hospice vetu d’un beguin avec dentelle un bonnet de coton fond blanc et fleurs rouges, une chemise, une camisol de coton à lignes blanches et jaunes, deux locques blanches et deux mauvais morceaux d’une couverte de laine blanche de tout quoi j’ai dressé ce procès verbal pour servir ou il appartiendra. C’est ainsi que Pierre-Joseph Olbrechts, membre de l’Administration municipale de la ville de Bruxelles, a donné à l’enfant les prénom et nom de Constant Abatucci. Pourquoi ce nom ? Une hypothèse serait la suivante : Olbrechts était un ardent et enthousiaste défenseur et propagandiste du nouveau régime français en Belgique comme le montre une étude biographique parue en 2017. Il est ainsi très vraisemblable, voire probable, qu'il ait voulu donner à l'enfant trouvé un nom rappelant le souvenir du général Abbatucci qui venait de trouver une mort héroïque le 2 décembre 1796 durant le siège de Huningue., confiseur à Molenbeek-Saint-Jean, et de son épouse Pétronille Senders. Il épouse à Molenbeek-Saint-JeanMolenbeek-Saint-Jean, acte de mariage du 30 juin 1902. Pierre Jean Abattucci, né le 20 mai 1871 à Molenbeek-Saint-Jean, y résidant, artiste-peintre, est le fils de feu Jacques Abattucci, mort à Molenbeek-Saint-Jean, et de Pétronille Senders, résidant à Molenbeek-Saint-Jean, négociante. Catherine Louise De Mesmaeker, née le 11 janvier 1885 à Molenbeek-Saint-Jean, y résidant, sans profession, est la fille de feu Josse De Mesmaeker, et d'Elisabeth Buggenhout, résidant à Molenbeek-Saint-Jean, sans profession. Les témoins étaient Jean Lemmens, beau-frère du marié, 40 ans, résidant à Bruxelles, négociant, Henri Demesmaeker, frère de la mariée, 29 ans, résidant à Laeken, employé, Henri Abattucci, frère du marié, 36 ans, résidant à Bruxelles, négociant, Jacques Abattucci, frère du marié, 34 ans, résidant à Saint-Josse-ten-Noode, négociant. en 1902 Catherine Louise De Mesmaeker (1885 - 1956)Voyez sa tombe, sous le lien ..
Le nom s'écrit généralement Abattucci, avec deux "t" mais l'on trouve parfois aussi la graphie Abatucci avec un seul "t". Son acte de naissance est écrit avec un seul "b" et deux "t".
Il fit ses études artistiques à l'École des Arts Décoratifs de Molenbeek-Saint-Jean et ensuite de 1892 à 1897 à l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, où il fut élève de Jean-François Portaels et de Joseph Stallaert. Il fut ensuite nommé professeur de dessin à l'École des Arts décoratifs, là même où il avait commencé son parcours artistique, et fit ensuite un long voyage en ItaliePierre Bautier, notice sur Pierre Abattucci dans la Biographie nationale, à lire "en ligne" ..
Pierre Abattucci fit ses débuts en tant qu'artiste dans un Salon du cercle L'Art Libre et fut durant toute sa vie régulièrement exposant aux Salons bruxellois de la Société royale des Beaux-Arts et du Cercle Artistique et Littéraire.
Il fit des expositions individuelles au Cercle qui était situé dans le Vauxhall (Bruxelles), rue de la Loi, en 1921 et en 1935. En 1912 il y exposait déjà en collaboration avec Emile Jacques. En 1924 il y exposa conjointement avec Eric Wansart, Pros De Wit, Jenny Montigny et Henriette Bosché. En 1920 il exposait au Salon d'automne avec notamment Firmin Baes, Henri Binard, Louis Buisseret, Hubert Glansdorff et Gustave Max Stevens.
Il fut apprécié de la critique et notamment de Sander Pierron qui lui consacra, en 1912, un article louangeur publié dans le journal L'Indépendance belge, donnant également l'intitulé de ses plus belles réalisationDans le journal L'Indépendance belge du 1er décembre 1912, en page 3, sous la plume de Sander Pierron, dans la rubrique Les Lettres et les Arts, A travers les salonnets : quelques paysagistes : (… ) un talent qui se précise : Pierre Abattucci. Artiste à la vision délicate, Pierre Abattucci allie à un métier méticuleux un sens charmant de la poésie agreste. Rien de heurté, de violent, d’indépendant dans ses paysages ; tout y prend les traits de la tranquillité et de la douceur ; et l’exécution pointilleuse, patiente, est conforme à cette expression délicate et intime. Pourtant, le détail ne nuit pas à l’ensemble, et cela est dû à la grande sincérité qui anime cet artiste et qui le rend fidèle interprète des sites qui l’ont ému et qui ont parlé à son cœur. Il rend sa contrée brabançonne selon des moyens très simples, et ne force donc pas l’admiration ; ses œuvres ne sont jamais tapageuses, et elles n’en ont que plus de prix, parce qu’à mesure qu’on les examine, on leur découvre plus de séduction et plus de vérité. Sa contrée natale, il la chante selon ses vergers, ses étangs, ses plaines ondulées, ses routes méandreuses, ses moulins et les cours de ses vieux châteaux. Tout cela parle par son pittoresque qu’Abattucci traduit avec style, parfois avec une grandeur toute poétique ; car il sait définir les plans d’un paysage en mettant à leur exacte place dans la perspective les arbres et les buissons, les eaux et les lisières, et en les faisant dominer par quelque nuage que le vent pousse à travers un ciel lumineux. Cette lumière est toujours un peu voilée, rompt l’éclat de sa polychromie, émousse le contour des choses et leur donne maintes fois une apparence un peu froide. Les meilleures de ses toiles sont : « les Blés », « Solitude », « l’Etang ensoleillé », « Cour d’honneur paisible », « Temps gris à Uytkerke », où l’ambiance humide et pluvieuse est si bien rendue, « le Petit Jardin », et le somptueux « Escalier à la Vigne vierge », un coin de parc enchanteur où les feuillaisons mordorées et rougeoyantes de l’automne reçoivent la caresse des premières ombres du crépuscule. C’est là une des meilleures pages qu’ait signées ce peintre sensible et trop modeste. Abattucci pratique aussi le portrait avec la même sincérité que le paysage ; mais peut-être, à force de correction, son inspiration le sert-elle moins dans ce domaine. Il y est souvent figé et presque sage d’exécution. Mais il parvient admirablement à saisir la ressemblance des visages par une observation précise, comme le prouvent son joli pastel « Dame en brun » et son portrait à l’huile de M. Ch. Trinconi..
Il est mort à Ixelles en 1942, et il repose aux côtés de son épouse, au cimetière d'Ixelles.
Œuvres Outre les portraits, Pierre Abattucci avait une préférence pour les paysages et les coins pittoresques des vieilles villes. Ses paysages semblent toujours idéalisés et rêveurs. Il montre une attention particulière pour le rendu des atmosphères particulières des levers du jour ou couchers du soleil. Abattucci aimait également les paysages de Venise et Saint-Raphaël.
Un aperçu de ses œuvresVoyez aussi : . (avec mention de l'année ou de l'exposition) : Château abandonné - 1901 Portrait du critique Sander Pierron - 1901 Lune au mois de mai près d'une chapelle - 1902 Une matinée en juin - 1906 En soirée - 1906 Prairie au soleil - Salon de 1907 - Bruxelles Etang au matin - Salon 1907 - Bruxelles Grand nuage en soirée - Salon 1907 - Bruxelles Clairière dans la forêt - Salon 1907 - Bruxelles Ruelle de Bruxelles - Salon 1907 - Bruxelles Après-midi d'automne - Salon 1909 - Bruxelles Rivière à l'orée de la forêt au coucher du soleil - Salon 1909 - Bruxelles Eupatoire à feuilles de chanvre - Salon 1913 - Gand Temps couvert en fin de journée - Salon 1914 - Bruxelles Cour d'honneur du château de Rixensart - Salon 1914 - Spa Orée du bois à la tombée du jour - Salon 1914 - Spa Esméralda - Salon 1914 - Spa - pastel Parsifal sur Montsalvat - Salon 1914 - Spa Verger en fleurs - 1930 - Bruxelles
Pierre Abattucci était membre de la Société des aquafortistes Belges et publia des gravures dans les albums édités par cette association. Il réalisa également des ex-libris, entre autres une pour Sander Pierron. centré|vignette|Verger en fleurs -1930
Musées et collections publiques Collections de l'État Belge Bruxelles, Collection royale Bruxelles, Musée Charlier : Vue sur Rapallo Ixelles, Musée communal : Soirée au bord de la rivière Mons, Musée des Beaux-Arts : Fin de journée à Sorrento Ostende, Kunstmuseum aan Zee : lithographie La plaine
Distinctions le ..
Références
Annexes Bibliographie Bénézit
E. Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, (Paris), 1976 (Paris, 1999). Le Thyrse (principalement les chroniques d'expositions entre 1900 et 1940) Ch. Conrardy, Pierre Abatucci, dans : La Vie Artistique, 1925, p. 299. Annuaire général des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles 1930, dl. II. P. Bautier, Pierre Abattucci, dans : Biographie Nationale de Belgique, 30, Bruxelles, (1959), lire en ligne : . P. et V. Berko, Dictionnaire des peintres belges nés entre 1750 et 1875, Bruxelles-Knokke, 1981. W.G. Flippo, Lexikon of the Belgian Romantic Painters. Antwerpen 1981. P. et V. Berko & N. Hostyn, Marines d'artistes belges nés entre 1750 et 1875. Bruxelles-Knokke, 1984. Serge Goyens de Heusch, L’impressionnisme et le fauvisme en Belgique, Antwerpen-Paris, 1988. A. Herickx & J. Mambour, Catalogue du Musée des Beaux-Arts de Mons, Bruxelles, 1988. Allgemeines Künstlerlexikon, 1, Leipzig-München, 1992. Le dictionnaire des peintres belges du à nos jours, Bruxelles, 1994. A. Collart, Who was who in exlibris, 12, in : Graphia, N° 98, 1987. N. Hostyn, Pierre Abattucci, dans : Biographie nationale de Belgique, 12, Bruxelles, 1987. P. Piron, Les artistes peintres des , Bruxelles, 1999 V. Martin-Schmets, Les Indépendants belges 1904-1929, Bruxelles, 1999. W. & G. Pas, Biografisch Lexicon Plastische Kunst in België. Schilders- beeldhouwers – grafici 1830-2000, Antwerpen, 2000. .