Henri Delporte, né le à Tourcoing et mort le à Lézigneux, est un préhistorien français. Il a été directeur du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye et a contribué à faire évoluer les rapports entre le musée et la recherche.
Biographie Né dans une famille modeste de petits commerçants, ses études sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Il devient instituteur et est également résistant durant l'occupation allemande.. Il continue ensuite à évoluer au sein de l'enseignement et exerce comme professeur d'histoire et géographie, à Arras puis à Montbrison.
Il apprend le métier d'archéologue en pratiquant des recherches sur le terrain, notamment avec Louis-René Nougier. De 1951 à 1954, puis à nouveau en 1962, il effectue des fouilles à Châtelperron dans l'Allier, sur le site préhistorique de la grotte des Fées qui apporte un éclairage sur la transition entre le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur. Ses travaux sur ce site ont été réexaminés récemment par plusieurs équipes de chercheurs, remettant en cause ses conclusions dans le cadre de la controverse sur la cohabitation ou non entre les Hommes anatomiquement modernes, et les Néandertaliens.
Il intervient également dans le Périgord. À l'abri du Facteur situé à Tursac, en Dordogne., sa découverte en 1959 d'une « Vénus » préhistorique soulève beaucoup d'intérêt. Une autre statuette avait été découverte à proximité en 1900 aux Eyzies, mais des représentations du corps aussi anciennes sont assez rares. Cette découverte bénéficie du travail effectué sur les positions topographiques et stratigraphiques. Par la suite, Henri Delporte consacre plusieurs études aux statuettes humaines du Paléolithique supérieur, des représentations centrées le plus souvent sur le corps féminin : .
Membre de la Société préhistorique française, il tisse des liens avec des confrères tchèques et russes et fait découvrir les travaux des préhistoriens de l'Europe de l'Est aux scientifiques français à travers plusieurs publications. En 1960, il entre au Centre national de la recherche scientifique (C.N.R.S.). Il devient membre de la Diana en 1957 puis intègre le conseil d'administration de cette société savante en 1965.
En 1966, il est nommé conservateur au Musée des antiquités nationales, installé dans l'ancien château de Saint-Germain-en-Laye. Il continue par ailleurs ses recherches sur le terrain. De 1968 à 1975, il dirige des fouilles au Grand abri de La Ferrassie sur la commune de Savignac-de-Miremont, dans la continuité des recherches effectuées par Denis Peyrony et Louis Capitan de 1896 à 1929. Ce site est déterminant pour la connaissance du Gravettien ancien.
Entre 1964 et 1984, il conduit des fouilles sur le site du Blot à Cerzat, assisté de Jean-Pierre Daugat et Jacques Virmont. Cet abri sous basalte a livré une riche et puissante stratigraphie du Magdalénien, du Badegoulien et du Gravettien. Le Protomagdalénien, stade ultime du Gravettien, y a été découvert pour la première fois hors du Périgord, associé à une industrie lithique abondante et des structures d'habitat.
Dans les années 1980, Henri Delporte relance des fouilles sur le célèbre gisement de Brassempouy dans les Landes. Ce site avait livré à Édouard Piette vers 1894 des objets sculptés sur ivoire, dont la célèbre Dame à la Capuche, la plus ancienne représentation d'un visage. Henri Delporte s'était particulièrement intéressé à ces objets collectés par Édouard Piette et conservés dans les salles de son musée de Saint-Germain-en-Laye. Ces nouvelles recherches renouvellent profondément la connaissance du site de Brassempouy.
Il prend la direction du musée de Saint-Germain-en-Laye à partir de 1984. Il y impulse une politique facilitant l'utilisation des collections du musée dans le cadre de travaux de recherches, en rendant accessible les collections aux étudiants et chercheurs et en favorisant la création d'unités du C.N.R.S. se consacrant à l'art paléolithique. Il participe ainsi à un nouvel élan en France des recherches sur le paléolithique, qu'il encourage également dans le cadre de ses fonctions au sein du Comité des travaux historiques et scientifiques.. Il organise de nombreuses expositions ayant trait à l'art paléolithique.
En 1985, il est nommé inspecteur général des musées de France. Il prend sa retraite en 1987. Il meurt le à Lézigneux où son épouse a été directrice de l'école de filles.
Principales publications
Voir aussi .
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Notes et références
Voir aussi
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